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Meelly lit

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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 8 sur un total de 63
La Fortune de Sila
Avis posté le 22/02/2013
    Une fresque sociale dans laquelle règne argent et lâcheté
    Si l'on demandait aux lecteurs de La fortune de Sila de donner deux termes pour qualifier le quatrième opus de Fabrice Humbert, il est fort à parier que c'est deux mots seraient argent et lâcheté. C'est en effet autour de ces deux thèmes qui sont dans ce roman intrinsèquement liés, que Humbert déroule cette saisissante étude de notre société contemporaine gangrénée par l'ultracapitalisme. La Fortune de Sila débute par une courte scène inaugurale, d'une simplicité presque banale, et c'est qui la rend aussi effrayante : dans la salle d'un restaurant huppé de la capitale française un jeune serveur immigré est violemment frappé par le père d'un enfant qui n'a pas accepté que le serveur raccompagne l'enfant à sa table afin que ce dernier ne perturbe pas le service. Plusieurs personnes sont spectateurs de cette scène, mais aucun ne va - chacun pour ses propres raisons, mais retenu par une attitude commune : la lâcheté - intervenir ou s'opposer. Et de ces spectateurs involontaires , Humbert va faire les protagonistes de son roman, de cette fresque sur notre monde en pleine déliquescence. Si la lecture de ce roman peut parfois être ardue, exigeante, elle n'en demeure pas moins particulièrement intéressante. La plume didactique, sans jamais être professorale .. La suite sur WWW.meellylit.com
    Deux étrangers
    Avis posté le 29/01/2013
      Deux étrangers
      Amour, c'est le patronyme qu'a choisi de porter le père d'Élise, pour gommer tout ce qui le rattachait à la terre qui l'a vu naître: l'Algérie. Un joli nom pour tenter d'oublier la blessure laisser par l'exil, l'expatriation, mais aussi et surtout la terrible perte d'un père qu'il aura peu connu. Mais c'est bien de désamour - ce sentiment si froid, cette cessation de l'amour - dont est empreinte la relation qui unit Élise et son père. Pourtant, lorsque ce père-tyran qui a régné en maitre sur toute une famille - cet homme qui a su si mal aimer ses enfants (mais est-il facile d'aimer la chair de sa chair , lorsque l'on a trop peu reçu l'amour d'un père mort trop tôt ?) - convoque Élise et lui demande de venir le rejoindre dans sa retraite à Marrakech, elle obtempère comme lorsqu'elle était enfant. Sans réfléchir, mue par une volonté presque extérieure à elle-même, elle va quitter Paris, alors même que le couple qu'elle forme avec Simon le père de ses enfants est au bord de la rupture. C'est au volant de la vieille R5 verte de sa mère qui fait presque figure de ventre maternel, de cocon, qu'Élise va entreprendre ce voyage quasi initiatique, voyage qui va l'a révéler à elle-même. Au fil de ce road trip, accompagnée par la musique délivrée par cette vieille cassette souvenir de ses premières relations d'amour adolescentes, afflue à la mémoire de la jeune femme tous les souvenirs d'une enfance et d'une adolescence blessée et déçue, par les gestes, les paroles et les actes posés ou mal posés par un père, qui est devenu pour elle un véritable étranger. À mesure qu'Élise avale les kilomètres, et que la vielle R5 émet des signes de faiblesse - comme pour mieux lui ... La suite sur www.meellylit.com
      L'atelier des miracles
      Avis posté le 20/01/2013
      • Emouvant
      • XXIe siècle
      • Bouleversant
      • Vibrant
      • Millie
      • Mr Mike
      • Mariette
      Un roman empreint d'humanité et d'optimisme
      Il est des livres qui vous marquent, qui vous touchent alors que vous ne les attendiez pas. "L'atelier des miracles", cet atelier dans lequel sont réparés les âmes et les parcours d'hommes et de femmes en difficulté, fait partie de ceux-là. Il est vrai que ma libraire préférée m'en avait dit le plus grand bien (que dis-je, elle avait même été dithyrambique ! ), et j'ai toute confiance en cette merveilleuse passeuse de livres... mais parfois la rencontre ne se produit pas. Heureusement ici, tel ne fût pas le cas. Ce roman est une véritable pépite, un roman-doudou dans lequel l'auteur vous prend la main dès les premières lignes pour ne la lâcher qu'aux tout derniers mots. Comment ne pas tomber sous le charme de ces trois personnages, Millie (j'étais vraiment destinée à lire ce roman au minimum pour ce prénom), Monsieur Mike et Mariette, des personnes comme vous et moi qui rencontrent des difficultés dans leur existence et qui vont être pris en charge par Jean et son atelier pour les remettre sur les rails de leur vie. La magie fonctionne grâce au talent de Valérie Tong Cuong qui, de son écriture quasi cinématographique, décrit avec une extrême justesse la psychologie et les maux de personnages si humains, si attachants. La mécanique d'écriture est tellement précise, que l'on remarque à peine les changements lexicaux et grammaticaux que l'auteur opère en fonction des personnages qu'elle fait intervenir. Pourtant, ce sont aussi ces petits détails qui donnent empreinte, force et justesse au récit. Je doit l'avouer, je suis tombée sous le charme de la verve et de la gouaille de Mr Mike, il y a presque du Audiard dans ses tirades si colorées. Ce roman choral est écrit avec beaucoup de profondeur et d'humanité, à chaque ligne le lecteur y ... la suite sur www.meellylit.com
      41
      Avis posté le 08/01/2013
      • Inattendu
      Un polar âpre et sans concession
      Rogelia Guedea s'inspire d'un fait divers réel qui a eu lieu à Colima, la ville même dans laquelle il situe l'intrigue du roman. Un serial killer avait alors défrayé la chronique en assassinant sauvagement plusieurs membres de la communauté homosexuelle. L'affaire fit grand bruit lorsque le frère du gouverneur d'État fut lui-même retrouvé assassiné dans les mêmes conditions. Rogela Guedea s'empare de ce fait divers pour dépeindre sans concession la société mexicaine contemporaine. Une société en pleine déliquescence dans laquelle, la violence, le trafic de drogue et la corruption font la loi. Lorsque Guedea fait intervenir une sombre affaire de pédophilie dans le récit, le lecteur n'est pas loin de penser que l'auteur en fait un peu trop et que toutes ces horreurs accumulées décrédibilisent quelque peu l'essence de cette histoire. Mais la fiction de Guedea - ancien fonctionnaire fédéral Méxicain- n'est que le reflets d'affaires réelles qu'il a eu à traiter dans l'exercice de son ancienne fonction. Ce livre coup-de-poing est âpre, son style est direct, parfois même hypnotique et lancinant, notamment lorsque l'un des protagonistes du roman - le Japonais- répète comme une litanie certains mots, certaines phrases jusqu'à plus soif. Si ce livre s'inscrit dans la mouvance de la littérature mexicaine contemporaine qui dénonce le mal qui la ronge : le narco-trafic, il tire néanmoins son épingle du jeu grâce à sa construction narrative intéressante puisqu'il mêle au récit des comptes rendus d'audition et de rapports de police. En outre, l'alternance entre le langage cru de la rue et les nombreuses métaphores utilisées pour évoquer la violence voire la cruauté donne énormément d'épaisseur à "41". Si le propos est souvent bourré de testostérones, et met quelque peu à mal la figure féminine et notamment maternelle, il ne fait que.. La suite sur www.meellylit.com
      Le jeu des ombres
      Avis posté le 30/12/2012
      • Emouvant
      • Etats-Unis
      • Irène
      • Bouleversant
      • Gil
      Le jeu des ombres
      Hypnotisée, tremblante, émue, éprouvée, charmée, désorientée... Voici les différents états (et cette liste est loin d'être exhaustive) dans lesquels je me suis trouvée à la lecture de ce livre. Le jeu des ombres est mon premier Erdrich, pour certains c'est le meilleur roman de cette écrivaine américaine. Je n'ai pas de points de comparaison, mais ce livre est pour moi un véritable choc littéraire.Rarement, j'ai été aussi agréablement émotionnellement malmenée par un roman. Dans "Le jeu des ombres », Louise Erdrich décrit le quotidien d'un couple en déliquescence avec une justesse presque effrayante tant elle peut rappeler au lecteur une épreuve qu'il a lui-même vécu ou qu'il expérimente au moment de la lecture de ce livre. La prise sur le réel du réel est bouleversante presque inquiétante, elle fait résonnance, peut être parce que ce moment de vie évoquée par Erdrich est une expérience quasi universelle. De son écriture presque chirurgicale, qui agrippe le lecteur, l'auteur brosse la vie de ce couple amérindien, Gil et Irene, ces deux êtres dont le destin est enchevêtré et qui finissent par se trahir, se haïr, mais ne parviennent pas à se quitter malgré le désir d'Irene de reprendre sa liberté. Irene veut rompre cette relation presque malsaine teintée de violence, de possessivité... La suite sur www.meellylit.com