Les derniers avis

L'atelier du diable
Avis posté le 24/02/2013
- Inattendu
- XXIe siècle
- Terezín
- Minsk
Le devoir de mémoire : une invention du diable ?
Partisans de la sanctuarisation des lieux de mémoire de la Shoah, s'abstenir. Pour évoquer le télescopage entre la mémoire officielle et le présent des vivants, Jachym Topol place ces personnages à Terezin, ville que l'histoire a marqué au fer rouge (le camp de transit de Theresienstadt) puis dévasté, après le départ des militaires à la fin de la guerre froide. Livrés à eux-mêmes, ignorés des projets gouvernementaux centrés sur la seule préservation du Mémorial, des habitants s'emparent de cette mémoire pour en faire le commerce, dans une joyeuse pagaille sentant bon la communauté new age. Mais d'autres les observent, et détournent le projet à des fins bien plus terrifiantes et sordides. Avec cette dérision jamais irrespectueuse qui caractérise nombre d'auteurs tchèques, l'auteur nous invite à réfléchir sur ce que nous faisons, au sein d'une Europe artificiellement réunifiée, de cet épisode particulièrement tragique de l'histoire, qui ne saurait pourtant se figer en une expérience unique et un discours officiel. Il pose aussi la question du rapport à la mémoire collective, et de la nécessité pour la jeunesse de se dégager du poids du passé, fût-il éminemment respectable, pour construire son propre avenir.
Un livre vivifiant.