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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 8 sur un total de 18
Le duel des grands-mères
Avis posté le 2022-01-27
    Diadié Dembélé - Le duel des grands-mères
    Le jeune Hamet vit à Bamako avec sa mère. Son père travaille en France et comme celui-ci n‘avait pas la possibilité d‘obtenir une bonne éducation, il voulait que son fils aille à une école française pour apprendre la langue du colonisateur. Mais, l‘école est dure quoiqu‘il apprenne vite le français. Après plusieurs incidents, les parents décident d‘envoyer Hamet chez ses grands-mères qui habitent la campagne. Là, il passera l‘été non seulement à apprendre à obéir de nouveau, mais aussi à connaître l‘histoire de sa famille. « Le duel des grands-mères » est le premier roman du Malien Diadié Dembélé. L‘auteur réussit à créer une atmosphère vivante et animée qui bien transporte les émotions du jeune Hamet qui, d‘un côte est un peu naïf comme il peut bien l‘être à son âge, mais qui, de l‘autre côté, est observant et intelligent et peut regarder derrière les façades des adultes et reconnaît que parfois, ceux-ci suivent leurs intérêts plutôt que être sincères. J‘ai vraiment adoré la première partie du roman dans laquelle on apprend beaucoup sur la vie à Bamako, avant tout sur le rôle de la langue qui est un indice du statut social. Hamet est un caractère gentil qu‘il faut aimer immédiatement. « Il y a des serpents venimeux, des plantes vénéneuses, mais surtout des humains venimeux. » C‘est au village d‘où viennent ses parents qu’il apprend une leçon pour sa vie. Non seulement reconnaît-il les différences entre Bamako et la vie à la campagne qui est toujours marquée par une foi ancienne. Avant tout, il s’aperçoit des lois non écrites qu‘il faut connaître et obéir. En plus, il y a là des choses qu‘il ne sait pas, l‘histoire de sa famille, des affaires datant de décennies qui sont toujours présentes dans les têtes des habitants du village. Un roman d‘apprentissage émouvant. Dembélé rend hommage au femmes qui vivent à l‘ombre des hommes mais qui trouvent une manière de profiter de leur place. Et, en outre, le roman montre qu‘il n‘y a non seulement l‘éducation formelle qui est importante mais qu‘il y a aussi une autre éducation qui n‘est pas enseignée dans les écoles mais dans la rue.
    Le jeune Hamet vit à Bamako avec sa mère. Son père travaille en France et comme celui-ci n‘avait pas la possibilité d‘obtenir une bonne éducation, il voulait que son fils aille à une école française pour apprendre la langue du colonisateur. Mais, l‘école est dure quoiqu‘il apprenne vite le français. Après plusieurs incidents, les parents décident d‘envoyer Hamet chez ses grands-mères qui habitent la campagne. Là, il passera l‘été non seulement à apprendre à obéir de nouveau, mais aussi à connaître l‘histoire de sa famille. « Le duel des grands-mères » est le premier roman du Malien Diadié Dembélé. L‘auteur réussit à créer une atmosphère vivante et animée qui bien transporte les émotions du jeune Hamet qui, d‘un côte est un peu naïf comme il peut bien l‘être à son âge, mais qui, de l‘autre côté, est observant et intelligent et peut regarder derrière les façades des adultes et reconnaît que parfois, ceux-ci suivent leurs intérêts plutôt que être sincères. J‘ai vraiment adoré la première partie du roman dans laquelle on apprend beaucoup sur la vie à Bamako, avant tout sur le rôle de la langue qui est un indice du statut social. Hamet est un caractère gentil qu‘il faut aimer immédiatement. « Il y a des serpents venimeux, des plantes vénéneuses, mais surtout des humains venimeux. » C‘est au village d‘où viennent ses parents qu’il apprend une leçon pour sa vie. Non seulement reconnaît-il les différences entre Bamako et la vie à la campagne qui est toujours marquée par une foi ancienne. Avant tout, il s’aperçoit des lois non écrites qu‘il faut connaître et obéir. En plus, il y a là des choses qu‘il ne sait pas, l‘histoire de sa famille, des affaires datant de décennies qui sont toujours présentes dans les têtes des habitants du village. Un roman d‘apprentissage émouvant. Dembélé rend hommage au femmes qui vivent à l‘ombre des hommes mais qui trouvent une manière de profiter de leur place. Et, en outre, le roman montre qu‘il n‘y a non seulement l‘éducation formelle qui est importante mais qu‘il y a aussi une autre éducation qui n‘est pas enseignée dans les écoles mais dans la rue.
      Clara Dupont-Monod - S'adapter
      Toute la famille est heureuse quand le bébé est né. Mais il ne leur faut pas longtemps pour comprendre que l’enfant aux yeux noirs ne montre aucune réaction, qu’il est différent, qu’il ne sera jamais comme son grand frère et sa grande sœur. Toute leur vie au hameau cévenol change. Avec un enfant handicapé, rien n’est plus comme avant. Le frère ainé adore le petit et consacre tout son temps libre à s’occuper de lui. La sœur, au contraire, se retire, devient invisible et retrouve de la consolation seulement dans la nature et avec la grand-mère qui ressent ce que le nouveau-né fait avec la famille. Le troisième enfant, lui, a encore une autre perspective sur la vie dans une famille avec an enfant spécial. Clara Dupont-Monod a remporté le Prix Femina 2021 pour son roman « S’adapter » dans lequel les pierres de la cour témoignent l’histoire de la famille dont tout la vie bouleverse avec le troisième enfant. C’est un rapport poétique sur ce qui se passe avec une famille mise au défi de s’en sortir de la vie avec un enfant handicapé. Les réactions sont diverses mais tout à fait compréhensible du point de vie de tout individu. Ce qui surprend d’abord, c’est la perspective de laquelle le roman est raconté. Ce sont les vieilles pierres de la cour qui ont déjà vu beaucoup, qui sont là depuis toujours et qui sont des témoins neutres des habitants. Elles observent sans juger, elles montrent de la compassion parce qu’elles peuvent comprendre les émotions qui bouleversent les enfants. Elles sont toujours à leur place, n’importe quoi se passe et elles, comme la nature sauvage autour du hameau, offrent un refuge quand tout risque de devenir trop dur. J’ai vraiment adoré comment les réactions des frères et sœurs sont tellement différents, comment ils réagissent à la situation et comment leur lien se développe au cours du temps. « S’adapter » est un court roman et intense qui émotionne. L’auteur a trouvé les mots parfaits pour raconter cette histoire pour montrer comment on s’adapte à une telle situation sans fixer ou juger une réaction. Un drame intime qui souligne ce que la grand-mère a déjà compris et qui est souvent ignoré : quand il y a un enfant avec des besoins spéciaux, les autres avec leurs besoins à eux sont souvent oubliés.
      Toute la famille est heureuse quand le bébé est né. Mais il ne leur faut pas longtemps pour comprendre que l’enfant aux yeux noirs ne montre aucune réaction, qu’il est différent, qu’il ne sera jamais comme son grand frère et sa grande sœur. Toute leur vie au hameau cévenol change. Avec un enfant handicapé, rien n’est plus comme avant. Le frère ainé adore le petit et consacre tout son temps libre à s’occuper de lui. La sœur, au contraire, se retire, devient invisible et retrouve de la consolation seulement dans la nature et avec la grand-mère qui ressent ce que le nouveau-né fait avec la famille. Le troisième enfant, lui, a encore une autre perspective sur la vie dans une famille avec an enfant spécial. Clara Dupont-Monod a remporté le Prix Femina 2021 pour son roman « S’adapter » dans lequel les pierres de la cour témoignent l’histoire de la famille dont tout la vie bouleverse avec le troisième enfant. C’est un rapport poétique sur ce qui se passe avec une famille mise au défi de s’en sortir de la vie avec un enfant handicapé. Les réactions sont diverses mais tout à fait compréhensible du point de vie de tout individu. Ce qui surprend d’abord, c’est la perspective de laquelle le roman est raconté. Ce sont les vieilles pierres de la cour qui ont déjà vu beaucoup, qui sont là depuis toujours et qui sont des témoins neutres des habitants. Elles observent sans juger, elles montrent de la compassion parce qu’elles peuvent comprendre les émotions qui bouleversent les enfants. Elles sont toujours à leur place, n’importe quoi se passe et elles, comme la nature sauvage autour du hameau, offrent un refuge quand tout risque de devenir trop dur. J’ai vraiment adoré comment les réactions des frères et sœurs sont tellement différents, comment ils réagissent à la situation et comment leur lien se développe au cours du temps. « S’adapter » est un court roman et intense qui émotionne. L’auteur a trouvé les mots parfaits pour raconter cette histoire pour montrer comment on s’adapte à une telle situation sans fixer ou juger une réaction. Un drame intime qui souligne ce que la grand-mère a déjà compris et qui est souvent ignoré : quand il y a un enfant avec des besoins spéciaux, les autres avec leurs besoins à eux sont souvent oubliés.
      Après toi le chaos
      Avis posté le 2021-06-20
        Carlos Montero - Après toi le chaos
        La jeune professeure de littérature Raquel accepte un poste à Novariz, ville natale de son mari en région de Galicie au nord de l’Espagne. La collègue qu’elle remplace s’est suicidée, au moins c’est ce que tout le monde croit, sauf son mari, lui aussi prof du même lycée, qui est convaincu que sa femme a été tuée. Raquel n’a pas l’impression d’être bienvenue, dès le premier jour, les élèves se montrent hostiles et peu après, elle aussi est menacée directement. Elle commence à douter, est-ce que Viruca, sa prédécesseuse, a vraiment décidé de mettre fin à sa vie ou est-ce que son mari a raison et c’était un crime parfait ? Plus elle est menacée, plus elle cherche des réponses ne sachant qu’elle est en train d’ouvrir la boîte de Pandore. « Après toi le chaos » est le deuxième roman de l’auteur et scénariste espagnol Carlos Montero pour lequel le prix Premio Primavera de Novela 2016 lui a été attribué. En 2020, Netflix a adapté le thriller psychologique. Une fois commencé, on ne peut plus arrêter la lecture, le roman capture immédiatement et il est remplis de suspense du début jusqu’á la fin. La protagoniste raconte les événements de son point de vue, parfois, sa narration est interrompue par des récits au troisième personnage ce qui ajoute au suspense comme le lecteur est un peu avancé par rapport à Raquel. « Toutes les pires horreurs que tu peux imaginer, quelqu’un les a déjà commises. » J’ai aimé le double crime, d’un côté, il y a la question de ce qui s’est passé avec Viruca, de l’autre, Raquel, elle aussi, est sous menace et on ne sait ni de quel côté ni où cela mènera. Parfois, j’avais envie de lui crier d’arrêter et de s’enfuir le plus vite possible, mais, c’est grâce à son courage que, peu à peu, un réseau incroyable est découvert et c’est seulement sur les dernières pages que l’ampleur se révèle totalement et fait preuve de la citation. Exactement ce qu’on attend d’un thriller psychologique.
        La jeune professeure de littérature Raquel accepte un poste à Novariz, ville natale de son mari en région de Galicie au nord de l’Espagne. La collègue qu’elle remplace s’est suicidée, au moins c’est ce que tout le monde croit, sauf son mari, lui aussi prof du même lycée, qui est convaincu que sa femme a été tuée. Raquel n’a pas l’impression d’être bienvenue, dès le premier jour, les élèves se montrent hostiles et peu après, elle aussi est menacée directement. Elle commence à douter, est-ce que Viruca, sa prédécesseuse, a vraiment décidé de mettre fin à sa vie ou est-ce que son mari a raison et c’était un crime parfait ? Plus elle est menacée, plus elle cherche des réponses ne sachant qu’elle est en train d’ouvrir la boîte de Pandore. « Après toi le chaos » est le deuxième roman de l’auteur et scénariste espagnol Carlos Montero pour lequel le prix Premio Primavera de Novela 2016 lui a été attribué. En 2020, Netflix a adapté le thriller psychologique. Une fois commencé, on ne peut plus arrêter la lecture, le roman capture immédiatement et il est remplis de suspense du début jusqu’á la fin. La protagoniste raconte les événements de son point de vue, parfois, sa narration est interrompue par des récits au troisième personnage ce qui ajoute au suspense comme le lecteur est un peu avancé par rapport à Raquel. « Toutes les pires horreurs que tu peux imaginer, quelqu’un les a déjà commises. » J’ai aimé le double crime, d’un côté, il y a la question de ce qui s’est passé avec Viruca, de l’autre, Raquel, elle aussi, est sous menace et on ne sait ni de quel côté ni où cela mènera. Parfois, j’avais envie de lui crier d’arrêter et de s’enfuir le plus vite possible, mais, c’est grâce à son courage que, peu à peu, un réseau incroyable est découvert et c’est seulement sur les dernières pages que l’ampleur se révèle totalement et fait preuve de la citation. Exactement ce qu’on attend d’un thriller psychologique.
        La beauté du ciel
        Avis posté le 2021-01-29
          Sarah Biasini - La beauté du ciel
          Sa mère était une icône du cinéma, connue et admirée mondialement. Mais elle a dû grandir sans elle, beaucoup trop tôt Romy Schneider est morte et elle n’a passé qu’un brève temps avec sa fille Sarah Biasini. Quand celle-ci tombe enceinte, la question la hante comment elle peut bien être une bonne mère quand elle-même n’en a jamais eu une. Elle commence à écrire non seulement pour mettre ses pensées en ordre mais aussi pour garder celles-ci pour sa fille. Sarah Biasini ne songe pas à mieux connaître l’actrice célèbre, elle cherche à comprendre la femme privée avec ses faiblesses et ses moments joyeux. « La mère ne m’a jamais manqué, petite. C’est la femme qui m’a manqué, une fois adulte. » Tomber enceinte la première fois, avant tout si on l’a longtemps essayé en vain, est un grand moment qui ouvre une porte dans la pensée. C’est le moment ultime de devenir adulte et par conséquent, on cherche des modèles. Ce sont toujours les propres parents à qui on pense premièrement. Pour Sarah Biasini, c’est aussi le cas. Quoiqu’elle ait perdu sa mère à l’âge de quatre, elle a grandi dans une famille affectueuse ou rien ne lui a manqué. Sa grand-mère et sa nourrice se sont bien occupées de la fille. Une fois adulte, elle se rend compte que la mère n’est non seulement une personne qui élève mais aussi une confidente. « elle ne m’a eue qu’à l’âge de trente-neuf ans. Elle a donc passé toute une vie avant moi. Je ne peux pas réclamer l’exclusivité. Je suis obligée de la partager avec des inconnus. » « La beauté du ciel » est un récit très personnel, Sarah Biasini invite le lecteur à ses idées et parle franchement de ses défauts et angoisses. Sa mère était très amie avec les grands du cinéma, mais elle, sa fille, n’ose pas les contacter peur de les mettre dans une situation désagréable. Jouer un nouveau rôle dans sa vie lui donne la possibilité d’avancer, de conclure avec un chapitre de sa vie et de se jouir du fait qu’elle a une petite fille qu’elle peut observer et accompagner en faisant ses premiers pas dans la vie.
          Sa mère était une icône du cinéma, connue et admirée mondialement. Mais elle a dû grandir sans elle, beaucoup trop tôt Romy Schneider est morte et elle n’a passé qu’un brève temps avec sa fille Sarah Biasini. Quand celle-ci tombe enceinte, la question la hante comment elle peut bien être une bonne mère quand elle-même n’en a jamais eu une. Elle commence à écrire non seulement pour mettre ses pensées en ordre mais aussi pour garder celles-ci pour sa fille. Sarah Biasini ne songe pas à mieux connaître l’actrice célèbre, elle cherche à comprendre la femme privée avec ses faiblesses et ses moments joyeux. « La mère ne m’a jamais manqué, petite. C’est la femme qui m’a manqué, une fois adulte. » Tomber enceinte la première fois, avant tout si on l’a longtemps essayé en vain, est un grand moment qui ouvre une porte dans la pensée. C’est le moment ultime de devenir adulte et par conséquent, on cherche des modèles. Ce sont toujours les propres parents à qui on pense premièrement. Pour Sarah Biasini, c’est aussi le cas. Quoiqu’elle ait perdu sa mère à l’âge de quatre, elle a grandi dans une famille affectueuse ou rien ne lui a manqué. Sa grand-mère et sa nourrice se sont bien occupées de la fille. Une fois adulte, elle se rend compte que la mère n’est non seulement une personne qui élève mais aussi une confidente. « elle ne m’a eue qu’à l’âge de trente-neuf ans. Elle a donc passé toute une vie avant moi. Je ne peux pas réclamer l’exclusivité. Je suis obligée de la partager avec des inconnus. » « La beauté du ciel » est un récit très personnel, Sarah Biasini invite le lecteur à ses idées et parle franchement de ses défauts et angoisses. Sa mère était très amie avec les grands du cinéma, mais elle, sa fille, n’ose pas les contacter peur de les mettre dans une situation désagréable. Jouer un nouveau rôle dans sa vie lui donne la possibilité d’avancer, de conclure avec un chapitre de sa vie et de se jouir du fait qu’elle a une petite fille qu’elle peut observer et accompagner en faisant ses premiers pas dans la vie.
          Le parfum des fleurs la nuit
          Avis posté le 2021-01-21
            Leïla Slimani - Le parfum des fleurs la nuit
            Quand l‘écrivaine Leïla Slimani est offerte une nuit blanche au sein de la Punta della Dogana (Pointe de la Douane), musée au cœur de Venise, elle accepte comme son roman actuel ne veut pas avancer. Mais, non seulement la possibilité de se trouver seul avec des chef-d’œuvre d‘art la séduit, mais l‘idée d‘être enfermée. Pour elle, c‘est dans les petites pièces renfermées que l‘inspiration vienne. Loin du monde avec soi-même, les personnages lui parlent et l‘histoire naît. Les heures avec des sculptures et des tableaux lui entraînent avant tout à une réflexion de son travail comme écrivaine, de l‘art en général et de sa propre histoire entre deux cultures. « Les musées continuent de m‘apparaître comme des lieux écrasants, des forteresses dédiées à l‘art, à la beauté, au génie et où je me sens toute petite. » Le roman de Leïla Slimani est avant tout la documentation de son flux de conscience pendant cette nuit qui coule d‘un sujet à l‘autre. D‘abord, elle se trouve face à des œuvres d‘art extraordinaires, mais elle se sent inférieure comme elle n‘a jamais développé une attitude détendue envers eux. Elle avait toujours l‘idée qu‘il fallait sentir quelque chose de singulier et de voir le génie du créateur immédiatement. « Je suis sans doute bête. Ou bien c‘est l‘escalope milanaise qui me pèse sur l‘estomac et m‘empêche de faire le moindre effort de réflexion. » Mais, la peinture comme la littérature est plutôt une interaction entre l‘œuvre et la personne qui le regarde ou lit et qui s‘ouvre pour avoir un échange. Ainsi, tout interprétation est correcte. La littérature comme une partie intégrale de sa vie mène nécessairement à son enfance, ses parents et son enfance entre le Maroc et la France. « Mes parents voulaient que nous soyons des femmes libres, indépendantes, capables d‘exprimer des choix et des opinions. » Le livre n‘est ni roman ni essai mais une réflexion continue, Slimani nous laisse participer à sa nuit au musée et ainsi partage aussi son processus créatif. J’ai bien aimé suivre ses pensées très personnelles qui montrent aussi un côté vulnérable de l’écrivaine.
            Quand l‘écrivaine Leïla Slimani est offerte une nuit blanche au sein de la Punta della Dogana (Pointe de la Douane), musée au cœur de Venise, elle accepte comme son roman actuel ne veut pas avancer. Mais, non seulement la possibilité de se trouver seul avec des chef-d’œuvre d‘art la séduit, mais l‘idée d‘être enfermée. Pour elle, c‘est dans les petites pièces renfermées que l‘inspiration vienne. Loin du monde avec soi-même, les personnages lui parlent et l‘histoire naît. Les heures avec des sculptures et des tableaux lui entraînent avant tout à une réflexion de son travail comme écrivaine, de l‘art en général et de sa propre histoire entre deux cultures. « Les musées continuent de m‘apparaître comme des lieux écrasants, des forteresses dédiées à l‘art, à la beauté, au génie et où je me sens toute petite. » Le roman de Leïla Slimani est avant tout la documentation de son flux de conscience pendant cette nuit qui coule d‘un sujet à l‘autre. D‘abord, elle se trouve face à des œuvres d‘art extraordinaires, mais elle se sent inférieure comme elle n‘a jamais développé une attitude détendue envers eux. Elle avait toujours l‘idée qu‘il fallait sentir quelque chose de singulier et de voir le génie du créateur immédiatement. « Je suis sans doute bête. Ou bien c‘est l‘escalope milanaise qui me pèse sur l‘estomac et m‘empêche de faire le moindre effort de réflexion. » Mais, la peinture comme la littérature est plutôt une interaction entre l‘œuvre et la personne qui le regarde ou lit et qui s‘ouvre pour avoir un échange. Ainsi, tout interprétation est correcte. La littérature comme une partie intégrale de sa vie mène nécessairement à son enfance, ses parents et son enfance entre le Maroc et la France. « Mes parents voulaient que nous soyons des femmes libres, indépendantes, capables d‘exprimer des choix et des opinions. » Le livre n‘est ni roman ni essai mais une réflexion continue, Slimani nous laisse participer à sa nuit au musée et ainsi partage aussi son processus créatif. J’ai bien aimé suivre ses pensées très personnelles qui montrent aussi un côté vulnérable de l’écrivaine.
              Cap Canaille
              Loin de Paris et du 36 quai des Orfèvres, la vie doit être plus agréable. Mais le commandant Henri Saint-Donat se rend vite compte que Marseille est beaucoup mais pas une vielle paisible. Son premier « barbecue » - une personne brûlée dans une voiture, méthode typique pour régler les comptes parmi les trafiquants – offre une surprise : ça fait des décennies déjà qu’il connaît la victime : la fameuse Carlton. Qui a bien tuée la criminelle élégante et séduisante ? La mort d’un frère d’une famille criminelle marseillaise à Paris offre une connexion aussi inattendue qu’inexplicable. Un cas compliqué pour Saint-Donat et ses subordonnés Basile Urteguy et Louise Clet. « Cap Canaille » a gagné le Prix du Quai des Orfèvres 2021, l’ancien lieutenant et commissaire Christophe Gavat qui a été décoré de la médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement connaît bien son métier et donne une bonne idée du travail policier. Le cas – ou plutôt les deux cas – sont bien compliqués et prennent leur temps. Le roman reste plein de suspense quoique l’auteur développe aussi ses caractères et leur donne un air authentique avec leur histoire à part du travail. Mais, c’est avant tout la description de la région au bord de la Méditerranée qui m’a plue beaucoup.
              Loin de Paris et du 36 quai des Orfèvres, la vie doit être plus agréable. Mais le commandant Henri Saint-Donat se rend vite compte que Marseille est beaucoup mais pas une vielle paisible. Son premier « barbecue » - une personne brûlée dans une voiture, méthode typique pour régler les comptes parmi les trafiquants – offre une surprise : ça fait des décennies déjà qu’il connaît la victime : la fameuse Carlton. Qui a bien tuée la criminelle élégante et séduisante ? La mort d’un frère d’une famille criminelle marseillaise à Paris offre une connexion aussi inattendue qu’inexplicable. Un cas compliqué pour Saint-Donat et ses subordonnés Basile Urteguy et Louise Clet. « Cap Canaille » a gagné le Prix du Quai des Orfèvres 2021, l’ancien lieutenant et commissaire Christophe Gavat qui a été décoré de la médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement connaît bien son métier et donne une bonne idée du travail policier. Le cas – ou plutôt les deux cas – sont bien compliqués et prennent leur temps. Le roman reste plein de suspense quoique l’auteur développe aussi ses caractères et leur donne un air authentique avec leur histoire à part du travail. Mais, c’est avant tout la description de la région au bord de la Méditerranée qui m’a plue beaucoup.
              Le métier de mourir
              Avis posté le 2020-09-15
                Jean-René Van der Plaetsen - Le métier de mourir
                Un check-point à la frontière israélienne-libanaise. Le jeune français Favrier s‘est enfuit de sa patrie pour oublier et pour savoir à quoi ça sert sa vie. A Ras-el-Bayada, en mai 1985, il rencontre le vieux soldat Belleface qui, avec sa sagesse et son expérience de décennies de vie de soldat, gère son groupe. Ils savent tous que, chaque jour, il pourrait y avoir une attaque du Hezbollah, il n‘y a que quelques jours un autre check-point a été attaqué et quelques de leurs confrères ont été tués. Favrier comprend vite que Belleface n‘est pas un soldat ordinaire, c‘est un homme avec une longue histoire qu‘il va connaître pendant les trois jours à venir. Mais ce n‘est non seulement le jeune qui profite de leur rencontre, Belleface lui aussi reconnaît son sort en parlant à ce jeune idéaliste. Jean-René Van der Plaetsen a créé une ambiance très intense dans son roman « Le métier de mourir » qui est parmi la première sélection du Prix Renaudot 2020. Il ne lui faut qu‘un seul endroit où il n‘y a plus ou moins rien et à part de Belleface et Favrier, il n‘y a presque personne. En fait, c‘est une rencontre de deux personnes qui est plus importante et révélateur que parfois toute une vie ensemble. Pendant tout la lecture, c‘est le danger qui est à l'affût des personnages, ils se trouvent dans une situation de tension maximale et on craint tout le temps qu‘un malheur puisse se produire. Quoique à première vue, les deux hommes semblent bien différents, ils partagent aussi des similarités : tous les deux sont venus en Israël volontairement, mais aussi parce qu‘ils s‘enfuyaient. Tous les deux ont subi de graves pertes de personnes aimées, des pertes incompréhensibles d‘innocents. « Non, il n‘y a pas de justice sur terre. Et je ne vois pas d‘autre solution que de croire à la justice de Dieu. » D‘autre côté, Belleface est un survivant de la Shoah qui a perdu toute sa famille quoique Favrier soit un jeune catholique de la France moderne qui a connu la vie légère de Paris. Néanmoins, il y a un lien qui les joint immédiatement, le vieux reconnait soi-même dans le jeune et pour lui, Favrier est une sorte de fils qu‘i, n‘a jamais eu. En revanche, celui-ci a l‘impression d‘avoir trouvé un père et un maître, quelqu‘un de sage de qui il peut apprendre beaucoup. « L‘important, songeait le jeune homme, c‘était de faire les choses pour lesquelles on était fait, et d‘apprendre à les faire auprès de ceux qui savent les faire. » Une histoire intense qui pose les questions les plus importantes : à quoi ça sert la vie, comment vivre, et en quoi croire ?
                Un check-point à la frontière israélienne-libanaise. Le jeune français Favrier s‘est enfuit de sa patrie pour oublier et pour savoir à quoi ça sert sa vie. A Ras-el-Bayada, en mai 1985, il rencontre le vieux soldat Belleface qui, avec sa sagesse et son expérience de décennies de vie de soldat, gère son groupe. Ils savent tous que, chaque jour, il pourrait y avoir une attaque du Hezbollah, il n‘y a que quelques jours un autre check-point a été attaqué et quelques de leurs confrères ont été tués. Favrier comprend vite que Belleface n‘est pas un soldat ordinaire, c‘est un homme avec une longue histoire qu‘il va connaître pendant les trois jours à venir. Mais ce n‘est non seulement le jeune qui profite de leur rencontre, Belleface lui aussi reconnaît son sort en parlant à ce jeune idéaliste. Jean-René Van der Plaetsen a créé une ambiance très intense dans son roman « Le métier de mourir » qui est parmi la première sélection du Prix Renaudot 2020. Il ne lui faut qu‘un seul endroit où il n‘y a plus ou moins rien et à part de Belleface et Favrier, il n‘y a presque personne. En fait, c‘est une rencontre de deux personnes qui est plus importante et révélateur que parfois toute une vie ensemble. Pendant tout la lecture, c‘est le danger qui est à l'affût des personnages, ils se trouvent dans une situation de tension maximale et on craint tout le temps qu‘un malheur puisse se produire. Quoique à première vue, les deux hommes semblent bien différents, ils partagent aussi des similarités : tous les deux sont venus en Israël volontairement, mais aussi parce qu‘ils s‘enfuyaient. Tous les deux ont subi de graves pertes de personnes aimées, des pertes incompréhensibles d‘innocents. « Non, il n‘y a pas de justice sur terre. Et je ne vois pas d‘autre solution que de croire à la justice de Dieu. » D‘autre côté, Belleface est un survivant de la Shoah qui a perdu toute sa famille quoique Favrier soit un jeune catholique de la France moderne qui a connu la vie légère de Paris. Néanmoins, il y a un lien qui les joint immédiatement, le vieux reconnait soi-même dans le jeune et pour lui, Favrier est une sorte de fils qu‘i, n‘a jamais eu. En revanche, celui-ci a l‘impression d‘avoir trouvé un père et un maître, quelqu‘un de sage de qui il peut apprendre beaucoup. « L‘important, songeait le jeune homme, c‘était de faire les choses pour lesquelles on était fait, et d‘apprendre à les faire auprès de ceux qui savent les faire. » Une histoire intense qui pose les questions les plus importantes : à quoi ça sert la vie, comment vivre, et en quoi croire ?
                Les jours brûlants
                Avis posté le 2020-05-30
                  Laurence Peyrin - Les jours brûlants
                  Joanne mène la vie typique d’une épouse et mère dans la petite ville de Modesto dans les années 70. Son mari Thomas travaille comme médecin et elle s’occupe des enfants et du ménage. Mais un jour, un incident bouleverse toute sa vie : un agresseur lui fait tomber de son vélo et vole son sac. Elle n’a pas de graves blessures mais le fait d’être devenu victime l’empêche de retourner dans la vie et de se sentir à l’aise. Quand Thomas lui refuse plus de médicaments, elle boit de l’alcool, puis, son comportement change : au supermarché, elle échange les chariots et prépare les dîners avec ce que d’autres personnes ont voulu acheter pour sentir un peu la normalité qu’elle-même ne retrouve plus. Un jour, après une phrase de trop de Thomas, elle se voit confrontée à une décision : ou elle se suicide ou elle recommence avec une autre vie. C’est ainsi que la nouvelle Joanne naît : à Las Vegas, derrière un comptoir d’un bar comme la reine des cocktails. Laurence Peyrin raconte l’histoire d’une personne qui est déracinée violemment de sa vie. C’est un incident inférieur, plutôt une chose pour s’énerver et se fâcher, mais rien d’important. Pour Joanne, au contraire, c’est un moment décisif, quoique saine physiquement, son esprit et son caractère changent profondément. C’est la peur de devenir victime une deuxième fois, l’impression de ne pas être comprise, la recherche de n’importe quoi pour arrêter les pensées de tourner en rond et pour oublier cette journée fatale. Mais l’auteur raconte aussi l’histoire de personnes qui montrent de la bienfaisance, qui ne jugent pas et qui ne posent pas trop de questions, mais qui sont là pour les autres et qui les acceptent comme ils viennent. Au Bunny Bunny, Joanne est un personnage sans passé mais pour qui il y a un présent et peut-être un avenir qu’elle crée elle-même. Une famille composée de personnes en fuite, mais une sorte de famille avec des règles strictes qui donnent de l’orientation pour ceux perdus dans la vie. Il y ce slogan fameux « What happens in Vegas, stays in Vegas » pour attirer les visiteurs avec la promesse que leurs secrets seront bien cachés là-bas, mais ce sont aussi les âmes perdues qui s’y retrouvent. Une ville artificielle qui offre la possibilité de s’inventer de nouveau – et d’oublier d’où on vient. J’ai bien aimé ce roman plein de compassion qui offre beaucoup à réfléchir.
                  Joanne mène la vie typique d’une épouse et mère dans la petite ville de Modesto dans les années 70. Son mari Thomas travaille comme médecin et elle s’occupe des enfants et du ménage. Mais un jour, un incident bouleverse toute sa vie : un agresseur lui fait tomber de son vélo et vole son sac. Elle n’a pas de graves blessures mais le fait d’être devenu victime l’empêche de retourner dans la vie et de se sentir à l’aise. Quand Thomas lui refuse plus de médicaments, elle boit de l’alcool, puis, son comportement change : au supermarché, elle échange les chariots et prépare les dîners avec ce que d’autres personnes ont voulu acheter pour sentir un peu la normalité qu’elle-même ne retrouve plus. Un jour, après une phrase de trop de Thomas, elle se voit confrontée à une décision : ou elle se suicide ou elle recommence avec une autre vie. C’est ainsi que la nouvelle Joanne naît : à Las Vegas, derrière un comptoir d’un bar comme la reine des cocktails. Laurence Peyrin raconte l’histoire d’une personne qui est déracinée violemment de sa vie. C’est un incident inférieur, plutôt une chose pour s’énerver et se fâcher, mais rien d’important. Pour Joanne, au contraire, c’est un moment décisif, quoique saine physiquement, son esprit et son caractère changent profondément. C’est la peur de devenir victime une deuxième fois, l’impression de ne pas être comprise, la recherche de n’importe quoi pour arrêter les pensées de tourner en rond et pour oublier cette journée fatale. Mais l’auteur raconte aussi l’histoire de personnes qui montrent de la bienfaisance, qui ne jugent pas et qui ne posent pas trop de questions, mais qui sont là pour les autres et qui les acceptent comme ils viennent. Au Bunny Bunny, Joanne est un personnage sans passé mais pour qui il y a un présent et peut-être un avenir qu’elle crée elle-même. Une famille composée de personnes en fuite, mais une sorte de famille avec des règles strictes qui donnent de l’orientation pour ceux perdus dans la vie. Il y ce slogan fameux « What happens in Vegas, stays in Vegas » pour attirer les visiteurs avec la promesse que leurs secrets seront bien cachés là-bas, mais ce sont aussi les âmes perdues qui s’y retrouvent. Une ville artificielle qui offre la possibilité de s’inventer de nouveau – et d’oublier d’où on vient. J’ai bien aimé ce roman plein de compassion qui offre beaucoup à réfléchir.