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  • Nombre de pages114
  • FormatPoche
  • PrésentationBroché
  • Poids0.11 kg
  • Dimensions11,0 cm × 17,8 cm × 1,1 cm
  • ISBN978-2-253-24706-7
  • EAN9782253247067
  • Date de parution03/09/2025
  • CollectionLe Livre de Poche
  • ÉditeurLGF/Livre de Poche
  • TraducteurJakuta Alikavazovic

Résumé

Découvrir l'âge adulte en pleine crise économique. Rester serviable dans un monde brutal et hostile. Sortir, étudier à "Oxbridge", commencer une carrière. Faire tout ce qu'il faut, comme il le faut. Acheter un appartement. Acheter des oeuvres d'art. Acheter du bonheur. Et, surtout, baisser les yeux. Rester discrète. Continuer comme si de rien n'était. Une jeune Londonienne noire se prépare à assister à une somptueuse garden-party dans la propriété familiale de son petit ami, au coeur de la campagne anglaise.
C'est l'occasion pour elle d'examiner toutes les facettes de sa personnalité, qu'elle a soigneusement assemblées pour passer inaperçue. Mais, alors que les minutes défilent et que son avenir semble se dessiner malgré elle, une question la saisit : est-il encore temps de tout recommencer ?

Avis libraires
Commentaires laissés par les libraires

2 Coups de cœur
de nos libraires
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Sasha M.Decitre Levallois-Perret
5/5
“ Une œuvre unique  ”
Assemblage est un court roman très percutant, une œuvre littéraire brillante et engagée qui dissèque avec une lucidité implacable les rouages du racisme systémique, du capitalisme, de la misogynie et de l’héritage colonial britannique. À travers la voix d’une narratrice noire, issue d’un milieu populaire et propulsée dans les sphères privilégiées de la finance londonienne, Brown interroge le prix du succès dans une société où l’assimilation reste une illusion. Écrit dans un style fragmenté, à la lisière de la poésie ou de l’essai, ce texte incisif explore l’invisibilisation, la violence ordinaire et les faux semblants de la diversité. Une lecture troublante, nécessaire, et d’une intelligence rare.
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fabien b.Decitre Grenoble
5/5
“ Assemblage ”
Une quintessence. Une stèle. Un monument déjà. Natasha Brown, 150 pages d'une intelligence merveilleuse et immédiate. Sur la condition d'être femme, d'être une femme noire, un dénoyautage en règle d'un système méritocratique. Fascinant dès les premières lignes. Œuvre majeure instantanée.

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

3.5/5
sur 2 notes dont 2 avis lecteurs
“ Parois de verre ”
Sur la lancée de ses études de mathématiques à Cambridge, Natasha Brown a fait carrière dans la finance, avant, la quarantaine approchant, de prendre un congé pour écrire ce livre. On y découvre son manifeste alter ego : une narratrice noire d’origine modeste, elle aussi diplômée de la prestigieuse université britannique, hissée à la force du poignet au rang d’analyste financière gagnant grassement sa vie à la City et de petite amie d’un héritier blanc de la haute bourgeoisie anglaise. Mais voilà que l’annonce d’un cancer agit comme un détonateur dans cette vie jusqu’ici toute entière menée par l’obsession de l’intégration et de la réussite sociale. Elle qui, à force « de labeur et d’huile de coude » et dans un « dépassement sans fin », n’a eu de cesse de se fondre dans les mœurs et les codes de la société britannique, ouvre soudain les yeux : « Je suis tout ce qu’on m’a dit de devenir. Ça ne suffit pas. » Et, tandis que taisant ses soucis de santé, elle se rend à la garden-party guindée organisée par la famille de son petit ami, celle que l’on présente avec condescendance comme « la nouvelle bonne amie de notre benjamin » se prend intérieurement, dans une colère froide mêlée d’angoisse et de lassitude, à ausculter les fêlures cachées sous son sourire, toutes ces fissures qui rendent si fragile l’assemblage qu’elle est devenue pour se faire accepter – « Sois la meilleure. Travaille plus, travaille mieux. Dépasse toutes les attentes. Mais aussi, sois invisible, imperceptible. Ne mets personne mal à l’aise. Ne gêne personne. N’existe qu’au négatif, dans l’espace alentour. Ne t’insère pas dans le courant de l’Histoire. Ne te fais pas remarquer. Deviens de l’air » – et qui, en fin de compte, n’a jamais servi qu’à la rendre « plus tolérable », irrémédiablement en butte à un racisme diffus et pernicieux la faisant se sentir illégitime et étrangère, comme si elle n’était pas britannique à part entière. Au travail, elle est d’abord synonyme de diversité, de cette diversité bien comme il faut qui assied la « crédibilité progressiste » de son entourage et dont elle doit contribuer à la promotion par des conférences dans les écoles tout en supportant les réflexions : « C’est tellement plus facile pour vous les Noirs et les Latinos. » Ravies d’un tel alibi, les bonnes consciences se félicitent d’y voir la grandeur si magnanime de l’Angleterre, surtout que – pour une Noire ? – elle « parle si bien ! » Dans le même temps, la rue lui crache du « putain de n***sse » et le personnel d’Heathrow la renvoie d’office au check-in classe éco. Alors, soudain fatiguée, elle résume ainsi sa situation : « Née ici, de parents nés ici, jamais vécu ailleurs – pourtant, jamais d’ici. » Entre observation clinique et introspection fiévreuse, la narration abrupte et morcelée s’assemble autour de cette femme noire que son quasi anonymat – d’elle, on ne connaîtra rien de personnel, même pas un prénom – transforme en figure emblématique pour dénoncer l’indécrottable hypocrisie d’une société britannique terriblement fermée malgré les beaux discours : « Toujours, cette pression, pile à cet endroit. Assimilez-vous, assimilez-vous… Dissolvez-vous dans le melting-pot. Puis coulez-vous dans le moule. Pliez vos os jusqu’à ce qu’ils craquent, se fendent, jusqu’à ce que ça rentre. Forcez-vous à épouser leur forme. (…) Et toujours, en ligne de basse, sous le vocabulaire insistant de la tolérance et de la convivialité – disparaissez ! Fondez-vous dans la soupe multiculturelle de Londres. » La lucidité dure et désabusée de ce texte douche tout espoir du revers de ses phrases implacables : ce sont désormais d’invisibles – mais tout aussi infranchissables – parois de verre que, de façon insidieuse et très politiquement correcte, le racisme use aujourd’hui en Angleterre. Un livre qui fait mal, tant il paraît désespéré.
“ Vignettes ”
Assemblage de paragraphes, de vignettes, ce bref roman crée peu à peu une silhouette féminine et noire, une psychologie féministe en rébellion face à l'oppression qu'elle subit, face à la pression héritée du colonialisme qui exige d'elle toujours plus pour se maintenir à un certain niveau social. Différent, ce livre est aussi radical, tant dans son fond que dans sa forme (plus de détails : https://pamolico.wordpress.com/2023/01/25/assemblage-natasha-brown/)