
5/5
Aquaman Andromeda
Album
18,50 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Au coeur d'Andromède ”
Voir deux icônes montantes de la scène comics que sont le scénariste Ram V et le dessinateur Christian Ward s'approprier la figure totémique de l'écurie DC et roi des mers Aquaman (ou Arthur Curry pour les intimes), c'est ce qu'on peut appeler une proposition aguicheuse, et ce, encore plus pour le temps d'un one-shot horrifique.
Aquaman Andromeda, de son doux nom, est donc le fruit de cette union prometteuse, qui plonge très vite dans son sujet, passé ses premières somptueuses pages alliant la narration poétique et sophistiquée de Ram V au dessin chatoyant et surréaliste de Ward. Si le récit est affublé du label Aquaman, ne vous y trompez pas, car le roi des Atlantes ne sera finalement qu'une figure de second plan, afin de laisser la place à l'horreur cosmique à laquelle devront faire face les occupants du sous-marin Andromeda.
Missionnés pour effectuer le premier contact avec un objet d'origine extraterrestre, les membres de cette expédition ne devront cependant pas seulement faire face à une menace tapie au cœur des profondeurs océaniques, mais aussi à eux-mêmes.
Marchant dans les pas de Lovecraft et d'Abyss, Andromeda trouve sa propre voie en offrant un regard singulier sur le personnage d'Aquaman, non seulement en le représentant sous un design davantage bio-organique, mais aussi en creusant sa personnalité au travers de son tiraillement entre son sang humain et ses responsabilités sous marines. L'humanité qui émane de ce superhéros iconique se retrouve aussi dans ses personnages principaux, groupe hétéroclite d'individus rongés par les remords et poursuivis par les fantômes de leur passé.
Pour mettre en image cette vision suffocante des profondeurs marines, quel meilleur cadre que celui du point Némo, point maritime le plus éloigné de toute terre de la planète, et dans lequel la vie ne se développe pas ? Ward s'en empare avec aisance, laissant son trait fébrile et ses couleurs explosives développer une imagerie en décalage permanent avec l'horreur tapissant les fonds marins.
Il y a clairement un avant et un après Aquaman Andromeda, tant ce one shot hors des clous s'approprie la mythologie du super héros tout en arrivant, comme Tom King avec The Human Target, à humaniser ce qui a toujours été déifié, avec grâce et poésie. Le duo Ward/Ram V est donc à surveiller de très près, d'autant que le dessinateur nous réserve de belles surprises Lovecraftiennes avec son Batman City of Madness, à paraître ce 18 octobre chez Urban Comics.

5/5
19,95 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Hurlements métalliques ”
Dans ce premier volume retraçant la prolifique décennie de 1975 à 1985, on y retrouve des albums et récits complet de grands orfèvres, tel que le regretté Michel Crespin, qui délivre un récit sensoriel relevé de quelques notes d'une douce occitanie dans Armalite 16. Phillipe Caza fait aussi un petit tour par là avec son classique Arkhe, dont le graphisme impeccable et le sens du récit cryptique n'a à ce jour aucun égal.
On y retrouve aussi des pépites méconnues jamais rééditées, comme les Fariboles Sidérales de Alias (Claude Lacroix, de son vrai nom), perle de la collection des Humanoïdes dans laquelle de courtes nouvelles graphiques exposent leur lot de situations improbables dans d'autres univers.
Bien sûr, un détour par l'œuvre profuse de Moebius est au rendez-vous, et quel plaisir que de redécouvrir la bande dessinée à l'origine d'un court métrage phare du cinéma français, réalisé par nul autre que Mathieu Kassovitz ! On parle ici de Cauchemar Blanc, qui se révèle être l'un des travaux les plus sérieux du maître Moebius avec sa saga BlueBerry, et dont le propos marque encore aujourd'hui.
Enfin, on ne peut passer à côté de la somptueuse fresque barbare du duo Dionnet/Gal qu'est La Vengeance d'Arn, récit de vengeance épique dont le graphisme somptueux et détaillé laissera plus d'un lecteur en pamoison.
Cet Opus Humano premier du nom ne défriche certes qu'un maigre morceau d'une décennie profuse en chef d'œuvres, mais il sait choisir avec justesse les meilleures morceaux, de quoi s'offrir un superbe voyage dans le temps le temps de quelques heures.

3/5
18,50 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Batman X Lovecraft ”
Il y a peu, le dessinateur Christian Ward s'illustrait dans la scène comics avec le splendide et anxiogène Aquaman andromeda. En le voyant parvenir à redéfinir les contours d'un héros phare de l'écurie DC aux côtés du scénariste Ram V, on ne pouvait qu'être curieux lors de l'annonce de son projet de comics autour de Batman, pour lequel il enfilait les casquettes de dessinateur et de scénariste. Batman City of Madness est là, et entre « lovecrafteries » et cabale gothamienne, les abîmes de la folie ne sont jamais loin...
Alors que Batman chasse du criminel, une menace souterraine inattendue fait son apparition dans les tréfonds de Gotham, là où se terre l'un de ses plus grands ennemis : La cour des Hiboux. Pourtant, ce groupuscule n'est rien face à la véritable menace qui attend le justicier, tapie dans la Gotham d'en bas...
Batman City of Madness, c'est LA lettre d'amour de Ward à son album préféré des aventures de la chauve-souris de Gotham, à savoir Arkham Asylum, et cela se ressent très tôt. On y voit clairement cette volonté de continuer l'histoire du duo Morrisson/McKean comme celle de proposer une extension de l'histoire de la célèbre cour des Hiboux, antagoniste de référence de la saga. Mais si, sur le plan du dessin, l'ouvrage réussit amplement sa mission en nous offrant de somptueuses compositions colorées, sur celui du scénario, le comics pêche par moments, notamment dans sa conclusion éventée en un instant.

45,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Le Surréalisme en BD ! ”
Loin d'être un chaos surréaliste indigeste, le Bibendum Céleste dévoile au fur et à mesure de son histoire plusieurs facettes, qui en font une œuvre unique.D'abord, celle d'un conte baroque délirant autour des tribulations du passif Diego, un jeune phoque propulsé en messie malgré lui. Ensuite, celle d'une satire politique d'une cruauté affolante sur l'avidité des élites à contrôler l'être humain et ce qu'il doit refléter au quotidien. Mais aussi celle d'un carnaval urbain autour de l'histoire de l'homme, prenant pied dans la cette cité organique qu'est New-York-Sur-Loire, où survivent treize millions d'âmes.
Mais derrière la douce odeur d'hélium et le cliquetis des béquilles de Diego, il y a surtout le talent hors norme de Nicolas de Crécy, qui nous embarque dans un univers coloré et exubérant, au carrefour d'un tableau d’Edward Hopper ou d'un croquis d’Egon Schiele. Au cœur de cette New York fantasmée qui ne reprend jamais son souffle, les aventures de Diego trouvent un écho avec l'histoire même de l'humanité, au travers de séquences graphiques enivrantes de beauté. Si le propos se dilue un peu sur son troisième acte, dû certainement à un surréalisme parfois abscons, le récit offre une conclusion effroyablement percutante qui ne vous laissera pas indemne.
Le Bibendum céleste, c'est donc davantage que l'œuvre maîtresse de Nicolas de Crécy. C'est aussi un récit surréaliste d'une poésie folle qui mérite d'être découvert par le plus grand nombre, que l'on soit (ou non !) un amoureux transi des poèmes de Lautréamont ou un amateur du cinéma de Buñuel.

4/5
Dracula
Album
20,50 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Nosferatu ! ”
Le duo le plus prometteur de la scène comics indépendante propose une revisite de Dracula, James Tynion IV et Martin Simmonds, le duo derrière The Department of Truth, reviennent en force et nous ne sommes clairement pas prêts !
L’histoire de Dracula, ou tout du moins ses éléments phares, tout le monde les connaît un tant soit peu : le docteur Van Helsing, le servile et dément Renfield, la figure iconique de Dracula… Ces éléments, agglomérés à ceux du film de 1931, ont construit une iconographie très précise de ce cher comte vampire et c’est avec ces éléments que le duo formé par Tynion IV et Simmonds s'amuse, au détour d’une explosion graphique de tous les instants.
Le trait épais, presque laiteux, de Simmonds offre son lot de moments vertigineux où l'aura vampirique du comte envahit tout l'espace, dans un chaos de rouge carmin et de blanc crème, qui rappelle par certaines compositions le travail de George Bess, lui qui avait adapté le roman en 2019. Mais là où l'œuvre du duo arrive à se démarquer des autres versions, c'est en développant davantage l'une des figures clés du récit vampirique, mais souvent trop délaissée, qu'est celle de Renfield.
Dracula, vu par le duo Tynion IV et Simmonds, est un objet graphique somptueux, qui sait renouveler une formule maintes fois revisitée.

4/5
19,95 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Retour dans les années 90 ! ”
Pour leur cinquantième anniversaire, les Humanoïdes Associés dévoile Opus Humano, une sélection de haute volée de leurs plus grand récits, dans d'épais volumes de 300 pages entièrement consacrés à la BD. Ici donc, pas d'entretien ou d'autres sections découverte, mais bien une place sainte où évolue la bande dessinée, seule maîtresse à bord.
Dans ce deuxième volume consacré à la décennie de 1985 à 1995, le mot clé sera qualité, au détriment d'une moins grande variété d'auteurs... mais quelle qualité ! De Beb Deum à Bezian, en passant par Chaland, régalez goisv
Des récits complets au style très varié vous feront voguer d'aventure en aventure tout au long de ces pages, comme par exemple avec l'hilarant F-52 de Chaland, où son héros iconique, Freddy Lombard enchaîne les boulettes et les imprévus en tant que steward sur un tout nouvel avion expérimental. Accompagné de ses comparses Sweep et Dina, les mésaventures qui les attendent sont à l'image du style de Chaland : d'apparence burlesques voire loufoques au premier abord, elles couvrent une réalité bien plus violente qu'il n'y paraît. Ne vous laissez pas avoir par la patte "Spirou" du monsieur !
Autre récit phare proposé dans ce recueil, le somptueux La Passion de Diosamante, premier segment d'une aventure de fantasy épique narrée par Alejandro Jodoroswky et sublimée par le trait de Jean Claude Gal. Ce récit, dans la droite lignée d'un Conan ou d'un Xena la Guerrière, met en scène la reine Diosamante, conquérante et impitoyable guerrière à la beauté subjugante qui se retrouve face au dilemme de l'amour absolu inateignable. Afin d'espérer être digne de l'être aimé, elle devra traverser le monde et ses épreuves afin de trouver le mérite nécessaire à cet amour impérieux...
Après un rapide détour pour suivre les Mémoires d'un 38, où l'histoire improbable d'un flingue manié par les pires personnes sur Terre à travers l'histoire, voilà que débarque le talentueux Bezian et son uppercut gothique qu'est Adam Sarlech. Avec son style à cheval entre du Egon Schiele et du Picasso, Bezian livre avec ce premier volet de la trilogie Adam Sarlech une œuvre d'une poésie noire exceptionnelle, mêlant paranormal et décadence familial. À la façon de la Chute de la Maison Usher, le récit se centre sur un socle familial fragilisé par leur rencontre avec l'occulte, et dont les sombre secrets n'attendent que vous.
Si cet Opus Humano T2 peut paraître un peu malingre, il cache pourtant en son écrin de splendides récits, fantastique ou non, qui déroute, effraie et surprenne. Le néophyte comme le fan pur jus y trouvera, une nouvelle fois, son compte !

4/5
Métal hurlant N° 13
Vengeance !
Grand Format
19,95 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Métal Hurlant, treizième du nom ! ”
Le Metal Hurlant treizième du nom crie vengeance ! Avec un thème aussi vaste et complexe, impossible de ne pas convier des invités de prestige pour en parler : Marc Caro, Xavier Dolan, Gaspar Noé, James Ellroy... Mais côté dessin, rassurez vous, c'est aussi le festival avec Miguel Martinez Barbero, Pog, Jerry Frisen, Jacques Desprès... Tout ça, et plus encore, vous attendent dans les pages du treizième volet de Metal Hurlant.
La vengeance, thématique centrale de ce volume, se révèle être une splendide manière, pour l'armada d'auteurs et autrices, de questionner ce qui la motive et comment s'en servir. Si certains récits tendent vers une vengeance violente et amère, à l'image du terrifiant Eorlarf et Hieronimus de Thomas Bidault (qui nous gratifie d'une pleine page cauchemardesque), d'autre en revanche explore d'autres sentiers moins convenus.
Comment ne pas évoquer le touchant Tu te souviendras de moi, du duo Sullivan/Leclerc, et sa quête de vengeance poétique, dont l'issue est d'une douceur égale à son trait délicat et coloré ? La vengeance prend ici des formes multiples, allant des corps bio-mécaniques sécable de Perpetum Vendetta, du duo Caro/Bay à cette rêverie façon Memento que propose Jospeh Callionni avec son Hine-Nui-Te-Po. Certains récit ne se seront cependant pas suffisamment emparé du sujet pour en faire quelque chose de réussi : Lars Gabel et son Qui vole un oeuf... déçoit par sa conclusion abrupte et sans surprises, et Le reliquat de Matthew Sheean nous a attendu à mieux sur ses précédentes incursions métalliques. Et comment ne pas mentionner La machine qui rêve de Thierry Martin, dont le récit semble n'être qu'une introduction à un one shot plus dense, et n'ayant aucun rapport avec le thème du MOOK ?
Pour autant, il y aussi bon nombre de récits fascinants, graphiquement comme narrativement. Le coup de crayon mémorable de Ellie Huault sur Sous terre rappelle par moments un Manu Larcenet en phase sombre, et Miguel Martinez Barbero sera certainement l'une des grandes surprises de ce volume avec son trait manga somptueux, qui est pour l'instant un parfait inconnu sur nos terres éditoriales.
Cela rappelle le but premier de ce genre de MOOK graphique : faire découvrir une nouvelle vague d'artistes émergents, au style varié et aux horizons divers. L'objectif de ce Metal Hurlant treizième génération est donc dûment rempli, avec son florilège de récits surprenants, comme quand Florian Breuil mêle vengeance et discriminations raciales au sein d'un récit rappelant Le règne animal, dans Grenouilles chevauchant un serpent.
Métal Hurlant 13 est une nouvelle surprise graphique, proposant diverses notions autour de la vengeance et incursions graphique plus ou moins réussies. Véritable vivier de perles de la BD moderne, il reste une référence incontournable !

3/5
Tombes
Album
24,95 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Un recueil dispensable ? ”
Cela fait désormais quelques temps que la maison d'édition Mangetsu s'est lancé dans de vastes rééditions (et éditions inédites) des œuvres de l'un des plus grands mangaka d'horreur de ce siècle, à savoir Junji Ito. Après de nombreux recueils et intégrale, toutes de très belles factures et toujours postfacé par l'expert numéro 1 de Ito, Morolian, voilà que se profile à l'horizon Tombes, une nouvelle sélection de récits du maître dont on ne sort, après lecture, clairement pas indemne, mais un peu déçu.
Parmi les récits phares de ce recueil, celui du Rêve sans fin en est la plus parfaite représentation du style Ito. Une femme rêve qu'elle meurt dans ses songes. Un homme angoisse que ses rêves s'allongent chaque nuit, de façon exponentielle. Et qu'arriverait-il si les rêves avaient une durée infinie? Un médecin sera confronté aux mystères de l'univers, et davantage... Sûrement l'un des plus beaux récits de Junji ito, ni plus ni moins.
Si le néophyte plongera en terrain inconnu avec cette nouvelle fournée de nouvelles, force est de constater que pour la collectionneur émérite des précédentes éditions, il y aura comme un gout prononcé de déjà-lu. En effet, en raison d'un choix éditorial lié à la thématique restreinte de ce recueil, on retrouvera plusieurs nouvelles déjà présente ailleurs.

4/5
26,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Mystères à l'opéra ! ”
Les adaptations en bande dessinée de récits phares de la littérature continuent de plus belle. Après George Bess et ses Dracula, Frankenstein et Notre-Dame de Paris, après Milo Manara et son Nom de la Rose ou encore le duo Alcante/Dupré et Les Piliers de la Terre, c'est vers le duo Paul et Gaetan Brizzi que nos yeux se tournent. Fini l'Italie de Dante Alighieri et les terres espagnoles de Don Quichotte, ils s'attaquent à un grand classique de la littérature fantastique : Le Fantôme de l'opéra, de Gaston Leroux.
Ce récit noir, écrit par l'homme derrière Le Mystère de la chambre jaune, est ici restitué dans un écrin graphique de grande beauté. D'amples pleines pages permettent, une fois encore, au talent des Brizzi de briller avec un trait charbonneux et des faciès expressifs, illustrant toute la puissance d'un récit centenaire qui n'a pas perdu de sa force romantique. Toujours d'une grande fidélité à l'œuvre d'origine, le duo écrème simplement le superflu afin de garder le propos percutant du roman, tout en s'inspirant fortement de l'esthétique du film Le Fantôme de l'opéra, de 1925. Le crayonné fin et précis des deux dessinateurs magnifie les scènes de huis clos autant que les splendides décors extérieurs, tout en donnant aux personnages des traits vivants, presque burlesques par moments.
Derrière le vernis d'une enquête théâtrale, le lecteur découvrira la triste tragédie qui se trame entre les murs d'un lieu mythique de l'histoire parisienne : le récit d'un homme devenu paria d'une société dans laquelle il n'a jamais voulu naître, mais aussi l'histoire d'amour impossible entre deux êtres que tout oppose et attire.
Le duo Brizzi montre, une fois encore, leur maîtrise totale des adaptations littéraires au format BD, avec toujours autant de grâce graphique et de passion pour le matériau d’origine.

5/5
6,95 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Le meilleur slice of life ! ”
Escale à Yokohama prend à contre-pied ce que l'on a l'habitude d'attendre du genre très cloisonné du postapocalyptique, pour offrir une balade bucolique et apaisée dans un Japon en proie à la montée des eaux, au dépeuplement, et, peut être bien, à la fin de l'espèce humaine. Et si, derrière cette ère de déclin lent et calme, l'humanité en profitait enfin pour savourer les bienfaits de l'existence ?
Impossible alors de ne pas mentionner l'une des premières phrases du manga : « À cette époque, le monde était une fête permanente, mais elle s'est à présent apaisée. Je vais vous guider à travers une époque de calme crépusculaire. »
Le worldbuilding de Escale à Yokohama est à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse. Attirant et mystérieux, de la création des robots humanoïdes A7 à l'existence de l’étrange Misago, il ne se dévoile que par bribes et, telle une anguille, nous échappe la plupart du temps. Peu de questions posées par l’univers trouveront des réponses concrètes au travers du récit, et ce n'est pas Alpha, l’héroïne, qui nous en apportera.
Son univers se résume à s'occuper de son café, où débarquent deux à trois clients par semaine, entre deux approvisionnements à la ville de Yokohama. Au travers de ses réflexions et de ses émotions, on apprend doucement à découvrir ce qui fait le quotidien de cette jeune femme : parler avec ses clients, discuter et faire la sieste avec ses amis, se baigner, contempler la pluie et les étoiles, attendre son maître...
On est ici devant la plus pure forme du slice of life, car on y saisit réellement de véritables tranches de vie quotidienne. La narration et les dialogues sont une ode à la beauté du non-dit, le confinant à une forme d’art : tout passe par le regard. Si les banalités sont nombreuses, l'essence du propos est rendue par une compréhension mutuelle, presque spirituelle, entre le lecteur et l'œuvre.
En plus, ces conversations sont ponctuées de cases simplement consacrées aux paysages alentour, aux effets climatiques, à la nature qui continue de vivre.
Il y a une véritable forme d'apaisement qui se déclenche quand on lit ce manga et c'est aussi et surtout dû au trait délicat, rond et bucolique de Hoshino. Avec ses contrastes marqués, ses cases qui se chevauchent sans réelles barrières, tels des panneaux coulissants, et ses environnements balnéaires aux confins de la campagne japonaise, l'ensemble rappelle parfois des estampes traditionnelles.
Poétique et lumineux comme ses dessins, relaxant comme le son de la pluie sur un toit, Escale à Yokohama est à l'image de ces étés que l'on désire sans fin et de ces balades oniriques aux confins d'un monde : il est l'absolue douceur d'une vie menée avec calme et apaisement.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Profiter de la vie, Hirayasumi ! ”
Parmi les belles surprises éditées chez Le Lézard Noir, il est impératif de jeter un œil au nouveau manga de Keigo Shinzo, déjà aux manettes de très bonnes courtes séries comme Mauvaise Herbe ou Tokyo Alien Bros. Ici, le mangaka s'attelle à dresser le portrait d'une frange de la société trop peu représentée dans le genre cloisonné du slice of life que sont les adultes proche de la trentaine.
L'histoire, c'est d'abord celle de Hiroto, jeune homme ayant abandonné ses rêves d'acteur pour simplement profiter de la vie en travaillant en temps partiel. Mais alors que la grande mère avec laquelle il avait l'habitude de passer du temps décéde subitement, tout en lui laissant sa maison en héritage, voilà que débarque sa cousine Natsumi, venu en ville faire des études de beaux arts. Très rapidement, notre duo voit orbite autour une palette de personnages hauts en couleurs, avec leurs défauts et leurs qualités.
Hirayasumi, de son doux nom, porte avec lui plusieurs messages à la tendresse bienvenue, qui réchaufferont vos cœurs endurcis. Que ce soit pour évoquer les enjeux d'une paternité nouvelle au travers d'une jeunesse désormais révolue, le burn out qui tape à la porte de notre esprit ou bien encore le point mort professionnel que tant de monde rencontre encore de nos jours, on peut compter sur Keigo pour traiter tout ça avec humour et bienveillance.
C'est d'ailleurs la plus grande force du manga : une inclusivité sociale sans jugement, qui montre un groupe hétéroclite d'individus à divers croisement de leur existence et qui, de par leur âge, leur genre, et leur personnalité, traite la chose à leur manière, sans forcément montrer si cela est la bonne façon.
Hirayasumi résonne alors comme un moment de douceur, un calme dans la tempête de nos vies, et une ode à la beauté de l'instant présent, à l'amitié franche et sans détour et aux plaisirs simples de l'existence.

24,95 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Incursion en terres Junji ! ”
Dans un écrin en hard cover d'une couleur verte pâle se terrent dix nouvelles de l'auteur Junji Itô, dont on ne présente plus l'apport phénoménal dans la sphère manga, et qui n'attendent que d'être découverte. On vogue aussi aux côtés de personnages parfois plus violents que leur environnement, à l'image de cette femme dans La Sadique dont le plaisir sadique à séquestrer des enfants ne peut que la rendre antipathique. Et comment ne pas mentionner ces deux nouvelles ou s'illustre l'étrange Soichi, ce garçon aux dents de clous adorant se jouer de ses camarades de classe par des tours pervers ?
C'est donc une pléthore d'univers effroyables que nous montre Junji par son coup de crayon si unique, arrivant si aisément à imager de fiévreuses hallucinations que l'on aurait préféré garder sous scellé, et dévoilant au passage les horreurs d'un quotidien pourtant si banal.
Prix Orange de la Bande Dessinée

25,50 €
Sophie E.— Decitre Confluence
“ L'Aventure avec un grand A ! ”
La navigatrice Clarisse Crémer nous raconte avec émerveillement, fierté, mais aussi beaucoup d'autodérision, son tour du monde à la voile en solitaire lors du Vendée Globe 2020.
Une aventure merveilleusement mise en dessins par Maud Bénézit, avec force détails qui nous plongent dans le quotidien d'une course au long cours à travers tous les océans. Nous partageons ses doutes, ses peurs et ses réussites, tremblons avec elle lorsque la mer se déchaîne et avons la larme à l'oeil lorsqu'elle croise un albatros !
Une lecture émouvante et passionnante !

5/5
5/5
28,00 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Adaptation ”
Très fidèle au roman éponyme de David Foenkinos, ce très beau roman graphique nous transporte à travers son joli graphisme et son histoire jusqu'à Crozon et sa bibliothèque des livres oubliés. Coup de cœur

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Réflexions identitaires ”
Formidable lecture d'un beau roman graphique abordant tout un tas de sujets: quête d'identité, racines, confiance en soi,héritage notamment capillaire, féminité. Par le personnage de Rose réunionnaise, l'histoire nous plonge dans sa vie, ses difficultés et ses peines relatives à ses cheveux et plus généralement à son identité. Je conseille vivement

13,50 €
Patricia Beaujard— Decitre Confluence
“ Où est le magicien d'Oz ? ”
Pour les enfants qui ne connaissent pas ce grand classique, pour ceux qui veulent Re-découvrir cette histoire qui a marqué des générations entières ! Cette bande dessinée arrête notre regard par sa palette extraordinaire et son histoire indémodable !!!

Maëly T.— Decitre Bezons
“ Des delinquants au grand coeur ”
Bien plus qu'un manga, c'est une ode a l'amitié.
Avec un personnage principal adorable et attachant et des personnages secondaires charismatiques l'histoire nous embarque dans un tourbillon d’adrénaline et d'émotions. Ne vous fiez pas à la première impression car Wind breaker est un véritable vent de fraicheur.

5/5
Killer Peter Tome 1
Album
14,95 €

Maëly T.— Decitre Bezons
“ John Wick en Webtoon ”
Avec un style graphique saisissant, Killer Peter nous plonge au cœur d'un univers caché et dangereux dans les tréfonds de Séoul. Entre tension, Mystères et combats épiques suivez un tueur insaisissable en guerre contre une organisation toute puissante voulant l’éliminer. Chaque pages vous tiendra en haleine.

4/5
Grand petit homme
Album
26,00 €

Marie-Léonie B.— Decitre Bezons
“ Petit homme fera de grandes choses ! ”
Que faut-il à un Homme pour devenir un grand Homme ? Stanislas Rétif est petit, ce vendeur de chaussure passionné est complexé par sa petit taille, mais du haut de ses 1 mètre 50, il va prouver qu'il peut faire de grandes choses. Après le magnifique Peau d'homme, Zanzim est de retour avec un graphique encore une fois moderne et sensible.

13,95 €
Patricia Beaujard— Decitre Confluence
“ Un voyage dans le passé remarquable ! ”
Un voyage dans le temps renversant à l'époque de Gaudi, une jolie bande dessinée qui ne manque pas de suspense avec un retour dans le passé dans le Paris du XIX.
Et toi, es tu prêt à découvrir ce qui se cache derrière le grand manoir ?

5/5
Delusion Tome 1
Album
17,90 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Corée des années 30 ”
Fan de Corée, la couverture de ce manhwa m'a attirée. On suit un jeune homme dans les années 30 en Corée, devant peindre le portrait d'une vieille femme recluse dans un hôtel qui n'en sort jamais. Elle l'interdit de la regarder et se doit de la vieillir sur un portrait qu'il fera d'elle. Une histoire assez horrifique et fantastique que j'ai beaucoup aimée découvrir, dotée d'un très joli graphisme.

14,75 €
Patricia Beaujard— Decitre Confluence
“ Premiers jours dans la jungle... ”
Une aventure périlleuse qui oblige notre jeune Amy (13 ans) à chercher au fond d'elle-même des trésors de courage, d'ingéniosité mais aussi d'humilité sur un fond historique qui nous fait voyager à travers les trésors mayas. Petit plus : le carnet naturaliste qui relate le journal de bord dans la forêt tropicale d'Amy.

5/5
Alyte
Album
28,00 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Vie de crapaud ”
Un joli roman graphique sur la vie d'un crapaud, à travers un beau graphisme, des couleurs franches comme le violet et le vert. Une belle histoire sur la survie, l'amitié, la fraternité entre les animaux

5/5
Nos âmes oubliées
Album
27,45 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Au-delà du réel ”
Une BD avec un magnifique graphisme, adaptée du livre autobiographique de Stéphane Allix parlant d'une multitude de sujets. Une lecture pas si simple mais prenante

4.5/5
Regards
Album
26,00 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Nuages ”
Portrait intense et magnifique, à fleur de peau, le roman d'une vie finalement ordinaire : faite de rêves qu'on laisse sur les rives ou que l'on vit à fond, d'amours inouïs et de ruptures déchirantes, de deuils et d'épiphanies.
Tellement juste, tellement beau et délicat.

4.5/5
Nuages
Album
25,00 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Nuages ”
Portrait intense et magnifique, à fleur de peau, le roman d'une vie finalement ordinaire : faite de rêves qu'on laisse sur les rives ou que l'on vit à fond, d'amours inouïs et de ruptures déchirantes, de deuils et d'épiphanies.
Tellement juste, tellement beau et délicat.

4/5
L'Expert
Album
25,00 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ L'expert ”
Polar noir au graphisme impressionnant, étonnant, délirant, une intrigue rondement ficelé dans la quelle viennent se nouer les spectres et les traumatismes d'une Allemagne encore hantée par son histoire.
Et si tout commence par un accident, la chute semble infinie.
Brillamment orchestré, superbement illustré, le portrait passionnant d'un pays et d'une époque, et de ceux et celles qui les habitent.

4/5
Zone critique
Album
27,95 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Zone Critique ”
La pensée de Bruno Latour mise en image de manière impressionnante, vertigineuse, par Philippe Squarzoni. Une réflexion virtuose sur notre place sur terre, sur nos dégâts, nos déchets et nos succès. L'homme se doit de changer son rapport à la nature sous peine de disparaître. Les images de Squarzoni portent le message universalisant de Latour comme une poésie effrayante, poignante, un témoignage qui, comme en lévitation, ouvre des dimensions réflexives sans fin. Éthérée et brute en même temps, Zone Critique est un puissant message de réorientation, une somme de pistes d'atterrissage pour une humanité prise dans les tourments métaphysiques de son époque. Une BD essentielle.

29,00 €
Sandrine Liaume— Decitre Confluence
“ L'origine de la légende, du mythe, Gundam ”
Gundam n'est pas une histoire de robots géants, c'est une histoire d'hommes et de femmes.
Gundam n'est pas une histoire de héros et de méchants, c'est l'histoire de très nombreux personnages, humains, totalement humains. Avec leurs moments de grandeur et de petitesse.
Gundam est une histoire à lire de toute urgence, et à relire encore et encore.
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Happy endings ”
Trois histoires délicieusement décalées,
pleines d’humour, de frivolité et de fantaisie,
des histoires d’amour et d’amitié effleurées de tendresse, nichées dans la vie à deux.
C’est formidablement attachant, terriblement mignon et drôle, avec une délicatesse qui touche au merveilleux !

4/5
Addictions
Album
22,90 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Addictions ”
Humour tendre,
causticité frivole,
satire douce de nos vices et de nos habitudes
amour & volupté
François Ravard séduit, amuse, fait rire comme Sempé, grince et mord doucement comme Voutch.
Un régal à chaque page !

4/5
23,00 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Les paradis inaccessibles ”
Un récit où s'imbriquent les époques, où s'intriguent les quêtes des cimes, une plongée dans le tourbillon des hommes qui ont fait de la montagne leur terrain de chasse et de jeu. De leur vie une œuvre faite de conquêtes, de vertige et d'immensité.
Au gré des siècles et des lieux, c'est toute l'histoire contée de ceux qui se cramponnent aux parois autant qu'à leurs rêves, qui ne reculent devant aucune folie ni aucune innovation pour accéder à ce qui, là-haut, fait briller leur imagination.
Rondement mené, enthousiasmant !

4/5
Ligne de fuite
Album
19,00 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Ligne de fuite ”
Qu’elles soient tristes, qu’elles soient tragiques, qu’elles soient énigmatiques, les histoires de Robert Cullen tirent les fils de l’existence comme autant de maillons faibles ou forts, des errements coupables aux volontés de s’extraire de son milieu, des sentiments d’abandon à ceux d’amour,
ces Lignes de fuite sont autant de mirages qui nous cautérisent, nous secouent de l’intérieur, nous font sourire et pleurer.
Comme un écho de nos désirs, et si on savait, au fond, que le long de ces lignes de crête il faut rester, accepter, se battre.
Et si fuir n’existait pas ?

13,50 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Molly Wind ”
Molly Wind est une fille qui n’a pas froid aux yeux, prête à braver tous les dangers pour mener à bien sa mission : convoyer les livres chez ceux qui n’’y ont pas accès !
Une aventure pleine d’humour et de rebondissements où l’amour de la lecture et de la transmission des livres tient une grande place.
Une super histoire dans l’ouest américain des années 30 !
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Lisou ”
Une enfance en temps de guerre, Lisou raconte, son refuge à Grenoble, son adorable famille d’accueil, les amitiés naissantes, sa famille et la peur.
Un superbe et très touchant portrait d’une jeune fille qui voit la guerre à sa hauteur, au dessin clair et doux, réconfortant.
Entre insouciance de l’enfance et histoire tragique, un très bel album pour parler de la guerre, de ce qui ne doit jamais être oublié.

3/5
Whisky san
Album
24,90 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Whisky san ”
Une bien jolie mise en image de l’histoire du créateur du whisky japonais.
Dans le grand alambic des événements historiques et humains, se mêlent la grande et la petite histoire.
Du saké au whisky, du Japon à l’Écosse, de l’amour du goût au parfum des relations amoureuses et amicales, Whisky San est un voyage unique dans la tourbe des traditions et des modernités en cours.








