Une Vieille maîtresse

Par : Jules Barbey d'Aurevilly
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  • Nombre de pages382
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.425 kg
  • Dimensions14,0 cm × 22,5 cm × 2,5 cm
  • ISBN978-2-84100-404-1
  • EAN9782841004041
  • Date de parution24/05/2007
  • ÉditeurBartillat
  • PréfacierCatherine Breillat

Résumé

"Un roman vécu où il y a du sang coagulé" disait de ce livre Barbey d'Aurevilly. Le séduisant Ryno de Marigny, "scandale vivant du faubourg Saint-Germain ", épouse la belle Hermangarde " au teint pétri de lait et de lumière". Le couple s'établit en Normandie dans le Cotentin, région aux paysages violents et contrastés entre la lande et la mer. Mais la Vellini, ancienne maîtresse du jeune homme, réapparaît : "Tu passeras sur le cœur de la jeune fille que tu épouses pour me revenir ", lui avait-elle prédit lors de leurs adieux. Commence alors la lente désagrégation du bonheur ou de son apparence. La Vellini impose de nouveau sa loi, celle de l'amour tragique, exclusif et destructeur. Elle vaincra. Avec ce roman Barbey donne une magnifique illustration de ses thèmes fondateurs et de sa philosophie de la vie. On ne peut être fidèle qu'à ce qui est sa propre origine. Il est impossible d'échapper au destin qui dicte sa loi. Catherine Breillat, qui vient d'adapter au cinéma cette terrible histoire, signe la préface de cette édition. dans laquelle elle souligne toute la modernité de ce roman.

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

3.7/5
sur 6 notes dont 1 avis lecteur
“ Amour et passion au 19e siècle ”
Après dix ans d’une liaison passionnée et orageuse avec une mystérieuse et fantasque Andalouse au tempérament de feu, le séduisant et donjuanesque Ryno de Marigny tombe profondément amoureux de la sage Hermangarde de Polastron, une jeune beauté blonde qu’il décide d’épouser. C’est compter sans la détermination à le reconquérir de son ancienne maîtresse, La Vellini, qui ne tarde pas à rôder autour de la demeure des jeunes mariés, à Barneville dans le Cotentin… En partie inspirée d’une expérience amoureuse de l’auteur, cette histoire d’un homme malgré lui incapable de se détacher de sa maîtresse, et qui finit par briser la vie de son couple, fit scandale lors de sa publication, suscitant la réprobation morale et religieuse d’un public habitué au fort engagement catholique de l’auteur. Pourtant, rien dans ce roman n’est aussi manichéen que le simple triomphe du Mal sur le Bien, de la passion charnelle sur la pure vertu, que semblent à première vue incarner les figures si contrastées de la démoniaque Vellini et de la séraphique Hermangarde. Ici, point de cruauté ni de manipulation perverse comme dans Les Liaisons dangereuses de Laclos, opposant, d’un côté, les libertins, de l’autre, leurs victimes : chez Barbey d’Aurevilly, aucun des personnages ne mène le jeu, mais tous le subissent avec un égal malheur. Ryno est sincère dans son amour pour Hermangarde, mais, tout comme sa sulfureuse maîtresse, s’avère prisonnier d’une addiction subie comme une malédiction, d’une fatale domination de la chair sur un esprit vaincu et une raison perdue, comme si un maléfice les liait à jamais dans une relation destructrice, voire vampirique, symbolisée par leur pacte de sang. La blanche épouse quant à elle, une fois revenue de son idolâtrie pour son mari, se mure dans sa blessure et son orgueil, se statufiant en être de glace privé de toute capacité de pardon, et laissant, sans dialogue et sans la moindre lutte, le champ libre au feu de sa rivale. Dans le cadre d’un Cotentin sauvage propice à toutes les légendes et tous les ensorcellements, Barbey d’Aurevilly nous livre, dans un style de haute volée, une peinture et une analyse en profondeur de comportements humains, que la bonne société d’alors observe, commente et condamne sans comprendre. L’on ne s’étonnera dès lors plus que Théophile Gautier ait déclaré à son propos que "Depuis la mort de Balzac, nous n'avons pas encore vu un livre de cette valeur et de cette force."
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