Piero Martinetti (1872-1943) étudie à Turin et à Leipzig et enseigne pendant quelques années dans des lycées. Dès son premier ouvrage, qui est le fruit d'une connaissance approfondie de l'un des systèmes métaphysiques les plus rigoureux de l'Inde ancienne (Le système Sankhya, 1898), il fait preuve d'une singularité philosophique qui sera pour ainsi dire sa marque de fabrique, dans sa quête d'une sorte de "? religion rationnelle ? " appelant tous les vivants au "? règne de l'esprit ? ".
Son deuxième ouvrage, qui lui ouvre les portes de l'université (il sera professeur à l'Université de Milan de 1906 à 1931), est une confrontation originale et intense avec des philosophes anciens, modernes et contemporains autour d'une théorie de la connaissance comme introduction à la métaphysique (Introduction à la métaphysique. I. Théorie de la connaissance, 1902). Pour Martinetti, l'Unité métaphysique absolue est le terme ultime d'un processus progressif qui part du multiple empirique et reste transcendant à ce multiple.
Son point de départ est bien le moi individuel comme synthèse unitaire du multiple empirique ? ; mais ce moi poursuit sa lente ascension vers l'Unité transcendante, ascension dans laquelle la composante morale joue un rôle important de pivot (La liberté, 1928). Cette composante morale marque l'ensemble de la vie de Piero Martinetti - chez lui, le philosophe et l'homme ne se distinguent pas. Le conflit avec le fascisme, dans lequel il ne voyait dès le début que démagogie et violence, s'intensifie à la fin des années vingt.
En 1931, il refuse de prêter serment au régime et se voit contraint d'abandonner sa chaire, se retirant dans sa maison de Castellamonte où, tout en conservant des contacts avec le monde culturel antifasciste, il poursuit ses études et ses réflexions jusqu'à sa mort. De ces années date une vaste recherche sur Jésus-Christ et le christianisme, livre qui paraît de manière semi-clandestine en 1934, mais qui, mis à l'index par le Saint-Office, est retiré de la vente sur ordre du Parti.
Dans sa retraite de la montagne piémontaise, il ne cesse de mettre au point des ouvrages et d'écrire des articles, notamment dans la revue qu'il a fondée (Rivista di filosofia), sans que leur publication confidentielle nuise au magistère intellectuel et moral qu'il exerce sur de nombreux philosophes de son temps. Les manuscrits de son dernier ouvrage sur la métaphysique, qui aurait donné toute sa dimension à ce qu'il avait indiqué dans son Introduction de jeunesse, ne seront publiés que plus de trente ans après sa mort.
Aucun des textes de Martinetti n'a été traduit en français jusqu'à ce jour.
Son deuxième ouvrage, qui lui ouvre les portes de l'université (il sera professeur à l'Université de Milan de 1906 à 1931), est une confrontation originale et intense avec des philosophes anciens, modernes et contemporains autour d'une théorie de la connaissance comme introduction à la métaphysique (Introduction à la métaphysique. I. Théorie de la connaissance, 1902). Pour Martinetti, l'Unité métaphysique absolue est le terme ultime d'un processus progressif qui part du multiple empirique et reste transcendant à ce multiple.
Son point de départ est bien le moi individuel comme synthèse unitaire du multiple empirique ? ; mais ce moi poursuit sa lente ascension vers l'Unité transcendante, ascension dans laquelle la composante morale joue un rôle important de pivot (La liberté, 1928). Cette composante morale marque l'ensemble de la vie de Piero Martinetti - chez lui, le philosophe et l'homme ne se distinguent pas. Le conflit avec le fascisme, dans lequel il ne voyait dès le début que démagogie et violence, s'intensifie à la fin des années vingt.
En 1931, il refuse de prêter serment au régime et se voit contraint d'abandonner sa chaire, se retirant dans sa maison de Castellamonte où, tout en conservant des contacts avec le monde culturel antifasciste, il poursuit ses études et ses réflexions jusqu'à sa mort. De ces années date une vaste recherche sur Jésus-Christ et le christianisme, livre qui paraît de manière semi-clandestine en 1934, mais qui, mis à l'index par le Saint-Office, est retiré de la vente sur ordre du Parti.
Dans sa retraite de la montagne piémontaise, il ne cesse de mettre au point des ouvrages et d'écrire des articles, notamment dans la revue qu'il a fondée (Rivista di filosofia), sans que leur publication confidentielle nuise au magistère intellectuel et moral qu'il exerce sur de nombreux philosophes de son temps. Les manuscrits de son dernier ouvrage sur la métaphysique, qui aurait donné toute sa dimension à ce qu'il avait indiqué dans son Introduction de jeunesse, ne seront publiés que plus de trente ans après sa mort.
Aucun des textes de Martinetti n'a été traduit en français jusqu'à ce jour.




