
5/5
9,20 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Lovecraft en open-space ! ”
La maison d'édition Monts Métallifères, prometteuse de par son catalogue de récits dérangeants et hétéroclites, accueille dans ses entrailles littéraires un auteur américain considéré comme le successeur de Poe et de Lovecraft : Thomas Ligotti. Au travers de son oeuvre prolifique et dérangeante, il démantèle l'édifice capitaliste et corporatiste avec une plume macabre et noire comme il en existe peu en ce monde.
Dans Mon Travail n'est Pas Terminé, votre travail veut votre mort, les open-space prennent des allures de cauchemar Lovecraftiens, et vous devenez un rouage qu'on usera jusqu'à la dernière dent. Bienvenue, prenez un siège. Impossible de ne pas adhérer à l'écriture mordante et glauque de Ligotti qui construit une atmosphère kafkaienne et lovecraftienne à souhait. Influencé par les grands maitres du genre, Ligotti développe un langage propre, et nous happe dans une sphère de mal-être ironiquement agréable.
En disséquant les affres de la bureaucratie, les travers de la concurrence interne et l'horreur jaunâtre des lumières néon des bureaux, il nous embarque dans la version absolue des méga corporations régissant la vie de leurs employés jusqu'à leur dernière once de vie.

5/5
4.5/5
18,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Psycho-(K)trip ! ”
En 1965, soit trois ans seulement après le succès de son roman Le Maître du Haut Château, Philip K. Dick accouche d'une oeuvre singulièrement déroutante, marquant un tournant dans sa bibliographie : Le Dieu Venu du Centaure.
Véritable trip parano et psycho-religieux, ce roman prend pied dans un univers SF déroutant faisant office de climate fiction bien barge : l'humanité étouffe sur Terre, dont les températures galopent au 80 degrés. Forcée par Les Nations Unies d'émigrer sur les planètes du système solaire, elle se prélasse désormais dans l'abandon de leur réalité via une drogue surpuissante : le D-Liss.Le commerce de cet hallucinogène délirant est régi par Leo Bulero, nabab richissime, mais se retrouve menacé par l'arrivée d'une nouvelle drogue encore plus puissante : le K-Priss.
Venu tout droit des confins de l'espace, cette substance offre des possibilités d'évasion au delà de ce que l'on peut concevoir... mais son prix à payer est, lui, bien réel.
Parmi les oeuvres phares du grand maître de la science-fiction, Le Dieu Venu du Centaure est à ranger dans ses créations les plus explosives d'inventivité, tant elle explore les contrées d'une SF rare . Sous couvert d'une aventure hallucinée entre réalité et univers parallèle, entre passé et futur, il y a aussi l'amorce d'une critique acerbe de la religion et du prix à payer pour la dévotion absolue (élément que l'on retrouvera dans sa Trilogie Divine), ainsi que, au travers du personnage de Palmer Eldritch, la quête étrange d'un Dieu omniprésent.
En pleine terra incognita, Dick nous lâche sans accroches dans un univers fictif singulier avec ses termes spécifiques (l'argent s'appelle des peaux, les apparts sont des conapt, on nous parle de Poupée Pat, de Prémod, de D-Liss...), nécessitant au lecteur un certain temps d'adaptation, peu aidé par les transvasements réguliers entre réel et fiction.
En parallèle se déroulent les réflexions d'une humanité divisée en deux camps : ceux ayant eu les moyens d'éviter l'émigration forcée, dont le lobe frontal grossit au fur et à mesure de leurs opérations d'évolution, et ceux condamnés à arpenter les terres sans vie des planètes colonisés. L'avenir est rarement rose, dans l'oeuvre profuse de Dick, et le prix à payer pour l'éternité passe une servitude involontaire.
Mais finalement, c'est ce cocktail chargé de climate fiction, de lutte religieuse, de trip sous acides, et de personnages torturés qui nous fait accrocher jusqu'à la dernière page, dans une lutte pour préserver la psyché de l'Humanité toute entière !

5/5
4.5/5
8,70 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Psycho-(K)trip ! ”
En 1965, soit trois ans seulement après le succès de son roman Le Maître du Haut Château, Philip K. Dick accouche d'une oeuvre singulièrement déroutante, marquant un tournant dans sa bibliographie : Le Dieu Venu du Centaure.
Véritable trip parano et psycho-religieux, ce roman prend pied dans un univers SF déroutant faisant office de climate fiction bien barge : l'humanité étouffe sur Terre, dont les températures galopent au 80 degrés. Forcée par Les Nations Unies d'émigrer sur les planètes du système solaire, elle se prélasse désormais dans l'abandon de leur réalité via une drogue surpuissante : le D-Liss.Le commerce de cet hallucinogène délirant est régi par Leo Bulero, nabab richissime, mais se retrouve menacé par l'arrivée d'une nouvelle drogue encore plus puissante : le K-Priss.
Venu tout droit des confins de l'espace, cette substance offre des possibilités d'évasion au delà de ce que l'on peut concevoir... mais son prix à payer est, lui, bien réel.
Parmi les oeuvres phares du grand maître de la science-fiction, Le Dieu Venu du Centaure est à ranger dans ses créations les plus explosives d'inventivité, tant elle explore les contrées d'une SF rare . Sous couvert d'une aventure hallucinée entre réalité et univers parallèle, entre passé et futur, il y a aussi l'amorce d'une critique acerbe de la religion et du prix à payer pour la dévotion absolue (élément que l'on retrouvera dans sa Trilogie Divine), ainsi que, au travers du personnage de Palmer Eldritch, la quête étrange d'un Dieu omniprésent.
En pleine terra incognita, Dick nous lâche sans accroches dans un univers fictif singulier avec ses termes spécifiques (l'argent s'appelle des peaux, les apparts sont des conapt, on nous parle de Poupée Pat, de Prémod, de D-Liss...), nécessitant au lecteur un certain temps d'adaptation, peu aidé par les transvasements réguliers entre réel et fiction.
En parallèle se déroulent les réflexions d'une humanité divisée en deux camps : ceux ayant eu les moyens d'éviter l'émigration forcée, dont le lobe frontal grossit au fur et à mesure de leurs opérations d'évolution, et ceux condamnés à arpenter les terres sans vie des planètes colonisés. L'avenir est rarement rose, dans l'oeuvre profuse de Dick, et le prix à payer pour l'éternité passe une servitude involontaire.
Mais finalement, c'est ce cocktail chargé de climate fiction, de lutte religieuse, de trip sous acides, et de personnages torturés qui nous fait accrocher jusqu'à la dernière page, dans une lutte pour préserver la psyché de l'Humanité toute entière !

3/5
35,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Un long rêve, la fin de l'exil ”
Les éditions Mnemos continuent de déblayer le vaste édifice de la SF de ses figures masculines afin de laisser la lumière à leurs pendants féminins, trop longtemps occultés de la scène littéraire.
Cette fois, on revient au cœur de la SF américaine des années 70 avec l'autrice Vonda McIntyre, une grande amie de Ursula K. Le Guin et précurseur d'une science fiction féminine avant-gardiste. En témoigne les ouvrages de ce recueil, Louée soit l'Exil et Le Serpent du Rêve, complétés par une nouvelle inédite, Cages, qui synthétisent très bien le style de McIntyre et permettra au lecteur de découvrir l'univers de la Sphère !
Le premier roman, Loué Soit L'exil, doit son titre à un poème de Ursula le Guin, et révèle déjà tout le talent de Mcintyre à construire ses personnages, notamment féminins. l'exemple est marquant avec Mischa, jeune adolescente en quête d'autres horizons sur une Terre mourante, féodalisée par des Familles enclavant leurs populations sous des Dômes protecteurs. Au cœur de ce roman, Vonda explore les affres d'une humanité en souffrance avec poésie et style, et ce malgré un style parfois un peu daté.
Dans Le Serpent du Rêve, c'est cette fois la destinée de la guérisseuse Serpent, arpentant les étendues arides en quête de gens à soigner, qui nous est présentée. Toujours accompagnée de ses trois serpents, la perte de l'un d'entre eux l'amène à devoir retourner à la Cité, lieu central de l'univers de la Sphère. L'univers, si il est peu développé, nous accroche malgré tout grâce à la narration fluide de McIntyre. L'appareil critique est, quant à lui, toujours aussi intéressant et pertinent.

5/5
La fontaine des âges
Poche
8,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Jusqu'à la dernière fontaine ”
Nancy Kress dresse ici une réflexion fascinante sur la quête d'immortalité et sur son prix à payer, tout en explorant en parallèle les travers d'un amour lointain, conservé dans l'ambre du temps. La profonde remise en question de son être est aussi le point clé de l'intrigue autour de Max : que devenir, alors qu'on est à l'orée de sa fin de vie, que votre fils est comme une ombre fugace dans votre passé, et que l'amour de votre vie semble être devenu quelque chose d'autre ?
Le roman se révèle d'une intensité poétique rare et d'une efficacité à toutes épreuves, tandis que son final vous hantera très certainement pour un long moment.

4/5
Sur la route d'Aldébaran
Grand Format
10,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Lointaine Aldébaran ”
Aux côtés de Gary Randell, astronaute envoyé dans le cadre d'une mission d'exploration, entrons dans les méandres d'un artefact extraterrestre aux proportions vertigineuses afin de comprendre la raison de sa présence aux confins du Système Solaire.
On ne sait trop ce qui intrigue chez Tchaikosvky : sa plume mêlant habilement humour morbide et références pop-culture ? Ses réflexions orientées autour de la perdition de l'esprit humain face à l'altérité ? Sa capacité à dérouler des situations incongrues et un temple de créatures effrayantes ? Ou peut être est-ce simplement que ce récit de survie palpitant, au final quoique abrupt, propose des moments sous tension à l'humour glauque à souhait, et qu'on en redemande !

5/5
La millième nuit
Poche
11,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Vivre une nuit comme mille autres ”
Dans un futur lointain de millions d'années, mille clones d'une seule et même personne arpentent la galaxie en quête d'aventures et d'histoires à raconter pour se retrouver tous ensemble chaque cycle de 200 000 ans afin de narrer et reconstituer leurs découvertes. Cette quête de savoir et d'échange atteint pourtant ses limites quand deux clones, Campion et Purslane, remarquent qu'une des histoires présentée ne semble pas concorder à la réalité. Mais ce qui se cache derrière ce mensonge au premier abord anodin, pourrait être d'une ampleur galactique dévastatrice...
Quel plaisir de re-découvrir la plume soyeuse mais ô combien hard SF de Reynolds, avec son sense of wonder merveilleux, encore plus prégnant dans ce court roman : on traverse des milliers d'années, on explore des mondes et on vit des aventures onirique splendides. Derrière cette courte escapade qui préfigure le roman La Maison des Soleils (dans lequel on retrouvera les deux protagonistes de cette novella), il se cache aussi un thriller palpitant ainsi qu'une belle réflexion autour de la quête dus avoir et son prix à payer.

4.5/5
De l'espace et du temps
Grand Format
10,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Vive Alastair ! ”
Aujourd'hui, parlons De L'espace et du Temps, écrit par le talentueux Alastair Reynolds. C'est en partant d'un High concept palpitant que démarre notre intrigue : John, seul survivant d'une humanité décimée par un virus militaire, semble couler ses dernières années dans le calme anxiogène d'une Mars vide de vie et de sens. Mais pour lui, cette fin ne doit pas sonner le glas de l'espoir. S'il est bien le dernier humain de l'univers, alors il est temps pour lui d'entamer le voyage le plus ambitieux de la création, au delà de l'espace et du Temps...
La vive énergie qui émane de la plume de Reynolds suffit à attirer le lecteur dans un passionnant vortex d'aventure spatiale comme on en goûte rarement en SF. Et c'est encore plus impressionnant quand on regarde le faible nombre de pages, qui arrive pourtant à installer une ambiance et à modeler une personnalité touchante à ce cher John, dernier vestige de l'humanité. Sans trop entrer dans les détails de son aventure, soyez cependant assuré d'une chose : c'est à la fois une épopée intérieure et universelle qui l'attends, à la croisée des chemins d'une réflexion sur la quête de savoir perpétuel de l'Homme et sur sa condition dans un trop vaste univers.
Morgan C— Decitre Ecully
“ La référence ultime de l'urban fantasy ! ”
Les œuvres de Neil Gaiman, figure totémique de la fantasy moderne, ont en commun d'avoir pour personnage clé des figures marginales désaxées de leur environnement naturel. Que ce soit la jeune Coraline ou le jeune Joey d'Entremonde, l'auteur aime évoquer la confrontation entre deux mondes, deux entités fortes que rien ne devrait réunir. Mais cette dualité des mondes ne date pas d'hier, et trouve même un point d'origine au cœur de ce qui était, à l'origine, un scénario pour une série TV. Nous parlons ici de Neverwhere, roman clé dans la carrière de l'auteur tombé quelque peu en désuetude par rapport aux autres titres du monsieur.
Véritable référence d'urban fantasy (sous genre imposant l'existence de créatures légendaires en lieu urbain), Neverwhere raconte l'histoire de Richard Mayhew, cadre ordinaire londonien, dont la vie bascule le jour où il sauve la jeune Porte de ses agresseurs. Ce qu'il ne sait pas, à ce moment précis, est qu'il est désormais banni de son monde d'origine, contraint à descendre dans les abîmes de Londres pour découvrir un peuple... Un peuple de marginaux, de laissés pour compte, construit sur un étrange modèle féodal.
L'aventure que propose Gaiman est un savoureux mélange d'humour anglais, préfigurant la gouaille sans pareille qu'on retrouvera dans Good Omens, et de fantasy sociale comme on aimerait en lire davantage. Car derrière le vernis de merveilleux se cache une couche de réalité froide et palpable : celle d'une misère sociale, invisible aux yeux de certains, mais qui vit pourtant sous nos ponts et dans nos ruelles... En filigranes de ce propos, Gaiman offre un pageturner agréable dont l'univers original donne lieu à des séquences mémorables qui méritent de s'y attarder.
Morgan C— Decitre Ecully
“ La référence ultime de l'urban fantasy ! ”
Les œuvres de Neil Gaiman, figure totémique de la fantasy moderne, ont en commun d'avoir pour personnage clé des figures marginales désaxées de leur environnement naturel. Que ce soit la jeune Coraline ou le jeune Joey d'Entremonde, l'auteur aime évoquer la confrontation entre deux mondes, deux entités fortes que rien ne devrait réunir. Mais cette dualité des mondes ne date pas d'hier, et trouve même un point d'origine au cœur de ce qui était, à l'origine, un scénario pour une série TV. Nous parlons ici de Neverwhere, roman clé dans la carrière de l'auteur tombé quelque peu en désuetude par rapport aux autres titres du monsieur.
Véritable référence d'urban fantasy (sous genre imposant l'existence de créatures légendaires en lieu urbain), Neverwhere raconte l'histoire de Richard Mayhew, cadre ordinaire londonien, dont la vie bascule le jour où il sauve la jeune Porte de ses agresseurs. Ce qu'il ne sait pas, à ce moment précis, est qu'il est désormais banni de son monde d'origine, contraint à descendre dans les abîmes de Londres pour découvrir un peuple... Un peuple de marginaux, de laissés pour compte, construit sur un étrange modèle féodal.
L'aventure que propose Gaiman est un savoureux mélange d'humour anglais, préfigurant la gouaille sans pareille qu'on retrouvera dans Good Omens, et de fantasy sociale comme on aimerait en lire davantage. Car derrière le vernis de merveilleux se cache une couche de réalité froide et palpable : celle d'une misère sociale, invisible aux yeux de certains, mais qui vit pourtant sous nos ponts et dans nos ruelles... En filigranes de ce propos, Gaiman offre un pageturner agréable dont l'univers original donne lieu à des séquences mémorables qui méritent de s'y attarder.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Le retour du Bâtard ”
Les fans de fantasy française peuvent remettre leurs chausses et monter en selle : maintenant que la saga du Chevalier Aux Épines de Jean Phillipe Jaworski est conclue, régalez vous avec la suite des aventures du Bâtard de Kosigan, écrite de la main de maître de Fabien Cerutti !
Avec ce roman, Fabien Cerutti ouvre la voie à de nouvelles aventures aux côtés de notre Bâtard préféré et de son ami changepeau Dùn, pleines d'émotions, de trahisons et d'aventure ! Sans avoir nécessairement lu les autres romans, il est tout à fait possible d'entrer dans l'univers avec celui-ci, puis de se laisser porter par les intrigues multiples qui jalonnent cette nouvelle page de la vie de notre mercenaire.
On appréciera grandement la dynamique de narration, ou l'on alterne les points de vue de divers personnages (Dùn, Pierre Cardwain, quelques personnages secondaires) afin de mieux cerner les enjeux.
En parallèle, Cerutti amène une justification des récits (de comment ils nous sont parvenus à nous, lecteur) de façon très brillante en mêlant la diégèse de son œuvre : tantôt via la Pierre d'Okma des personnages, tantôt via des extraits tirés de récits existant dans le lore, on découvre l'histoire sous divers aspects.
Un Printemps de Sang se révèle être une porte d'entrée parfaite pour les néophytes et un superbe deuxième service pour les afficionados de la saga !

4/5
Langage Machine
Grand Format
14,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Poésie mécanique ”
Ce recueil se veut être un assemblage mécanique de somptueux poèmes en proses, pensés comme un manuel de survie au monde d'après. Le monde des machines, où la vie humaine n'est désormais que peu de choses et où chaque instant doit être vécu pleinement.
L'audace de proposer des poèmes mâtinés de science fiction (deux genres que l'on retrouve rarement mêlés) n'est cependant pas la seule corde à l'arc de Lucazeau. Grâce à sa plume et sa créativité, il nous offre des perles de noirceur mettant en lumière nos actes passés ainsi que le poids qu'il nous faut aujourd'hui, et à jamais, porter sur nos frêles épaules. Il y dénonce les travers d'un monde post-numérique, dont les stigmates sont stockés sur des cloud et où la nature ne reviendra sûrement jamais.
C'est beau, puissant et impactant. Ça prend aux tripes comme rarement et, même si cela nécessite parfois une deuxième lecture, les poèmes marquent l'esprit par leur clarté de réflexion.

4.5/5
8,20 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Le récit dystopique oublié ”
Il est de ces romans qui, bien qu'ils soient novateurs pour leur époque, ne reçoivent pas les éloges et la rayonnance méritées pour leur influence sur tout un genre. Nous, roman dystopique écrit par l'auteur russe Evgueni Zamiatine en 1920, en est un parfait exemple.
La civilisation mathématiquement dogmatique qu'imagine l'auteur, lui même mathématicien, montre des éléments inédits et novateurs, même pour ceux ayant déjà lu les classiques, confirmant l'importance de ce récit matriciel à l'origine d'un genre entier. Au-delà d'évoquer l'abolition de l'intimité par le biais d'heures prévues pour les activités sexuelles, Nous évoque une existence normée jusqu'à la minute près, où la notion d'imprévu et d'imagination n'existe pas. Si dans Fahrenheit, le héros découvrait les livres, dans Nous, D-503 découvre "l'âme", une maladie que l'État Unitaire avait réussi à endiguer durant la Grande Guerre de Deux Cent Ans.
Cette âme l'amène dans un tourbillon de tourments et d'émotions inconnues et ce, à cause d'une seule rencontre : celle avec une étrange femme nommée I-330 qui lui fait découvrir une autre réalité, où la lutte existe. Face à ce système répressif et cette entropie forcée, une révolution s'organise dans l'ombre pour faire tomber la barrière du bonheur. À la question : pourquoi vouloir détruire une société conçue comme étant parfaite ? , la réflexion Zamiatienne évoque cette idée que les révolutions sont dans l'ordre naturel des choses, car le pire ennemi de l'Homme est bel et bien le bonheur absolu. Un système politique complexe doit, à un moment où à un autre de son existence, être destitué ou reconstruit, mais toujours par le biais de la révolte.
Cette peur de l'entropie et du bonheur absolu, c'est bel et bien ce qui ressort de la lecture de Nous et ce, malgré un style d'écriture parfois volatile et confus nécessitant de rester attentif. Malgré sa date de parution, Nous reste à ce jour un classique de la littérature, fondateur de l'anti-utopie, et extrêmement pertinent sur la notion de bonheur. Il est peut être enfin temps de lui redonner le mérite qui lui revient, aux côtés de ceux qu'il a inspiré.

4.5/5
Nous
Grand Format
21,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Le récit dystopique oublié ”
Il est de ces romans qui, bien qu'ils soient novateurs pour leur époque, ne reçoivent pas les éloges et la rayonnance méritées pour leur influence sur tout un genre. Nous, roman dystopique écrit par l'auteur russe Evgueni Zamiatine en 1920, en est un parfait exemple.
La civilisation mathématiquement dogmatique qu'imagine l'auteur, lui même mathématicien, montre des éléments inédits et novateurs, même pour ceux ayant déjà lu les classiques, confirmant l'importance de ce récit matriciel à l'origine d'un genre entier. Au-delà d'évoquer l'abolition de l'intimité par le biais d'heures prévues pour les activités sexuelles, Nous évoque une existence normée jusqu'à la minute près, où la notion d'imprévu et d'imagination n'existe pas. Si dans Fahrenheit, le héros découvrait les livres, dans Nous, D-503 découvre "l'âme", une maladie que l'État Unitaire avait réussi à endiguer durant la Grande Guerre de Deux Cent Ans.
Cette âme l'amène dans un tourbillon de tourments et d'émotions inconnues et ce, à cause d'une seule rencontre : celle avec une étrange femme nommée I-330 qui lui fait découvrir une autre réalité, où la lutte existe. Face à ce système répressif et cette entropie forcée, une révolution s'organise dans l'ombre pour faire tomber la barrière du bonheur. À la question : pourquoi vouloir détruire une société conçue comme étant parfaite ? , la réflexion Zamiatienne évoque cette idée que les révolutions sont dans l'ordre naturel des choses, car le pire ennemi de l'Homme est bel et bien le bonheur absolu. Un système politique complexe doit, à un moment où à un autre de son existence, être destitué ou reconstruit, mais toujours par le biais de la révolte.
Cette peur de l'entropie et du bonheur absolu, c'est bel et bien ce qui ressort de la lecture de Nous et ce, malgré un style d'écriture parfois volatile et confus nécessitant de rester attentif. Malgré sa date de parution, Nous reste à ce jour un classique de la littérature, fondateur de l'anti-utopie, et extrêmement pertinent sur la notion de bonheur. Il est peut être enfin temps de lui redonner le mérite qui lui revient, aux côtés de ceux qu'il a inspiré.

5/5
Long London Tome 1
Le Grand Quand
Grand Format
25,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ Alan Moore, le king de l'urban fantasy ! ”
Le Grand Quand, c'est le premier segment d'une saga de fantasy qui, aux premiers abords, semble somme toute standard. Prenant pied dans une Londres encore traumatisée par les ravages de la Seconde Guerre mondiale, le roman explore les affres de Dennis Knuckleyard, un jeune homme dépité par l’existence qui l'attend, à savoir travailler pour l'affreuse Ada Benson au sein de sa librairie. Alors que cette dernière l'envoie récupérer des livres auprès d'un client, Dennis va ramener, sans le savoir, un ouvrage venu d’un autre monde. Une Londres parallèle, dont l'existence n'est connue que par une poignée de personnes, qui craignent l’endroit autant qu'ils en sont fascinés. Accompagné de personnages hauts en couleur, du prince assyrien Monolulu, accro aux courses hippiques, à la mystérieuse prostituée Grace, Dennis devra tout faire pour rapporter ce livre maudit d'où il vient, au risque de perdre l'esprit…
Si Le Grand Quand emprunte une structure d'urban fantasy dont on reconnaît les éléments classiques (jeune héros en devenir, ville alternative, magie, cadre urbain londonien), cela ne doit pas duper le lecteur aguerri, car derrière cet épais volume de 400 pages, l'architecte Moore construit un récit fascinant, troublant et parfois déprimant qui ne laissera pas indemnes les amateurs comme les néophytes.
Réinventer l'urban fantasy
Quand, dans Neverwhere, Neil Gaiman imaginait sa Londres-d'en-bas comme un refuge métaphorique pour les miséreux des rues oubliés de tous, Moore construit ici une Londres à son image : chaotique, anarchique, glauque et gorgé d'humour noir comme une bonne tasse de thé ! Cet endroit fantastique, pendant chimérique de la capitale britannique d'après-guerre, se révèle être surtout un chaos d'images et de sons, une fractale explosive aux couleurs diaprées dont chaque élément constitutif, du trottoir au lampadaire, désire dévorer le visiteur inconscient qui ne saurait pas où il vient de mettre les pieds.
La grande qualité du Grand Quand par rapport à ses pairs, c'est bel et bien l'originalité de son monde aux lois irréelles et aux entités symboliques, appelées Arcanes, qui arpentent ses rues. Mais il faut aussi rappeler l'humour mordant et cruel de Moore, qui suinte de chaque dialogue et de chaque description des rues de Londres, ville fétiche de l'auteur, qui la décrivait déjà sous tous ses atours mystiques dans son comics From Hell. Les personnages sont aussi sujets à son humour acide, comme en ce qui concerne la funeste destinée de Dennis, qui ne peut échapper à cet autre monde et le subit davantage comme un fardeau que comme une splendide découverte. Le récit vogue avec une grande efficacité entre les tribulations de Dennis dans le Grand Quand, ses rencontres avec de nouveaux personnages comme Grace, ainsi que les altercations qui découlent de sa découverte de l'autre Londres.
Avec Le Grand Quand, Moore confirme autant son statut de scénariste immanquable de la scène comics, que celui d'auteur de fantasy à suivre de très près. Il ne nous reste plus qu'à attendre sagement le tome 2 des aventures du pauvre Dennis Knuckleyard et de cette chère Grace.

9,00 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Découverte du Japon ”
Dans ce petit recueil drôle et sincère, l'autrice nous partage son expérience sur le pays du soleil levant lors d'un visa vacances travail. Des love-hotels en passant par le karaoké, la culture du mignon jusqu'à son impression, tout y passe. Pour les amateurs du Japon ou les curieux, je le recommande vivement

4/5
Les larmes rouges sur la façade
Grand Format
22,00 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Amour impossible ”
Anjir et Zal sont un couple d'hommes en Iran. Situation compliquée pour les deux hommes qui ne peuvent s'aimer aux yeux du monde. Le jour où Zal est agressé, Anjir part en quête de l'amant du jeune homme ainsi que de la vérité. Il envisage même la possibilité de changer de sexe pour que tous deux soient enfin acceptés. Une belle histoire, sorte de pérégrination à travers Téhéran et rencontres de nouveaux personnages

Fanny E.— Decitre Ecully
“ Un roman policier pour petits et grands ! (à partir de 15 ans) ”
Que s’est-il passé sur ce bateau, pour que le corps de Clarence se retrouve attaché au bateau pendant la tempête que subissent ses 4 amis ?
Marion Brunet nous trimballe aisément dans tous les sens afin de découvrir ce qui a mené à la présence de ce corps et si ces 4 ados réussissent à se sortir de cette tempête effroyable ?
Petit à petit, on découvre que Clarence, leader du groupe, n’était peut-être pas un si bon ami que ça...
Un huis clos où les secrets se dévoilent au fur et à mesure que la houle nous entraîne jusqu’à la fin de l’histoire !

4.5/5
2/5
Kramp
Grand Format
16,00 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Kramp ”
"Je me souviens que j’étais partie camper, on était allés regarder les étoiles et, prenant la Croix du Sud pour référence, j’ai expliqué à mes camarades que ce qui brillait au loin n’était pas les étoiles, mais de petits clous de 0,69 cm avec lesquels le Grand Menuisier avait tout suspendu au ciel. Nous avec."
Portrait d’une jeune fille en article de quincaillerie, sur le siège passager d’un père vendeur itinérant catalogue Kramp.
Métaphysique de l’univers boulonné au cerveau, M est une petite conteuse de ce quotidien fait d’escales et de transit, de vente et de camaraderie, des camarades nouée d’histoires comme des faits d’arme. Gamine hyper touchante, passagère parallèle de son éducation hors les murs de l’école, M voit le monde comme une architecture, comme l’étagère de dieu remplie de clous et d’outils, autour de laquelle gravite une galerie fantasque de bonshommes aux kilomètres nourris d’anecdotes.
Kramp est un enchantement, parce qu’on rit beaucoup, parce qu’on s’émeut aussi. Parce qu’il y a le Chili et la dictature de Pinochet que l’on retrouve à petites touches, des ombres dans des photos en noir et blanc.
Kramp est une illumination, un petit livre infini, un charme extraordinaire. Un petit livre imaginatif, imprégné de lumières et d’éclats d’étoiles. Parce que M est une étoile, qui file son histoire sur un métier et sa dignité, trimballée de village isolé en village maudit comme une gosse dans les godillots des hommes.
Rare plaisir de lecture, objet lumineux, dont on ressort l’esprit transi et les yeux qui pétillent une fois refermée la dernière page, avec au fond de soi, l’amour et la gratitude qu’on nous ait offert si précieux cadeau.
Kramp est une parenthèse merveilleuse, dans laquelle on se glisse comme sous le moelleux d’une clé à molette en mousse.

4.5/5
2/5
Kramp
Poche
7,80 €
fabien b.— Decitre Grenoble
“ Kramp ”
"Je me souviens que j’étais partie camper, on était allés regarder les étoiles et, prenant la Croix du Sud pour référence, j’ai expliqué à mes camarades que ce qui brillait au loin n’était pas les étoiles, mais de petits clous de 0,69 cm avec lesquels le Grand Menuisier avait tout suspendu au ciel. Nous avec."
Portrait d’une jeune fille en article de quincaillerie, sur le siège passager d’un père vendeur itinérant catalogue Kramp.
Métaphysique de l’univers boulonné au cerveau, M est une petite conteuse de ce quotidien fait d’escales et de transit, de vente et de camaraderie, des camarades nouée d’histoires comme des faits d’arme. Gamine hyper touchante, passagère parallèle de son éducation hors les murs de l’école, M voit le monde comme une architecture, comme l’étagère de dieu remplie de clous et d’outils, autour de laquelle gravite une galerie fantasque de bonshommes aux kilomètres nourris d’anecdotes.
Kramp est un enchantement, parce qu’on rit beaucoup, parce qu’on s’émeut aussi. Parce qu’il y a le Chili et la dictature de Pinochet que l’on retrouve à petites touches, des ombres dans des photos en noir et blanc.
Kramp est une illumination, un petit livre infini, un charme extraordinaire. Un petit livre imaginatif, imprégné de lumières et d’éclats d’étoiles. Parce que M est une étoile, qui file son histoire sur un métier et sa dignité, trimballée de village isolé en village maudit comme une gosse dans les godillots des hommes.
Rare plaisir de lecture, objet lumineux, dont on ressort l’esprit transi et les yeux qui pétillent une fois refermée la dernière page, avec au fond de soi, l’amour et la gratitude qu’on nous ait offert si précieux cadeau.
Kramp est une parenthèse merveilleuse, dans laquelle on se glisse comme sous le moelleux d’une clé à molette en mousse.

Marie-Léonie B.— Decitre Bezons
“ Amour et retournements de situation au Far West ”
Recrutée au Buffalo Queen alors qu'elle n'a plus d'argent, ni de famille, Bridget se retrouve fille de joie dans un bordel tenu par deux femmes au caractère bien trempé. Plutôt à l'aise dans sa nouvelle vie, elle va se retrouver chamboulée avec l'arrivée d'une nouvelle recrue. Entre amour, trahison, as de la gâchette et verres de whisky, la vie de Bridget sera pleine de rebondissements.
Un roman très divertissant avec des personnages féminins forts, un vrai bonheur à lire !

Marie-Léonie B.— Decitre Bezons
“ Amour et retournements de situation au Far West ”
Recrutée au Buffalo Queen alors qu'elle n'a plus d'argent, ni de famille, Bridget se retrouve fille de joie dans un bordel tenu par deux femmes au caractère bien trempé. Plutôt à l'aise dans sa nouvelle vie, elle va se retrouver chamboulée avec l'arrivée d'une nouvelle recrue. Entre amour, trahison, as de la gâchette et verres de whisky, la vie de Bridget sera pleine de rebondissements.
Un roman très divertissant avec des personnages féminins forts, un vrai bonheur à lire !
Morgan C— Decitre Ecully
“ Loué soit le prince ”
Revisiter les contes de fées pour en tirer davantage que les morales simplistes d'antan est un exercice complexe, d'autant que le riche bestiaire qui en découle a cimenté les croyances populaires durant des siècles. Parmi les figures totémiques issues de ces croyances, celle de la princesse et de son prince charmant a longtemps été un élément indéboulonnable des vertus de l'amour. Cette vision, désormais dépassée, a cependant des aspects sombres et c'est au travers de récits comme Nettle and Bone que l'on en prend toute la mesure. Car derrière les fards de la noblesse et la beauté des palais, il y a des douleurs muettes et une sphère politique impitoyable. À travers le regard de la jeune Marra, inexpérimentée quant au fonctionnement de la vie de princesse, on découvre la violence d'une relation politique cruelle et le prix que doivent payer les épouses princières, cloîtrées dans leur tour d'ivoire.
Avec Nettle and Bone, T. Kingfisher explore la dualité macabre entre la vie rêvée de princesse et les manières d'y échapper. Si la fuite est parfois la seule option, celle explorée dans ce roman est le meurtre, ni plus ni moins. Accompagnée d'alliés hauts en couleur qui apportent une touche d'humour bienvenue, Marra effectue une quête initiatique où, en voulant préserver sa sœur, elle cherche sa place dans un monde qui ne lui convient plus. La beauté macabre du récit se voit enrichie d'un rythme soutenu et de plusieurs retournements de situation, qui ne laissent jamais le lecteur en manque d'aventure. Certains éléments phares du conte de fées, tels que les marraines magiciennes ou autres créatures folkloriques, sont ici exploitées avec beaucoup d'originalité par Kingfisher (on pense notamment à la pratique des bénédictions par les marraines, qui revêtent ici un aspect plus complexe que ce que l’on croit).
Avec Nettle and Bone, l'autrice T. Kingfisher démontre une nouvelle fois ses talents de conteuse hors pair et aborde la dure réalité des contes de fées. Disponible dans une édition collector juste ici, l'ouvrage est à retrouver au sein du label Verso.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Loué soit le prince ”
Revisiter les contes de fées pour en tirer davantage que les morales simplistes d'antan est un exercice complexe, d'autant que le riche bestiaire qui en découle a cimenté les croyances populaires durant des siècles. Parmi les figures totémiques issues de ces croyances, celle de la princesse et de son prince charmant a longtemps été un élément indéboulonnable des vertus de l'amour. Cette vision, désormais dépassée, a cependant des aspects sombres et c'est au travers de récits comme Nettle and Bone que l'on en prend toute la mesure. Car derrière les fards de la noblesse et la beauté des palais, il y a des douleurs muettes et une sphère politique impitoyable. À travers le regard de la jeune Marra, inexpérimentée quant au fonctionnement de la vie de princesse, on découvre la violence d'une relation politique cruelle et le prix que doivent payer les épouses princières, cloîtrées dans leur tour d'ivoire.
Avec Nettle and Bone, T. Kingfisher explore la dualité macabre entre la vie rêvée de princesse et les manières d'y échapper. Si la fuite est parfois la seule option, celle explorée dans ce roman est le meurtre, ni plus ni moins. Accompagnée d'alliés hauts en couleur qui apportent une touche d'humour bienvenue, Marra effectue une quête initiatique où, en voulant préserver sa sœur, elle cherche sa place dans un monde qui ne lui convient plus. La beauté macabre du récit se voit enrichie d'un rythme soutenu et de plusieurs retournements de situation, qui ne laissent jamais le lecteur en manque d'aventure. Certains éléments phares du conte de fées, tels que les marraines magiciennes ou autres créatures folkloriques, sont ici exploitées avec beaucoup d'originalité par Kingfisher (on pense notamment à la pratique des bénédictions par les marraines, qui revêtent ici un aspect plus complexe que ce que l’on croit).
Avec Nettle and Bone, l'autrice T. Kingfisher démontre une nouvelle fois ses talents de conteuse hors pair et aborde la dure réalité des contes de fées. Disponible dans une édition collector juste ici, l'ouvrage est à retrouver au sein du label Verso.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Loué soit le prince ”
Revisiter les contes de fées pour en tirer davantage que les morales simplistes d'antan est un exercice complexe, d'autant que le riche bestiaire qui en découle a cimenté les croyances populaires durant des siècles. Parmi les figures totémiques issues de ces croyances, celle de la princesse et de son prince charmant a longtemps été un élément indéboulonnable des vertus de l'amour. Cette vision, désormais dépassée, a cependant des aspects sombres et c'est au travers de récits comme Nettle and Bone que l'on en prend toute la mesure. Car derrière les fards de la noblesse et la beauté des palais, il y a des douleurs muettes et une sphère politique impitoyable. À travers le regard de la jeune Marra, inexpérimentée quant au fonctionnement de la vie de princesse, on découvre la violence d'une relation politique cruelle et le prix que doivent payer les épouses princières, cloîtrées dans leur tour d'ivoire.
Avec Nettle and Bone, T. Kingfisher explore la dualité macabre entre la vie rêvée de princesse et les manières d'y échapper. Si la fuite est parfois la seule option, celle explorée dans ce roman est le meurtre, ni plus ni moins. Accompagnée d'alliés hauts en couleur qui apportent une touche d'humour bienvenue, Marra effectue une quête initiatique où, en voulant préserver sa sœur, elle cherche sa place dans un monde qui ne lui convient plus. La beauté macabre du récit se voit enrichie d'un rythme soutenu et de plusieurs retournements de situation, qui ne laissent jamais le lecteur en manque d'aventure. Certains éléments phares du conte de fées, tels que les marraines magiciennes ou autres créatures folkloriques, sont ici exploitées avec beaucoup d'originalité par Kingfisher (on pense notamment à la pratique des bénédictions par les marraines, qui revêtent ici un aspect plus complexe que ce que l’on croit).
Avec Nettle and Bone, l'autrice T. Kingfisher démontre une nouvelle fois ses talents de conteuse hors pair et aborde la dure réalité des contes de fées. Disponible dans une édition collector juste ici, l'ouvrage est à retrouver au sein du label Verso.

4/5
Les Nouveaux Déviants
Grand Format
22,00 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ La nouvelle vague de l'horreur est là ! ”
L'horreur en littérature, c'est un genre qu'on ne voit pas souvent sur les devantures de librairie. Hormis un Stephen King annuel et quelques rééditions de classiques du genre, il faut gratter la surface si l'on désire se repaître de nouvelles formes d'horreur, plus contemporaines et originales.
C'est ainsi que, si l'on creuse assez, on tombe nez à nez avec Les Nouveaux Déviants. Une anthologie aussi alléchante qu’effrayante, dans laquelle 17 nouvelles plumes émergentes nous embarquent dans un voyage underground sans concessions, le tout chapeauté par deux figures contemporaines du genre que sont Christophe Siébert et Morgane Caussarieu.
Au cœur de cet épais recueil de 320 pages, le festival de l'horreur s'en donne à cœur joie : il y en a pour tous les goûts, du récit trash au trip LSD, et chaque incursion proposée donne l'opportunité de découvrir une plume méconnue. Il faut dire qu'avec un duo comme Caussarieu et Siébert aux manettes, il y a du lourd et on n'en ressort pas déçu. Parmi les récits coup de cœur de votre fidèle serviteur, on trouve Aspiration, d’Antoine Chainas, auteur qui a déjà plusieurs romans au compteur et qui offre ici une réflexion somptueuse sur la part d'animalité qui sommeille en chaque salaryman bien rangé au sein de la société. Une envie de tripes, de fluides et de danger, et un point de bascule qui peut céder à chaque instant...
Ensuite, impossible de ne pas évoquer la claque que fut la lecture, fiévreuse et hallucinée, du Baptême, écrit par Christophe Carpentier. Une sorte de Peau-d'Âne futuriste sous amphet, violent et sans concessions, qui assume son récit jusqu'à la dernière lettre et goutte de sang.
Ensuite, pour changer un peu de registre, il y a l'étonnant Ce qui reste de nos étreintes, où Justine Niogret chante le refrain d'une horreur plus poétique, mais au combien palpable : celle de la fin de l'humain.
D'autres nouvelles, moins explosives, restent cependant d'une fraîcheur inégalée, comme avec les Variations de l'effroi de l'enfantement, une succession de courts récits angoissants écrits par la talentueuse Luna Baruta.
En ce qui concerne nos deux plumes maîtresses de l'ouvrage, elles en profitent pour se glisser dans les entrailles du recueil afin de nous pondre chacune une vision d'horreur, toutes deux réussies.
Caussarieu, elle, opte pour un récit simple, mais efficace de vampirisme avec son Rasta Boy. Pour une autrice qui aime s'amuser avec les figures tutélaires de l'horreur, que ce soit le vampire avec Dans les veines, le loup garou dans Vertèbres et récemment la sirène avec Visqueuse, aucune surprise à avoir, c'est du Caussarieu pur jus ! Siébert, quant à lui, nous ramène dans les tréfonds de sa ville fétiche, fruit de plusieurs romans édités chez Au diable vauvert et chez Mnemos : Mertvecgorod.
Cette cité postsoviétique décadente, miroir des vices de l'humanité. On la retrouve ici au travers de deux courts récits, deux histoires palpitantes, surnaturelles même, qui offrent un regard nouveau sur l'histoire complexe et chorale de Mertvecgorod. Très belle porte d'entrée pour les néophytes et cadeau bonus pour les fans, le coup est réussi.
Cet ensemble de nouvelles, au style varié et à la plume féroce, montre bien qu'un nouveau visage de l'horreur, déviante et punk existe, tapie dans les profondeurs horrifiques de ce recueil. Ne reste plus qu'à vous souhaiter une bonne baignade !
Morgan C— Decitre Ecully
“ Caussarieu réivente la sirène ! ”
Après avoir redéfini les contours du récit de vampire avec Dans les veines, puis ceux du loup-garou dans Vertèbres, l'autrice Morgane Caussarieu s'attaque à une nouvelle créature du folklore fantastique : la sirène ! Répondant au doux nom de Visqueuse, cette nouvelle incursion de l'autrice dans l'horreur fantastique est-elle une véritable réussite ?
La première volée de pages de Visqueuse pose rapidement un cadre unique comme seul sait en créer Caussarieu : une France rurale des années 1930 au sein de laquelle orbite des personnages doux-amers.
Du violent Arsène à la tendre Huguette, de la pauvre sirène séquestrée à la naturaliste Louise Simone, l'autrice démontre une nouvelle fois un talent certain à dresser des portraits variés et crédibles dans un contexte fantastique fascinant. Moins underground et trash que l'était Dans les veines, Visqueuse n'en reste pas moins pourvu de moments violents qui n'épargnent pas les âmes sensibles, mais dont la gratuité n'est jamais le maître mot, loin de là.
Armée de son scalpel littéraire, Caussarieu décortique les pulsions tapies dans l'esprit humain, ainsi que ses déviances les plus obscures, mettant en lumière cette dualité hypocrite entre le fantasme des difformités corporelles et le rejet maladif de la différence.
Les personnages d'Arsène et de Louise Simone, bien que différents dans leurs personnalités et leurs intentions envers la sirène, témoignent pourtant d'une curiosité lubrique envers cette dernière, nommée Mélusine, qui dépasse la simple empathie naturelle. Préférant la hisser en créature fascinante plutôt qu'en l'humaine qu'elle cherche à devenir.
Véritable page turner haletant et repoussant, Visqueuse nous entraîne dans un flot d'émotions contradictoires, entre répulsion et fascination morbide, au travers des derniers soubresauts de la culture freaks et des croyances magiques rurales, aujourd'hui disparues. On reprochera cependant au roman un final un tantinet brusque et un climax désamorcé par une succession d'ellipses, qui nous fera perdre au passage beaucoup d'affect envers les personnages.
Visqueuse, c'est donc une nouvelle fois la preuve que Morgane Caussarieu est LA référence de la littérature fantastique et horrifique française, tant dans sa façon d'ancrer ses récits dans une vaste fresque générationnelle, que dans sa capacité à susciter le frisson, comme la répulsion.
Son appropriation des figures clés de la littérature fantastique pour en faire découvrir des facettes inexplorées, confère une fraîcheur bienvenue à ce sous-genre mal aimé qu'est l'horreur déviante.
Morgan C— Decitre Ecully
“ Caussarieu réivente la sirène ! ”
Après avoir redéfini les contours du récit de vampire avec Dans les veines, puis ceux du loup-garou dans Vertèbres, l'autrice Morgane Caussarieu s'attaque à une nouvelle créature du folklore fantastique : la sirène ! Répondant au doux nom de Visqueuse, cette nouvelle incursion de l'autrice dans l'horreur fantastique est-elle une véritable réussite ?
La première volée de pages de Visqueuse pose rapidement un cadre unique comme seul sait en créer Caussarieu : une France rurale des années 1930 au sein de laquelle orbite des personnages doux-amers.
Du violent Arsène à la tendre Huguette, de la pauvre sirène séquestrée à la naturaliste Louise Simone, l'autrice démontre une nouvelle fois un talent certain à dresser des portraits variés et crédibles dans un contexte fantastique fascinant. Moins underground et trash que l'était Dans les veines, Visqueuse n'en reste pas moins pourvu de moments violents qui n'épargnent pas les âmes sensibles, mais dont la gratuité n'est jamais le maître mot, loin de là.
Armée de son scalpel littéraire, Caussarieu décortique les pulsions tapies dans l'esprit humain, ainsi que ses déviances les plus obscures, mettant en lumière cette dualité hypocrite entre le fantasme des difformités corporelles et le rejet maladif de la différence.
Les personnages d'Arsène et de Louise Simone, bien que différents dans leurs personnalités et leurs intentions envers la sirène, témoignent pourtant d'une curiosité lubrique envers cette dernière, nommée Mélusine, qui dépasse la simple empathie naturelle. Préférant la hisser en créature fascinante plutôt qu'en l'humaine qu'elle cherche à devenir.
Véritable page turner haletant et repoussant, Visqueuse nous entraîne dans un flot d'émotions contradictoires, entre répulsion et fascination morbide, au travers des derniers soubresauts de la culture freaks et des croyances magiques rurales, aujourd'hui disparues. On reprochera cependant au roman un final un tantinet brusque et un climax désamorcé par une succession d'ellipses, qui nous fera perdre au passage beaucoup d'affect envers les personnages.
Visqueuse, c'est donc une nouvelle fois la preuve que Morgane Caussarieu est LA référence de la littérature fantastique et horrifique française, tant dans sa façon d'ancrer ses récits dans une vaste fresque générationnelle, que dans sa capacité à susciter le frisson, comme la répulsion.
Son appropriation des figures clés de la littérature fantastique pour en faire découvrir des facettes inexplorées, confère une fraîcheur bienvenue à ce sous-genre mal aimé qu'est l'horreur déviante.

5/5
Vivre à ta lumière
Grand Format
18,00 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Superbe ”
Un magnifique récit sur la vie de Malika la mère de l'auteur. Un court roman fort intense et superbe

5/5
Vivre à ta lumière
Poche
6,95 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Superbe ”
Un magnifique récit sur la vie de Malika la mère de l'auteur. Un court roman fort intense et superbe
Sophie E.— Decitre Confluence
“ Dans la forêt, la suite ”
L'immense succès de son premier roman, Dans la forêt, lors de sa parution en français (20 ans après l'édition anglaise) a poussé Jean Hegland à en écrire la suite. Quel bonheur pour nous !
Ce livre est d'une force incroyable. Un monde différent prend forme sous nos yeux, une vie au plus proche de la nature, où le quotidien consiste principalement à trouver de quoi se nourrir et s'abriter.
Mais une vie aussi frugale n'est pas forcément dénuée de joie, et la famille que forment Eva, Nell et Burl nous le prouve.
Seulement Burl, qui est né dans la forêt, aimerait en savoir plus sur ce qui reste de l'humanité. L'occasion de rencontrer d'autres personnes va-t-elle se présenter ? Que se passera-t-il ?
Avec une belle inventivité stylistique, l'autrice nous confronte à la fragilité de notre mode de vie actuel, en nous montrant que le point de bascule n'est plus si éloigné. Ce qu'elle nous donne à voir contient à la fois de la peur et de l'espoir. A nous de réfléchir à ce que l'on veut en faire.
Sophie E.— Decitre Confluence
“ Dans la forêt, la suite ”
L'immense succès de son premier roman, Dans la forêt, lors de sa parution en français (20 ans après l'édition anglaise) a poussé Jean Hegland à en écrire la suite. Quel bonheur pour nous !
Ce livre est d'une force incroyable. Un monde différent prend forme sous nos yeux, une vie au plus proche de la nature, où le quotidien consiste principalement à trouver de quoi se nourrir et s'abriter.
Mais une vie aussi frugale n'est pas forcément dénuée de joie, et la famille que forment Eva, Nell et Burl nous le prouve.
Seulement Burl, qui est né dans la forêt, aimerait en savoir plus sur ce qui reste de l'humanité. L'occasion de rencontrer d'autres personnes va-t-elle se présenter ? Que se passera-t-il ?
Avec une belle inventivité stylistique, l'autrice nous confronte à la fragilité de notre mode de vie actuel, en nous montrant que le point de bascule n'est plus si éloigné. Ce qu'elle nous donne à voir contient à la fois de la peur et de l'espoir. A nous de réfléchir à ce que l'on veut en faire.
Sophie E.— Decitre Confluence
“ Dans la forêt, la suite ”
L'immense succès de son premier roman, Dans la forêt, lors de sa parution en français (20 ans après l'édition anglaise) a poussé Jean Hegland à en écrire la suite. Quel bonheur pour nous !
Ce livre est d'une force incroyable. Un monde différent prend forme sous nos yeux, une vie au plus proche de la nature, où le quotidien consiste principalement à trouver de quoi se nourrir et s'abriter.
Mais une vie aussi frugale n'est pas forcément dénuée de joie, et la famille que forment Eva, Nell et Burl nous le prouve.
Seulement Burl, qui est né dans la forêt, aimerait en savoir plus sur ce qui reste de l'humanité. L'occasion de rencontrer d'autres personnes va-t-elle se présenter ? Que se passera-t-il ?
Avec une belle inventivité stylistique, l'autrice nous confronte à la fragilité de notre mode de vie actuel, en nous montrant que le point de bascule n'est plus si éloigné. Ce qu'elle nous donne à voir contient à la fois de la peur et de l'espoir. A nous de réfléchir à ce que l'on veut en faire.
Sophie E.— Decitre Confluence
“ Dans la forêt, la suite ”
L'immense succès de son premier roman, Dans la forêt, lors de sa parution en français (20 ans après l'édition anglaise) a poussé Jean Hegland à en écrire la suite. Quel bonheur pour nous !
Ce livre est d'une force incroyable. Un monde différent prend forme sous nos yeux, une vie au plus proche de la nature, où le quotidien consiste principalement à trouver de quoi se nourrir et s'abriter.
Mais une vie aussi frugale n'est pas forcément dénuée de joie, et la famille que forment Eva, Nell et Burl nous le prouve.
Seulement Burl, qui est né dans la forêt, aimerait en savoir plus sur ce qui reste de l'humanité. L'occasion de rencontrer d'autres personnes va-t-elle se présenter ? Que se passera-t-il ?
Avec une belle inventivité stylistique, l'autrice nous confronte à la fragilité de notre mode de vie actuel, en nous montrant que le point de bascule n'est plus si éloigné. Ce qu'elle nous donne à voir contient à la fois de la peur et de l'espoir. A nous de réfléchir à ce que l'on veut en faire.

4/5
5/5
Nos jours heureux
Poche
9,00 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Combattre les apaprences ”
Yujeong 30 ans est professeur et a du mal à être heureuse. Guère proche de sa famille elle n'arrive pas à être heureuse, brisée de l'agression subie par son oncle des années auparavant. Un jour elle accompagne sa tante religieuse, qui l'emmène avec elle en prison rencontrer un condamné à mort. Cette rencontre est déterminante pour notre héroïne qui va rendre visite régulièrement à l'homme. Grâce à des extraits d'un cahier on en apprend plus sur sa vie à lui. Une belle histoire sur la famille, la rencontre de l'autre, les maltraitances, les à-prioris

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Le maître ”
Tsukiko la trentaine retrouve un soir dans un bar un ancien professeur de japonais. Cet homme qu'elle appelle "Le maître" exerce toujours une fascination pour son ancienne élève. Tous deux vont se rencontrer régulièrement discutant de leurs vies respectives. Un roman sur les relations humaines au Japon



















