Le sanatorium des malades du temps. Temps, attente et fiction, autour de Julien Gracq, Dino Buzzati, Thomas Mann, Kôbô Abé

Par : Eric Faye
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  • Nombre de pages236
  • PrésentationBroché
  • FormatGrand Format
  • Poids0.26 kg
  • Dimensions13,5 cm × 21,5 cm × 1,5 cm
  • ISBN2-7143-0580-6
  • EAN9782714305800
  • Date de parution01/04/1996
  • ÉditeurCorti (Editions José)

Résumé

" S'ennuyer, écrit Cioran, c'est chiquer du temps ". L'écrivain lui aussi en chique souvent, non pour s'ennuyer, mais pour échafauder des textes. Matière première du romancier, fluide insaisissable dans lequel il plonge la trame de son récit, le Temps peut devenir le ou l'un des thèmes essentiels d'un roman. Subi, perçu, voire inventé, déformé par les personnages, le Temps est inévitablement une énigme, une menace ; voici l'équivalent de l'épée de Damoclès, le suppléant moderne du fatum auquel les dieux antiques ont donné congé.
Cinq oeuvres servent dans le présent essai cet effort de réflexion sur le Temps et les personnages de roman du XX' siècle : Le Rivage des Syrtes et Un Balcon en forêt, de Julien Gracq, Le Désert des Tartares, de Dino Buzzati, La Montagne magique, de Thomas Mann et, " last but not least ", La Femme des sables, du Japonais Kôbô Abé. Conçus entre 1913 (époque à laquelle Proust et Kafka achevaient les leurs) et 1965, ces textes s'inscrivent sur une toile de fond de conflits, montée des périls, drôle de guerre ou guerre froide.
Cet essai part de l'hypothèse que ces romans auraient été inconcevables à d'autres périodes que le XXe siècle et tente d'en cerner les raisons : basculement dans une ère industrielle, une société d'échanges et de communications tous azimuts, qui invente la précision et la rapidité, bouleverse le concept même de Temps et transforme l'attente en anomalie, en curiosité, et en fait par là même un asile de nuit pour les " singes en hiver " que sont Giovanni Drogo (du Désert) ou Hans Castorp (de La Montagne magique).
Depuis Kafka et la terrible légende " Devant la loi " glissée dans les pages du Procès, l'écrivain n'est plus indifférent au Temps métaphysique. Aristote et d'autres sondèrent le Temps jadis, mais il s'agissait d'hypothèses d'école, de froids postulats servis à l'académie. Avec le déclin du religieux et de la croyance en une survie post-mortem, le XXe siècle charge ces réflexions d'angoisse. L'invention de l'Apocalypse par l'homme lui-même, la possibilité de disparition de l'espèce ont changé la donne.
Les interrogations des personnages de ces cinq romans se nourrissent d'une commune inquiétude, accompagnée d'un regard sur l'Histoire et d'une atmosphère prenante, du sentiment de visiter un sanatorium où l'on traite les témoins privilégiés, les malades de notre époque et du Temps qu'elle sécrète.
" S'ennuyer, écrit Cioran, c'est chiquer du temps ". L'écrivain lui aussi en chique souvent, non pour s'ennuyer, mais pour échafauder des textes. Matière première du romancier, fluide insaisissable dans lequel il plonge la trame de son récit, le Temps peut devenir le ou l'un des thèmes essentiels d'un roman. Subi, perçu, voire inventé, déformé par les personnages, le Temps est inévitablement une énigme, une menace ; voici l'équivalent de l'épée de Damoclès, le suppléant moderne du fatum auquel les dieux antiques ont donné congé.
Cinq oeuvres servent dans le présent essai cet effort de réflexion sur le Temps et les personnages de roman du XX' siècle : Le Rivage des Syrtes et Un Balcon en forêt, de Julien Gracq, Le Désert des Tartares, de Dino Buzzati, La Montagne magique, de Thomas Mann et, " last but not least ", La Femme des sables, du Japonais Kôbô Abé. Conçus entre 1913 (époque à laquelle Proust et Kafka achevaient les leurs) et 1965, ces textes s'inscrivent sur une toile de fond de conflits, montée des périls, drôle de guerre ou guerre froide.
Cet essai part de l'hypothèse que ces romans auraient été inconcevables à d'autres périodes que le XXe siècle et tente d'en cerner les raisons : basculement dans une ère industrielle, une société d'échanges et de communications tous azimuts, qui invente la précision et la rapidité, bouleverse le concept même de Temps et transforme l'attente en anomalie, en curiosité, et en fait par là même un asile de nuit pour les " singes en hiver " que sont Giovanni Drogo (du Désert) ou Hans Castorp (de La Montagne magique).
Depuis Kafka et la terrible légende " Devant la loi " glissée dans les pages du Procès, l'écrivain n'est plus indifférent au Temps métaphysique. Aristote et d'autres sondèrent le Temps jadis, mais il s'agissait d'hypothèses d'école, de froids postulats servis à l'académie. Avec le déclin du religieux et de la croyance en une survie post-mortem, le XXe siècle charge ces réflexions d'angoisse. L'invention de l'Apocalypse par l'homme lui-même, la possibilité de disparition de l'espèce ont changé la donne.
Les interrogations des personnages de ces cinq romans se nourrissent d'une commune inquiétude, accompagnée d'un regard sur l'Histoire et d'une atmosphère prenante, du sentiment de visiter un sanatorium où l'on traite les témoins privilégiés, les malades de notre époque et du Temps qu'elle sécrète.
Eric Faye
Eric Faye, né le 3 décembre 1963 à Limoges, est journaliste et écrivain. Il publie des romans et des nouvelles et livre aussi des récits de voyage dans "Mes trains de nuit" (2005), souvenirs de quinze années de pérégrinations à travers l'Asie et l'Europe, ou encore " En descendant les fleuves ; carnets de l'Extrême-Orient russe" (2011). Il est également l'auteur d'un essai sur l'œuvre d'Ismaël Kadaré paru en 1991 et complété la même année par un recueil d'entretiens avec cet auteur. Parmi ses recueils de nouvelles on peut citer "Je suis le gardien du phare et autres récits fantastiques" (1997), récompensé par le Prix des Deux Magots en 1998, "Les lumières fossiles et autres récits" (2000), "Un clown s'est échappé du cirque" (2005), ou "Quelques nouvelles de l'homme" (2009). Plusieurs de ses romans ont été récompensés, c'est le cas de "Croisière en mer des pluies" (1999), Prix Unesco-Françoise Gallimard, "L'homme sans empreintes" (2008), Prix François-Billetdoux, ou "Nagasaki" (2010) Grand Prix du roman de l'Académie française.
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