Le libertinage est-il une catégorie philosophique ?

Par : Antony McKenna, Pierre-François Moreau, Jean-Pierre Cavaillé, Melaine Folliard

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  • Nombre de pages234
  • PrésentationBroché
  • Poids0.35 kg
  • Dimensions15,0 cm × 21,0 cm × 1,2 cm
  • ISBN978-2-86272-541-3
  • EAN9782862725413
  • Date de parution17/05/2010
  • CollectionLibertinage & philo au XVIIe
  • ÉditeurPU Saint-Etienne

Résumé

" Libertin " est d'abord une injure pire : un chef d'accusation. Mais l'histoire des idées nous a enseigné que souvent les noms des mouvements, comme ceux des partis en politique, naissent à l'occasion des polémiques, et que ce sont parfois les adversaires qui aperçoivent le mieux l'unité de ceux qu'ils dénoncent. En somme, la haine est parfois bonne conseillère: elle fait apercevoir l'unité d'un programme, ses alliances et ses enjeux. Elle le fait à travers une certaine déformation, qui a l'avantage de grossir les traits, mais l'inconvénient de saisir parfois plus les conséquences, ou les effets d'actualité, que les matériaux fondamentaux. La question qui se pose ensuite à l'historien est donc la suivante: l'injure initiale peut-elle se transformer en instrument d'analyse, et à quel prix ? La question n'est pas négligeable car l'histoire intellectuelle européenne ne s'est pas constituée de façon continue et homogène; ce sont souvent des courants minoritaires (hétérodoxes religieux; libertins et clandestins; utopistes) qui ont forgé les thèmes destinés à acquérir une force d'évidence. Ce qu'on a appelé, dans des débats récents, le problème des " racines de l'Europe " gagne sans doute à être aussi posé en ces ternes : l'héritage le plus important n'est pas nécessairement l'héritage d'idées qui furent en leur temps majoritaires.
" Libertin " est d'abord une injure pire : un chef d'accusation. Mais l'histoire des idées nous a enseigné que souvent les noms des mouvements, comme ceux des partis en politique, naissent à l'occasion des polémiques, et que ce sont parfois les adversaires qui aperçoivent le mieux l'unité de ceux qu'ils dénoncent. En somme, la haine est parfois bonne conseillère: elle fait apercevoir l'unité d'un programme, ses alliances et ses enjeux. Elle le fait à travers une certaine déformation, qui a l'avantage de grossir les traits, mais l'inconvénient de saisir parfois plus les conséquences, ou les effets d'actualité, que les matériaux fondamentaux. La question qui se pose ensuite à l'historien est donc la suivante: l'injure initiale peut-elle se transformer en instrument d'analyse, et à quel prix ? La question n'est pas négligeable car l'histoire intellectuelle européenne ne s'est pas constituée de façon continue et homogène; ce sont souvent des courants minoritaires (hétérodoxes religieux; libertins et clandestins; utopistes) qui ont forgé les thèmes destinés à acquérir une force d'évidence. Ce qu'on a appelé, dans des débats récents, le problème des " racines de l'Europe " gagne sans doute à être aussi posé en ces ternes : l'héritage le plus important n'est pas nécessairement l'héritage d'idées qui furent en leur temps majoritaires.