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Morgan C— Decitre Ecully
“ Nous sommes Ubik ! ”
Ubik est, à bien des égards, une curiosité d'un genre nouveau dans la carrière littéraire de Phillip K. Dick. Après une fournée de récits SF classiques et sans éclats (hormis bien sur Le Maître du Haut Château), l'auteur phare de la SF américaine offre aux yeux du monde cet OVNI littéraire qui recouvre pourtant toute sa peur et son dégoût de l'Amérique, et lui permet l'accès à la consécration.
Mais que possède Ubik pour être davantage qu'un récit SF ?
Il y a d'abord le trip paranoïaque, thème cher à l'auteur, qui prend ici des allures science-fictives démesurées avec l'histoire de pouvoirs psis permettant à tout un chacun d'être epiés jusque dans ses rêves. Nous sommes en 1992, et deux entreprises guerroient sans fin au nom de lavie privée chastement gardée. La différence étant que l'une fournit des espions psis (l'arme) et l'autre des contre mesures de protection (le bouclier). Mais cette lutte prend une tout autre dimension lorsqu'un groupe de psis protecteurs, mandatés sur la planète Luna, se retrouve projetés dans une version étrange de leur monde actuel... Le temps semble repartir dans l'autre sens pour certains objets, et la réalité se délitte face à des remous d'un autre genre.
Ubik n'est donc pas un simple récit de SF comme l'auteur a pu en pondre dans ses premières années.
Des rebonds narratifs parsèment le récit, et le personnage principal se relève typiquement dickien, à savoir un homme sans saveurs, triste et incapable de se rebeller contre des événements qui le dépasse. Mais quand on connaît l'esprit politique véhément de K.Dick, comment ne pas voir en Ubik une critique acerbe de l'Amérique et de ses dérives capitalistes et ultra sécuritaires ?
L'aspect sécuritaire d'abord, par le biais des pouvoirs psis et du respect de la vie privée, qui n'est pas violée par un quelconque gouvernement Big Brother, mais bien par des gens lambda qu'on diabolisent au travers de publicités invasives.
L'aspect capitaliste ensuite, par le biais de ce fameux Ubik, produit miracle capable de tout et de rien, entité omnipotente ou non, qui semble pourtant construire la réalité et empêcher le flux du temps de partir en vrille.
Et c'est là que se révèle tout le génie de Ubik: Qu'un objet vendu comme n'importe quelle breloque sur les panneaux de publicité d'un métro soit aussi important dans le récit montre bien à quel point Dick prend, avec Ubik, l'entièreté des codes de la SF à revers et offre une satire puissante du capitalisme vorace américain. S'y ajoute aussi l'idée de marchander la mort au travers de la semi-vie, ainsi que de payer pour utiliser sa porte d'appartement, et l'on obtient un joyeux SF comme il en existe peu.
Morgan C— Decitre Ecully
“ "La déesse offusquée voila de son égide, sa chaste face." ”
"Je n'ai jamais versé une seule larme de ma vie." annonce le personnage principal, Méduse. Jeune fille à l'existence similaire d'une certaine Carrie, leur bal du diable prend cependant des trajectoires différentes, malgré la similitude de leur vie agrémentée de brimades et d'humiliation quotidienne.
Si l'une tente de vivre sa vie de lycéenne malgré une domination matriarcale toxique au sein de sa propre famille, l'autre, notre chère Méduse, se retrouve bannie de la société pour être enfermée dans un institut de jeunes filles déformées. En effet, il s'avère que son surnom n'est pas gratuit, venant de ses yeux suintant le Mal à grandes larmes et devant être caché au reste du monde.
Alors que toutes deux déparent le lustre familiale, contraintes à cacher leur pouvoir aux yeux des autres et à subir les arranges d'une société anxiogène, nos deux femmes cachent au fond d'elle une envie de révolte qui gronde de jour en jour...
Le style riche de Desjardins se conjugue à la richesse métaphorique de Méduse, symbole d'une féminité cachée et d'une sexualité bridée face au regard des autres. Libérateur et jouissif, Méduse se lit d'une traite et alterne les seynettes au sein d'un univers obscurantiste duquel tente de se dépêtrer la jeune fille attendant de devenir femme.
En roman gothique moderne qu'il est, Méduse aborde la quête d'émancipation et la force dévastatrice du harcèlement avec plus d'efficacité que Carrie ne l'avait fait en son temps, et s'érige en rejet de notre époque.

4/5
4/5
8,30 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Amitié hommes femmes ”
Ce roman contient sept nouvelles toutes dans la veine du maître japonais à savoir mélange entre réalisme et onirisme. Un homme bloqué chez lui en ignorant la raison, une histoire de tromperie, amitié avec le sexe opposé, amour, toutes évoquent l'amitié hommes femmes

9,20 €

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Pasionnée d'explorations ”
On connaît peu la vie de Gertrude Bell, pionnière dans bien des domaines, au début du XXème siècle. Cartographe, archéologue, elle part des mois durant explorer le Moyen et Proche-Orient, notamment l'Irak, l'Iran, la Palestine et la Syrie proche de Lawrence d'Arabie. Une biographie intéressante sur son enfance, puis sur sa vie d'adulte en exploratrice passionnée.

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Intense ”
Mathilde après avoir été quittée par son compagnon ayant retrouvé l'amour de sa vie, habite chez sa sœur Agathe vivant avec son mari et sa fille. Un roman perturbant sur la perte brutale d'un amour, les masques qui tombent, un livre court mais intense

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Ode à la beauté ”
Un jour Antoine Duris (aucun lien de parenté avec Romain Duris), quitte son travail de maître conférencier pour entrer au musée d'Orsay en tant que gardien de salle dans le prestigieux musée. La RH du musée est très surprise de ce choix, l'homme souhaitant simplement un travail tranquille où il peut observer à loisir les œuvres d'art, lui expert de Modigliani. Un roman émouvant et drôle comme Foenkinos en a le secret.

LAURA B— Decitre Chambéry
“ Ode à la beauté ”
Un jour Antoine Duris (aucun lien de parenté avec Romain Duris), quitte son travail de maître conférencier pour entrer au musée d'Orsay en tant que gardien de salle dans le prestigieux musée. La RH du musée est très surprise de ce choix, l'homme souhaitant simplement un travail tranquille où il peut observer à loisir les œuvres d'art, lui expert de Modigliani. Un roman émouvant et drôle comme Foenkinos en a le secret.















