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Morgan C— Decitre Ecully
“ Que la Justice soit ! ”
"Mourir pour l'idée, c'est se hisser à la hauteur de cette idée."
Voilà une phrase parfaite synthétisant à merveille tout le propos de Camus dans cette pièce de théâtre nommé Les Justes. Car les personnages que l'on y suit ne sont pas simplement citoyens de leur pays : ils veulent aussi le changer, et par la force puisqu'il le faut. Dans le Moscou de 1905, le dialogue entre le peuple et leur dirigeant, le grand-duc, est en effet inexistant, et c'est tout naturellement que s'érige des figures de l'ombre désireuses de l'éjecter, lui et sa conception du pouvoir.
Mais Camus, loin de simplement poser des caractères fixes sur ses protagonistes, nous propose au contraire d'observer toute la fragilité émotionnelle derrière ces gens que l'on appelle terroristes. Animés d'une fougue révolutionnaire, ces personnages incompris se retrouvent au cœur de la nuit, après deux mois de planification, pour enfin effectuer cet assassinat... Mais est-ce véritablement si aisé d'ôter une vie, fût-elle aussi corrompue que le grand-duc ? Rapidement, les confrontations fusent, les propos divergent, l'opinion est foudroyée sur place... Une révolution pour le peuple, oui, mais à quel prix ? Au prix du sang, et sans concession, comme le pense Stepan ? Ou bien un acte plus humain, plus considéré, comme le voudrait Yanek ?
Derrière l'acte, il y a certes une idée, mais il y a aussi un horizon brumeux dont on ne sait comment nous en modifierons les courbes après le geste fait.
Derrière l'acte, il y a des gens, il y a un passé, une vie.... Il y a des gens justes.

4/5
3.7/5
Britannicus
Poche
3,90 €
Morgan C— Decitre Ecully
“ La soif de pouvoir ”
Néron est sûrement, avec Caligula, l'empereur romain sur lequel on aura fait le plus coulé d'encre. Véritable tyran assoiffé de pouvoir, célèbre pour avoir joué de la lyre pendant que Rome brûlait, il synthétise à lui seul la folie d'un monde et l'ivresse du pouvoir.
Mais même si il n'y a finalement que peu de véracité sur sa véritable histoire, il aura fasciné plus d'un artiste de par sa personnalité fantasmé, donnant lieu à tout un mythe sur sa personne. Racine en est l'un d'eux, et le met d'ailleurs en scène dans l'un de ses plus grand succès : Britannicus.
Alors que Néron a récemment pris le pouvoir par l'intermédiaire de sa mère Agrippine, ayant empoisonné Claudius, il ne cesse de brûler d'un amour malsain pour Junie. Sous les conseils de Narcisse, il se met à désirer de plus en plus la mort de Britannicus, pourtant seul légitime héritier au trône.
S'ensuit un récit de grande volée, écrit d'une plume sublime, et dont les cinq actes qui le composent donne le ton à un lyrisme foisonnant.
Acte après acte se prépare une tragédie dont le point d'orgue, que l'on entrevoit dès les prémices du récit, est bel et bien la conclusion tragique de toutes ces messes basses qui se joue au cœur de cette Rome empoisonnée. Néron, élevé par Agrippine à n'être qu'un être insensible et sans remords, agit finalement tel que ce pour quoi il a été formé.











