Ramón Sender (1901-1982) se fait connaître très jeune comme journaliste, pour ses prises de positions radicales contre les injustices. Lié aux milieux anarcho-syndicalistes, il commence à écrire des romans sur la prison, les ouvriers, la répression des révoltes paysannes... Il perd durant la guerre civile sa femme et son frère, exécutés par les franquistes. Il s'exile à la fin du conflit au Mexique, puis, en 1949, aux Etats-Unis.
Totalement oublié pendant la période franquiste, durant laquelle ses oeuvres sont censurées, il meurt en Californie, en 1982, laissant près de 60 romans. La plupart transposent des épisodes de la guerre civile, en dépeignant l'étrangeté et la complexité des caractères humains dans un monde nimbé de mystères. Mais il a aussi écrit sur Lope de Aguirre et Billy the Kid. Seuls dix titres ont été traduits en français, dont Le Roi et la Reine (Attila, 2009), Requiem pour un paysan espagnol (2010), L'Empire d'un homme (2011) et Le Fugitif (2012).
Armand Pierhal (1897-1976), né à Salonique sous le nom de Raphaël Miranda, intègre le conservatoire de Genève avant de devenir le secrétaire de Jacques Rivière puis du peintre Jacques-Emile Blanche, dont il publiera les souvenirs. Il mène à la fois une carrière de critique, d'écrivain [Jeunes morts chéris des dieux (Tisné, 1938) ; La Chartreuse de Tonar (Fayard, 1956) ; Le Diable est un imbécile et Maximes alexandrines (Le Rocher 1969)], de préfacier (Graham Greene, Vasco Pratolini, Jakob Wassermann, Henry James) et par-dessus tout cofonde la collection de littérature étrangère "Pavillons/Laffont" en 1945.
Il traduit, souvent en collaboration, de six langues différentes : essentiellement l'allemand (Jeunesse sans dieu et Soldat du Reich, d'Odön von Horváth ; La Mort à Rome, de Wolfgang Koeppen ; Le Journal de Clara Schumann ou le Marcel Proust d'Ernst Robert Curtius), mais aussi l'italien (Le Bel Antonio, de Vitaliano Brancati ; La Chambre des époux de Marino Moretti, et Le Quadrille des masques d'Alberto Moravia), l'espagnol (L'Invention de Morel, d'Adolfo Bioy Casares), l'anglais (Les Frères rouge et blanc et Enfants des étoiles, de H.
G. Wells), voire, en traduction-relais, du russe (Celle qui court sur les vagues, d'Alexandre Grine) et du japonais (J'irai mourir Paris, de Kójiró Serisawa). Michel Alvès (1941-2022) est surtout auteur [Le Pêcheur et Entre les barricades (tous deux chez Grasset, 1962), Des lois naturelles (Pauvert, 1972) et Le Territoire (Pauvert, 1974), Le Livre d'heures (Phébus, 1994)] ; mais aussi traducteur de l'espagnol : outre ce Bourreau affable, il a offert en français Demeure lointaine, de l'Equatorien Mario Campana (éditions L'Oreille du loup, 2007).
Totalement oublié pendant la période franquiste, durant laquelle ses oeuvres sont censurées, il meurt en Californie, en 1982, laissant près de 60 romans. La plupart transposent des épisodes de la guerre civile, en dépeignant l'étrangeté et la complexité des caractères humains dans un monde nimbé de mystères. Mais il a aussi écrit sur Lope de Aguirre et Billy the Kid. Seuls dix titres ont été traduits en français, dont Le Roi et la Reine (Attila, 2009), Requiem pour un paysan espagnol (2010), L'Empire d'un homme (2011) et Le Fugitif (2012).
Armand Pierhal (1897-1976), né à Salonique sous le nom de Raphaël Miranda, intègre le conservatoire de Genève avant de devenir le secrétaire de Jacques Rivière puis du peintre Jacques-Emile Blanche, dont il publiera les souvenirs. Il mène à la fois une carrière de critique, d'écrivain [Jeunes morts chéris des dieux (Tisné, 1938) ; La Chartreuse de Tonar (Fayard, 1956) ; Le Diable est un imbécile et Maximes alexandrines (Le Rocher 1969)], de préfacier (Graham Greene, Vasco Pratolini, Jakob Wassermann, Henry James) et par-dessus tout cofonde la collection de littérature étrangère "Pavillons/Laffont" en 1945.
Il traduit, souvent en collaboration, de six langues différentes : essentiellement l'allemand (Jeunesse sans dieu et Soldat du Reich, d'Odön von Horváth ; La Mort à Rome, de Wolfgang Koeppen ; Le Journal de Clara Schumann ou le Marcel Proust d'Ernst Robert Curtius), mais aussi l'italien (Le Bel Antonio, de Vitaliano Brancati ; La Chambre des époux de Marino Moretti, et Le Quadrille des masques d'Alberto Moravia), l'espagnol (L'Invention de Morel, d'Adolfo Bioy Casares), l'anglais (Les Frères rouge et blanc et Enfants des étoiles, de H.
G. Wells), voire, en traduction-relais, du russe (Celle qui court sur les vagues, d'Alexandre Grine) et du japonais (J'irai mourir Paris, de Kójiró Serisawa). Michel Alvès (1941-2022) est surtout auteur [Le Pêcheur et Entre les barricades (tous deux chez Grasset, 1962), Des lois naturelles (Pauvert, 1972) et Le Territoire (Pauvert, 1974), Le Livre d'heures (Phébus, 1994)] ; mais aussi traducteur de l'espagnol : outre ce Bourreau affable, il a offert en français Demeure lointaine, de l'Equatorien Mario Campana (éditions L'Oreille du loup, 2007).













