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Etudes théâtrales N° 51-52/2011
Le geste de témoigner. Un dispositif pour le théâtre

Par : Jean-Pierre Sarrazac, Catherine Naugrette, Georges Banu
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  • Nombre de pages192
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.325 kg
  • Dimensions15,0 cm × 24,0 cm × 1,6 cm
  • ISBN978-2-930416-34-2
  • EAN9782930416342
  • Date de parution01/12/2011
  • ÉditeurEtudes théâtrales

Résumé

Du point de vue théâtral, il existe deux grands types de témoignage.L'un pourrait être dit politique et l'autre intime. Et il n'est bien entendu pas interdit de les faire se combiner.L'un et l'autre en tout cas se distinguent par une sorte de détachement par rapport à l'action, par leur fonction de regard sur les événements qui constituent la fable. Le dénominateur commun à ces deux témoins, c'est qu'ils ne sauraient être des personnages agissants au sens aristotélicien et des personnages dotés de buts d'action, comme le précise Hegel.
En eux, au contraire, une certaine passivité. D'une part, le personnage brechtien, qui se présente comme le témoin oculaire d'un événement, d'un accident – d'une « scène de la rue ». D'autre part, l'homme comme témoin de lui-même, c'est-à-dire de sa propre souffrance. Des analyses de Giorgio Agamben, nous retiendrons que lorsqu'un homme témoigne de ce qu'il a lui-même vécu, c'est toujours, dans une sorte de dédoublement, à un autre que lui-même – ou à un autre en lui-même – qu'il s'efforce de donner la parole : celui qui, précisément, aconnu à ce point la souffrance – Agamben parle alors de la Shoah – qu'il ne saurait la dire et qu'il en reste muet.
Le « geste de témoigner », qui fait l'objet de cet ouvrage, concerne aussi bien l'écriture que la mise en scène et que le jeu de l'acteur. C'est en cela qu'il constitue un « dispositif » pour le théâtre moderne et contemporain. Des praticiens du théâtre ont donc largement été invités à apporter leur contribution – à côté de celle des chercheurs – à cette publication.