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Les dernières notes et avis

Notes et avis 1 à 8 sur un total de 8
    Aborder Montaigne sans complexe
    Beaucoup connaissent dans le texte les Essais de Montaigne. Mais nombreux sont ceux, comme moi, à ne les avoir pas lus. Pour certains, il s’agira d’un hasard n’ayant pas (encore) mis ce livre sur leur route, pour d’autres, peut-être, l’appréhension aura joué un rôle dans cet "évitement". Quoi qu’il en soit, il existe depuis quelques mois un livre qui saura autant enchanter les connaisseurs que décomplexer les béotiens : Comment vivre ? Une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponses. Pouvant se suffire à lui-même, préférons-lui le rôle de biographie et de remarquable introduction à l’oeuvre de Michel Eyquem, d’une érudition et d’une clarté mise à la portée de tout un chacun. Figurant dans la dernière sélection du Prix du meilleur livre étranger catégorie essais, l’ouvrage de Sarah Bakewell multiplie les anecdotes sur la vie personnelle de Montaige et les événements qui ont marqué son temps afin de mieux cerner l’homme autant que le penseur et de comprendre ce qui a inspiré son oeuvre. Sur le ton de la conversation improvisée, elle restitue l’essentiel des textes et des intuitions du philosophe en vingt chapitres* qui sont autant de réponses à la question "comment vivre ?", élaborant ainsi un véritable guide de la connaissance de soi et de la meilleure façon de composer sa vie. Comme tout document de réflexion, on lui préfèrera un mode de lecture ralenti, privilégiant l’imprégnation et la maturation de la pensée. Ce texte rappelle l’intemporalité des méditations de Montaigne, l’inévitable reconnaissance et identification de tout lecteur à l’analyse du moraliste et l’incontournable mise en perspective de sa propre existence. Sarah Bakewell rend ici un vibrant hommage au grand homme de la Renaissance et son livre mérite de trôner dans le rayon développement personnel où les guides existentiels autrement moins qualitatifs fleurissent à tout va… * Ne pas s’inquiéter de la mort, Faire attention, Être né, Lire beaucoup, oublier l’essentiel de ce qu’on a lu et avoir l’esprit lent, Survivre à l’amour et à la perte, Utiliser de petites ruses, Tout remettre en question, Se ménager une arrière-boutique, Être convivial : vivre avec les autres, S’arracher au sommeil de l’habitude, Vivre avec tempérance, Garder son humanité, Faire une chose que nul n’a encore fait, Voir le monde, Faire du bon boulot sans trop, Ne philosopher que par accident, Réfléchir à tout et ne rien regretter, Lâcher prise, Être ordinaire et imparfait, Laisser la vie répondre d’elle-même. http://adeptedulivre.com/2014/07/01/comment-vivre-de-sarah-bakewell/
    Beaucoup connaissent dans le texte les Essais de Montaigne. Mais nombreux sont ceux, comme moi, à ne les avoir pas lus. Pour certains, il s’agira d’un hasard n’ayant pas (encore) mis ce livre sur leur route, pour d’autres, peut-être, l’appréhension aura joué un rôle dans cet "évitement". Quoi qu’il en soit, il existe depuis quelques mois un livre qui saura autant enchanter les connaisseurs que décomplexer les béotiens : Comment vivre ? Une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponses. Pouvant se suffire à lui-même, préférons-lui le rôle de biographie et de remarquable introduction à l’oeuvre de Michel Eyquem, d’une érudition et d’une clarté mise à la portée de tout un chacun. Figurant dans la dernière sélection du Prix du meilleur livre étranger catégorie essais, l’ouvrage de Sarah Bakewell multiplie les anecdotes sur la vie personnelle de Montaige et les événements qui ont marqué son temps afin de mieux cerner l’homme autant que le penseur et de comprendre ce qui a inspiré son oeuvre. Sur le ton de la conversation improvisée, elle restitue l’essentiel des textes et des intuitions du philosophe en vingt chapitres* qui sont autant de réponses à la question "comment vivre ?", élaborant ainsi un véritable guide de la connaissance de soi et de la meilleure façon de composer sa vie. Comme tout document de réflexion, on lui préfèrera un mode de lecture ralenti, privilégiant l’imprégnation et la maturation de la pensée. Ce texte rappelle l’intemporalité des méditations de Montaigne, l’inévitable reconnaissance et identification de tout lecteur à l’analyse du moraliste et l’incontournable mise en perspective de sa propre existence. Sarah Bakewell rend ici un vibrant hommage au grand homme de la Renaissance et son livre mérite de trôner dans le rayon développement personnel où les guides existentiels autrement moins qualitatifs fleurissent à tout va… * Ne pas s’inquiéter de la mort, Faire attention, Être né, Lire beaucoup, oublier l’essentiel de ce qu’on a lu et avoir l’esprit lent, Survivre à l’amour et à la perte, Utiliser de petites ruses, Tout remettre en question, Se ménager une arrière-boutique, Être convivial : vivre avec les autres, S’arracher au sommeil de l’habitude, Vivre avec tempérance, Garder son humanité, Faire une chose que nul n’a encore fait, Voir le monde, Faire du bon boulot sans trop, Ne philosopher que par accident, Réfléchir à tout et ne rien regretter, Lâcher prise, Être ordinaire et imparfait, Laisser la vie répondre d’elle-même. http://adeptedulivre.com/2014/07/01/comment-vivre-de-sarah-bakewell/
    Quand nous étions révolutionnaires
    Avis posté le 2013-09-05
    • Passionnant
    • Bouleversant
    Un Cuba pas vraiment libre...
    Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. Que dire de plus quand le dernier roman de Roberto Ampuero, salué par la critique hispanophone et resté pas moins de vingt-quatre mois sur la liste des best sellers, incite le Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa lui-même à prendre sa plume pour manifester à l'auteur son admiration ? Une lettre forcément bouleversante pour cet écrivain qui a choisi d'en faire l'introduction à son livre et dont voici l'extrait le plus touchant : Je t'écris ces lignes pour te féliciter pour ce magnifique témoignage littéraire qui m'a profondément ému. Cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas autant absorbé et bouleversé. C'est une description honnête, véridique et lucide de cette illusion que nous avons partagée, comme tant de Latino-Américains, avec la Révolution cubaine. Quand nous étions révolutionnaires - de son titre original Nuestros años verde olivo - est la narration spirituelle, mélancolique et humoristique de la quête d'un idéal, la chronique d'une désenchantement politique et amoureux. Par le prisme d'un jeune communiste Chilien qui lui ressemble en de nombreux points, opposant au régime dictatorial de son pays et en passe d'épouser la fille d'un cacique de la révolution castriste, Ampuero retrace la façon dont l'idéal révolutionnaire de liberté et de justice à Cuba s'est rapidement transformé en dictature corrompue à l'image de la Russie ou de la Chine populaire. Après son divorce qui met fin à sa vie opulente en total décalage avec la réalité de la population, le narrateur découvre une Havane où règne la censure, l'injustice, la violence et les persécutions. Désormais contraint pour survivre au mensonge, il conserve malgré tout ses illusions politiques et son intégrité, malgré les inévitables concessions pour sauver sa peau. Une obstination en forme de lueur d'espoir au cœur d'une réalité déprimante. Roberto Ampuero retrace fidèlement l'environnement cubain en se servant des figures et événements historiques emblématiques de cette époque traumatisante, sans jamais tomber dans le manichéisme ni le stéréotype. Avec force nuances et détails, il replace les comportements et les expériences dans leur contexte, parvenant même à préserver l'humanité des pires crapules. Servie par une galerie de personnages pittoresques, pathétiques, débrouillards et cyniques, l'ambiance lourde de l'histoire est ainsi allégée et la tension du lecteur peut se reposer grâce à des interludes croustillants. Ce livre splendide et enrichissant est promis à un bel avenir et s'inscrira à n'en pas douter dans le temps comme une référence à cette tranche d'Histoire.
    Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. Que dire de plus quand le dernier roman de Roberto Ampuero, salué par la critique hispanophone et resté pas moins de vingt-quatre mois sur la liste des best sellers, incite le Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa lui-même à prendre sa plume pour manifester à l'auteur son admiration ? Une lettre forcément bouleversante pour cet écrivain qui a choisi d'en faire l'introduction à son livre et dont voici l'extrait le plus touchant : Je t'écris ces lignes pour te féliciter pour ce magnifique témoignage littéraire qui m'a profondément ému. Cela faisait longtemps qu'un livre ne m'avait pas autant absorbé et bouleversé. C'est une description honnête, véridique et lucide de cette illusion que nous avons partagée, comme tant de Latino-Américains, avec la Révolution cubaine. Quand nous étions révolutionnaires - de son titre original Nuestros años verde olivo - est la narration spirituelle, mélancolique et humoristique de la quête d'un idéal, la chronique d'une désenchantement politique et amoureux. Par le prisme d'un jeune communiste Chilien qui lui ressemble en de nombreux points, opposant au régime dictatorial de son pays et en passe d'épouser la fille d'un cacique de la révolution castriste, Ampuero retrace la façon dont l'idéal révolutionnaire de liberté et de justice à Cuba s'est rapidement transformé en dictature corrompue à l'image de la Russie ou de la Chine populaire. Après son divorce qui met fin à sa vie opulente en total décalage avec la réalité de la population, le narrateur découvre une Havane où règne la censure, l'injustice, la violence et les persécutions. Désormais contraint pour survivre au mensonge, il conserve malgré tout ses illusions politiques et son intégrité, malgré les inévitables concessions pour sauver sa peau. Une obstination en forme de lueur d'espoir au cœur d'une réalité déprimante. Roberto Ampuero retrace fidèlement l'environnement cubain en se servant des figures et événements historiques emblématiques de cette époque traumatisante, sans jamais tomber dans le manichéisme ni le stéréotype. Avec force nuances et détails, il replace les comportements et les expériences dans leur contexte, parvenant même à préserver l'humanité des pires crapules. Servie par une galerie de personnages pittoresques, pathétiques, débrouillards et cyniques, l'ambiance lourde de l'histoire est ainsi allégée et la tension du lecteur peut se reposer grâce à des interludes croustillants. Ce livre splendide et enrichissant est promis à un bel avenir et s'inscrira à n'en pas douter dans le temps comme une référence à cette tranche d'Histoire.
    Outre-atlantique
    Avis posté le 2013-09-05
    • Emouvant
    • Vibrant
    • Surprenant
    L'effet papillon de nos actions...
    Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. Derrière un titre traduit peu engageant qui n'évoque pas grand chose à l'inverse de l'intitulé original The illusion of separateness (L'illusion de la séparation), se cache un livre à la construction subtile. Tellement subtile qu'il est aisé de passer à côté et de ne pas accrocher. Mais à condition d'être concentré et de ne pas hésiter à remonter le fil des courts chapitres pour bien les relier entre eux, ce récit gigogne se révèle un véritable petit morceau de romantisme, de philanthropie voulant croire au lien entre tous les hommes. Sans doute un peu naïf, mais tellement tentant qu'on se plaît à le rêver vrai ne serait-ce qu'un instant. Il est important à mon sens de partir averti à l'assaut de cette lecture tant sa mise en place très graduelle - pour ne pas dire lente - peut s'avérer déstabilisante. La quatrième de couv' n'expliquant pas la règle du jeu, le récit peut laisser incrédule en faisant se suivre des textes et des personnages sans rapport apparent avant la moitié du livre. Mais une fois le principe intégré, le casse-tête n'en est plus un et tout se met en place avec force émotions : l'on comprend que ces manifestes étrangers les uns pour les autres ont, parfois par le hasard le plus fugace, tous un lien déterminant entre eux, un rôle interactif sur leurs destinées respectives. Au lecteur de reconstituer le puzzle, de remettre les pièces de ce jeu de construction dans l'ordre, au fil des flashback entre la Seconde Guerre mondiale, les années 60 et aujourd'hui, de la France aux USA en passant par l'Angleterre. Que les allergiques se rassurent ou les passionnés se détrompent, la guerre n'est ici qu'un prétexte à la coïncidence, il n'est nullement question de ses atrocités ni de réécrire des événements mille et une fois abordés. La pudeur est le maître mot de cette narration et prouve au contraire que la guerre peut aussi abriter des événements tendres et intenses. Construit autour de l'incontournable question des origines et de l'indispensable travail de mémoire, ce roman choral s'ouvre sur le portrait de Martin, nourrisson à l'époque de la guerre qui connaît un début d'existence chaotique. C'est en découvrant les portraits de Monsieur Hugo, d'Amelia, de John et de Danny que l'on comprendra pourquoi et comment ces destins sont tous connectés. À la fois délicat et humain, ce texte rappelle au lecteur que le moindre des gestes peut bouleverser des vies entières. S'il n'est pas à proprement parler un incontournable de la rentrée, il offre, à condition d'adhérer au principe, un agréable moment de lecture.
    Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. Derrière un titre traduit peu engageant qui n'évoque pas grand chose à l'inverse de l'intitulé original The illusion of separateness (L'illusion de la séparation), se cache un livre à la construction subtile. Tellement subtile qu'il est aisé de passer à côté et de ne pas accrocher. Mais à condition d'être concentré et de ne pas hésiter à remonter le fil des courts chapitres pour bien les relier entre eux, ce récit gigogne se révèle un véritable petit morceau de romantisme, de philanthropie voulant croire au lien entre tous les hommes. Sans doute un peu naïf, mais tellement tentant qu'on se plaît à le rêver vrai ne serait-ce qu'un instant. Il est important à mon sens de partir averti à l'assaut de cette lecture tant sa mise en place très graduelle - pour ne pas dire lente - peut s'avérer déstabilisante. La quatrième de couv' n'expliquant pas la règle du jeu, le récit peut laisser incrédule en faisant se suivre des textes et des personnages sans rapport apparent avant la moitié du livre. Mais une fois le principe intégré, le casse-tête n'en est plus un et tout se met en place avec force émotions : l'on comprend que ces manifestes étrangers les uns pour les autres ont, parfois par le hasard le plus fugace, tous un lien déterminant entre eux, un rôle interactif sur leurs destinées respectives. Au lecteur de reconstituer le puzzle, de remettre les pièces de ce jeu de construction dans l'ordre, au fil des flashback entre la Seconde Guerre mondiale, les années 60 et aujourd'hui, de la France aux USA en passant par l'Angleterre. Que les allergiques se rassurent ou les passionnés se détrompent, la guerre n'est ici qu'un prétexte à la coïncidence, il n'est nullement question de ses atrocités ni de réécrire des événements mille et une fois abordés. La pudeur est le maître mot de cette narration et prouve au contraire que la guerre peut aussi abriter des événements tendres et intenses. Construit autour de l'incontournable question des origines et de l'indispensable travail de mémoire, ce roman choral s'ouvre sur le portrait de Martin, nourrisson à l'époque de la guerre qui connaît un début d'existence chaotique. C'est en découvrant les portraits de Monsieur Hugo, d'Amelia, de John et de Danny que l'on comprendra pourquoi et comment ces destins sont tous connectés. À la fois délicat et humain, ce texte rappelle au lecteur que le moindre des gestes peut bouleverser des vies entières. S'il n'est pas à proprement parler un incontournable de la rentrée, il offre, à condition d'adhérer au principe, un agréable moment de lecture.
    Preuves d'amour
    Avis posté le 2013-09-05
      Jusqu'où aller pour son enfant... ?
      Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. En faisant connaissance avec l'auteur américaine Lisa Gardner - publiant également sous le nom d'Alicia Scott -, j'ai enfin compris pourquoi je ne lisais que peu de romans policiers ou de thrillers : à l'évidente condition que ces genres soient maîtrisés par leurs auteurs, leurs produits sont ce que l'on appelle désormais à tout vent des page turner. Celle ou celui ayant déjà passé une nuit blanche sur un livre comprendra mon sentiment à leur égard : ces bouquins que l'on dévore sont aussi usants que palpitants ! Pour les cycles de sommeil comme pour les nerfs. J'évite donc. On l'aura compris, Preuves d'amour compte parmi ceux-là. Combinaison parfaitement maîtrisée des deux registres - l'enquête du polar et la tension psychologique du thriller -, il poursuit une série de six tomes entreprise par l'auteur mettant en scène la policière D.D. Warren dont deux des titres ont été primés : La fille cachée par le Prix Daphné Du Maurier du suspense en 2000 et La maison d'à côté par le Grand Prix 2011 des lectrices Elle policier. Dans cet opus, Lisa Gardner confronte à sa désormais célèbre enquêtrice une autre femme également dans les forces de l'ordre mais victime tout autant que suspecte dans cette histoire. Au cœur d'une trame machiavélique et d'un suspense géré de main de maître dès les premières pages, l'alternance des points de vue est particulièrement saisissante et ne laisse d'autre choix au lecteur que d'être happé par le récit, d'attendre impatiemment les révélations. Cette enquête originale mettant les nerfs à rude épreuve pose la question de savoir jusqu'où l'on peut aller pour ses enfants. Une interrogation fondamentale (et forcément très impressive sur le lecteur parent) qui n'est pas sans rappeler l'excellent Dîner d'Herman Koch, quoique beaucoup plus actif. Occasion pour l'écrivain de sonder la noirceur de l'âme humaine en jouant sur la fibre la plus sensible qui soit : l'amour filial. Elle pose en outre la question de l’ambiguïté des personnalités qui choisissent de combattre le crime : sont-elles totalement opposées à celles qu'elles traquent ou au contraire infiniment proches ? Les plus célèbres pyromanes ne sont-ils pas des pompiers ? Loin toutefois de se contenter d'un polar-thriller modèle, construit au millimètre et extrêmement bien documenté sur les dernières avancées de la police scientifique comme tout bon auteur du registre qui se respecte, Lisa Gardner en profite pour partager ses observations et s'interroger plus profondément. Cette confrontation féminine lui permet d'analyser avec justesse à mon sens les rapports entre les femmes (leur manque de solidarité notamment) et d'évoquer la condition féminine, la difficulté à concilier vie professionnelle et privée, en l'occurrence par le prisme d'une mère célibataire et d'une farouche indépendante en passe de fonder une famille, dans un milieu professionnel plutôt masculin. Sous bien des aspects en somme, Preuves d'amour est une véritable réussite, qui ne manquera pas de satisfaire les fidèles de Gardner et de convaincre les néophytes comme moi de découvrir ses autres livres, notamment de la série... Après un peu de répit s'entend, comme démontré précédemment !
      Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. En faisant connaissance avec l'auteur américaine Lisa Gardner - publiant également sous le nom d'Alicia Scott -, j'ai enfin compris pourquoi je ne lisais que peu de romans policiers ou de thrillers : à l'évidente condition que ces genres soient maîtrisés par leurs auteurs, leurs produits sont ce que l'on appelle désormais à tout vent des page turner. Celle ou celui ayant déjà passé une nuit blanche sur un livre comprendra mon sentiment à leur égard : ces bouquins que l'on dévore sont aussi usants que palpitants ! Pour les cycles de sommeil comme pour les nerfs. J'évite donc. On l'aura compris, Preuves d'amour compte parmi ceux-là. Combinaison parfaitement maîtrisée des deux registres - l'enquête du polar et la tension psychologique du thriller -, il poursuit une série de six tomes entreprise par l'auteur mettant en scène la policière D.D. Warren dont deux des titres ont été primés : La fille cachée par le Prix Daphné Du Maurier du suspense en 2000 et La maison d'à côté par le Grand Prix 2011 des lectrices Elle policier. Dans cet opus, Lisa Gardner confronte à sa désormais célèbre enquêtrice une autre femme également dans les forces de l'ordre mais victime tout autant que suspecte dans cette histoire. Au cœur d'une trame machiavélique et d'un suspense géré de main de maître dès les premières pages, l'alternance des points de vue est particulièrement saisissante et ne laisse d'autre choix au lecteur que d'être happé par le récit, d'attendre impatiemment les révélations. Cette enquête originale mettant les nerfs à rude épreuve pose la question de savoir jusqu'où l'on peut aller pour ses enfants. Une interrogation fondamentale (et forcément très impressive sur le lecteur parent) qui n'est pas sans rappeler l'excellent Dîner d'Herman Koch, quoique beaucoup plus actif. Occasion pour l'écrivain de sonder la noirceur de l'âme humaine en jouant sur la fibre la plus sensible qui soit : l'amour filial. Elle pose en outre la question de l’ambiguïté des personnalités qui choisissent de combattre le crime : sont-elles totalement opposées à celles qu'elles traquent ou au contraire infiniment proches ? Les plus célèbres pyromanes ne sont-ils pas des pompiers ? Loin toutefois de se contenter d'un polar-thriller modèle, construit au millimètre et extrêmement bien documenté sur les dernières avancées de la police scientifique comme tout bon auteur du registre qui se respecte, Lisa Gardner en profite pour partager ses observations et s'interroger plus profondément. Cette confrontation féminine lui permet d'analyser avec justesse à mon sens les rapports entre les femmes (leur manque de solidarité notamment) et d'évoquer la condition féminine, la difficulté à concilier vie professionnelle et privée, en l'occurrence par le prisme d'une mère célibataire et d'une farouche indépendante en passe de fonder une famille, dans un milieu professionnel plutôt masculin. Sous bien des aspects en somme, Preuves d'amour est une véritable réussite, qui ne manquera pas de satisfaire les fidèles de Gardner et de convaincre les néophytes comme moi de découvrir ses autres livres, notamment de la série... Après un peu de répit s'entend, comme démontré précédemment !
      Ce qu'il reste des mots
      Avis posté le 2013-09-02
      • Triste
      • XXIe siècle
      • langue française
      Est-il possible de mettre en mots l'indicible ?
      Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. L'amoureuse des mots que je suis a inévitablement été séduite par le titre. J'ai pour autant abandonné ce livre en page 52. Non pas qu'il soit mal écrit ; loin de là même. Il en va seulement de certains livres qui n'arrivent pas au bon moment dans un parcours existentiel. Je sais toutefois que tôt ou tard, je le reprendrai... Si la quête entreprise par Matthieu Mégevand de mettre en mots l'indicible est passionnante - qui n'a jamais été confronté à l'apparent et frustrant vide linguistique, notamment dans le registre émotionnel ? -, son point de départ est dur, pour ne pas dire insoutenable : le décès de vingt-deux enfants dans un accident d'autocar à Sierre, en Suisse, le 13 mars 2012. Pourquoi ce choix, alors qu'au regard du peu que j'ai lu, l'auteur n'apparaît pas touché de prêt par ce drame - si tant est que l'on puisse rester indifférent à une telle tragédie... ? Il me semble pourtant que la mort n'est pas le seul sujet sur lequel le verbe fait souvent défaut. Mais peut-être ne sommes-nous égaux que devant cet insoutenable fin ? Quoi qu'il en soit, je n'ai pas réussi, à cet instant de ma vie, à tenter de rationaliser le sujet en compagnie de l'auteur. Je n'ai eu ni la force de plonger dans les maux, ni l'envie d'en trouver les mots. Disons que cette lecture s'adresse aux passionnés de la langue française mais que la confrontation de cette aporie mettant en question la puissance ou l'impuissance des mots est, à mon sens, à entreprendre de préférence en période de santé morale autant que physique. Ce défi terminologique est initié par un événement par trop tragique ; le mystère reste entier.
      Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. L'amoureuse des mots que je suis a inévitablement été séduite par le titre. J'ai pour autant abandonné ce livre en page 52. Non pas qu'il soit mal écrit ; loin de là même. Il en va seulement de certains livres qui n'arrivent pas au bon moment dans un parcours existentiel. Je sais toutefois que tôt ou tard, je le reprendrai... Si la quête entreprise par Matthieu Mégevand de mettre en mots l'indicible est passionnante - qui n'a jamais été confronté à l'apparent et frustrant vide linguistique, notamment dans le registre émotionnel ? -, son point de départ est dur, pour ne pas dire insoutenable : le décès de vingt-deux enfants dans un accident d'autocar à Sierre, en Suisse, le 13 mars 2012. Pourquoi ce choix, alors qu'au regard du peu que j'ai lu, l'auteur n'apparaît pas touché de prêt par ce drame - si tant est que l'on puisse rester indifférent à une telle tragédie... ? Il me semble pourtant que la mort n'est pas le seul sujet sur lequel le verbe fait souvent défaut. Mais peut-être ne sommes-nous égaux que devant cet insoutenable fin ? Quoi qu'il en soit, je n'ai pas réussi, à cet instant de ma vie, à tenter de rationaliser le sujet en compagnie de l'auteur. Je n'ai eu ni la force de plonger dans les maux, ni l'envie d'en trouver les mots. Disons que cette lecture s'adresse aux passionnés de la langue française mais que la confrontation de cette aporie mettant en question la puissance ou l'impuissance des mots est, à mon sens, à entreprendre de préférence en période de santé morale autant que physique. Ce défi terminologique est initié par un événement par trop tragique ; le mystère reste entier.
      La servante du Seigneur
      Avis posté le 2013-09-02
      • Drôle
      • Triste
      • Emouvant
      • XXIe siècle
      • secte
      • pere
      • religion
      De la complexité de la relation père-fille quand l'opium du peuple s'en mêle...
      Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. Faut-il le confesser ? Je n'avais jamais encore lu aucun Fournier. N'en ayant cependant entendu - presque - que du bien, c'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai trouvé son dernier opus dans le colis des Lecteurs VIP de la rentrée littéraire d'Entrée livre dont j'ai la chance et l'honneur de faire partie pour le cru 2013. Culture générale oblige, je savais de l'auteur qu'il s'illustrait particulièrement dans la narration autobiographique des épreuves existentielles sans toutefois tomber dans le pathos dérangeant, l'impudeur déplacée ; les plus connus peut-être : Où on va papa ? (Femina 2008) dans lequel il évoque la vie avec puis la perte de ses deux fils handicapés, ou encore Veuf relatant la disparition de la femme de sa vie. C'est donc sans réelle surprise que j'ai découvert dès les premières lignes que la nouvelle production littéraire de Jean-Louis Fournier n'avait rien de romanesque mais qu'il s'agissait du cri intime public bien réel d'un père en détresse à destination de sa fille égarée, recluse obtuse entrée en religion d'un pseudo gourou catholique ayant raté sa vocation. Deux enfants handicapés, trois deuils et une fille en rupture de lien... Dis comme ça, rien de très engageant ! Ce serait sans compter l'écriture délicieusement impertinente de celui qui a fait sienne la maxime de son défunt compère Desproges : "l'humour est la politesse du désespoir". Véritable épître au nom du père à sa fille Marie - si bien nommée - auprès de laquelle il n'est plus en odeur de sainteté, Fournier revêt une fois encore sa plume de papa désemparé, tantôt touchante, tantôt enragée, pour partager son affliction, son incompréhension, sa nostalgie, son amour à sens unique. L'alternance des "tu" et des "elle" qu'il adresse à sa fille symbolise avec ostentation cette dé-connaissance de sa chair. Sans jamais se dérober de l'indispensable auto-critique, il pique où ça fait mal et détourne à maintes reprises la terminologie religieuse comme pour mieux se rapprocher du nouvel univers de sa dernière enfant vivante mais comme morte intérieurement. Si jamais il ne se défait de sa tendresse facétieuse et de son écriture légère même quand il peste, qu'il enrage, il enfonce malgré tout le clou de la gravité, du drame, dans son dernier chapitre et surtout la dernière phrase, qui tombent comme un couperet. Un récit intime bouleversant évoquant, malgré sa singularité, l'universalité de la complexité de la relation père-fille et dénonçant les sectarismes de tous poils. D'aucuns pourront reprocher à l'auteur de ne cesser de laver son linge sale en public. Moi qui suis particulièrement réticente aux grands déballages, je ne vois ici "qu'un" texte hautement littéraire, poignant, drôle et surtout d'une extrême justesse, d'une infinie authenticité. Ne reste plus qu'à souhaiter à l'auteur que sa fille reçoive, entende, cette missive du cœur... Nous vous saluons Marie.
      Un grand merci à Entrée livre et aux librairies Decitre pour m'avoir, dans le cadre de l'opération "Coups de cœur des lecteurs", offert l'opportunité de découvrir ce livre en avant-première. Faut-il le confesser ? Je n'avais jamais encore lu aucun Fournier. N'en ayant cependant entendu - presque - que du bien, c'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai trouvé son dernier opus dans le colis des Lecteurs VIP de la rentrée littéraire d'Entrée livre dont j'ai la chance et l'honneur de faire partie pour le cru 2013. Culture générale oblige, je savais de l'auteur qu'il s'illustrait particulièrement dans la narration autobiographique des épreuves existentielles sans toutefois tomber dans le pathos dérangeant, l'impudeur déplacée ; les plus connus peut-être : Où on va papa ? (Femina 2008) dans lequel il évoque la vie avec puis la perte de ses deux fils handicapés, ou encore Veuf relatant la disparition de la femme de sa vie. C'est donc sans réelle surprise que j'ai découvert dès les premières lignes que la nouvelle production littéraire de Jean-Louis Fournier n'avait rien de romanesque mais qu'il s'agissait du cri intime public bien réel d'un père en détresse à destination de sa fille égarée, recluse obtuse entrée en religion d'un pseudo gourou catholique ayant raté sa vocation. Deux enfants handicapés, trois deuils et une fille en rupture de lien... Dis comme ça, rien de très engageant ! Ce serait sans compter l'écriture délicieusement impertinente de celui qui a fait sienne la maxime de son défunt compère Desproges : "l'humour est la politesse du désespoir". Véritable épître au nom du père à sa fille Marie - si bien nommée - auprès de laquelle il n'est plus en odeur de sainteté, Fournier revêt une fois encore sa plume de papa désemparé, tantôt touchante, tantôt enragée, pour partager son affliction, son incompréhension, sa nostalgie, son amour à sens unique. L'alternance des "tu" et des "elle" qu'il adresse à sa fille symbolise avec ostentation cette dé-connaissance de sa chair. Sans jamais se dérober de l'indispensable auto-critique, il pique où ça fait mal et détourne à maintes reprises la terminologie religieuse comme pour mieux se rapprocher du nouvel univers de sa dernière enfant vivante mais comme morte intérieurement. Si jamais il ne se défait de sa tendresse facétieuse et de son écriture légère même quand il peste, qu'il enrage, il enfonce malgré tout le clou de la gravité, du drame, dans son dernier chapitre et surtout la dernière phrase, qui tombent comme un couperet. Un récit intime bouleversant évoquant, malgré sa singularité, l'universalité de la complexité de la relation père-fille et dénonçant les sectarismes de tous poils. D'aucuns pourront reprocher à l'auteur de ne cesser de laver son linge sale en public. Moi qui suis particulièrement réticente aux grands déballages, je ne vois ici "qu'un" texte hautement littéraire, poignant, drôle et surtout d'une extrême justesse, d'une infinie authenticité. Ne reste plus qu'à souhaiter à l'auteur que sa fille reçoive, entende, cette missive du cœur... Nous vous saluons Marie.
      Une dernière chose avant de partir
      Avis posté le 2013-05-06
      • Emouvant
      • XXIe siècle
      •  États-Unis
      • Bouleversant
      • Silver
      Tropper toujours au top !
      De la littérature américaine que j'affectionne particulièrement, Jonathan Tropper est l'un des romanciers que j'apprécie le plus, à la quasi mesure de John Irving - les personnes me connaissant un tant soit peu mesurent l'intensité de cette comparaison. Depuis Le livre de Joe, chacun des livres de Tropper a été un véritable enchantement. De Perte et fracas à C'est ici que l'on se quitte en passant par Tout peut arriver, pas une fausse note, ni même un bémol, si ce n'est l'incompréhensible absence de traduction en français de Plan B, le tout premier roman du prosateur - je jette ici ma bouteille non pas à la mer mais au Fleuve Noir... Et ce n'est pas de ce nouvel opus tropperien que viendra le premier couac ! Une dernière chose avant de partir est tout ce qu'il y a de plus à la hauteur des espérances des aficionados et saura assurément convertir les non-initiés. Fidèle conteur de la lose, incomparable enchanteur de la galère, Jonathan Tropper offre au lecteur son nouvel anti-héros, Silver, sur un plateau d'argent. Rockeur déchu, mari plaqué et père minable, sa femme va se remarier, sa fille à peine majeure est enceinte, il vit dans un motel pourrave entouré de piteux potes et arrondit les fins de mois à la Banque du sperme. Alors quand on lui apprend, après son attaque, qu'il a le choix entre le billard ou le corbillard, il décide de plaquer sa lamentable existence en utilisant le temps qui lui reste à être un homme meilleur... Un vaste programme aussi irrésistible qu'émouvant. Émaillé de son art consommé de la réplique, le récit de Tropper explore une fois encore toutes les facettes de l'individu : de l'honneur à la lâcheté, de la force à la faiblesse, du devoir à l'irresponsabilité, etc. C'est parce que Tropper semble connaître la nature humaine à la perfection qu'il parvient à élaborer des textes vrais et vraiment bons. Alors certes, l'on retrouve de livre en livre la recette du Loser magnifique et de nombreux thèmes sont récurrents (crise de couple, familiale ou existentielle, maladie, dépression, deuil...). Pour autant, aucune redite, Tropper se réinvente à chaque histoire et transcende les sujets les plus dramatiques pour en faire des aventures désopilantes, décalées mais jamais loufoques. Son authentique talent est de traiter les choses profondes avec légèreté et de trouver l'étincelle de vie, la lueur d'optimisme dans les situations les plus désespérées. Pour ce faire, il bouleverse le lecteur en visitant l'entière palette des émotions. Bref, on ne s'en lasse pas. La littérature américaine n'a nul besoin d'un nouveau souffle mais Jonathan Tropper est si époustouflant qu'il relève le défi de se singulariser dans un paysage littéraire riche et varié. Il est urgent de le (re)découvrir !
      De la littérature américaine que j'affectionne particulièrement, Jonathan Tropper est l'un des romanciers que j'apprécie le plus, à la quasi mesure de John Irving - les personnes me connaissant un tant soit peu mesurent l'intensité de cette comparaison. Depuis Le livre de Joe, chacun des livres de Tropper a été un véritable enchantement. De Perte et fracas à C'est ici que l'on se quitte en passant par Tout peut arriver, pas une fausse note, ni même un bémol, si ce n'est l'incompréhensible absence de traduction en français de Plan B, le tout premier roman du prosateur - je jette ici ma bouteille non pas à la mer mais au Fleuve Noir... Et ce n'est pas de ce nouvel opus tropperien que viendra le premier couac ! Une dernière chose avant de partir est tout ce qu'il y a de plus à la hauteur des espérances des aficionados et saura assurément convertir les non-initiés. Fidèle conteur de la lose, incomparable enchanteur de la galère, Jonathan Tropper offre au lecteur son nouvel anti-héros, Silver, sur un plateau d'argent. Rockeur déchu, mari plaqué et père minable, sa femme va se remarier, sa fille à peine majeure est enceinte, il vit dans un motel pourrave entouré de piteux potes et arrondit les fins de mois à la Banque du sperme. Alors quand on lui apprend, après son attaque, qu'il a le choix entre le billard ou le corbillard, il décide de plaquer sa lamentable existence en utilisant le temps qui lui reste à être un homme meilleur... Un vaste programme aussi irrésistible qu'émouvant. Émaillé de son art consommé de la réplique, le récit de Tropper explore une fois encore toutes les facettes de l'individu : de l'honneur à la lâcheté, de la force à la faiblesse, du devoir à l'irresponsabilité, etc. C'est parce que Tropper semble connaître la nature humaine à la perfection qu'il parvient à élaborer des textes vrais et vraiment bons. Alors certes, l'on retrouve de livre en livre la recette du Loser magnifique et de nombreux thèmes sont récurrents (crise de couple, familiale ou existentielle, maladie, dépression, deuil...). Pour autant, aucune redite, Tropper se réinvente à chaque histoire et transcende les sujets les plus dramatiques pour en faire des aventures désopilantes, décalées mais jamais loufoques. Son authentique talent est de traiter les choses profondes avec légèreté et de trouver l'étincelle de vie, la lueur d'optimisme dans les situations les plus désespérées. Pour ce faire, il bouleverse le lecteur en visitant l'entière palette des émotions. Bref, on ne s'en lasse pas. La littérature américaine n'a nul besoin d'un nouveau souffle mais Jonathan Tropper est si époustouflant qu'il relève le défi de se singulariser dans un paysage littéraire riche et varié. Il est urgent de le (re)découvrir !
      Les roses de Somerset
      Avis posté le 2013-01-31
      • Emouvant
      • XXe siècle
      • Vibrant
      • Une plantation du sud Texas
      Une saga historique et familiale haletante
      Une habitude très surfaite consiste à systématiquement critiquer les romans à l'eau de rose en prétextant un contenu médiocre, mollasson et sans surprise pour ne pas dire convenu. Au-delà de cette pose un peu ridicule pseudo-intellectuelle, c'est vraiment méconnaître le sujet des romances en général - de qualité, s'entend - et celui du roman à l'eau de roses de Somerset en particulier ! Car Leila Meacham, avec Les Roses de Somerset, ne nous offre pas du sentimentalisme mièvre et insipide mais nous plonge dans une saga historique et familiale haletante aux personnages hauts en couleurs. Elle joue avec les nerfs du lecteur par le truchement de rebondissements inattendus et nous émeut non pas avec des facilités romanesques bas de gamme mais par le biais d'un réalisme émotionnel qui bouleverse viscéralement. Ce livre nous remue les tripes parce qu'au fond, il nous parle de la vie, la vraie, avec ce qu'elle comprend de secrets, de sacrifices et de sentiments, qu'ils soit familiaux, amicaux, professionnels ou amoureux. Mary Tolliver est de ces héroïnes... (La suite de cette critique ici : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2012/12/30/les-roses-de-somerset-de-leila-meacham.html)
      Une habitude très surfaite consiste à systématiquement critiquer les romans à l'eau de rose en prétextant un contenu médiocre, mollasson et sans surprise pour ne pas dire convenu. Au-delà de cette pose un peu ridicule pseudo-intellectuelle, c'est vraiment méconnaître le sujet des romances en général - de qualité, s'entend - et celui du roman à l'eau de roses de Somerset en particulier ! Car Leila Meacham, avec Les Roses de Somerset, ne nous offre pas du sentimentalisme mièvre et insipide mais nous plonge dans une saga historique et familiale haletante aux personnages hauts en couleurs. Elle joue avec les nerfs du lecteur par le truchement de rebondissements inattendus et nous émeut non pas avec des facilités romanesques bas de gamme mais par le biais d'un réalisme émotionnel qui bouleverse viscéralement. Ce livre nous remue les tripes parce qu'au fond, il nous parle de la vie, la vraie, avec ce qu'elle comprend de secrets, de sacrifices et de sentiments, qu'ils soit familiaux, amicaux, professionnels ou amoureux. Mary Tolliver est de ces héroïnes... (La suite de cette critique ici : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2012/12/30/les-roses-de-somerset-de-leila-meacham.html)