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Fabrice Baumann.

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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 8 sur un total de 61
Maudite soit la guerre
Avis posté le 13/04/2026
  • Paris
  • polar
  • grande guerre
  • sélection Decitrepro
Guerre à tous les étages
Chez Citroën,  on produit des Tours Eiffel d'obus,  femmes et indigènes au charbon ; dans la rue des éclopés,  des invalides... On est à l'arrière,  on est à Paris et la guerre, la grande est partout dans tous les esprits, les familles, on craint les nouveaux départs comme le courrier qui arrive ; on soupçonne même l'ennemi d'être à l'intérieur. On peut prendre pour son poilu quelque chose en pharmacie quand ceux qui reviennent en bouillis sont accros à la morphine et s'en remettent à Sainte Thérèse De Lisieux. Une enquête balade l'inspecteur Soubielle dans cette guerre de l'arrière aussi présente et préoccupante qu’au front. Elle prend presque la forme d'un meurtre en chambre close et la scène du crime a été légèrement retouchée. Loin de la zone militaire, les poilus parfois la nuit tirent en l'air et on regarde d'une mauvais œil partout les embusqués, les resquilleurs, c'est la guerre des parisiens. Gwenaël Bulteau revient au cœur du cyclone et lui aussi remonte les époques, les générations avec brio, faisant conjugaison d'Histoire et de polar, dans un style limpide, il raconte par le menu et dans le détail comment la guerre, la grande, même à l’arrière n'épargne personne et parfois même s'installe chez tout le monde confuse, armée et meurtrière. 
Eux deux
Avis posté le 09/04/2026
    On ne connaît jamais la fin
    Encore une fois l'idée de départ est excellente et le compte à rebours maîtrisé, on est au niveau du répondeur, voir encore mieux. L'annonce de la fin rebat sans doute les cartes dans la vie comme dans tout bon synopsis de série. Dernière saison sonnée, le glas d'une aventure comme la fin d'une familiarité engagée avec quelques personnages emmêlés dans leur destin dont on est juge et spectateurs des soubresauts. Passé l’annonce, l’improvisation laisse peu de marge. Il en va de même avec nos vies et l'annonce de sa fin peut laisser un goût d'inachevé comme un sentiment d’urgence. Intriquant les deux scénarios, l’un réel, l’autre fictionnel, Luc Blanvillain promène un joli trio avec l'humour et l'humanité qui est la sienne, camarde en habit de Bébél, production de séries,  repentirs de quinqua parisien, on se délecte presque du pire scénario ; l'échéance est d'un mois et on ne perd pas une miette, d'un dialogue, d'un twist, la rédemption sauce Blanvillain, c'est de l'amour et de l'amitié concentré.  Ces antihéros ont du panache et une forme d'élégance sortis de leurs gonds. Délire juste pour la forme, pas que, en donnant à la mort une allure grotesque et un manque d'imagination patent, il donne forme à tout ce que la vie peut nourrir de fantaisie et de restes de bons sentiments quand on a plus le choix et qu'il faut improviser une bonne fois pour toute. 
    Un éloignement
    Avis posté le 09/04/2026
    • recit
    • humanité
    • précarité
    • sans-abris
    Un rapprochement
    Impossible de ne pas tourner la première page après avoir digéré difficilement la citation. Impossible après des années de maraudes de ne pas relever l'attention fraternelle,  l'attention matérielle et tout autant de questions qui vont avec, la bonne distance, celle qui s'impose. C'est une manière très douce de s'approcher et de redonner un peu d'existence,  esquisse de portrait et mains tendus, tout est concentré et fragile. L'étonnement pudique,  la constance cimente quelque chose. Comment en quelques lignes décrire sans excès, maintenir une identité précaire,  un édifice bancal, un sujet destiné à l'oubli. Nommer, parler, relever quelques éléments, démarcher pour lui, raconter,  y revenir encore par mille questions après, ne plus voir sans le voir en passant, s'arrêter. C'est le récit d'une rencontre entre un sans-abris et le narrateur qui tente de faire se peut. On est à  la seule distance possible qui vient sans doute du caractère des deux. Le courant passe. Une attention active et prolongée à équidistance d'un éloignement progressif et constant. Le lien tient. Il y a parfois comme un semblant de normalité,  un rapport d'étonnement. On peut à travers le regard du narrateur décrire tout ce qui nous éloigne ensemble objectivement et fixer pudiquement l'essentiel, quelques rapprochements. Je comprends que souvent vous passiez mais approchez, lisez. Fraternité. 
    La Coyota
    Avis posté le 05/04/2026
    • ecologie
    • noir
    • nature writing
    • arbre
    • Grand Nord
    • sélection Decitrepro
    • Littérature mexicaine
    Nord-Sud
    Amateurs d'écritures de la nature, d'écologie ou de grands espaces, il est temps d'accueillir un nouveau venu mais cette fois, on chasse sur d’autres terres et votre hôte est des plus singuliers, pas tout à fait un débutant non plus ; l'exil a fait de son écriture un métissage dévalant plusieurs versants, des Hautes-Laurentides à la Sierra Madre. D’origine mexicaine, c'est le Québec qui l'accueillit et sans doute son grand nord avec. Voilà un solitaire, un amoureux de la nature qui distille ses nouvelles parfois comme un vieux trappeur et d'autre fois avec ce qu’il faut de mystères comme les meilleurs pour ne pas vous perdre à la pêche à la truite. Son territoire est humide et forestier. Amateurs de petits huit clos criminels où le détective est souvent amateur et la victime incrédule, il aime aussi assombrir les lits de fougères. Et là où il vous cueille le mieux, c’est dans l’entre d'eux, un printemps diluvien ou l'histoire de trois mexicains embauchés tout au nord pour cueillir l'or des arbres sont inclassables. Deux cultures se rencontrent au cœur des forêts et elles ont à partager comme à se méfier en commun. Au pied d'un arbre et la Coyota sont des pépites pour tous les amateurs de nouvelles...
    Les vertèbres de Joséphine
    Avis posté le 05/04/2026
    • Poésie
    • inuit
    La colonne de Joséphine
    "Si un jour tu vas à ́la toundra, tu sentiras que la terre te porte". Être accompagnée par celle qui vous a donnée accès à l'expression poétique et vous raconter accompagner de vos vers, c'est peut-être s'assurer un peu et ne rien laisser échapper dans votre autobiographie, montrer l'envers et l'endroit, dessiner un parcours singulier, fait de mots et de morceaux d’existences. Autobiographie à quatre mains donc avec ses poèmes, je le lis moi aussi accompagné des trois recueils de poésie de Joséphine Bacon, que je chéris. S'il faut parfois séparer l’homme de sa création, il ne faut pas séparer la poétesse de sa poésie dans ce cas. Une poésie qui on l’avait compris avec bonheur donnait accès à plusieurs dimensions de son être, qui ne s'envisageait pas sans sa terre d’origine, terre aussi onirique que réelle et prise dans une filiation de langue et d'ancêtres, un socle aux dimensions multiples. "Consolider ses vertèbres" comme disent les inus, et c'est vertèbre après vertèbre, vertèbre de l'amour, vertèbre de la connaissance, ... qu’on découvre son cheminement, ses égarements, sa quête ; cartographie indispensable pour une poétesse dont la poésie est pétrie de rencontres, de transmissions, d'apprentissage et de pas de cotés, pour celle qui n'hésite pas à dire avec sérieux et drôlerie qu'elle est née debout. Un demi siècle à fréquenter les aînés se raconte, question de partage et de transmission. Ainsi l’on découvre l’endroit d’un thé dans la toundra et son goût si particulier. Ainsi l’on reprend ce chant "rempli d'héritage", et une langue avec ses récits aux creux d'un territoire réel et rêvé, peuplé d'âmes et d'animaux. Retour en arrière et retour à Nutshimit, donner quelques clés et anecdotes qui n'en sont pas, participer du voyage.
    La Fin de la récré
    Avis posté le 01/04/2026
      La belle Aurore
      Je crois que Luc Chomarat est aussi drôle que Fab Caro, mais moins connu. Il est sans doute un peu plus vieux, ce qui lui permet d'intituler un chapitre, 1984, et un autre, no future. Il y a une chose qu'il a en commun avec nous, c'est un premier amour et une trouille de tous les diables qu'il arrive plus ou moins à contrôler. Je ne sais pas si c'est en partie autobiographique comme pour les livres de Fab Caro mais il y a aussi une espèce d'Antoine Doisnel de Truffaut en accéleré et plus contemporain dans ce très drôle et très beau roman d'apprentissage décalé. Un antihéros ou un héros en amour c'est celui qui tient, ne dira rien mais qu'on lira, qu'on regardera s'égarer parfois dans les rues de Sainté comme Travis Bickel dans les rues de New York dans Taxi driver. C'est un obsédé à la peau douce, celui qui a bien entendu Bruno dire un jour devant un Monaco : l'amour rend con. Et peut-être lu Mathieu :"heureux les derniers car ils seront les premiers". Chomarat, c'est un peu Caro, Buko, De Niro, Fitzgeraldo, Bruno mais c'est au moins aussi , voir plus drôle que Fab Caro mais n’exagérons rien, l'exagération en littérature, c'est tout un art, tragi-comique..
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      Note donnée le 26/08/2025
      Le lotissement
      Note donnée le 25/08/2025