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Karenine

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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 6 sur un total de 6
  • documentaliste
  • TICE
Clair et efficace
Voici un ouvrage intelligent qui, plutôt que d'offrir des "activités-types", des outils clés en mains ou de longues listes de sites à consulter, choisit de replacer les pratiques des professeurs-documentalistes dans le contexte plus global des évolutions numériques. La référence aux enjeux dans le sous-titre n'est pas fortuite, car il s'agit bien ici de donner du sens et d'inscrire les réflexions et exemples proposés au coeur des transformations profondes que la dématérialisation, d'une part, et la généralisation de l'accès facilité à l'information, d'autre part, ont apportées ces dernières années. C'est donc avec ces mutations en toile de fond que les missions du professeur-documentaliste sont revisitées. Après avoir rappelé la place de la culture de l'information dans les programmes, les apprentissages à construire et les dispositifs en vigueur, le livre traite de l'élaboration d'une politique documentaire, de l'accès pour tous aux ressources et de l'indispensable transformation des espaces. Il éclaire ensuite les différents aspects du métier que sont la gestion et la diffusion de l'information, mais aussi la veille et la médiation, dans une perspective dynamique et créative. Enfin, il aborde l'inscription de l'établissement dans différents réseaux et partenariats, en particulier avec les médias et les acteurs de la lecture publique. Dans cet ouvrage de contributions dont les auteurs sont principalement des professeurs-documentalistes, les réflexions ouvertes s'appuient sur des pratiques concrètes. On y trouvera donc aussi bien des exemples d'indicateurs pour l'évaluation des stratégies conduites que des retours d'expériences. Comme il se doit pour un tel sujet, des compléments en ligne permettent de prolonger l'exploration entreprise. Jamais dogmatique ou manichéen, le livre porte avec bonheur l'ambition et la passion d'un métier auquel la nécessité de maîtriser l'information pour s'approprier une culture diversifiée et exercer une citoyenneté éclairée donne une importance toute particulière.
Voici un ouvrage intelligent qui, plutôt que d'offrir des "activités-types", des outils clés en mains ou de longues listes de sites à consulter, choisit de replacer les pratiques des professeurs-documentalistes dans le contexte plus global des évolutions numériques. La référence aux enjeux dans le sous-titre n'est pas fortuite, car il s'agit bien ici de donner du sens et d'inscrire les réflexions et exemples proposés au coeur des transformations profondes que la dématérialisation, d'une part, et la généralisation de l'accès facilité à l'information, d'autre part, ont apportées ces dernières années. C'est donc avec ces mutations en toile de fond que les missions du professeur-documentaliste sont revisitées. Après avoir rappelé la place de la culture de l'information dans les programmes, les apprentissages à construire et les dispositifs en vigueur, le livre traite de l'élaboration d'une politique documentaire, de l'accès pour tous aux ressources et de l'indispensable transformation des espaces. Il éclaire ensuite les différents aspects du métier que sont la gestion et la diffusion de l'information, mais aussi la veille et la médiation, dans une perspective dynamique et créative. Enfin, il aborde l'inscription de l'établissement dans différents réseaux et partenariats, en particulier avec les médias et les acteurs de la lecture publique. Dans cet ouvrage de contributions dont les auteurs sont principalement des professeurs-documentalistes, les réflexions ouvertes s'appuient sur des pratiques concrètes. On y trouvera donc aussi bien des exemples d'indicateurs pour l'évaluation des stratégies conduites que des retours d'expériences. Comme il se doit pour un tel sujet, des compléments en ligne permettent de prolonger l'exploration entreprise. Jamais dogmatique ou manichéen, le livre porte avec bonheur l'ambition et la passion d'un métier auquel la nécessité de maîtriser l'information pour s'approprier une culture diversifiée et exercer une citoyenneté éclairée donne une importance toute particulière.
L'atelier du diable
Avis posté le 2013-02-24
  • Inattendu
  • XXIe siècle
  • Terezín
  • Minsk
Le devoir de mémoire : une invention du diable ?
Partisans de la sanctuarisation des lieux de mémoire de la Shoah, s'abstenir. Pour évoquer le télescopage entre la mémoire officielle et le présent des vivants, Jachym Topol place ces personnages à Terezin, ville que l'histoire a marqué au fer rouge (le camp de transit de Theresienstadt) puis dévasté, après le départ des militaires à la fin de la guerre froide. Livrés à eux-mêmes, ignorés des projets gouvernementaux centrés sur la seule préservation du Mémorial, des habitants s'emparent de cette mémoire pour en faire le commerce, dans une joyeuse pagaille sentant bon la communauté new age. Mais d'autres les observent, et détournent le projet à des fins bien plus terrifiantes et sordides. Avec cette dérision jamais irrespectueuse qui caractérise nombre d'auteurs tchèques, l'auteur nous invite à réfléchir sur ce que nous faisons, au sein d'une Europe artificiellement réunifiée, de cet épisode particulièrement tragique de l'histoire, qui ne saurait pourtant se figer en une expérience unique et un discours officiel. Il pose aussi la question du rapport à la mémoire collective, et de la nécessité pour la jeunesse de se dégager du poids du passé, fût-il éminemment respectable, pour construire son propre avenir. Un livre vivifiant.
Partisans de la sanctuarisation des lieux de mémoire de la Shoah, s'abstenir. Pour évoquer le télescopage entre la mémoire officielle et le présent des vivants, Jachym Topol place ces personnages à Terezin, ville que l'histoire a marqué au fer rouge (le camp de transit de Theresienstadt) puis dévasté, après le départ des militaires à la fin de la guerre froide. Livrés à eux-mêmes, ignorés des projets gouvernementaux centrés sur la seule préservation du Mémorial, des habitants s'emparent de cette mémoire pour en faire le commerce, dans une joyeuse pagaille sentant bon la communauté new age. Mais d'autres les observent, et détournent le projet à des fins bien plus terrifiantes et sordides. Avec cette dérision jamais irrespectueuse qui caractérise nombre d'auteurs tchèques, l'auteur nous invite à réfléchir sur ce que nous faisons, au sein d'une Europe artificiellement réunifiée, de cet épisode particulièrement tragique de l'histoire, qui ne saurait pourtant se figer en une expérience unique et un discours officiel. Il pose aussi la question du rapport à la mémoire collective, et de la nécessité pour la jeunesse de se dégager du poids du passé, fût-il éminemment respectable, pour construire son propre avenir. Un livre vivifiant.
La princesse du Burundi
Avis posté le 2013-02-13
  • Uppsala (Suède)
  • polar nordique
Un autre Suédois
Qui a tué d'une façon si cruelle Petit-John ? Son frère retrouvera-t-il le coupable avant la police d'Uppsala ? Vincent Hahn représente-t-il un vrai danger pour ses anciens camarades de classe ? Ce roman est marqué du sceau du polar nordique, parfois un tantinet appuyé d'ailleurs. On peut avoir un peu de difficulté à entrer dans le livre, construit en récit choral, autour de nombreux personnages et d'une multiplicité d'intrigues secondaires qui en diluent la nervosité. Mais on retrouvera avec bonheur - quand on est amateur du genre - l'humanité qui traverse les récits des maîtres que peuvent être Mankell et surtout Indridason, des victimes et des coupables qui sont avant tout les jouets d'une destinée qui les dépasse, et des policiers qui cherchent un sens à leur action dans une société dont ils sont les témoins et les gardiens parfois bien impuissants.
Qui a tué d'une façon si cruelle Petit-John ? Son frère retrouvera-t-il le coupable avant la police d'Uppsala ? Vincent Hahn représente-t-il un vrai danger pour ses anciens camarades de classe ? Ce roman est marqué du sceau du polar nordique, parfois un tantinet appuyé d'ailleurs. On peut avoir un peu de difficulté à entrer dans le livre, construit en récit choral, autour de nombreux personnages et d'une multiplicité d'intrigues secondaires qui en diluent la nervosité. Mais on retrouvera avec bonheur - quand on est amateur du genre - l'humanité qui traverse les récits des maîtres que peuvent être Mankell et surtout Indridason, des victimes et des coupables qui sont avant tout les jouets d'une destinée qui les dépasse, et des policiers qui cherchent un sens à leur action dans une société dont ils sont les témoins et les gardiens parfois bien impuissants.
Alphabets
Avis posté le 2013-02-02
    Une promenade à travers notre histoire littéraire
    Il s'agit d'un recueil d'articles publiés depuis une dizaine d'années. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l'homme de culture qu'est Claudio Magris, et sa façon de s'appuyer sur nos mythologies et notre histoire littéraire pour visiter et éclairer des thèmes de société. Magris me semble être un homme résolument optimiste, un humaniste au sens généreux du terme, qui porte sur le monde qui l'entoure un regard très nuancé et subtil. Il n'est pas démonstratif, il confronte et interroge. Ce que j'ai aimé aussi dans ce livre, c'est l'envie qu'il donne de lire ou de relire d'autres auteurs, un texte-gigogne en quelque sorte, qui ouvre sur l'infini variété de la pensée humaine et de son expression. En cela, il est particulièrement enthousiasmant.
    Il s'agit d'un recueil d'articles publiés depuis une dizaine d'années. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l'homme de culture qu'est Claudio Magris, et sa façon de s'appuyer sur nos mythologies et notre histoire littéraire pour visiter et éclairer des thèmes de société. Magris me semble être un homme résolument optimiste, un humaniste au sens généreux du terme, qui porte sur le monde qui l'entoure un regard très nuancé et subtil. Il n'est pas démonstratif, il confronte et interroge. Ce que j'ai aimé aussi dans ce livre, c'est l'envie qu'il donne de lire ou de relire d'autres auteurs, un texte-gigogne en quelque sorte, qui ouvre sur l'infini variété de la pensée humaine et de son expression. En cela, il est particulièrement enthousiasmant.
    Munch. Les couleurs de la névrose
    Avis posté le 2012-07-19
      En demi-teinte
      Biographie honnête du peintre, utile pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des spécialistes. Cependant, l'absence totale d'iconographie rend la connaissance de l'oeuvre et de son évolution assez problématique, sauf à lire à côté d'un ordinateur pour tenter de trouver sur internet des images des toiles auxquelles il est fait réfrence. Et puis, on pourrait attendre d'un éditeur de ce renom un soin plus grand apporté aux coquilles et fautes de français dans une traduction ; la perfection est difficile à atteindre dans ce domaine, certes, mais à cette fréquence, cela agace franchement.
      Biographie honnête du peintre, utile pour ceux qui, comme moi, ne sont pas des spécialistes. Cependant, l'absence totale d'iconographie rend la connaissance de l'oeuvre et de son évolution assez problématique, sauf à lire à côté d'un ordinateur pour tenter de trouver sur internet des images des toiles auxquelles il est fait réfrence. Et puis, on pourrait attendre d'un éditeur de ce renom un soin plus grand apporté aux coquilles et fautes de français dans une traduction ; la perfection est difficile à atteindre dans ce domaine, certes, mais à cette fréquence, cela agace franchement.
      La cinquième femme
      Avis posté le 2012-06-17
      • XXe siècle
      • Kurt Wallander
      Ça existe, un Mankell décevant
      Je suis plutôt une "fan" de Wallander. De tous les romans de Mankell que j'ai lus et qui mettent en scène ce personnage, "La cinquième femme" est pour moi le plus décevant. Je n'ai en effet pas trouvé le personnage du criminel crédible. Or il me semble que, surtout dans une structure reposant sur un héros récurrent, c'est un élément tout à fait essentiel pour la dynamique et le renouvellement à l'intérieur d'une série. Et puis, ce sont aussi les "méchants" qui font la force des polars... Par ailleurs, l'écho créé entre des événements passés et des attitudes d'aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un passé traumatique, ne fonctionne pas aussi bien que les histoires parallèles de "La Lionne blanche", par exemple.
      Je suis plutôt une "fan" de Wallander. De tous les romans de Mankell que j'ai lus et qui mettent en scène ce personnage, "La cinquième femme" est pour moi le plus décevant. Je n'ai en effet pas trouvé le personnage du criminel crédible. Or il me semble que, surtout dans une structure reposant sur un héros récurrent, c'est un élément tout à fait essentiel pour la dynamique et le renouvellement à l'intérieur d'une série. Et puis, ce sont aussi les "méchants" qui font la force des polars... Par ailleurs, l'écho créé entre des événements passés et des attitudes d'aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un passé traumatique, ne fonctionne pas aussi bien que les histoires parallèles de "La Lionne blanche", par exemple.