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Les dernières notes et avis
Notes et avis 1 à 6 sur un total de 6
L'atelier du diable
Avis posté le 24/02/2013
- Inattendu
- XXIe siècle
- Terezín
- Minsk
Le devoir de mémoire : une invention du diable ?
Partisans de la sanctuarisation des lieux de mémoire de la Shoah, s'abstenir. Pour évoquer le télescopage entre la mémoire officielle et le présent des vivants, Jachym Topol place ces personnages à Terezin, ville que l'histoire a marqué au fer rouge (le camp de transit de Theresienstadt) puis dévasté, après le départ des militaires à la fin de la guerre froide. Livrés à eux-mêmes, ignorés des projets gouvernementaux centrés sur la seule préservation du Mémorial, des habitants s'emparent de cette mémoire pour en faire le commerce, dans une joyeuse pagaille sentant bon la communauté new age. Mais d'autres les observent, et détournent le projet à des fins bien plus terrifiantes et sordides. Avec cette dérision jamais irrespectueuse qui caractérise nombre d'auteurs tchèques, l'auteur nous invite à réfléchir sur ce que nous faisons, au sein d'une Europe artificiellement réunifiée, de cet épisode particulièrement tragique de l'histoire, qui ne saurait pourtant se figer en une expérience unique et un discours officiel. Il pose aussi la question du rapport à la mémoire collective, et de la nécessité pour la jeunesse de se dégager du poids du passé, fût-il éminemment respectable, pour construire son propre avenir.
Un livre vivifiant.

Alphabets
Avis posté le 02/02/2013
Une promenade à travers notre histoire littéraire
Il s'agit d'un recueil d'articles publiés depuis une dizaine d'années. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l'homme de culture qu'est Claudio Magris, et sa façon de s'appuyer sur nos mythologies et notre histoire littéraire pour visiter et éclairer des thèmes de société. Magris me semble être un homme résolument optimiste, un humaniste au sens généreux du terme, qui porte sur le monde qui l'entoure un regard très nuancé et subtil. Il n'est pas démonstratif, il confronte et interroge.
Ce que j'ai aimé aussi dans ce livre, c'est l'envie qu'il donne de lire ou de relire d'autres auteurs, un texte-gigogne en quelque sorte, qui ouvre sur l'infini variété de la pensée humaine et de son expression. En cela, il est particulièrement enthousiasmant.

La cinquième femme
Avis posté le 17/06/2012
- XXe siècle
- Kurt Wallander
Ça existe, un Mankell décevant
Je suis plutôt une "fan" de Wallander. De tous les romans de Mankell que j'ai lus et qui mettent en scène ce personnage, "La cinquième femme" est pour moi le plus décevant. Je n'ai en effet pas trouvé le personnage du criminel crédible. Or il me semble que, surtout dans une structure reposant sur un héros récurrent, c'est un élément tout à fait essentiel pour la dynamique et le renouvellement à l'intérieur d'une série. Et puis, ce sont aussi les "méchants" qui font la force des polars... Par ailleurs, l'écho créé entre des événements passés et des attitudes d'aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un passé traumatique, ne fonctionne pas aussi bien que les histoires parallèles de "La Lionne blanche", par exemple.