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Maman Lyonnaise

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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 8 sur un total de 28
L'espion qui aimait les livres
Avis posté le 05/09/2023
    Belle découverte
    Angleterre. Julian s'est extirpé d'une vie tumultueuse à La City pour s'exiler dans le Norfolk et y ouvrir une librairie. le calme sera de courte durée. Edward, immigré polonais habitant une demeure cossue à l'entrée du village, pousse la porte de la librairie et s'immisce peu à peu dans la vie professionnelle et familiale de Julian. Pendant ce temps à Londres, un agent haut placé des services de renseignements reçoit une curieuse missive laissant supposer qu'une taupe divulguerait des informations confidentielles. La traque est lancée. John le Carré nous livre ici une intrigue palpitante et savamment orchestrée. Il immerge son lecteur dans les méandres de l'espionnage à travers un portrait au vitriol du renseignement britannique. Il y a, outre une plume habile, juste ce qu'il faut d'humour et de cynisme pour dépeindre un système qui déraille jusqu'à mettre en danger la diplomatie quitte à sacrifier ses agents. Ecrit dans les années 2010 mais jamais publié, on peut deviner la raison pour laquelle ce roman est resté dans le tiroir secret. John le Carré était convenu avec son fils, lui-même écrivain, de publier tout texte (achevé ou non) à sa mort. L'espion qui aimait les livres était en revanche abouti et à en juger la teneur, l'auteur apporte ici à titre posthume la dernière brique, et non des moindres, à son héritage littéraire. Comme un dernier témoignage de celui qui, dans une ancienne vie, était agent du renseignement britannique, ce récit aux allures d'ultime avertissement lance un sacré pavé dans la mare. J'ai découvert John le Carré à travers ce roman et ne peux donc le relier à l'ensemble de son oeuvre. Il est sûr que je vais pallier rapidement ce manque !
    Au soleil redouté
    Avis posté le 05/09/2023
      Capilotracté
      Une note en demi-teinte pour ce roman qui vient agrandir la production de Monsieur Bussi. Celui-ci était resté coincé dans ma PAL et à la demande d'un ami qui souhaitait mon avis, je m'y plonge enfin. Je ne sais par où commencer car je me suis perdue dès le départ. Est-ce parce que le cadre ne m'évoque pas grand-chose ? Je ne connais pas les îles de Polynésie, je n'y suis jamais allée et elles ne font pas partie de mes destinations de rêve. Est-ce parce que le scénario de départ ne m'a pas paru vraiment crédible ? le voyage gagné par des lectrices pour participer à un atelier d'écriture avec l'auteur est un procédé peu banal. Est-ce parce que les personnages n'ont pas eu la consistance dont j'avais besoin pour me les rendre attachants ? Est-ce parce que l'intrigue ne s'est pas dessinée clairement ? Voici donc beaucoup de questions, trop sûrement pour que j'arrive à m'approprier ce livre. La plume de Michel Bussi est toujours habile et subtile, c'est indéniable. En revanche, à trop vouloir perdre son lecteur, il m'a semblé qu'il se perdait lui-même. J'ai mis un temps infini à arriver au bout, me perdant sur les plages de sable fin jusqu'à finir dans les sables mouvants. J'ai dû revenir en arrière et relire pour tenter de me dépêtrer. Je ne crois pas y être parvenue. Dommage.
      Horizon asphalte
      Avis posté le 05/09/2023
        Une lecture difficile
        A travers le personnage qu'il décide d'appeler Arthur, ce SDF posté sur le trottoir devant une librairie, Franck Magloire décrit l'indifférence, le regard qui fuit à la vue de cet invisible. Une note et un avis "ventre mou" pour ce récit au rythme saccadé et parfois cérébralement épuisant. Les phrases sans point, les paragraphes qui semblent sans fin, ce style torturé était-il inévitable pour faire passer les émotions ? Le fond est attirant et au rendez-vous, la forme en revanche ne m'a pas convaincue car en tournant la dernière page de ce livre, je reste incapable de déterminer l'objectif de ce récit et ce qu'il faut en retenir.
        Post frontière
        Avis posté le 23/08/2023
          Passionnant
          Qu'est-ce qui pousse Patricia à poursuivre Inge ? Pourquoi tant d'acharnement à vouloir connaître son histoire ? Certes, Patricia est journaliste et souhaite écrire un livre sous couvert d'un dossier retrouvé dans les archives de la Stasi. Mais pourquoi Inge et son histoire en particulier ? Ces interrogations accompagneront le lecteur et tisseront la toile de ce récit qui met en miroir trois femmes qu'apparemment rien ne relie. Jeune journaliste, Patricia est seule et emprisonnée dans sa dépression et ses addictions. Inge, Est-Allemande, a réussi à passer à l'Ouest après la construction du mur de Berlin. Elle retournera finalement à l'Est. Anna, Sudète, a payé fort le prix de ses origines allemandes en subissant la cruauté des habitants de son village puis la violence de la déportation. C'est un vrai combat de boxe qui s'enclenche entre Patricia et Inge. Ces deux femmes écorchées vives et sur la défensive se détestent mais s'apprécient sans toutefois laisser le rideau tomber. Car chacune a bien compris le jeu de l'autre mais aucune n'est prête à baisser la garde et les armes. Cette relation singulière les amènera-t-elles malgré tout à démêler les fils d'une histoire complexe jalonnée par la guerre et à trouver le salut ? Rythmé par ces échanges et des retours dans le passé, le récit de Maxime Gillio est fluide et sans temps mort. Mêlant l'Histoire à l'intrigue, il nous fait voyager dans le temps et à travers l'Europe, dépeint avec justesse les souffrances, les destins malmenés et les traces indélébiles de la Seconde Guerre Mondiale et la Guerre Froide. Une lecture passionnante et pleine de sensibilité malgré des descriptions parfois difficiles mais indispensables. En outre et très subtilement, il transpose passé et présent pour amener son lecteur à s'interroger sur la notion de liberté, de qualité de vie et de relation aux autres.
          Le Détective et la comtesse
          Note donnée le 23/08/2023
            Intelligent, subtil et drôle
            Alex Vizorek et Caroline Allan racontent avec beaucoup d’humour et de finesse l’histoire de ce suppositoire. Leur plume est pleine de fantaisie et on ne trouvera ici aucune vulgarité pour désacraliser cette forme de médicament si particulière. Ils jouent avec les références et les filtres pour s’adresser aux enfants comme aux adultes. Les illustrations de Karo Pauwels à l’aquarelle sont d’une grande qualité et en harmonie parfaite avec le ton du récit. Une réussite donc pour Alex Vizorek qui n’en est pas à son premier essai dans le registre de l’écriture jeunesse mais qui a eu bien des difficultés à faire accepter ce livre et à le faire éditer.
            Vivre vite
            Avis posté le 24/10/2022
              Bouleversant
              La maison sera rasée pour laisser place à une route. La narratrice, qui n’est autre que l’auteur, tourne une page de plus de vingt ans. Vingt ans qu’elle aurait dû passer dans cette maison avec Claude, son mari, et son fils Théo. Le 22 juin 1999, la frénésie du déménagement et des projets de rénovation de cette vieille bâtisse lyonnaise ne seront plus que de lointains souvenirs. Claude est victime d’un accident de moto qui lui coûtera la vie. En usant du « si », Brigitte Giraud construit son récit à la manière du modèle des plaques de Reason. Ainsi décortique-t-elle minute après minute les quelques jours qui ont précédé la mort de son mari. C’est une véritable autopsie de leur quotidien pour mettre en lumière les évènements qui seraient passés inaperçus s’ils n’avaient pas conduit à l’accident. Une occasion de se rappeler qu’on ne vivait pas tout à fait de la même manière à cette époque où téléphone mobile et limitations de vitesse étaient des concepts nouveaux. De cette manière, à sa manière, elle exorcise la souffrance, la douleur de l’absence et la culpabilité sans jamais les nommer ou les exprimer directement. La route lui a pris son mari, lui prend sa maison et Brigitte Giraud prend le chemin de la guérison par l’acceptation. Lâcher les armes pour mieux lâcher prise et vivre. Elle choisit par les mots de cautériser cette blessure qui l’a trop rongée silencieusement et de dérouler une dernière fois le fil de soie si fin et fragile qui tissait leur bonheur. Elle le fait avec lucidité, pudeur et élégance, rendant ce livre d’autant plus bouleversant.
              Les enfants sont rois
              Avis posté le 25/09/2022
                A lire absolument !
                Dans les années 2000, l'offre télévisuelle est bouleversée par l'apparition de la télé-réalité. Chez Mélanie Claux, c'est en famille que l'on suit chaque soir les aventures des « lofteurs », ces jeunes inconnus enfermés dans un grand appartement en carton-pâte truffé de caméras et de micros. le succès facile et rapide, le bonheur d'être adulé et de susciter l'intérêt, tel devient le nouvel objectif de l'adolescente qui ne vit plus que pour et par cela. A dix-sept ans, elle rejoint Paris, là où tout se passe. Mais comme toujours, beaucoup d'appelés, peu d'élus et Mélanie se trouve bien vite confrontée à l'échec. Mariée et mère de deux enfants, Sammy et Kimmi, les années ont passé mais l'ambition reste la même. Qu'à cela ne tienne, si la télévision n'a pas voulu d'elle, Mélanie usera d'autres médias bien plus puissants pour attirer la lumière et la voilà reconvertie en YouTubeuse et Instagrammeuse acharnée. Clara Roussel regarde « Loft Story » en cachette. Pour ses parents, ces programmes sont le symbole d'une dégénérescence programmée. Elle quitte le domicile familial et part pour la Capitale afin d'y poursuivre ses études de droit. Au grand dam de ses parents, elle décide d'entrer dans la Police. Elle y occupe la fonction très particulière de Procédurière, petite fourmi discrète sans qui aucune enquête ne pourrait être sécurisée voire même résolue. C'est la disparition de Kimmi qui va relier ces deux femmes que tout oppose. L'histoire de Mélanie Claux n'est finalement qu'une toile de fond pour analyser le désir de popularité, le besoin de l'amour d'illustres inconnus supplantant l'amour de ses proches, le succès qui aveugle. Delphine de Vigan explore le monde de ceux qui ont fait de leur vie et de leur famille une entreprise à part entière en les surexposant pour mieux les commercialiser, de ceux qui les utilisent pour vendre plus. Un sujet complexe qu'elle aborde de manière intelligente et très habile, maniant à la fois style documentaire, intrigue et dystopie. Cela fait froid dans le dos et bouscule, tout y est justement dosé. Elle lance subtilement les signaux pour alerter sur les conséquences à court et long termes d'un système qui s'auto-alimente en donnant l'illusion d'être maîtrisé et sécurisé. D'abord un peu dubitative quant au sujet abordé et à la plume de Delphine de Vigan dont je me faisais une fausse idée, j'ai pris grand plaisir à lire ce roman. Un style simple mais très efficace. La réflexion menée et la pertinence des points de vue ne m'ont pas laissée indifférente.