Guglielmo Petroni (1911-1993) est d'une origine très modeste. Il commence à travailler dans la cordonnerie de son père à l'âge de 11 ans ; sa formation est celle d'un parfait autodidacte : il la racontera dans Il nome delle parole (1984). Il découvre la peinture par hasard, et se destine à cette carrière, tout en publiant ses premiers recueils de poèmes (il en publiera cinq, de 1935 à 1987). En 1938, il fait paraître un volume de brefs récits, Personnaggi d'elezione, remarqué par Malaparte, qui l'invite à quitter Florence et à s'installer à Rome, où il lui offre de diriger la rédaction de Prospettive.
Puis vient la guerre. Il prend une part active dans la Résistance. Arrêté au printemps 1944 et livré aux SS, il est emprisonné dans le sinistre immeuble de via Tasso, où il est torturé et condamné à mort, puis est transféré dans la prison de Regina Coeli. Il sera sauvé par l'arrivé des Alliés et le désordre où la ville est plongée. Le monde est une prison relate cette expérience, avec le singulier détachement d'un moraliste soucieux de ne pas trop dire pour laisser parler ce "moins" implacable qui signifie admirablement la dévastation des âmes plus encore que des choses.
Geno Pampaloni écrira du Monde est une prison dans son Histoire de la littérature italienne : "Aucun des nombreux livres de ce genre nés de l'expérience de la guerre n'est parvenu comme celui-ci à rendre avec autant de sobre intensité tout ce qui fait ressembler l'abjection de la tyrannie à une tragédie humaine." C'est moins la catastrophe de la guerre et du fascisme qui est ici dénoncée que l'avilissement des esprits pesés au trébuchet d'une écriture ciselée.
Après la guerre, Petroni est critique littéraire et artistique dans différents journaux et périodiques, et travaillera à la RAI où il produira et animera des émissions culturelles. Le monde est une prison est le premier livre de Petroni traduit en français
Puis vient la guerre. Il prend une part active dans la Résistance. Arrêté au printemps 1944 et livré aux SS, il est emprisonné dans le sinistre immeuble de via Tasso, où il est torturé et condamné à mort, puis est transféré dans la prison de Regina Coeli. Il sera sauvé par l'arrivé des Alliés et le désordre où la ville est plongée. Le monde est une prison relate cette expérience, avec le singulier détachement d'un moraliste soucieux de ne pas trop dire pour laisser parler ce "moins" implacable qui signifie admirablement la dévastation des âmes plus encore que des choses.
Geno Pampaloni écrira du Monde est une prison dans son Histoire de la littérature italienne : "Aucun des nombreux livres de ce genre nés de l'expérience de la guerre n'est parvenu comme celui-ci à rendre avec autant de sobre intensité tout ce qui fait ressembler l'abjection de la tyrannie à une tragédie humaine." C'est moins la catastrophe de la guerre et du fascisme qui est ici dénoncée que l'avilissement des esprits pesés au trébuchet d'une écriture ciselée.
Après la guerre, Petroni est critique littéraire et artistique dans différents journaux et périodiques, et travaillera à la RAI où il produira et animera des émissions culturelles. Le monde est une prison est le premier livre de Petroni traduit en français



