Alain Médam est docteur d'Etat ès lettres et sciences humaines (Sorbonne). Directeur de recherches au CNRS, il a enseigné dans diverses universités françaises et québécoises. Aujourd'hui peintre et écrivain, il a publié plusieurs ouvrages de sociologie urbaine et des essais sur la création (La tentation de l'oeuvre, Ce que la musique donne à entendre) et le monde qui nous entoure (L'étonnement et la réflexion, Un désir de beauté).
Escales. Une vie est un voyage - Occasion
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- Nombre de pages107
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.13 kg
- Dimensions13,0 cm × 20,0 cm × 0,5 cm
- ISBN978-2-89578-402-9
- EAN9782895784029
- Date de parution30/05/2013
- ÉditeurLiber (Editions)
Résumé
Le temps nous ramène à nous. Quand on a vingt ans, on veut sortir de soi. Se jeter dans le monde. Le connaître. Le transformer. Le sauver, peut-être, ne serait-ce que pour s'oublier dans cette oeuvre. Se dépasser, de cette façon. Se dilater. Puis le temps fait son oeuvre. Le corps par exemple reprend ses droits. Se rappelle à l'ordre. On avait amnésié son existence tant il était là, évident, sans poser problème.
On n'y pensait pas, voué, comme on l'était, au corps du monde souffrant. Mais un jour, il fatigue. Il faillit. Ce n'est pas le corps seul qui fait alors ainsi retour, mais l'être en son entier. On n'est pas immatériel, découvre-t-on. On a accumulé. Sédimenté. Cet être que nous sommes a pris de l'expérience. Des coups. De la graisse. A tant penser au monde, nous sommes-nous souciés de discerner quel monde, nous-mêmes, nous étions devenus ? Jusqu'à un certain âge, le temps nous a fait savoir, surtout, qu'il nous a mûris, nous pourvoyant de dimensions qui au départ n'étaient pas nôtres.
Ce qu'il nous apprend maintenant, c'est qu'il va nous prendre. C'est que ce qu'il nous a offert, il va le reprendre. Alors, oui, il est impératif de se demander qui se tient là, face au monde tant qu'il s'y tient. De se demander qui s'est tenu là, jadis, lorsqu'il tenait sa propre présence pour évidente. Commence alors le récit d'une vie, le récit de la vie, qui tente de se ressaisir à travers autant d'escales de la mémoire.
On n'y pensait pas, voué, comme on l'était, au corps du monde souffrant. Mais un jour, il fatigue. Il faillit. Ce n'est pas le corps seul qui fait alors ainsi retour, mais l'être en son entier. On n'est pas immatériel, découvre-t-on. On a accumulé. Sédimenté. Cet être que nous sommes a pris de l'expérience. Des coups. De la graisse. A tant penser au monde, nous sommes-nous souciés de discerner quel monde, nous-mêmes, nous étions devenus ? Jusqu'à un certain âge, le temps nous a fait savoir, surtout, qu'il nous a mûris, nous pourvoyant de dimensions qui au départ n'étaient pas nôtres.
Ce qu'il nous apprend maintenant, c'est qu'il va nous prendre. C'est que ce qu'il nous a offert, il va le reprendre. Alors, oui, il est impératif de se demander qui se tient là, face au monde tant qu'il s'y tient. De se demander qui s'est tenu là, jadis, lorsqu'il tenait sa propre présence pour évidente. Commence alors le récit d'une vie, le récit de la vie, qui tente de se ressaisir à travers autant d'escales de la mémoire.













