A partir des années 1650 et jusqu'à la fin du siècle, Madeleine de Scudéry accorda dans son oeuvre une place croissante à la conversation : au sein de ses grands romans tout d'abord, et surtout de la Clélie, puis dans ses Nouvelles. Evolution manifeste qui devait l'amener à émanciper progressivement ces conversations de leur origine fictionnelle, jusqu'à les constituer en oeuvres autonomes par la publication de recueils, de 1680 à 1692.
A travers l'étude de la poétique de la conversation dans l'oeuvre de l' "illustre Sapho" , de ses formes, de ses structures, de ses enjeux, cet ouvrage se propose un double objectif. D'une part, mettre à l'épreuve une méthode de lecture plurielle, susceptible de faire miroiter les multiples facettes d'un texte saisi dans sa matérialité même : à cette fin seront convoquées, comme autant d'outils pour l'analyse stylistique, les diverses ressources de la linguistique pragmatique, du dispositif rhétorique hérité d'Aristote, et de l'histoire littéraire confrontée à l'évolution des rituels sociaux.
D'autre part, et chemin faisant, cette enquête de détail voudrait contribuer à une meilleure connaissance de l'esthétique mondaine : délicatesse, complaisance, naturel, enjouement, discernement, y sont autant d'inflexions dont les traces formelles peuvent être décrites et repérées ailleurs. C'est peut-être dans le concept fédérateur de galanterie, dont Sapho se voulut la Muse, que s'ordonnent ces souples catégories esthétiques, au-delà de opposition entre préciosité et classicisme.
Ainsi se trouve confirmée et rigoureusement mesurée, à l'épreuve d'un texte, la place éminente que notre XVIIe siècle sut donner à la conversation : mieux qu'un genre, celle-ci dut sans doute se lire comme la forme idéale et matricielle de tout échange littéraire.
A partir des années 1650 et jusqu'à la fin du siècle, Madeleine de Scudéry accorda dans son oeuvre une place croissante à la conversation : au sein de ses grands romans tout d'abord, et surtout de la Clélie, puis dans ses Nouvelles. Evolution manifeste qui devait l'amener à émanciper progressivement ces conversations de leur origine fictionnelle, jusqu'à les constituer en oeuvres autonomes par la publication de recueils, de 1680 à 1692.
A travers l'étude de la poétique de la conversation dans l'oeuvre de l' "illustre Sapho" , de ses formes, de ses structures, de ses enjeux, cet ouvrage se propose un double objectif. D'une part, mettre à l'épreuve une méthode de lecture plurielle, susceptible de faire miroiter les multiples facettes d'un texte saisi dans sa matérialité même : à cette fin seront convoquées, comme autant d'outils pour l'analyse stylistique, les diverses ressources de la linguistique pragmatique, du dispositif rhétorique hérité d'Aristote, et de l'histoire littéraire confrontée à l'évolution des rituels sociaux.
D'autre part, et chemin faisant, cette enquête de détail voudrait contribuer à une meilleure connaissance de l'esthétique mondaine : délicatesse, complaisance, naturel, enjouement, discernement, y sont autant d'inflexions dont les traces formelles peuvent être décrites et repérées ailleurs. C'est peut-être dans le concept fédérateur de galanterie, dont Sapho se voulut la Muse, que s'ordonnent ces souples catégories esthétiques, au-delà de opposition entre préciosité et classicisme.
Ainsi se trouve confirmée et rigoureusement mesurée, à l'épreuve d'un texte, la place éminente que notre XVIIe siècle sut donner à la conversation : mieux qu'un genre, celle-ci dut sans doute se lire comme la forme idéale et matricielle de tout échange littéraire.