Quelle distance y a-t-il entre " l'esprit " originel de saint Ignace et l'expression qui s'impose au xxe siècle - notamment sous l'influence d'Henri Bremond - de " spiritualité " (en l'occurrence, " ignatienne " ou " jésuite ") ? Un " esprit ", un style se laissent difficilement réduire à un corps de doctrine, à un système. Et dans le cas d'Ignace, plus encore que chez tout autre maître spirituel, ce qu'il y a à dire est bien inséparable du récit, de la relecture de ce que l'homme a vécu.
Il en ira de même pour Thérèse d'Avila, un quart de siècle plus tard. Ignace fait toujours appel à ce qu'il a vécu, explicitement ou implicitement : c'est son expérience qu'il transpose, dans les Exercices spirituels comme dans sa correspondance ou dans les constitutions de l'Ordre, et c'est aussi à son expérience que se réfèrent ses disciples lorsqu'ils tentent d'expliquer ce qui les fait vivre.
Quelle distance y a-t-il entre " l'esprit " originel de saint Ignace et l'expression qui s'impose au xxe siècle - notamment sous l'influence d'Henri Bremond - de " spiritualité " (en l'occurrence, " ignatienne " ou " jésuite ") ? Un " esprit ", un style se laissent difficilement réduire à un corps de doctrine, à un système. Et dans le cas d'Ignace, plus encore que chez tout autre maître spirituel, ce qu'il y a à dire est bien inséparable du récit, de la relecture de ce que l'homme a vécu.
Il en ira de même pour Thérèse d'Avila, un quart de siècle plus tard. Ignace fait toujours appel à ce qu'il a vécu, explicitement ou implicitement : c'est son expérience qu'il transpose, dans les Exercices spirituels comme dans sa correspondance ou dans les constitutions de l'Ordre, et c'est aussi à son expérience que se réfèrent ses disciples lorsqu'ils tentent d'expliquer ce qui les fait vivre.