
4/5
25,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Le classique de l'âge d'or de l'heroic-fantasy ”
Les Habitants du Mirage revient enfin dans une version restaurée dans un somptueux écrin noir, blanc et or, avec une toute nouvelle traduction, qui plus est ! L'occasion de réparer une injustice sûrement commise par une première version française remaniée n'importe comment... Et la différence est de mise : je parcours avec un certain plaisir les pages, découvrant enfin la folle épopée de Leif, l'un des premiers héros au panthéon de la fantasy, à une époque où elle peinait à être reconnu comme un genre littéraire. Sa lutte contre l'entité Khalk'ru, le Néant absolu, prend vite des atours de récit d'heroic fantasy pur et dur, et pour cause : c'est bel et bien Meritt le père fondateur du genre, alors qu'on l'attribue à Robert Howard et son Conan.
Un honneur qui semble lui être enfin rétribué, conforté par le travail soigneux de Callidor en liant son œuvre phare au travail d'illustration de Virgil Finlay, son illustrateur de longue date. Son trait délicat offre un réalisme bluffant qui teint d'un onirisme délicat les scènes phares du roman, rendant l'expérience de lecture plus immersive.
Fort de son envie d'innover, Meritt exploite des idées et concepts scientifiques inédits pour l'époque, comme le fait que exploiterions seulement 1% de notre cerveau. Il n'en faut pas davantage à l'auteur pour en faire l'un des arguments phare de la réflexion des Habitants du Mirage : après tout, qui sait ce qu'abrite ces régions inexplorées de notre esprit ? Une connaissance absolue du monde, comme dans Lucy ? Ou bien l'âme endormie de Dwayanu ?
Le tout offre un récit schizophrène plus qu'efficace : Leif, jeune homme aux traits vikings condamné à devenir un futur bureaucrate géologue, va accueillir dans son esprit celui du héros messianique Dwayanu, sauveur d'un monde perdu dans les recoins de l'Alaska.
Craignant que l'esprit de ce héros mythique prenne le pas sur le sien, il devra pourtant agir de concert avec cet esprit guerrier afin de pouvoir libérer le Petit Peuple de l'oppression... puisque Dwayanu ne réclame pas, il prend. Meritt développe donc deux personnages au sein d'un seul, et en convoquant la mythologie scandinave dans son univers, il construit avec Les Habitants du Mirage un splendide morceau d'heroic fantasy, qui se retrouvera cependant alourdi par une romance mièvre entre Leif et Evarie.
Elle sera heureusement contrebalancée par une autre romance, entre Dwayanu et la Sorcière, qui donne ici un peu de grain à moudre et un travail narratif plus étoffé. Au milieu de tout cela, Meritt lorgne autant sur l'horreur façon Lovecraft que sur la sword and sorcery de Robert Howard, déployant autant d'arguments scientifiques pour distiller l'imaginaire que d'éléments magiques nous enfonçant pleinement dans la fantasy pure et dure.
C'est finalement la beauté des Habitants du Mirage, au delà de son univers riche : être un jalon crucial dans l'histoire de la fantasy.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Vive le futur ! ”
Dans ce recueil de 200 pages, seize nouvelles vous proposent un vaste regard sur la production littéraire de l'auteur, de sa jeunesse jusqu'à 2022, de l'émergence d'internet jusqu'au COVID 19 et les réseaux sociaux. Chacune de ces nouvelles est agrémentées d'une petite postface de Ploum permettant d'apporter quelques éléments de contexte fort appréciables à quiconque désire en comprendre leur genèse.
On virevolte ainsi de monde en monde, surfant entre les genres mais en gardant toujours en tête ce futur radieux qu'on nous a promis... Ou pas, puisque Ploum, avec le temps, s'évertuera surtout à décoller le vernis positif du futur pour en dévoiler ses pires atours : les corporations privées telles que les GAFAM règnent en maître, les libertés individuelles sont restreintes à leur paroxysme, et le chocolat se trouve dans des mines sur la Lune. Avec un ton acide exquis, Ploum décortique nos peurs tapies dans l'ombre de nos esprits, allant même jusqu'à se prendre pour un terroriste le temps d'une nouvelle... Vous l'aurez compris : pas de tabous, tout est décortiqué sans honte aucune.
Armé de sa fidèle machine à écrire, Ploum offre une virée réussie dans des futurs possibles, bien que certaines nouvelles soient moins bonnes que d'autres. L'équilibre se trouve surtout dans la justesse du propos et la réflexion soumise sur le sujet des nouvelles technologies et du technocapitalisme, propos engagé confirmé par l'auteur dans son très bon roman Printeurs.

4/5
4/5
Printeurs
Grand Format
17,99 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ La liberté en impression 3D ! ”
Le carburant qui anime les personnages de Printeurs se révèle être un mélange de volonté implacable et de rancœur face à un système empoisonné, et cela, Ploum nous le fait bien comprendre au travers de ses réflexions acides, mais réels, sur l'état actuel de l'humanité. Nos protagonistes esseulés explorent les confins d'un monde impitoyable, ultra-policier et consumériste à souhait, où chaque désir formulé peut être assouvi à la seconde-même, au moyen d'implants neuraux.
Un brin plus violent et anticapitaliste que le Cyberpunk de Gibson, Printeurs offre un certain vent de fraîcheur en évoquant de manière plus poussé la puissance de l'informatique, des GAFAM, mais aussi d'inventions encore naissantes comme l'imprimante 3D, socle de tout le récit. Dommage cependant que le final soit aussi abscon et ouvre à un deuxième volume, moi qui espérait une lecture one-shot.

10,40 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ La conclusion du plus grand space-polar ”
Une nouvelle fois, Adam-Troy-Castro démontre son talent dans sa manière unique de croiser deux nouvelles et un roman en un tout cohérent. L'ensemble s'ouvre donc avec la nouvelle Les Lames Qui Sculptent les Marionnettes, splendide et touchant récit retraçant un chapitre marquant de la vie de Jason Bettehline, préparant le terrain pour le roman éponyme.
On nous y expose l'un des éléments clés de la trame, que sont les Danseurs, des humains augmentés et modifiés corporellement à l'extrême, ayant reçu la vision de participer au Ballet mortel des Vhlans, afin d'y apporter une contribution essentielle. La conclusion de la nouvelle sera d'ailleurs à l'image de celle du roman : d'une amertume douce, reflet de l'esprit torturé de Andrea Cort. L'univers sombre conçu par Adam-Troy-Castro se révèle une nouvelle fois impitoyable avec Andrea, la malmenant de bout en bout et la poussant dans ses pires retranchements afin de l'obliger à sonder la terrible vérité. sa relation avec les Porrinyard, une paire d'inseps que nous commençons à bien connaître, subira profondément les conséquences de cette enquête "finale", même si ironiquement ce seront ces deux personnages qui apporteront de nombreuses blagues bienvenues dans le récit.
Cependant, le récit s'étant grandement densifié de tome en tome, on arrive ici face à un petit soucis narratif, et pas des moindres : les IA-Sources. Il faut dire qu'à force de les voir débarquer de temps à autre, donnant de maigres indices à Andrea avant de repartir fissa, on en vient à se demander si Castro ne les a pas tout du long gardé sous le coude pour servir de deus ex machina... et c'est bien là la sensation que j'ai eu tout du long : un outil narratif bien trop puissant qui a souvent eu tendance à éjecter Andrea d'enjeux qui la dépasse complètement. On perd ainsi beaucoup de cette tension à couper au couteau qu'on avait dans le premier volume, et l'aspect purement policier se lisse un peu au profit d'un récit d'aventure bourré d'action et de twist parfois un peu fumeux.
Pour autant, ce troisième volume est d'une densité folle, notamment dans son exploitation réussie du ballet des Vhlan, et le roman a son lot de scènes et dialogues marquants, preuve que Adam-Troy-Castro est une plume rare dans le paysage SF de ces dernières années. On espère désormais revoir Andrea Cort dans un quatrième volume où, on l'espère, elle reviendra en pleine forme.

5/5
Andrea Cort Tome 3
La guerre des marionnettes
Grand Format
25,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ La conclusion du plus grand space-polar ”
Une nouvelle fois, Adam-Troy-Castro démontre son talent dans sa manière unique de croiser deux nouvelles et un roman en un tout cohérent. L'ensemble s'ouvre donc avec la nouvelle Les Lames Qui Sculptent les Marionnettes, splendide et touchant récit retraçant un chapitre marquant de la vie de Jason Bettehline, préparant le terrain pour le roman éponyme.
On nous y expose l'un des éléments clés de la trame, que sont les Danseurs, des humains augmentés et modifiés corporellement à l'extrême, ayant reçu la vision de participer au Ballet mortel des Vhlans, afin d'y apporter une contribution essentielle. La conclusion de la nouvelle sera d'ailleurs à l'image de celle du roman : d'une amertume douce, reflet de l'esprit torturé de Andrea Cort. L'univers sombre conçu par Adam-Troy-Castro se révèle une nouvelle fois impitoyable avec Andrea, la malmenant de bout en bout et la poussant dans ses pires retranchements afin de l'obliger à sonder la terrible vérité. sa relation avec les Porrinyard, une paire d'inseps que nous commençons à bien connaître, subira profondément les conséquences de cette enquête "finale", même si ironiquement ce seront ces deux personnages qui apporteront de nombreuses blagues bienvenues dans le récit.
Cependant, le récit s'étant grandement densifié de tome en tome, on arrive ici face à un petit soucis narratif, et pas des moindres : les IA-Sources. Il faut dire qu'à force de les voir débarquer de temps à autre, donnant de maigres indices à Andrea avant de repartir fissa, on en vient à se demander si Castro ne les a pas tout du long gardé sous le coude pour servir de deus ex machina... et c'est bien là la sensation que j'ai eu tout du long : un outil narratif bien trop puissant qui a souvent eu tendance à éjecter Andrea d'enjeux qui la dépasse complètement. On perd ainsi beaucoup de cette tension à couper au couteau qu'on avait dans le premier volume, et l'aspect purement policier se lisse un peu au profit d'un récit d'aventure bourré d'action et de twist parfois un peu fumeux.
Pour autant, ce troisième volume est d'une densité folle, notamment dans son exploitation réussie du ballet des Vhlan, et le roman a son lot de scènes et dialogues marquants, preuve que Adam-Troy-Castro est une plume rare dans le paysage SF de ces dernières années. On espère désormais revoir Andrea Cort dans un quatrième volume où, on l'espère, elle reviendra en pleine forme.

10,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ LE space-polar ! ”
Émissaires des Morts est la première partie d'un socle imposant de space-opera mêlé au noir poisseux d’un bon polar dont Andrea Cort, jeune femme glaciale au tempérament instable, en est le protagoniste principal. L'ensemble prend pied dans un futur lointain où l'Homme a pu étendre son influence bien au-delà de son système solaire, et aller à la rencontre de multiples espèces intergalactiques. Mais le rêve d'exploration et de conciliation est vite devenu un vieux souvenir, laissant place aux travers du genre humain : esclavage, guerre, prostitution, drogue, cartels, destruction écologique... Le monde n'a pas changé, il est juste devenu plus vaste et plus peuplé.
L'enfance d'Andrea , baigné entre culture humaine et Bochai, n'aura pas été de tout repos : du jour au lendemain, un phénomène de folie meurtrière a frappé toute sa colonie, elle comprise. Alors condamnée pour sa participation à ce mystérieux génocide, elle est récupérée pour le compte du Corps Diplomatique afin de maintenir au beau fixe les relations inter-espèces, dans un équivalent de justice.
« Équivalent », car les affaires dans lesquelles elle s’embarque finissent souvent par servir des objectifs abjects, dont Andrea n'a que bien peu de prise dessus.En pantin qu'elle est, elle n'a d'autre choix que de plier aux ordres du corps Diplomatique, et ce n'est pas prêt de changer.
La preuve en est avec sa nouvelle mission : aller sur Un Un Un, un habitat artificiel inhospitalier régi par des intelligences artificielles qui mènent des expériences sur une espèce sentiente créée par leur soin, les Bracchiens. Si les IA ont daigné laisser les humains construire un poste d'observation à proximité, les relations sont au plus vif depuis que deux meurtres côté humains ont été commis. L'enquête est ouverte, mais Andrea reçoit cependant un ordre étrange : désigner n’importe quel coupable, sauf les Intelligences Artificielles.
N’importe qui, tant que cela évite l’incident diplomatique.
Dans un savant mélange de suspens, les enquêtes de Andrea Cort nous permettent de cerner un personnage loin d’un Sherlock Holmes ou de la figure héroïque standard: irritable, misanthrope et calculatrice… Tout nous pousserait à ne pas l’apprécier. Mais l'humanité qu'elle représente au quotidien ne vaut pourtant pas mieux, et les questionnements permanents de cette enquêtrice cynique et froide nous permettront d'ailleurs de mieux comprendre les rouages de cette société aux multiples visages. En effet, si l'humanité dépeinte par Troy Castro a su explorer et conquérir l'espace, elle reste pétrie de mauvaises intentions et cannibalisée par un capitalisme sauvage. Pire encore, la confédération homsap, censée réunir l'humanité entière en une seule voix, n'est qu'une vaine illusion masquant l'incapacité des races sentientes à se mettre d'accord sur un sujet.
L'auteur offre donc une mise en bouche conséquente, dans un univers riche en réflexions sur l'altérité, nos ambitions en tant qu’espèce sentiente et ce qui définit la notion même d’espèce.
Dépaysant de par les mondes que visite Cort, cette saga met avant tout l’accent sur les rencontres avec d’autres cultures aux antipodes de la nôtre, donnant le plus souvent du fil à retordre à notre protagoniste.
Un polar spatial divertissant, intriguant , parfois déprimant, mais surtout addictif, servi par la fine plume de l'auteur capable de dialogues introspectif savoureux comme de scènes d'action dynamiques, Emissaires des Morts témoigne d'une maîtrise absolu des codes du polar et du space-opéra pour un cocktail détonnant. Affaire à suivre avec le tome 2.
Morgan C— Decitre Ecully
“ La marginale de King ”
Écrit et publié en 1974, Carrie est la première pierre du grand édifice littéraire horrifique qu'est l'œuvre de Stephen King. Au-delà de la plaisante lecture qu'il propose, il est aussi le patient zéro du virus "King" qui allait contaminer l'humanité entière, désormais accro à la savoureuse horreur que délivre chacun de ses ouvrages depuis 50 ans déjà. Si ce premier récit n'a peut-être pas atteint une maturité d'écriture suffisante pour l'ériger de suite comme l'un de ses meilleurs romans, force est de reconnaître que l'essence-même de King est déjà infusée.
Carrie devient la première d'une longue lignée de personnages marginalisés, que l'on retrouve dans divers œuvres de l'auteur, symboles d'une société les ayant mis au ban contre leur gré. Le flot d'insultes que reçoit Carrie durant le premier chapitre, ainsi que les multiples persécutions subies, dépeignent un portrait peu glorieux de l'Amérique, et montrent ainsi les contours d'une critique qu'assène King contre un pays qu'il aime pourtant sincèrement.
Mais le personnage malmené de Carrie n'est qu'un élément parmi d'autres qui contribuent à rendre le roman unique. Prenons par exemple la dualité entre la marginale et Chris : elle démontre le talent de King pour ciseler ses personnages tels des joyaux, en dévoilant au premier abord la figure d'une fille de bonne famille mesquine, se croyant toute puissante derrière l'autorité de son père avocat. Mais elle révèle finalement une attirance pour le danger en sortant avec l'instable Billy, figure masculine dominant qui ne voit en Chris qu'une femme de plus à posséder le temps d'une semaine.
Une autre dualité fascinante, c'est aussi celle entre Carrie et sa propre mère : fervente chrétienne étouffante, elle écrase la jeune fille d'une domination absolue sous couvert d'une absolution de leurs péchés qui ne semble jamais venir. L'ensemble se structure ainsi autour de ce point de rupture qui arrive doucement, mais sûrement, ce point de non-retour au-delà duquel l'état de Carrie bascule vers un pan incontrôlable.
En matière de style, si King a admis que les extraits de journal/audio parsemés dans le roman ne sont là que pour augmenter la taille du récit, on reconnaîtra que cette démarche a pourvu Carrie d'un double récit palpitant. Même si les enjeux finaux nous sont révélés assez tôt par l'intermédiaire de journaux, ils offrent ainsi un regain d'intérêt pour l'intrigue, dans l'appréhension haletante du final sanglant promis.
Et quel final, puisqu'il occupe un petit quart de l'œuvre, durant lequel l'explosion de la rancœur refoulée de Carrie se déverse sur l'ensemble de la ville dans un flot de flammes et de haine.
Carrie, en première pierre d'un vaste édifice de l'horreur, fait désormais partie des incontournables de King, ayant eu droit à deux adaptations au cinéma qui ont largement véhiculé dans les esprits cette image, gravée à jamais, d'une jeune femme en sang dont le regard marquera encore de nombreuses générations. Carrie est, comme le montre la fin du récit, éternelle.
Morgan C— Decitre Ecully
“ La marginale de King ”
Écrit et publié en 1974, Carrie est la première pierre du grand édifice littéraire horrifique qu'est l'œuvre de Stephen King. Au-delà de la plaisante lecture qu'il propose, il est aussi le patient zéro du virus "King" qui allait contaminer l'humanité entière, désormais accro à la savoureuse horreur que délivre chacun de ses ouvrages depuis 50 ans déjà. Si ce premier récit n'a peut-être pas atteint une maturité d'écriture suffisante pour l'ériger de suite comme l'un de ses meilleurs romans, force est de reconnaître que l'essence-même de King est déjà infusée.
Carrie devient la première d'une longue lignée de personnages marginalisés, que l'on retrouve dans divers œuvres de l'auteur, symboles d'une société les ayant mis au ban contre leur gré. Le flot d'insultes que reçoit Carrie durant le premier chapitre, ainsi que les multiples persécutions subies, dépeignent un portrait peu glorieux de l'Amérique, et montrent ainsi les contours d'une critique qu'assène King contre un pays qu'il aime pourtant sincèrement.
Mais le personnage malmené de Carrie n'est qu'un élément parmi d'autres qui contribuent à rendre le roman unique. Prenons par exemple la dualité entre la marginale et Chris : elle démontre le talent de King pour ciseler ses personnages tels des joyaux, en dévoilant au premier abord la figure d'une fille de bonne famille mesquine, se croyant toute puissante derrière l'autorité de son père avocat. Mais elle révèle finalement une attirance pour le danger en sortant avec l'instable Billy, figure masculine dominant qui ne voit en Chris qu'une femme de plus à posséder le temps d'une semaine.
Une autre dualité fascinante, c'est aussi celle entre Carrie et sa propre mère : fervente chrétienne étouffante, elle écrase la jeune fille d'une domination absolue sous couvert d'une absolution de leurs péchés qui ne semble jamais venir. L'ensemble se structure ainsi autour de ce point de rupture qui arrive doucement, mais sûrement, ce point de non-retour au-delà duquel l'état de Carrie bascule vers un pan incontrôlable.
En matière de style, si King a admis que les extraits de journal/audio parsemés dans le roman ne sont là que pour augmenter la taille du récit, on reconnaîtra que cette démarche a pourvu Carrie d'un double récit palpitant. Même si les enjeux finaux nous sont révélés assez tôt par l'intermédiaire de journaux, ils offrent ainsi un regain d'intérêt pour l'intrigue, dans l'appréhension haletante du final sanglant promis.
Et quel final, puisqu'il occupe un petit quart de l'œuvre, durant lequel l'explosion de la rancœur refoulée de Carrie se déverse sur l'ensemble de la ville dans un flot de flammes et de haine.
Carrie, en première pierre d'un vaste édifice de l'horreur, fait désormais partie des incontournables de King, ayant eu droit à deux adaptations au cinéma qui ont largement véhiculé dans les esprits cette image, gravée à jamais, d'une jeune femme en sang dont le regard marquera encore de nombreuses générations. Carrie est, comme le montre la fin du récit, éternelle.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Arnaques, Crimes et Fantasy ”
En matière de fantasy vénitienne, après un passage copieux chez notre cher Phillipe Jaworski, il y a un arrêt immanquable à faire du l'autre côté de l'Atlantique : en effet, qui ne connaît pas Les Salauds Gentilhommes, menés par la célèbre Ronce de Cammor, Locke Lamora ?
Lui et ses compagnons à la langue bien pendue opèrent dans l'ombre la plus totale, à la manière d'Arsène Lupin, dans l'unique but de soulager quelques coffres trop pleins. D'arnaque en arnaque, ils s'apprêtent à enfin ranger leurs mains de voleur dans leur poche après un dernier casse de toute beauté...mais c'était sans compter l'intervention du mystérieux Roi Gris, qui pourrait bien réduire à néant toute leur combine, leur pécule et leurs vies.
De rebondissements en rebondissements, Scott Lynch maintient son récit sans faillir, avec une palette de personnages attachants possédant une somptueuse gouaille, mais leur lot de faiblesses. Ce dernier point les rend ainsi mortels, évitant les écueils des personnages trop puissants, surtout dans le domaine de la fantasy.
La vaste cité de Cammor offre son lot de lieux iconiques aux descriptions étoffés, sans en étouffer le contenu. Digeste et précis, la fluidité de la plume de Lynch permet une lecture sans accrocs et est entrecoupée de chapitres interludes permettant de découvrir la genèse de Locke et ses amis. Impitoyable avec ses personnages, l'auteur n'hésite aucunement à nous prendre aux tripes afin de nous garder sous haute tension. Amour et humour s'entremêlent avec plaisir (même si on penchera surtout sur de l'humour), et l'on attend avec impatience de voir ce que le Tome 2 apportera !
Coup de coeur

4/5
4.4/5
17,95 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Arnaques, Crimes et Fantasy ”
En matière de fantasy vénitienne, après un passage copieux chez notre cher Phillipe Jaworski, il y a un arrêt immanquable à faire du l'autre côté de l'Atlantique : en effet, qui ne connaît pas Les Salauds Gentilhommes, menés par la célèbre Ronce de Cammor, Locke Lamora ?
Lui et ses compagnons à la langue bien pendue opèrent dans l'ombre la plus totale, à la manière d'Arsène Lupin, dans l'unique but de soulager quelques coffres trop pleins. D'arnaque en arnaque, ils s'apprêtent à enfin ranger leurs mains de voleur dans leur poche après un dernier casse de toute beauté...mais c'était sans compter l'intervention du mystérieux Roi Gris, qui pourrait bien réduire à néant toute leur combine, leur pécule et leurs vies.
De rebondissements en rebondissements, Scott Lynch maintient son récit sans faillir, avec une palette de personnages attachants possédant une somptueuse gouaille, mais leur lot de faiblesses. Ce dernier point les rend ainsi mortels, évitant les écueils des personnages trop puissants, surtout dans le domaine de la fantasy.
La vaste cité de Cammor offre son lot de lieux iconiques aux descriptions étoffés, sans en étouffer le contenu. Digeste et précis, la fluidité de la plume de Lynch permet une lecture sans accrocs et est entrecoupée de chapitres interludes permettant de découvrir la genèse de Locke et ses amis. Impitoyable avec ses personnages, l'auteur n'hésite aucunement à nous prendre aux tripes afin de nous garder sous haute tension. Amour et humour s'entremêlent avec plaisir (même si on penchera surtout sur de l'humour), et l'on attend avec impatience de voir ce que le Tome 2 apportera !
Morgan C— Decitre Ecully
“ Arnaques, Crimes et Fantasy ”
En matière de fantasy vénitienne, après un passage copieux chez notre cher Phillipe Jaworski, il y a un arrêt immanquable à faire du l'autre côté de l'Atlantique : en effet, qui ne connaît pas Les Salauds Gentilhommes, menés par la célèbre Ronce de Cammor, Locke Lamora ?
Lui et ses compagnons à la langue bien pendue opèrent dans l'ombre la plus totale, à la manière d'Arsène Lupin, dans l'unique but de soulager quelques coffres trop pleins. D'arnaque en arnaque, ils s'apprêtent à enfin ranger leurs mains de voleur dans leur poche après un dernier casse de toute beauté...mais c'était sans compter l'intervention du mystérieux Roi Gris, qui pourrait bien réduire à néant toute leur combine, leur pécule et leurs vies.
De rebondissements en rebondissements, Scott Lynch maintient son récit sans faillir, avec une palette de personnages attachants possédant une somptueuse gouaille, mais leur lot de faiblesses. Ce dernier point les rend ainsi mortels, évitant les écueils des personnages trop puissants, surtout dans le domaine de la fantasy.
La vaste cité de Cammor offre son lot de lieux iconiques aux descriptions étoffés, sans en étouffer le contenu. Digeste et précis, la fluidité de la plume de Lynch permet une lecture sans accrocs et est entrecoupée de chapitres interludes permettant de découvrir la genèse de Locke et ses amis. Impitoyable avec ses personnages, l'auteur n'hésite aucunement à nous prendre aux tripes afin de nous garder sous haute tension. Amour et humour s'entremêlent avec plaisir (même si on penchera surtout sur de l'humour), et l'on attend avec impatience de voir ce que le Tome 2 apportera !

4/5
La morsure des roses
Grand Format
20,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ War of Roses ”
Si vous aussi, vous aimez côtoyer la part d'ombre de la mythologie, vous adorerez la Morsure des Roses, le nouveau roman de Christophe Guillemain paru chez Mnemos.
Cette Morsure nous narre l'épopée dramatique de Caelynn, la plus jeune fille du dieu Ur-Orio. Avec ses quatre sœurs, elle a passé son enfance sur le mont Eremion isolée du reste de la civilisation. Après un tragique coup du sort opérée par ses cruelles sœurs aînées, elle s'échappe de ce m'ont avec sa sœur Riveline. Des années plus tard, apprenant que sa sœur, devenue reine, est sur le point d’accoucher, Caelynn décide de la rejoindre pour la mettre en garde face à la menace de leurs aînées immortelles, prêtes à tout pour empêcher l’enfant de naître...
Entre conte baroque et mythologie greco-nordique, Guillemain confirme avec son deuxième roman son talent à concevoir des univers uniques en leur genre et à maintenir la tension de son intrigue épique. On y découvre des divinités bouffis d'égoïsme et sournoises, cherchant par tous les moyens à se venger d'un père à l'amour étouffant et à mettre à mal les ambitions maternelles de leur sœur cadette... Caelynn s'apprête à vivre une aventure hors normes où s'y mêle créatures d'outre tombe et mensonges et face auquel seul le passé peut servir de bouclier. Cette intrigue rappelle ainsi les querelles intestines propres aux divinités de la mythologie grecque, où la mort était la seule à attendre au tournant.
Les complots royaux et autres manipulations laissent vite place à des enjeux cosmiques écrasant complètement notre pauvre Caelynn, chevaleresse des temps modernes en quête de réponse quant aux agissements des membres de sa famille. Avec une originalité bienvenue, Guillemain s'impose doucement mais sûrement comme l'un des conteurs auquel il faut prêter l'oreille.

4/5
Cimqa
Poche
9,50 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Entertainment System is Down ”
Après le succès de son premier roman, After, la prometteuse autrice Auriane Velten pose une nouvelle fois ses bagages fantastiques chez l'éditeur Mnemos avec Cimqa, un roman de qualité dimensionnelle qui interroge avezc pertinence notre rapport à l'art et à l'industrie du divertissement.
Au travers de deux récits entrecroisés, Auriane Velten tisse une histoire à l'ironie dramatique palpable. D'un côté, la jeune Sarah découvre avec émerveillement les facultés offertes par la cinquième dimension tandis que de l'autre, Sara en subit les travers capitalistes produits par notre société.
Car c'est bien de la marchandisation de la créativité qu'il est question au travers de Cimqa : comment réagir quand une pratique artistique se standardise à cause des processus hollywoodiens ? Quel espoir reste il quand il n'est désormais plus question de produire du subversif au profit de créations consensuelles et aseptisée ?
Ce questionnement traverse avec pertinence le récit, qui offre un écho troublant avec ce qui se produit déjà dans notre société depuis de longues décennies (voire siècle). Velten construit deux portraits touchants qui offrent, malgré l'adversité, une once d'espoir face aux majors Hollywoodiens. Ce que propose Cimqa, c'est de mettre en dualité l'émerveillement enfantin des histoires qu'on s'inventait avec un rien face à l'assèchement de l'imaginaire par la surproduction culturelle.
Avec Cimqa, Auriane Velten confirme sa posture d'autrice à suivre de près dans les prochaines années tant elle apporte un vent de fraîcheur sur le paysage littéraire !

4/5
Cimqa
Grand Format
20,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Entertainment System is Down ”
Après le succès de son premier roman, After, la prometteuse autrice Auriane Velten pose une nouvelle fois ses bagages fantastiques chez l'éditeur Mnemos avec Cimqa, un roman de qualité dimensionnelle qui interroge avezc pertinence notre rapport à l'art et à l'industrie du divertissement.
Au travers de deux récits entrecroisés, Auriane Velten tisse une histoire à l'ironie dramatique palpable. D'un côté, la jeune Sarah découvre avec émerveillement les facultés offertes par la cinquième dimension tandis que de l'autre, Sara en subit les travers capitalistes produits par notre société.
Car c'est bien de la marchandisation de la créativité qu'il est question au travers de Cimqa : comment réagir quand une pratique artistique se standardise à cause des processus hollywoodiens ? Quel espoir reste il quand il n'est désormais plus question de produire du subversif au profit de créations consensuelles et aseptisée ?
Ce questionnement traverse avec pertinence le récit, qui offre un écho troublant avec ce qui se produit déjà dans notre société depuis de longues décennies (voire siècle). Velten construit deux portraits touchants qui offrent, malgré l'adversité, une once d'espoir face aux majors Hollywoodiens. Ce que propose Cimqa, c'est de mettre en dualité l'émerveillement enfantin des histoires qu'on s'inventait avec un rien face à l'assèchement de l'imaginaire par la surproduction culturelle.
Avec Cimqa, Auriane Velten confirme sa posture d'autrice à suivre de près dans les prochaines années tant elle apporte un vent de fraîcheur sur le paysage littéraire !

4/5
3/5
Le Grand Dieu Pan
Poche
9,50 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ L'auteur de référence de Lovecraft, enfin réédité ! ”
On le remarque davantage d'année en année : des hordes d'auteurs oubliés de la littérature fantastique/fantasy refont désormais surface dans nos librairies. La raison à cela pourrait être celle d'un simple enchaînement de circonstances et d'un engouement populaire, comme cela a pu être le cas pour l'œuvre de H.P Lovecraft.
Mais en vérité, c'est surtout grâce à l'énorme travail de maisons d'édition désireuses de donner un second souffle à ces oubliés. Les exemples sont légions, allant de Mnemos et ses Brian Lumley et Clark Ashton Smith jusqu'à Callidor et ses Abraham Merritt, Stella Benson et W.S Chambers.
Et c'est justement au travers de cette dernière maison que l'on découvrira, le 27 octobre, la résurrection éditoriale d'un maître du fantastique anglais : Arthur Machen. Inspiration majeur de Lovecraft, cet auteur du début du XIXeme siècle a su s'imposer comme une référence du genre grâce à une prose subtile et maîtrisée et à son amour pour l'ésotérisme. De la nouvelle Le Grand Dieu Pan jusqu'à l'Histoire du Cachet Noir, l'écriture de Machen montre plusieurs qualités qui ont trop souvent manqué aux prétendus "auteurs cultes" qu'on nous survend régulièrement :
- d'abord, un travail soigné de ses personnages comme de ses effets de style, accompagné d'un rythme soutenu qui ne trahit pas son âge. La lecture des nouvelles de ce recueil se fait avec un véritable plaisir non dissimulé, et ce malgré la traduction française d'époque qui alourdit peu le style d'origine.
-une littérature fantastique qui s'assume pleinement, ce qui donne lieu à de terrifiantes descriptions d'entités innommables. On comprend ainsi mieux l'inspiration qu'y a trouvé Lovecraft, en particulier pour son Abomination de Dunwich.
Le fantastique, selon Machen
Le fantastique, selon Machen, prend ses racines dans notre univers tout en évoquant l'existence (et cela, l'auteur y croyait dur comme fer) d'un autre monde, joint au nôtre au travers d'une fine barrière. Les questions que soulèvent Machen au travers de ses récits, sont multiples : qu'adviendrait-il de l'Humain si des entités démoniaques arrivaient à entrer en contact avec nous ? Quel risque y'a t'il à vouloir découvrir ce que l'esprit humain ne devrait pas appréhender ?
L'ensemble de ce recueil offre un niveau d'écriture maîtrisé et une splendides incursion dans l'imaginaire du XIXème siècle, avec en prime, comme cela est l'habitude avec Callidor : une édition luxueuse préfacé par Guillermo Del Toro, et agrémenté d'un court essai de Jorge Luis Borges sur Arthur Machen.
En prime, on retrouvera une vingtaine de splendides illustrations de Samuel Araya, qu'on retrouvait déjà à la barre de l'ouvrage Le Roi en Jaune chez Callidor, conférant à cet ouvrage un aspect unique en son genre. En effet, le parti pris graphique de Araya, mêlant collage et photos d'époque, se marie à merveille avec l'esprit Machenien pour accentuer la puissance des descriptions de créatures venues des tréfonds des âges.

4/5
3/5
Le grand dieu Pan
Poche
13,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ L'auteur de référence de Lovecraft, enfin réédité ! ”
On le remarque davantage d'année en année : des hordes d'auteurs oubliés de la littérature fantastique/fantasy refont désormais surface dans nos librairies. La raison à cela pourrait être celle d'un simple enchaînement de circonstances et d'un engouement populaire, comme cela a pu être le cas pour l'œuvre de H.P Lovecraft.
Mais en vérité, c'est surtout grâce à l'énorme travail de maisons d'édition désireuses de donner un second souffle à ces oubliés. Les exemples sont légions, allant de Mnemos et ses Brian Lumley et Clark Ashton Smith jusqu'à Callidor et ses Abraham Merritt, Stella Benson et W.S Chambers.
Et c'est justement au travers de cette dernière maison que l'on découvrira, le 27 octobre, la résurrection éditoriale d'un maître du fantastique anglais : Arthur Machen. Inspiration majeur de Lovecraft, cet auteur du début du XIXeme siècle a su s'imposer comme une référence du genre grâce à une prose subtile et maîtrisée et à son amour pour l'ésotérisme. De la nouvelle Le Grand Dieu Pan jusqu'à l'Histoire du Cachet Noir, l'écriture de Machen montre plusieurs qualités qui ont trop souvent manqué aux prétendus "auteurs cultes" qu'on nous survend régulièrement :
- d'abord, un travail soigné de ses personnages comme de ses effets de style, accompagné d'un rythme soutenu qui ne trahit pas son âge. La lecture des nouvelles de ce recueil se fait avec un véritable plaisir non dissimulé, et ce malgré la traduction française d'époque qui alourdit peu le style d'origine.
-une littérature fantastique qui s'assume pleinement, ce qui donne lieu à de terrifiantes descriptions d'entités innommables. On comprend ainsi mieux l'inspiration qu'y a trouvé Lovecraft, en particulier pour son Abomination de Dunwich.
Le fantastique, selon Machen
Le fantastique, selon Machen, prend ses racines dans notre univers tout en évoquant l'existence (et cela, l'auteur y croyait dur comme fer) d'un autre monde, joint au nôtre au travers d'une fine barrière. Les questions que soulèvent Machen au travers de ses récits, sont multiples : qu'adviendrait-il de l'Humain si des entités démoniaques arrivaient à entrer en contact avec nous ? Quel risque y'a t'il à vouloir découvrir ce que l'esprit humain ne devrait pas appréhender ?
L'ensemble de ce recueil offre un niveau d'écriture maîtrisé et une splendides incursion dans l'imaginaire du XIXème siècle, avec en prime, comme cela est l'habitude avec Callidor : une édition luxueuse préfacé par Guillermo Del Toro, et agrémenté d'un court essai de Jorge Luis Borges sur Arthur Machen.
En prime, on retrouvera une vingtaine de splendides illustrations de Samuel Araya, qu'on retrouvait déjà à la barre de l'ouvrage Le Roi en Jaune chez Callidor, conférant à cet ouvrage un aspect unique en son genre. En effet, le parti pris graphique de Araya, mêlant collage et photos d'époque, se marie à merveille avec l'esprit Machenien pour accentuer la puissance des descriptions de créatures venues des tréfonds des âges.

4/5
3/5
12,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ L'auteur de référence de Lovecraft, enfin réédité ! ”
On le remarque davantage d'année en année : des hordes d'auteurs oubliés de la littérature fantastique/fantasy refont désormais surface dans nos librairies. La raison à cela pourrait être celle d'un simple enchaînement de circonstances et d'un engouement populaire, comme cela a pu être le cas pour l'œuvre de H.P Lovecraft.
Mais en vérité, c'est surtout grâce à l'énorme travail de maisons d'édition désireuses de donner un second souffle à ces oubliés. Les exemples sont légions, allant de Mnemos et ses Brian Lumley et Clark Ashton Smith jusqu'à Callidor et ses Abraham Merritt, Stella Benson et W.S Chambers.
Et c'est justement au travers de cette dernière maison que l'on découvrira, le 27 octobre, la résurrection éditoriale d'un maître du fantastique anglais : Arthur Machen. Inspiration majeur de Lovecraft, cet auteur du début du XIXeme siècle a su s'imposer comme une référence du genre grâce à une prose subtile et maîtrisée et à son amour pour l'ésotérisme. De la nouvelle Le Grand Dieu Pan jusqu'à l'Histoire du Cachet Noir, l'écriture de Machen montre plusieurs qualités qui ont trop souvent manqué aux prétendus "auteurs cultes" qu'on nous survend régulièrement :
- d'abord, un travail soigné de ses personnages comme de ses effets de style, accompagné d'un rythme soutenu qui ne trahit pas son âge. La lecture des nouvelles de ce recueil se fait avec un véritable plaisir non dissimulé, et ce malgré la traduction française d'époque qui alourdit peu le style d'origine.
-une littérature fantastique qui s'assume pleinement, ce qui donne lieu à de terrifiantes descriptions d'entités innommables. On comprend ainsi mieux l'inspiration qu'y a trouvé Lovecraft, en particulier pour son Abomination de Dunwich.
Le fantastique, selon Machen
Le fantastique, selon Machen, prend ses racines dans notre univers tout en évoquant l'existence (et cela, l'auteur y croyait dur comme fer) d'un autre monde, joint au nôtre au travers d'une fine barrière. Les questions que soulèvent Machen au travers de ses récits, sont multiples : qu'adviendrait-il de l'Humain si des entités démoniaques arrivaient à entrer en contact avec nous ? Quel risque y'a t'il à vouloir découvrir ce que l'esprit humain ne devrait pas appréhender ?
L'ensemble de ce recueil offre un niveau d'écriture maîtrisé et une splendides incursion dans l'imaginaire du XIXème siècle, avec en prime, comme cela est l'habitude avec Callidor : une édition luxueuse préfacé par Guillermo Del Toro, et agrémenté d'un court essai de Jorge Luis Borges sur Arthur Machen.
En prime, on retrouvera une vingtaine de splendides illustrations de Samuel Araya, qu'on retrouvait déjà à la barre de l'ouvrage Le Roi en Jaune chez Callidor, conférant à cet ouvrage un aspect unique en son genre. En effet, le parti pris graphique de Araya, mêlant collage et photos d'époque, se marie à merveille avec l'esprit Machenien pour accentuer la puissance des descriptions de créatures venues des tréfonds des âges.

4/5
3/5
Le Grand Dieu Pan
Grand Format
10,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ L'auteur de référence de Lovecraft, enfin réédité ! ”
On le remarque davantage d'année en année : des hordes d'auteurs oubliés de la littérature fantastique/fantasy refont désormais surface dans nos librairies. La raison à cela pourrait être celle d'un simple enchaînement de circonstances et d'un engouement populaire, comme cela a pu être le cas pour l'œuvre de H.P Lovecraft.
Mais en vérité, c'est surtout grâce à l'énorme travail de maisons d'édition désireuses de donner un second souffle à ces oubliés. Les exemples sont légions, allant de Mnemos et ses Brian Lumley et Clark Ashton Smith jusqu'à Callidor et ses Abraham Merritt, Stella Benson et W.S Chambers.
Et c'est justement au travers de cette dernière maison que l'on découvrira, le 27 octobre, la résurrection éditoriale d'un maître du fantastique anglais : Arthur Machen. Inspiration majeur de Lovecraft, cet auteur du début du XIXeme siècle a su s'imposer comme une référence du genre grâce à une prose subtile et maîtrisée et à son amour pour l'ésotérisme. De la nouvelle Le Grand Dieu Pan jusqu'à l'Histoire du Cachet Noir, l'écriture de Machen montre plusieurs qualités qui ont trop souvent manqué aux prétendus "auteurs cultes" qu'on nous survend régulièrement :
- d'abord, un travail soigné de ses personnages comme de ses effets de style, accompagné d'un rythme soutenu qui ne trahit pas son âge. La lecture des nouvelles de ce recueil se fait avec un véritable plaisir non dissimulé, et ce malgré la traduction française d'époque qui alourdit peu le style d'origine.
-une littérature fantastique qui s'assume pleinement, ce qui donne lieu à de terrifiantes descriptions d'entités innommables. On comprend ainsi mieux l'inspiration qu'y a trouvé Lovecraft, en particulier pour son Abomination de Dunwich.
Le fantastique, selon Machen
Le fantastique, selon Machen, prend ses racines dans notre univers tout en évoquant l'existence (et cela, l'auteur y croyait dur comme fer) d'un autre monde, joint au nôtre au travers d'une fine barrière. Les questions que soulèvent Machen au travers de ses récits, sont multiples : qu'adviendrait-il de l'Humain si des entités démoniaques arrivaient à entrer en contact avec nous ? Quel risque y'a t'il à vouloir découvrir ce que l'esprit humain ne devrait pas appréhender ?
L'ensemble de ce recueil offre un niveau d'écriture maîtrisé et une splendides incursion dans l'imaginaire du XIXème siècle, avec en prime, comme cela est l'habitude avec Callidor : une édition luxueuse préfacé par Guillermo Del Toro, et agrémenté d'un court essai de Jorge Luis Borges sur Arthur Machen.
En prime, on retrouvera une vingtaine de splendides illustrations de Samuel Araya, qu'on retrouvait déjà à la barre de l'ouvrage Le Roi en Jaune chez Callidor, conférant à cet ouvrage un aspect unique en son genre. En effet, le parti pris graphique de Araya, mêlant collage et photos d'époque, se marie à merveille avec l'esprit Machenien pour accentuer la puissance des descriptions de créatures venues des tréfonds des âges.

4/5
3/5
Le Grand Dieu Pan
Edition collector
Grand Format
35,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ L'auteur de référence de Lovecraft, enfin réédité ! ”
On le remarque davantage d'année en année : des hordes d'auteurs oubliés de la littérature fantastique/fantasy refont désormais surface dans nos librairies. La raison à cela pourrait être celle d'un simple enchaînement de circonstances et d'un engouement populaire, comme cela a pu être le cas pour l'œuvre de H.P Lovecraft.
Mais en vérité, c'est surtout grâce à l'énorme travail de maisons d'édition désireuses de donner un second souffle à ces oubliés. Les exemples sont légions, allant de Mnemos et ses Brian Lumley et Clark Ashton Smith jusqu'à Callidor et ses Abraham Merritt, Stella Benson et W.S Chambers.
Et c'est justement au travers de cette dernière maison que l'on découvrira, le 27 octobre, la résurrection éditoriale d'un maître du fantastique anglais : Arthur Machen. Inspiration majeur de Lovecraft, cet auteur du début du XIXeme siècle a su s'imposer comme une référence du genre grâce à une prose subtile et maîtrisée et à son amour pour l'ésotérisme. De la nouvelle Le Grand Dieu Pan jusqu'à l'Histoire du Cachet Noir, l'écriture de Machen montre plusieurs qualités qui ont trop souvent manqué aux prétendus "auteurs cultes" qu'on nous survend régulièrement :
- d'abord, un travail soigné de ses personnages comme de ses effets de style, accompagné d'un rythme soutenu qui ne trahit pas son âge. La lecture des nouvelles de ce recueil se fait avec un véritable plaisir non dissimulé, et ce malgré la traduction française d'époque qui alourdit peu le style d'origine.
-une littérature fantastique qui s'assume pleinement, ce qui donne lieu à de terrifiantes descriptions d'entités innommables. On comprend ainsi mieux l'inspiration qu'y a trouvé Lovecraft, en particulier pour son Abomination de Dunwich.
Le fantastique, selon Machen
Le fantastique, selon Machen, prend ses racines dans notre univers tout en évoquant l'existence (et cela, l'auteur y croyait dur comme fer) d'un autre monde, joint au nôtre au travers d'une fine barrière. Les questions que soulèvent Machen au travers de ses récits, sont multiples : qu'adviendrait-il de l'Humain si des entités démoniaques arrivaient à entrer en contact avec nous ? Quel risque y'a t'il à vouloir découvrir ce que l'esprit humain ne devrait pas appréhender ?
L'ensemble de ce recueil offre un niveau d'écriture maîtrisé et une splendides incursion dans l'imaginaire du XIXème siècle, avec en prime, comme cela est l'habitude avec Callidor : une édition luxueuse préfacé par Guillermo Del Toro, et agrémenté d'un court essai de Jorge Luis Borges sur Arthur Machen.
En prime, on retrouvera une vingtaine de splendides illustrations de Samuel Araya, qu'on retrouvait déjà à la barre de l'ouvrage Le Roi en Jaune chez Callidor, conférant à cet ouvrage un aspect unique en son genre. En effet, le parti pris graphique de Araya, mêlant collage et photos d'époque, se marie à merveille avec l'esprit Machenien pour accentuer la puissance des descriptions de créatures venues des tréfonds des âges.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Nous sommes Ubik ! ”
Ubik est, à bien des égards, une curiosité d'un genre nouveau dans la carrière littéraire de Phillip K. Dick. Après une fournée de récits SF classiques et sans éclats (hormis bien sur Le Maître du Haut Château), l'auteur phare de la SF américaine offre aux yeux du monde cet OVNI littéraire qui recouvre pourtant toute sa peur et son dégoût de l'Amérique, et lui permet l'accès à la consécration.
Mais que possède Ubik pour être davantage qu'un récit SF ?
Il y a d'abord le trip paranoïaque, thème cher à l'auteur, qui prend ici des allures science-fictives démesurées avec l'histoire de pouvoirs psis permettant à tout un chacun d'être epiés jusque dans ses rêves. Nous sommes en 1992, et deux entreprises guerroient sans fin au nom de lavie privée chastement gardée. La différence étant que l'une fournit des espions psis (l'arme) et l'autre des contre mesures de protection (le bouclier). Mais cette lutte prend une tout autre dimension lorsqu'un groupe de psis protecteurs, mandatés sur la planète Luna, se retrouve projetés dans une version étrange de leur monde actuel... Le temps semble repartir dans l'autre sens pour certains objets, et la réalité se délitte face à des remous d'un autre genre.
Ubik n'est donc pas un simple récit de SF comme l'auteur a pu en pondre dans ses premières années.
Des rebonds narratifs parsèment le récit, et le personnage principal se relève typiquement dickien, à savoir un homme sans saveurs, triste et incapable de se rebeller contre des événements qui le dépasse. Mais quand on connaît l'esprit politique véhément de K.Dick, comment ne pas voir en Ubik une critique acerbe de l'Amérique et de ses dérives capitalistes et ultra sécuritaires ?
L'aspect sécuritaire d'abord, par le biais des pouvoirs psis et du respect de la vie privée, qui n'est pas violée par un quelconque gouvernement Big Brother, mais bien par des gens lambda qu'on diabolisent au travers de publicités invasives.
L'aspect capitaliste ensuite, par le biais de ce fameux Ubik, produit miracle capable de tout et de rien, entité omnipotente ou non, qui semble pourtant construire la réalité et empêcher le flux du temps de partir en vrille.
Et c'est là que se révèle tout le génie de Ubik: Qu'un objet vendu comme n'importe quelle breloque sur les panneaux de publicité d'un métro soit aussi important dans le récit montre bien à quel point Dick prend, avec Ubik, l'entièreté des codes de la SF à revers et offre une satire puissante du capitalisme vorace américain. S'y ajoute aussi l'idée de marchander la mort au travers de la semi-vie, ainsi que de payer pour utiliser sa porte d'appartement, et l'on obtient un joyeux SF comme il en existe peu.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Nous sommes Ubik ! ”
Ubik est, à bien des égards, une curiosité d'un genre nouveau dans la carrière littéraire de Phillip K. Dick. Après une fournée de récits SF classiques et sans éclats (hormis bien sur Le Maître du Haut Château), l'auteur phare de la SF américaine offre aux yeux du monde cet OVNI littéraire qui recouvre pourtant toute sa peur et son dégoût de l'Amérique, et lui permet l'accès à la consécration.
Mais que possède Ubik pour être davantage qu'un récit SF ?
Il y a d'abord le trip paranoïaque, thème cher à l'auteur, qui prend ici des allures science-fictives démesurées avec l'histoire de pouvoirs psis permettant à tout un chacun d'être epiés jusque dans ses rêves. Nous sommes en 1992, et deux entreprises guerroient sans fin au nom de lavie privée chastement gardée. La différence étant que l'une fournit des espions psis (l'arme) et l'autre des contre mesures de protection (le bouclier). Mais cette lutte prend une tout autre dimension lorsqu'un groupe de psis protecteurs, mandatés sur la planète Luna, se retrouve projetés dans une version étrange de leur monde actuel... Le temps semble repartir dans l'autre sens pour certains objets, et la réalité se délitte face à des remous d'un autre genre.
Ubik n'est donc pas un simple récit de SF comme l'auteur a pu en pondre dans ses premières années.
Des rebonds narratifs parsèment le récit, et le personnage principal se relève typiquement dickien, à savoir un homme sans saveurs, triste et incapable de se rebeller contre des événements qui le dépasse. Mais quand on connaît l'esprit politique véhément de K.Dick, comment ne pas voir en Ubik une critique acerbe de l'Amérique et de ses dérives capitalistes et ultra sécuritaires ?
L'aspect sécuritaire d'abord, par le biais des pouvoirs psis et du respect de la vie privée, qui n'est pas violée par un quelconque gouvernement Big Brother, mais bien par des gens lambda qu'on diabolisent au travers de publicités invasives.
L'aspect capitaliste ensuite, par le biais de ce fameux Ubik, produit miracle capable de tout et de rien, entité omnipotente ou non, qui semble pourtant construire la réalité et empêcher le flux du temps de partir en vrille.
Et c'est là que se révèle tout le génie de Ubik: Qu'un objet vendu comme n'importe quelle breloque sur les panneaux de publicité d'un métro soit aussi important dans le récit montre bien à quel point Dick prend, avec Ubik, l'entièreté des codes de la SF à revers et offre une satire puissante du capitalisme vorace américain. S'y ajoute aussi l'idée de marchander la mort au travers de la semi-vie, ainsi que de payer pour utiliser sa porte d'appartement, et l'on obtient un joyeux SF comme il en existe peu.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Nous sommes Ubik ! ”
Ubik est, à bien des égards, une curiosité d'un genre nouveau dans la carrière littéraire de Phillip K. Dick. Après une fournée de récits SF classiques et sans éclats (hormis bien sur Le Maître du Haut Château), l'auteur phare de la SF américaine offre aux yeux du monde cet OVNI littéraire qui recouvre pourtant toute sa peur et son dégoût de l'Amérique, et lui permet l'accès à la consécration.
Mais que possède Ubik pour être davantage qu'un récit SF ?
Il y a d'abord le trip paranoïaque, thème cher à l'auteur, qui prend ici des allures science-fictives démesurées avec l'histoire de pouvoirs psis permettant à tout un chacun d'être epiés jusque dans ses rêves. Nous sommes en 1992, et deux entreprises guerroient sans fin au nom de lavie privée chastement gardée. La différence étant que l'une fournit des espions psis (l'arme) et l'autre des contre mesures de protection (le bouclier). Mais cette lutte prend une tout autre dimension lorsqu'un groupe de psis protecteurs, mandatés sur la planète Luna, se retrouve projetés dans une version étrange de leur monde actuel... Le temps semble repartir dans l'autre sens pour certains objets, et la réalité se délitte face à des remous d'un autre genre.
Ubik n'est donc pas un simple récit de SF comme l'auteur a pu en pondre dans ses premières années.
Des rebonds narratifs parsèment le récit, et le personnage principal se relève typiquement dickien, à savoir un homme sans saveurs, triste et incapable de se rebeller contre des événements qui le dépasse. Mais quand on connaît l'esprit politique véhément de K.Dick, comment ne pas voir en Ubik une critique acerbe de l'Amérique et de ses dérives capitalistes et ultra sécuritaires ?
L'aspect sécuritaire d'abord, par le biais des pouvoirs psis et du respect de la vie privée, qui n'est pas violée par un quelconque gouvernement Big Brother, mais bien par des gens lambda qu'on diabolisent au travers de publicités invasives.
L'aspect capitaliste ensuite, par le biais de ce fameux Ubik, produit miracle capable de tout et de rien, entité omnipotente ou non, qui semble pourtant construire la réalité et empêcher le flux du temps de partir en vrille.
Et c'est là que se révèle tout le génie de Ubik: Qu'un objet vendu comme n'importe quelle breloque sur les panneaux de publicité d'un métro soit aussi important dans le récit montre bien à quel point Dick prend, avec Ubik, l'entièreté des codes de la SF à revers et offre une satire puissante du capitalisme vorace américain. S'y ajoute aussi l'idée de marchander la mort au travers de la semi-vie, ainsi que de payer pour utiliser sa porte d'appartement, et l'on obtient un joyeux SF comme il en existe peu.
Morgan C— Decitre Ecully
“ "La déesse offusquée voila de son égide, sa chaste face." ”
"Je n'ai jamais versé une seule larme de ma vie." annonce le personnage principal, Méduse. Jeune fille à l'existence similaire d'une certaine Carrie, leur bal du diable prend cependant des trajectoires différentes, malgré la similitude de leur vie agrémentée de brimades et d'humiliation quotidienne.
Si l'une tente de vivre sa vie de lycéenne malgré une domination matriarcale toxique au sein de sa propre famille, l'autre, notre chère Méduse, se retrouve bannie de la société pour être enfermée dans un institut de jeunes filles déformées. En effet, il s'avère que son surnom n'est pas gratuit, venant de ses yeux suintant le Mal à grandes larmes et devant être caché au reste du monde.
Alors que toutes deux déparent le lustre familiale, contraintes à cacher leur pouvoir aux yeux des autres et à subir les arranges d'une société anxiogène, nos deux femmes cachent au fond d'elle une envie de révolte qui gronde de jour en jour...
Le style riche de Desjardins se conjugue à la richesse métaphorique de Méduse, symbole d'une féminité cachée et d'une sexualité bridée face au regard des autres. Libérateur et jouissif, Méduse se lit d'une traite et alterne les seynettes au sein d'un univers obscurantiste duquel tente de se dépêtrer la jeune fille attendant de devenir femme.
En roman gothique moderne qu'il est, Méduse aborde la quête d'émancipation et la force dévastatrice du harcèlement avec plus d'efficacité que Carrie ne l'avait fait en son temps, et s'érige en rejet de notre époque.
Morgan C— Decitre Ecully
“ "La déesse offusquée voila de son égide, sa chaste face." ”
"Je n'ai jamais versé une seule larme de ma vie." annonce le personnage principal, Méduse. Jeune fille à l'existence similaire d'une certaine Carrie, leur bal du diable prend cependant des trajectoires différentes, malgré la similitude de leur vie agrémentée de brimades et d'humiliation quotidienne.
Si l'une tente de vivre sa vie de lycéenne malgré une domination matriarcale toxique au sein de sa propre famille, l'autre, notre chère Méduse, se retrouve bannie de la société pour être enfermée dans un institut de jeunes filles déformées. En effet, il s'avère que son surnom n'est pas gratuit, venant de ses yeux suintant le Mal à grandes larmes et devant être caché au reste du monde.
Alors que toutes deux déparent le lustre familiale, contraintes à cacher leur pouvoir aux yeux des autres et à subir les arranges d'une société anxiogène, nos deux femmes cachent au fond d'elle une envie de révolte qui gronde de jour en jour...
Le style riche de Desjardins se conjugue à la richesse métaphorique de Méduse, symbole d'une féminité cachée et d'une sexualité bridée face au regard des autres. Libérateur et jouissif, Méduse se lit d'une traite et alterne les seynettes au sein d'un univers obscurantiste duquel tente de se dépêtrer la jeune fille attendant de devenir femme.
En roman gothique moderne qu'il est, Méduse aborde la quête d'émancipation et la force dévastatrice du harcèlement avec plus d'efficacité que Carrie ne l'avait fait en son temps, et s'érige en rejet de notre époque.
Grand prix de l'imaginaire - Roman francophone

4/5
Les flibustiers de la mer chimique
Grand Format
22,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Pirates en vue ! ”
Décidément, le climat d'écoanxiété ne cesse de galvaniser les esprits d'auteurs et autrices désireux d'explorer les abîmes d'une humanité en proie à une catastrophe écologique actuelle. Que ce soit en proposant des solutions, comme le fait Fabien Cerutti avec son Terra Humanis ou en prenant le problème de plein front comme dans Le Ministère Du Futur de Stanley Robinson, la question écologique inspire, traumatise, questionne... et donne parfois lieu à des ouvrages assez barrés où se côtoient calamars cocaïnomanes et pirates voguant sur des mers acides.
Bienvenue dans Les Flibustiers de la Mer Chimique, le nouveau roman de Marguerite Imbert.
Le récit est une alternance entre deux points de vue : d'un côté, le naturaliste Ismaël et sa survie sur le sous marin Player Killer. De l'autre, la folle escapade de la graffeuse omnisciente Alba vers la cité de Rome. Au travers de cette histoire post-apo couleur bonbon se déroule celle d'une civilisation ayant perdu son histoire et la cause de sa déchéance : seuls pivot de la transmission : les graffeurs ayant retenu toute l'histoire de la civilisation depuis ses débuts.
Ce qui donne un excellent prétexte à Imbert pour délivrer une épaisse salve de références pop culture très bien senties, apportant du corps à l'humour global.
Car oui, dans Les Flibustiers de La Mer Chimique, même si le contexte écologique est dramatique, les personnages sont explosifs et délirants, vibrant de vie et de sauvagerie, reflets inconscients de notre inaction face à la catastrophe écologique actuelle, et c'est avec fascination que l'on suit leur périple jusqu'au bout du monde.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Pirates en vue ! ”
Décidément, le climat d'écoanxiété ne cesse de galvaniser les esprits d'auteurs et autrices désireux d'explorer les abîmes d'une humanité en proie à une catastrophe écologique actuelle. Que ce soit en proposant des solutions, comme le fait Fabien Cerutti avec son Terra Humanis ou en prenant le problème de plein front comme dans Le Ministère Du Futur de Stanley Robinson, la question écologique inspire, traumatise, questionne... et donne parfois lieu à des ouvrages assez barrés où se côtoient calamars cocaïnomanes et pirates voguant sur des mers acides.
Bienvenue dans Les Flibustiers de la Mer Chimique, le nouveau roman de Marguerite Imbert.
Le récit est une alternance entre deux points de vue : d'un côté, le naturaliste Ismaël et sa survie sur le sous marin Player Killer. De l'autre, la folle escapade de la graffeuse omnisciente Alba vers la cité de Rome. Au travers de cette histoire post-apo couleur bonbon se déroule celle d'une civilisation ayant perdu son histoire et la cause de sa déchéance : seuls pivot de la transmission : les graffeurs ayant retenu toute l'histoire de la civilisation depuis ses débuts.
Ce qui donne un excellent prétexte à Imbert pour délivrer une épaisse salve de références pop culture très bien senties, apportant du corps à l'humour global.
Car oui, dans Les Flibustiers de La Mer Chimique, même si le contexte écologique est dramatique, les personnages sont explosifs et délirants, vibrant de vie et de sauvagerie, reflets inconscients de notre inaction face à la catastrophe écologique actuelle, et c'est avec fascination que l'on suit leur périple jusqu'au bout du monde.

4/5
Central Station
Poche
8,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ La douceur de la SF ”
Central Station possède une qualité qui frappe le lecteur dès la première lecture : cette façon de mêler l'ampleur d'un récit SF à la douceur d'un poème hébreu. Cela est très certainement dû à la jeunesse de l'auteur au sein d'un kibboutz (exploitation agricole israélienne), mais aussi à sa volonté de retranscrire la ferveur cosmopolite d'une cité où se mêle religions, cultures, nourriture, divertissements et ethnies, ainsi que les tensions qu'elles engendrent. Une thématique qui lui est chère, car il évoquait déjà cela au travers de son précédent roman, paru au Label Mu, Aucune Terre n'est Promise.
En parallèle de son fil rouge (la quête de la strigoi), Central Station déploie ses personnages au sein de réflexions plus vaste que l'univers même : celui de Boris Chong, par exemple, rappelle le poids de la transmission et de l'héritage familiale avec la folie Weiwei.
Récit familial et culturel, Central Station explore les affres de l'humanité et sa capacité à transmettre sa culture et ses traditions au travers de la somptueuse plume de Tidhar.

4/5
Central Station
Grand Format
20,50 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ La douceur de la SF ”
Central Station possède une qualité qui frappe le lecteur dès la première lecture : cette façon de mêler l'ampleur d'un récit SF à la douceur d'un poème hébreu. Cela est très certainement dû à la jeunesse de l'auteur au sein d'un kibboutz (exploitation agricole israélienne), mais aussi à sa volonté de retranscrire la ferveur cosmopolite d'une cité où se mêle religions, cultures, nourriture, divertissements et ethnies, ainsi que les tensions qu'elles engendrent. Une thématique qui lui est chère, car il évoquait déjà cela au travers de son précédent roman, paru au Label Mu, Aucune Terre n'est Promise.
En parallèle de son fil rouge (la quête de la strigoi), Central Station déploie ses personnages au sein de réflexions plus vaste que l'univers même : celui de Boris Chong, par exemple, rappelle le poids de la transmission et de l'héritage familiale avec la folie Weiwei.
Récit familial et culturel, Central Station explore les affres de l'humanité et sa capacité à transmettre sa culture et ses traditions au travers de la somptueuse plume de Tidhar.

4/5
Une princesse de Mars
Grand Format
22,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Avant Avatar et Dune : Le Cycle de Mars ! ”
Si les années 1910 sont encore maigres en matière de science-fiction, tout indique pourtant que les graines du genre sont déjà dispersées : après tout, cela fait déjà quelques années que H.G Wells a écrit La Machine à Explorer le Temps et que Jules Verne explore un fantastique machiniste, et nous ne sommes qu'à une poignée d'années des Navigateurs de l'Infini, de Rosny Ainé.
Pour autant, il y a eu, au creux de ces années, un récit fondateur d'un sous-genre de la SF, le planet-opera : La Princesse de Mars, que nous connaissons aussi sous le titre de John Carter (rappelez-vous le film Disney).
Ce cycle phare écrit par l'auteur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs, initie finalement une foule d'éléments initiateurs des codes de la SF actuelle d'aujourd'hui. A l'occasion de sa réédition chez Hoebeke dans un grand format doré, revenons deux minutes sur ce pilier de la SF et sur son importance à être lu ou relu de nos jours.
L'histoire part d'un postulat pour le moins intriguant (du moins, pour l'époque) : John Carter, gentleman sudiste originaire de Virginie, se voit contraint de s'abriter dans une grotte alors qu'il est poursuivi par les Indiens, dans un contexte de Guerre de Sécession. Pourtant, alors qu'il se retrouve paralysé, voilà qu'il est transporté à travers l'espace pour débarquer, nu comme un ver, sur Mars. C'est un destin héroïque qui l'attend désormais sur cette planète loin d'être inhabitée : un amour absolu, une guerre à mener et des amis à rencontrer, voilà le récit de John Carter.
Malgré ses 112 ans d'âge, le style du cycle de la Princesse de Mars se révèle d'une étonnante fraîcheur, loin de l'impression de pavé que pourrait laisser penser sa nouvelle mouture (rassurez-vous, les 330 pages sont très aérées). Ce sentiment de lecture est renforcé par la traduction de Canepa, qui offre une version plus simplifiée mais non moins dense des capacités d'écriture de l'auteur.
On ressent que Burroughs tenait à rendre son ouvrage accessible au plus grand nombre en évitant les multiplications de détails, comme cela peut souvent être le cas dans ces ouvrages à cette période. Il n'hésite cependant pas à donner corps à Barsuum, à son fonctionnement économique, à sa culture martiale, à ses tribus guerrières et à tant d'autres éléments variés.
La richesse de cet univers confère à la Princesse de Mars une aura d'ouvrage certes daté sur ses codes narratifs, mais passionnant à explorer. Premier volet d'une saga en onze tomes, reste désormais à espérer la suite dans la même collection !

4/5
Une princesse de Mars
Grand Format
16,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Avant Avatar et Dune : Le Cycle de Mars ! ”
Si les années 1910 sont encore maigres en matière de science-fiction, tout indique pourtant que les graines du genre sont déjà dispersées : après tout, cela fait déjà quelques années que H.G Wells a écrit La Machine à Explorer le Temps et que Jules Verne explore un fantastique machiniste, et nous ne sommes qu'à une poignée d'années des Navigateurs de l'Infini, de Rosny Ainé.
Pour autant, il y a eu, au creux de ces années, un récit fondateur d'un sous-genre de la SF, le planet-opera : La Princesse de Mars, que nous connaissons aussi sous le titre de John Carter (rappelez-vous le film Disney).
Ce cycle phare écrit par l'auteur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs, initie finalement une foule d'éléments initiateurs des codes de la SF actuelle d'aujourd'hui. A l'occasion de sa réédition chez Hoebeke dans un grand format doré, revenons deux minutes sur ce pilier de la SF et sur son importance à être lu ou relu de nos jours.
L'histoire part d'un postulat pour le moins intriguant (du moins, pour l'époque) : John Carter, gentleman sudiste originaire de Virginie, se voit contraint de s'abriter dans une grotte alors qu'il est poursuivi par les Indiens, dans un contexte de Guerre de Sécession. Pourtant, alors qu'il se retrouve paralysé, voilà qu'il est transporté à travers l'espace pour débarquer, nu comme un ver, sur Mars. C'est un destin héroïque qui l'attend désormais sur cette planète loin d'être inhabitée : un amour absolu, une guerre à mener et des amis à rencontrer, voilà le récit de John Carter.
Malgré ses 112 ans d'âge, le style du cycle de la Princesse de Mars se révèle d'une étonnante fraîcheur, loin de l'impression de pavé que pourrait laisser penser sa nouvelle mouture (rassurez-vous, les 330 pages sont très aérées). Ce sentiment de lecture est renforcé par la traduction de Canepa, qui offre une version plus simplifiée mais non moins dense des capacités d'écriture de l'auteur.
On ressent que Burroughs tenait à rendre son ouvrage accessible au plus grand nombre en évitant les multiplications de détails, comme cela peut souvent être le cas dans ces ouvrages à cette période. Il n'hésite cependant pas à donner corps à Barsuum, à son fonctionnement économique, à sa culture martiale, à ses tribus guerrières et à tant d'autres éléments variés.
La richesse de cet univers confère à la Princesse de Mars une aura d'ouvrage certes daté sur ses codes narratifs, mais passionnant à explorer. Premier volet d'une saga en onze tomes, reste désormais à espérer la suite dans la même collection !

4/5
Le Cycle de Mars Tome 1
Une princesse de Mars
Grand Format
28,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Avant Avatar et Dune : Le Cycle de Mars ! ”
Si les années 1910 sont encore maigres en matière de science-fiction, tout indique pourtant que les graines du genre sont déjà dispersées : après tout, cela fait déjà quelques années que H.G Wells a écrit La Machine à Explorer le Temps et que Jules Verne explore un fantastique machiniste, et nous ne sommes qu'à une poignée d'années des Navigateurs de l'Infini, de Rosny Ainé.
Pour autant, il y a eu, au creux de ces années, un récit fondateur d'un sous-genre de la SF, le planet-opera : La Princesse de Mars, que nous connaissons aussi sous le titre de John Carter (rappelez-vous le film Disney).
Ce cycle phare écrit par l'auteur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs, initie finalement une foule d'éléments initiateurs des codes de la SF actuelle d'aujourd'hui. A l'occasion de sa réédition chez Hoebeke dans un grand format doré, revenons deux minutes sur ce pilier de la SF et sur son importance à être lu ou relu de nos jours.
L'histoire part d'un postulat pour le moins intriguant (du moins, pour l'époque) : John Carter, gentleman sudiste originaire de Virginie, se voit contraint de s'abriter dans une grotte alors qu'il est poursuivi par les Indiens, dans un contexte de Guerre de Sécession. Pourtant, alors qu'il se retrouve paralysé, voilà qu'il est transporté à travers l'espace pour débarquer, nu comme un ver, sur Mars. C'est un destin héroïque qui l'attend désormais sur cette planète loin d'être inhabitée : un amour absolu, une guerre à mener et des amis à rencontrer, voilà le récit de John Carter.
Malgré ses 112 ans d'âge, le style du cycle de la Princesse de Mars se révèle d'une étonnante fraîcheur, loin de l'impression de pavé que pourrait laisser penser sa nouvelle mouture (rassurez-vous, les 330 pages sont très aérées). Ce sentiment de lecture est renforcé par la traduction de Canepa, qui offre une version plus simplifiée mais non moins dense des capacités d'écriture de l'auteur.
On ressent que Burroughs tenait à rendre son ouvrage accessible au plus grand nombre en évitant les multiplications de détails, comme cela peut souvent être le cas dans ces ouvrages à cette période. Il n'hésite cependant pas à donner corps à Barsuum, à son fonctionnement économique, à sa culture martiale, à ses tribus guerrières et à tant d'autres éléments variés.
La richesse de cet univers confère à la Princesse de Mars une aura d'ouvrage certes daté sur ses codes narratifs, mais passionnant à explorer. Premier volet d'une saga en onze tomes, reste désormais à espérer la suite dans la même collection !

25,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Avant Avatar et Dune : Le Cycle de Mars ! ”
Si les années 1910 sont encore maigres en matière de science-fiction, tout indique pourtant que les graines du genre sont déjà dispersées : après tout, cela fait déjà quelques années que H.G Wells a écrit La Machine à Explorer le Temps et que Jules Verne explore un fantastique machiniste, et nous ne sommes qu'à une poignée d'années des Navigateurs de l'Infini, de Rosny Ainé.
Pour autant, il y a eu, au creux de ces années, un récit fondateur d'un sous-genre de la SF, le planet-opera : La Princesse de Mars, que nous connaissons aussi sous le titre de John Carter (rappelez-vous le film Disney).
Ce cycle phare écrit par l'auteur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs, initie finalement une foule d'éléments initiateurs des codes de la SF actuelle d'aujourd'hui. A l'occasion de sa réédition chez Hoebeke dans un grand format doré, revenons deux minutes sur ce pilier de la SF et sur son importance à être lu ou relu de nos jours.
L'histoire part d'un postulat pour le moins intriguant (du moins, pour l'époque) : John Carter, gentleman sudiste originaire de Virginie, se voit contraint de s'abriter dans une grotte alors qu'il est poursuivi par les Indiens, dans un contexte de Guerre de Sécession. Pourtant, alors qu'il se retrouve paralysé, voilà qu'il est transporté à travers l'espace pour débarquer, nu comme un ver, sur Mars. C'est un destin héroïque qui l'attend désormais sur cette planète loin d'être inhabitée : un amour absolu, une guerre à mener et des amis à rencontrer, voilà le récit de John Carter.
Malgré ses 112 ans d'âge, le style du cycle de la Princesse de Mars se révèle d'une étonnante fraîcheur, loin de l'impression de pavé que pourrait laisser penser sa nouvelle mouture (rassurez-vous, les 330 pages sont très aérées). Ce sentiment de lecture est renforcé par la traduction de Canepa, qui offre une version plus simplifiée mais non moins dense des capacités d'écriture de l'auteur.
On ressent que Burroughs tenait à rendre son ouvrage accessible au plus grand nombre en évitant les multiplications de détails, comme cela peut souvent être le cas dans ces ouvrages à cette période. Il n'hésite cependant pas à donner corps à Barsuum, à son fonctionnement économique, à sa culture martiale, à ses tribus guerrières et à tant d'autres éléments variés.
La richesse de cet univers confère à la Princesse de Mars une aura d'ouvrage certes daté sur ses codes narratifs, mais passionnant à explorer. Premier volet d'une saga en onze tomes, reste désormais à espérer la suite dans la même collection !

4/5
Une princesse de Mars
Adapté aux dys
Grand Format
18,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Avant Avatar et Dune : Le Cycle de Mars ! ”
Si les années 1910 sont encore maigres en matière de science-fiction, tout indique pourtant que les graines du genre sont déjà dispersées : après tout, cela fait déjà quelques années que H.G Wells a écrit La Machine à Explorer le Temps et que Jules Verne explore un fantastique machiniste, et nous ne sommes qu'à une poignée d'années des Navigateurs de l'Infini, de Rosny Ainé.
Pour autant, il y a eu, au creux de ces années, un récit fondateur d'un sous-genre de la SF, le planet-opera : La Princesse de Mars, que nous connaissons aussi sous le titre de John Carter (rappelez-vous le film Disney).
Ce cycle phare écrit par l'auteur de Tarzan, Edgar Rice Burroughs, initie finalement une foule d'éléments initiateurs des codes de la SF actuelle d'aujourd'hui. A l'occasion de sa réédition chez Hoebeke dans un grand format doré, revenons deux minutes sur ce pilier de la SF et sur son importance à être lu ou relu de nos jours.
L'histoire part d'un postulat pour le moins intriguant (du moins, pour l'époque) : John Carter, gentleman sudiste originaire de Virginie, se voit contraint de s'abriter dans une grotte alors qu'il est poursuivi par les Indiens, dans un contexte de Guerre de Sécession. Pourtant, alors qu'il se retrouve paralysé, voilà qu'il est transporté à travers l'espace pour débarquer, nu comme un ver, sur Mars. C'est un destin héroïque qui l'attend désormais sur cette planète loin d'être inhabitée : un amour absolu, une guerre à mener et des amis à rencontrer, voilà le récit de John Carter.
Malgré ses 112 ans d'âge, le style du cycle de la Princesse de Mars se révèle d'une étonnante fraîcheur, loin de l'impression de pavé que pourrait laisser penser sa nouvelle mouture (rassurez-vous, les 330 pages sont très aérées). Ce sentiment de lecture est renforcé par la traduction de Canepa, qui offre une version plus simplifiée mais non moins dense des capacités d'écriture de l'auteur.
On ressent que Burroughs tenait à rendre son ouvrage accessible au plus grand nombre en évitant les multiplications de détails, comme cela peut souvent être le cas dans ces ouvrages à cette période. Il n'hésite cependant pas à donner corps à Barsuum, à son fonctionnement économique, à sa culture martiale, à ses tribus guerrières et à tant d'autres éléments variés.
La richesse de cet univers confère à la Princesse de Mars une aura d'ouvrage certes daté sur ses codes narratifs, mais passionnant à explorer. Premier volet d'une saga en onze tomes, reste désormais à espérer la suite dans la même collection !

4/5
Le septième guerrier-mage
Grand Format
25,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Lisez ce livre, foutresaint ! ”
Parfois, on n'attend pas d'un roman de fantasy qu'il révolutionne notre quotidien et le genre-même, simplement qu'il nous immerge pendant une volée de pages, et Le Septième Guerrier Mage, roman du trop rare Paul Beorn, résume très bien cette sensation.
L'histoire est celle de Jal, mercenaire contraint de devoir protéger un village qu'il était initialement venu piller, de l'armée du Vieux Dragon. Avec ses capacités de Guerrier Mage ensevelies dans les tréfonds de sa mémoire, il ne pourra d'abord compter que sur lui-même pour protéger ce qui lui est cher tout en fouillant dans son passé tortueux...
Le récit démarre plus que bien et ce, grâce une plume vive et fluide qui offre une sensation de page-turner grisante. On enchaîne les 660 pages d'une traite et on en reprendrait presque un deuxième service, même si la personnalité de Jal s'éloigne un peu trop du charme 'truand" de ses débuts. D'abord un Don Benvenuto bis (l'anti héros du roman Gagner la Guerre de Jaworski), il se transforme vite en un être valeureux capable de vaincre des armées entières et vers lequel les regards de toutes les femmes se tournent et ce, au détriment d'une certaine cohérence de développement.
Mais si l'on omet cela, Dieu qu'il est plaisant de lire un bon roman de fantasy sans prétentions, enchaînant scènes d'action et dialogues truculents sans discontinuer, avec un worldbuilding plutôt réussi (mais qui mériterait d'être approfondi sur un tome supplémentaire). L'élément phare de ce récit, c'est bel et bien son concept de cercle de Mage, plutôt intriguant et bien construit, brassant les thématiques d'amitié et de confiance aux autres au cœur d'une histoire de guerre et de sang.
Prenez votre meilleur plaid, et jetez-vous sur ce livre, foutresaint !

4/5
7,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Lisez ce livre, foutresaint ! ”
Parfois, on n'attend pas d'un roman de fantasy qu'il révolutionne notre quotidien et le genre-même, simplement qu'il nous immerge pendant une volée de pages, et Le Septième Guerrier Mage, roman du trop rare Paul Beorn, résume très bien cette sensation.
L'histoire est celle de Jal, mercenaire contraint de devoir protéger un village qu'il était initialement venu piller, de l'armée du Vieux Dragon. Avec ses capacités de Guerrier Mage ensevelies dans les tréfonds de sa mémoire, il ne pourra d'abord compter que sur lui-même pour protéger ce qui lui est cher tout en fouillant dans son passé tortueux...
Le récit démarre plus que bien et ce, grâce une plume vive et fluide qui offre une sensation de page-turner grisante. On enchaîne les 660 pages d'une traite et on en reprendrait presque un deuxième service, même si la personnalité de Jal s'éloigne un peu trop du charme 'truand" de ses débuts. D'abord un Don Benvenuto bis (l'anti héros du roman Gagner la Guerre de Jaworski), il se transforme vite en un être valeureux capable de vaincre des armées entières et vers lequel les regards de toutes les femmes se tournent et ce, au détriment d'une certaine cohérence de développement.
Mais si l'on omet cela, Dieu qu'il est plaisant de lire un bon roman de fantasy sans prétentions, enchaînant scènes d'action et dialogues truculents sans discontinuer, avec un worldbuilding plutôt réussi (mais qui mériterait d'être approfondi sur un tome supplémentaire). L'élément phare de ce récit, c'est bel et bien son concept de cercle de Mage, plutôt intriguant et bien construit, brassant les thématiques d'amitié et de confiance aux autres au cœur d'une histoire de guerre et de sang.
Prenez votre meilleur plaid, et jetez-vous sur ce livre, foutresaint !

4/5
8,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Lisez ce livre, foutresaint ! ”
Parfois, on n'attend pas d'un roman de fantasy qu'il révolutionne notre quotidien et le genre-même, simplement qu'il nous immerge pendant une volée de pages, et Le Septième Guerrier Mage, roman du trop rare Paul Beorn, résume très bien cette sensation.
L'histoire est celle de Jal, mercenaire contraint de devoir protéger un village qu'il était initialement venu piller, de l'armée du Vieux Dragon. Avec ses capacités de Guerrier Mage ensevelies dans les tréfonds de sa mémoire, il ne pourra d'abord compter que sur lui-même pour protéger ce qui lui est cher tout en fouillant dans son passé tortueux...
Le récit démarre plus que bien et ce, grâce une plume vive et fluide qui offre une sensation de page-turner grisante. On enchaîne les 660 pages d'une traite et on en reprendrait presque un deuxième service, même si la personnalité de Jal s'éloigne un peu trop du charme 'truand" de ses débuts. D'abord un Don Benvenuto bis (l'anti héros du roman Gagner la Guerre de Jaworski), il se transforme vite en un être valeureux capable de vaincre des armées entières et vers lequel les regards de toutes les femmes se tournent et ce, au détriment d'une certaine cohérence de développement.
Mais si l'on omet cela, Dieu qu'il est plaisant de lire un bon roman de fantasy sans prétentions, enchaînant scènes d'action et dialogues truculents sans discontinuer, avec un worldbuilding plutôt réussi (mais qui mériterait d'être approfondi sur un tome supplémentaire). L'élément phare de ce récit, c'est bel et bien son concept de cercle de Mage, plutôt intriguant et bien construit, brassant les thématiques d'amitié et de confiance aux autres au cœur d'une histoire de guerre et de sang.
Prenez votre meilleur plaid, et jetez-vous sur ce livre, foutresaint !














