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Les dernières notes et avis
Notes et avis 1 à 8 sur un total de 248
Rebecca
Avis posté le 03/07/2026
Un roman à l'atmosphère inoubliable !
Il y a des livres qui vous happent dés le premier chapitre et c’est le cas de ce Rebecca. L’autrice nous plonge dans une ambiance gothique ciselée avec la description de ce manoir inquiétant dont l’aura est renforcée par la forêt environnante. Le suspense et le mystère sont présents tout du long de cette histoire dans laquelle la narratrice se heurte sans cesse au « fantôme » de l’ancienne maîtresse des lieux, encore trop présente dans l’esprit de ceux qui l’ont connu.
Un roman magistralement écrit, qui m’a emporté comme rarement et dont on comprend aisément qu’Alfred Hitchcock ait voulu l’adapter au cinéma.

Siddhartha
Avis posté le 18/06/2026
La sagesse ne se transmet pas
Siddhartha décide un jour de quitter son père et l’enseignement des brahmanes. Il rejoint un groupe d’ascètes mais cela ne lui suffit pas et très vite le roman devient un pèlerinage vers la sagesse et la paix intérieure.
Un roman initiatique bouleversant qui nous emmène dans la quête sans repos d’un homme qui tour à tour va chercher à s’améliorer, à comprendre son âme et l’âme du monde, va se plonger dans le matérialisme avant l’illumination.
C’est l’un des messages de ce roman, la sagesse ne peut se trouver que dans notre parcours intime, notre vie qui forme un tout dans lequel le Temps n’existe pas.
Un roman complexe, très court mais très riche en philosophie et mystique indienne. Un chef d’œuvre !

Un jour sans femme
Avis posté le 18/06/2026
Un roman manifeste
Quatre femmes, quatre destins bouleversés par les inégalités, les discriminations et les violences.
Au Japon, au Sénégal, au Salvador et en Islande, nombreuses sont les problématiques qui vont entraîner un sentiment de rébellion. Partout dans le monde les femmes sont encore victimes de violences physiques et morales, d’un manque de considération voir d’un asservissement plus ou moins prononcé.
Dans un roman manifeste qui dénonce ces faits réels autant qu’il raconte des histoires personnelles, l’autrice nous incite à croire que la solidarité et l’action sociale ou politique peuvent amener les choses à évoluer.
Un roman plein d’espoir !

Les solitudes de Petite Rivière
Avis posté le 10/06/2026
"Ecrire, c'est presque toujours mentir"
Comme dans Les Mille et une nuits, Soledad raconte l'histoire de sa famille, de son enfance, puis ce qui l'a amené à être ce qu'elle est désormais, une écrivaine de 84 ans, vivant recluse sur l'île Maurice. Chaque soir elle raconte un chapitre de sa vie à Sanjay, un jeune voisin qui rêve de devenir romancier, comme elle.
Une histoire touchante, de prédestination d'abord avec le sa maman Sheela dont le père a immédiatement voulu faire une cantatrice renommée, elle qui va s'expatrier à Madrid pour mener sa carrière brillante mais sacrificielle. Des histoires d'amour, de séparation aussi avec le pianiste Rodolfo, infidèle et vivant à l'ombre de cette légende qu'est devenue sa femme.
C'est aussi celle de Sandhya, la soeur délaissée, romantique à l'excès qui ne pense qu'au grand amour que l'on voit dans les films et qui accuse le coup quand la réalité vient la frapper de plein fouet.
Et puis c'est celle de Soledad, cette vieille dame acariâtre, qui après une formidable carrière de romancière attend la mort avec impatience, elle dont les drames et les secrets familiaux ont essaimés toute sa vie.
Mais Les solitudes de Petite Rivière n'est pas un roman uniquement tragique et mélancolique, c'est aussi beaucoup d'humour, à la grâce de répliques cinglantes de Soledad, toujours encline à l'ironie et aux aphorismes tempétueux.
On sourit, on s'émeut des belles histoires d'amour et des leçons de vie et l'on s'étonne lorsque le roman s'aventure dans l'ésotérisme comme pour souligner l'importance de la spiritualité et de la religion dans la culture indo-mauricienne.
J'ai trouvé ce nouveau roman de Kalindi Ramphul encore supérieur à Greta et Marguerite, parfois pas loin du chef-d'oeuvre même. On est bercé par les tournures de conte, par l'opéra qui colore le fond de l'histoire, par les voyages entre l'Espagne et l'île Maurice.
Un roman drôle, émouvant et malicieux.

Tuez-les tous !
Avis posté le 10/06/2026
Les enfants sont merveilleux !
Tuez-les tous ! commence comme un slasher des années 80/90 avant d'évoluer vers le film de zombie puis vers la SF. Dans la forme aussi cela part dans tous les sens avec notamment cette scène de rencart racontée sous forme de slide Powerpoint mâtinée de statistiques et de probabilité de réussite. C'est franchement drôle et bien trouvé !
La violence crue et l'absence d'empathie pour et entre les personnages créent un décalage là aussi plutôt comique dans les situations.
L'auteur se sert de ce sujet pour parler du choc des générations, de l'incompréhension manifeste entre enfants et adultes, de la difficulté d'élever des enfants quand on à soi-même du mal à s'être accompli en tant qu'adulte. Mais cela n'est pas tant au niveau individuel que sociétal avec les problématiques de l'éducation nationale. Il raille aussi le monde de l'entreprise et notamment le marketing et l'hypocrisie du bien-être au travail.
L'écriture reste précise et agréable et le ton outrancier, caricatural et un peu provocateur finit de nous faire passer un bon moment.
Et puis l'on a envie de savoir ce qui amène ces enfants au carnage !
Un roman original donc, dans la forme surtout, qui brasse large et parvient à nous faire sourire régulièrement. Et c(est déjà très bien !

Diables blancs
Avis posté le 12/05/2026
Un roman directement publié en français !
On ne peut qu'être attiré par ce roman, d'abord par sa couverture unique et magnifique, qui détonne dans le paysage littéraire ; mais surtout par son statut d’œuvre longtemps refusée par les éditeurs américains qui avaient été choqués par les précédents romans de James Robert Baker. C'est au final un éditeur français qui le publie pour la première fois, donc directement dans sa traduction.
Diables blancs met en scène un couple en pleine déliquescence, à la relation toxique et destructrice.
Tom est un écrivain dont le dernier ouvrage a été un bide total, Beth est dépressive, accro aux médicaments et a vu son projet de tenir un restaurant échouer lamentablement.
Le couple est fauché et va demander un coup de main financier au paternel de Beth, richissime auteur populaire. Le refus est immédiat et humiliant de la part de Bud Sturges qui n'apprécie guère Tom. Commence alors la mise en place d'un plan foireux pour l'assassiner et capitaliser sur l'histoire du meurtre.
Le roman est ultra référencé (musique et cinéma au programme !), trash et sans filtre, pour mieux nous plonger dans une époque pleine de turbulence et une Californie décadente sous apparence de luxe et de coolitude.
C'est parfois drôle, souvent incisif, il n'y aucunes longueurs et on prend un plaisir pervers à voir ce couple d'esprits torturés s'engluer dans ce qui leur arrive.
Une excellente initiative des éditions Toussaint Louverture !

Maypops
Avis posté le 01/05/2026
Un cold case à découvrir (et à résoudre ?)
Le roman de Didier Decoin s'inspire d'une histoire vraie, un "cold case" qui date de 1944. A l'époque la disparition de deux fillettes émeut la communauté d'Alcolu, une ville de Caroline du Sud aux États-Unis d'Amérique. Alors qu'une battue s'organise, très vite l'accusation se porte sur un jeu noir, Georges Stinney Jr., censé être la dernière personne à avoir parlé aux victimes. Il sera exécuté trois mois plus tard après un procès expéditif.
L'auteur nous raconte les faits par le biais d'une mission confiée à la juge Lucy Mc Gillish, chargée de vérifier s'il y a suffisamment d'éléments pour réviser le procès. Elle sera assistée de son greffier, Goliath.
J'ai adoré découvrir cette histoire, dramatique et horrible, qui nous replonge dans une Amérique divisée de manière encore plus explicite qu'elle ne l'est encore malheureusement aujourd'hui. Le chemin de fer qui traverse la ville sépare littéralement les quartiers noirs des blancs, et si la cohabitation semble de mise, elle n'est qu'apparente et fragile alors que le Ku Klux Klan profite du moindre fait divers pour mener des expéditions punitives.
Le tout est raconté avec une plume au vocabulaire riche et relatant parfaitement l'atmosphère de l'époque et des lieux du drame.
Un roman vraiment prenant, qui nous entraîne avec lui et, tout comme pour son duo "d’enquêteurs" (à la Sherlock et Watson), nous donne envie de résoudre le fin mot de l'histoire !

Le Crocodile. Un Evenement Extraordinaire Ou Ce Qui S'Est Passe Dans Le Passage
Avis posté le 28/04/2026
Une farce drôle et pleine de réfléxions intéressantes
Un très court roman (une fois n'est pas coutume) de Dostoïevski dans lequel il raconte les mésaventures d'un homme qui se retrouve avalé par un crocodile qu'il était allé voir avec son épouse pour se divertir avant d'entamer un voyage pour l'Europe.
On est assez surpris de ce que propose l'auteur puisqu'il navigue ici dans les eaux du burlesque, de la fable allégorique. L'histoire est incongrue mais on comprend bien que Dostoïevski s'en sert pour imager son propos sur le libéralisme, le progressisme, mais aussi sur l'isolement pour mieux s'ouvrir de nouvelles perspectives de réflexions.
Le personnage avalé se voir devenir conférencier auprès des gens de la haute, sa femme en profite pour l'oublier et se tourner vers d'autres, le propriétaire du crocodile ne pense qu'à l'argent... seul le narrateur tente de comprendre et démêler cette situation ubuesque.
Une farce plutôt attrayante et qui à le bon goût de ne pas s'éterniser pour un résultat au final drôle et intéressant.