Thomas R.— Decitre Ecully
“ "Tu as raison Loup des steppes, mille fois raison, et pourtant tu dois disparaître." ”
Que dire sur Le Loup des steppes ? Voilà un roman particulièrement étrange qui nous met dans la peau de Harry Haller, un homme perdu dans un isolement qui le ronge, le fait s'interroger sur sa condition, sa vie, la société dans laquelle il est contraint d'évoluer mais à laquelle il ne correspond pas, avec laquelle il ne partage que peu de points d'achoppement. Ses carnets nous racontent ses errances, réelles ou imaginaires, ses réflexions introspectives, ses rencontres qui semblent être des projections qu'il se fait à lui-même.
Le cerveau et l’âme sont malades chez ce narrateur et c'est bien ce que Hermann Hesse nous fait partager. Il remet en cause le concept de dualité de l'âme, veut nous faire comprendre que l'être humain est encore bien plus complexe et que c'est ce qui peut l'amener à être malheureux au final.
Cela fait partie de ces œuvres que l'on pourrait qualifier d'expériences de lecture, entre moments d'auto psychanalyse sordides et trips hallucinogènes mêlant drogues et musiques.
C'est en tout cas une œuvre que j'ai déjà envie de relire, foisonnante, perturbante et originale, un roman qui nous fait dire "Whoa on peut vraiment écrire cela ?", qui nous fait ressentir aussi des choses d'une noirceur terrible et mettent mal à l'aise mais que l'on ne trouve nulle part ailleurs.
Et c'est cette singularité et cette profondeur qui en font un roman à part !























