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Fanny E.— Decitre Ecully
“ Et si le plus beau jour de votre vie était en fait le pire ? ”
Michael fête son enterrement de vie de garçon avec ses amis. Une soirée à priori ordinaire, sauf quand l’enterrement est littéralement accompli : Michael est enfermé dans un cercueil et mis sous terre, vivant, pendant que ses amis font la tournée des bars.
La blague tourne mal lorsque les quatre amis meurent dans un accident de voiture…
Michael va-t-il réussir à s’en sortir avant de manquer d’air ? Le mariage aura-t-il finalement lieu ?
Un polar haletant qui se lit d’une traite et qui nous fait passer par toutes les émotions possibles !

5/5
9,20 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Lovecraft en open-space ! ”
La maison d'édition Monts Métallifères, prometteuse de par son catalogue de récits dérangeants et hétéroclites, accueille dans ses entrailles littéraires un auteur américain considéré comme le successeur de Poe et de Lovecraft : Thomas Ligotti. Au travers de son oeuvre prolifique et dérangeante, il démantèle l'édifice capitaliste et corporatiste avec une plume macabre et noire comme il en existe peu en ce monde.
Dans Mon Travail n'est Pas Terminé, votre travail veut votre mort, les open-space prennent des allures de cauchemar Lovecraftiens, et vous devenez un rouage qu'on usera jusqu'à la dernière dent. Bienvenue, prenez un siège. Impossible de ne pas adhérer à l'écriture mordante et glauque de Ligotti qui construit une atmosphère kafkaienne et lovecraftienne à souhait. Influencé par les grands maitres du genre, Ligotti développe un langage propre, et nous happe dans une sphère de mal-être ironiquement agréable.
En disséquant les affres de la bureaucratie, les travers de la concurrence interne et l'horreur jaunâtre des lumières néon des bureaux, il nous embarque dans la version absolue des méga corporations régissant la vie de leurs employés jusqu'à leur dernière once de vie.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Le récit dystopique oublié ”
Il est de ces romans qui, bien qu'ils soient novateurs pour leur époque, ne reçoivent pas les éloges et la rayonnance méritées pour leur influence sur tout un genre. Nous, roman dystopique écrit par l'auteur russe Evgueni Zamiatine en 1920, en est un parfait exemple.
La civilisation mathématiquement dogmatique qu'imagine l'auteur, lui même mathématicien, montre des éléments inédits et novateurs, même pour ceux ayant déjà lu les classiques, confirmant l'importance de ce récit matriciel à l'origine d'un genre entier. Au-delà d'évoquer l'abolition de l'intimité par le biais d'heures prévues pour les activités sexuelles, Nous évoque une existence normée jusqu'à la minute près, où la notion d'imprévu et d'imagination n'existe pas. Si dans Fahrenheit, le héros découvrait les livres, dans Nous, D-503 découvre "l'âme", une maladie que l'État Unitaire avait réussi à endiguer durant la Grande Guerre de Deux Cent Ans.
Cette âme l'amène dans un tourbillon de tourments et d'émotions inconnues et ce, à cause d'une seule rencontre : celle avec une étrange femme nommée I-330 qui lui fait découvrir une autre réalité, où la lutte existe. Face à ce système répressif et cette entropie forcée, une révolution s'organise dans l'ombre pour faire tomber la barrière du bonheur. À la question : pourquoi vouloir détruire une société conçue comme étant parfaite ? , la réflexion Zamiatienne évoque cette idée que les révolutions sont dans l'ordre naturel des choses, car le pire ennemi de l'Homme est bel et bien le bonheur absolu. Un système politique complexe doit, à un moment où à un autre de son existence, être destitué ou reconstruit, mais toujours par le biais de la révolte.
Cette peur de l'entropie et du bonheur absolu, c'est bel et bien ce qui ressort de la lecture de Nous et ce, malgré un style d'écriture parfois volatile et confus nécessitant de rester attentif. Malgré sa date de parution, Nous reste à ce jour un classique de la littérature, fondateur de l'anti-utopie, et extrêmement pertinent sur la notion de bonheur. Il est peut être enfin temps de lui redonner le mérite qui lui revient, aux côtés de ceux qu'il a inspiré.

4.5/5
2/5
Kramp
Poche
7,80 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Kramp ”
"Je me souviens que j’étais partie camper, on était allés regarder les étoiles et, prenant la Croix du Sud pour référence, j’ai expliqué à mes camarades que ce qui brillait au loin n’était pas les étoiles, mais de petits clous de 0,69 cm avec lesquels le Grand Menuisier avait tout suspendu au ciel. Nous avec."
Portrait d’une jeune fille en article de quincaillerie, sur le siège passager d’un père vendeur itinérant catalogue Kramp.
Métaphysique de l’univers boulonné au cerveau, M est une petite conteuse de ce quotidien fait d’escales et de transit, de vente et de camaraderie, des camarades nouée d’histoires comme des faits d’arme. Gamine hyper touchante, passagère parallèle de son éducation hors les murs de l’école, M voit le monde comme une architecture, comme l’étagère de dieu remplie de clous et d’outils, autour de laquelle gravite une galerie fantasque de bonshommes aux kilomètres nourris d’anecdotes.
Kramp est un enchantement, parce qu’on rit beaucoup, parce qu’on s’émeut aussi. Parce qu’il y a le Chili et la dictature de Pinochet que l’on retrouve à petites touches, des ombres dans des photos en noir et blanc.
Kramp est une illumination, un petit livre infini, un charme extraordinaire. Un petit livre imaginatif, imprégné de lumières et d’éclats d’étoiles. Parce que M est une étoile, qui file son histoire sur un métier et sa dignité, trimballée de village isolé en village maudit comme une gosse dans les godillots des hommes.
Rare plaisir de lecture, objet lumineux, dont on ressort l’esprit transi et les yeux qui pétillent une fois refermée la dernière page, avec au fond de soi, l’amour et la gratitude qu’on nous ait offert si précieux cadeau.
Kramp est une parenthèse merveilleuse, dans laquelle on se glisse comme sous le moelleux d’une clé à molette en mousse.

Marie-Léonie B.— Decitre Bezons
“ Amour et retournements de situation au Far West ”
Recrutée au Buffalo Queen alors qu'elle n'a plus d'argent, ni de famille, Bridget se retrouve fille de joie dans un bordel tenu par deux femmes au caractère bien trempé. Plutôt à l'aise dans sa nouvelle vie, elle va se retrouver chamboulée avec l'arrivée d'une nouvelle recrue. Entre amour, trahison, as de la gâchette et verres de whisky, la vie de Bridget sera pleine de rebondissements.
Un roman très divertissant avec des personnages féminins forts, un vrai bonheur à lire !
Morgan C— Decitre Ecully
“ Loué soit le prince ”
Revisiter les contes de fées pour en tirer davantage que les morales simplistes d'antan est un exercice complexe, d'autant que le riche bestiaire qui en découle a cimenté les croyances populaires durant des siècles. Parmi les figures totémiques issues de ces croyances, celle de la princesse et de son prince charmant a longtemps été un élément indéboulonnable des vertus de l'amour. Cette vision, désormais dépassée, a cependant des aspects sombres et c'est au travers de récits comme Nettle and Bone que l'on en prend toute la mesure. Car derrière les fards de la noblesse et la beauté des palais, il y a des douleurs muettes et une sphère politique impitoyable. À travers le regard de la jeune Marra, inexpérimentée quant au fonctionnement de la vie de princesse, on découvre la violence d'une relation politique cruelle et le prix que doivent payer les épouses princières, cloîtrées dans leur tour d'ivoire.
Avec Nettle and Bone, T. Kingfisher explore la dualité macabre entre la vie rêvée de princesse et les manières d'y échapper. Si la fuite est parfois la seule option, celle explorée dans ce roman est le meurtre, ni plus ni moins. Accompagnée d'alliés hauts en couleur qui apportent une touche d'humour bienvenue, Marra effectue une quête initiatique où, en voulant préserver sa sœur, elle cherche sa place dans un monde qui ne lui convient plus. La beauté macabre du récit se voit enrichie d'un rythme soutenu et de plusieurs retournements de situation, qui ne laissent jamais le lecteur en manque d'aventure. Certains éléments phares du conte de fées, tels que les marraines magiciennes ou autres créatures folkloriques, sont ici exploitées avec beaucoup d'originalité par Kingfisher (on pense notamment à la pratique des bénédictions par les marraines, qui revêtent ici un aspect plus complexe que ce que l’on croit).
Avec Nettle and Bone, l'autrice T. Kingfisher démontre une nouvelle fois ses talents de conteuse hors pair et aborde la dure réalité des contes de fées. Disponible dans une édition collector juste ici, l'ouvrage est à retrouver au sein du label Verso.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Caussarieu réivente la sirène ! ”
Après avoir redéfini les contours du récit de vampire avec Dans les veines, puis ceux du loup-garou dans Vertèbres, l'autrice Morgane Caussarieu s'attaque à une nouvelle créature du folklore fantastique : la sirène ! Répondant au doux nom de Visqueuse, cette nouvelle incursion de l'autrice dans l'horreur fantastique est-elle une véritable réussite ?
La première volée de pages de Visqueuse pose rapidement un cadre unique comme seul sait en créer Caussarieu : une France rurale des années 1930 au sein de laquelle orbite des personnages doux-amers.
Du violent Arsène à la tendre Huguette, de la pauvre sirène séquestrée à la naturaliste Louise Simone, l'autrice démontre une nouvelle fois un talent certain à dresser des portraits variés et crédibles dans un contexte fantastique fascinant. Moins underground et trash que l'était Dans les veines, Visqueuse n'en reste pas moins pourvu de moments violents qui n'épargnent pas les âmes sensibles, mais dont la gratuité n'est jamais le maître mot, loin de là.
Armée de son scalpel littéraire, Caussarieu décortique les pulsions tapies dans l'esprit humain, ainsi que ses déviances les plus obscures, mettant en lumière cette dualité hypocrite entre le fantasme des difformités corporelles et le rejet maladif de la différence.
Les personnages d'Arsène et de Louise Simone, bien que différents dans leurs personnalités et leurs intentions envers la sirène, témoignent pourtant d'une curiosité lubrique envers cette dernière, nommée Mélusine, qui dépasse la simple empathie naturelle. Préférant la hisser en créature fascinante plutôt qu'en l'humaine qu'elle cherche à devenir.
Véritable page turner haletant et repoussant, Visqueuse nous entraîne dans un flot d'émotions contradictoires, entre répulsion et fascination morbide, au travers des derniers soubresauts de la culture freaks et des croyances magiques rurales, aujourd'hui disparues. On reprochera cependant au roman un final un tantinet brusque et un climax désamorcé par une succession d'ellipses, qui nous fera perdre au passage beaucoup d'affect envers les personnages.
Visqueuse, c'est donc une nouvelle fois la preuve que Morgane Caussarieu est LA référence de la littérature fantastique et horrifique française, tant dans sa façon d'ancrer ses récits dans une vaste fresque générationnelle, que dans sa capacité à susciter le frisson, comme la répulsion.
Son appropriation des figures clés de la littérature fantastique pour en faire découvrir des facettes inexplorées, confère une fraîcheur bienvenue à ce sous-genre mal aimé qu'est l'horreur déviante.








