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Par : Hervé Decca
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  • Nombre de pages296
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.324 kg
  • Dimensions13,6 cm × 21,5 cm × 2,0 cm
  • ISBN978-2-330-01080-5
  • EAN9782330010805
  • Date de parution12/09/2012
  • CollectionActes noirs
  • ÉditeurActes Sud

Résumé

Mai 2005. Sur l'avenue qui sépare le lycée Ravel de la cité Presov, une jeune fille disparaît. Le groupe de policiers chargé de l'enquête découvre le quotidien de l'adolescente : la tour HLM, la chambre qu'elle partage avec son petit frère, le blog, les strings. Et le bulletin de notes : "Trimestre catastrophique. Passage inenvisageable". Dans la même tour, Lila veut s'en sortir : travailler, décrocher son bac, vivre sa vie.
Fuir la cité, aussi, et ressembler un peu à Mme Castelli, sa prof de français aux yeux émeraude. Pas facile, avec le bruit des voisins et le petit frère qui la surveille constamment. Il faut dire que depuis qu'il s'est fait virer de son sport-études, Hicham a du temps libre. Et ce n'est pas le collège qui l'épuise. Chez les flics, l'ambiance est morose : Arénas veut devenir commissaire et bosse ses cours le soir, quand sa femme et son fils sont couchés.
Dorothée et Bonnal s'échar pent à chaque rencontre. Le commissariat est en chantier et le patron, bien sûr, réclame du chiffre. Derrière les vitres de l'appartement, de la classe ou du commissariat, la ville s'étend. Le supermarché, la cimen - terie, la médiathèque. L'oiseau-pylône qui couvre de son ombre métallique les allées de la cité. Plus loin, les mailles du fleuve, les berges folles, une péniche, parfois.
Plus loin encore, Paris. Mais personne ne passe jamais le pont.

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“ 404 not found ”
404 not found d'Hervé Decca se déroule en 2005 (la date a son importance). Les personnages principaux sont la Cité Presov, dans le Val de Marne, une tour immense, plus de 600 fenêtres sans un seul balcon, et le Lycée Ravel, un décollage toutes les 2 minutes d'Orly qui oblige à garder les fenêtres fermées. Les personnages secondaires sont la Grange-aux-Loups,cité voisine et ennemie, située de l'autre côté du fleuve, le Maximarket pour faire ses courses, Paris où personne ne va jamais et la médiathèque où Lila, entre 2 heures de cours, va travailler en cachette de son frère Icham qui veut qu'elle rentre direct à la casa après les cours et la fait surveiller par ses potes. Cette partie de l'histoire ne va pas bien se passer. L'autre non plus, la disparition de Déborah, même sa copine Hélène Glauce ne sait rien, ses résultats scolaires ont dégringolé depuis un trimestre, elle s'habille parfois comme une bimbo, pour ne pas dire comme une pute. Du côté de la Loi, des profs ; certains luttent, persévèrent, organisent des ateliers, d'autres démissionnent tout doucement, libèrent les élèves plus tôt pour choper le RER de 15H27 qui les emmènera dans une autre banlieue plus tranquille. Exclure les élèves, mauvaise solution, c'est casser le seul fil qui les sort de la cité. Des Flics aussi : Arénas, qui essaie de passer le concours de Commissaire pour pouvoir acheter un pavillon mais en attendant rentre chez lui toujours trop tard, Dorothée, Karim...puis Bonnal, raciste, violent, mauvais. Outre une histoire qui tient bien la route (on pourrait dire malheureusement), 404 not found est à mon sens une excellente chronique sociale des cités. Presov n'est pas pire que les autres : beaucoup de petits trafics, les commerces qui ont fermé, des parents qui ont démissionné, quelques bandits, des jeunes qui n'ont pas d'horizon. Hervé Decca, qui a enseigné plusieurs années dans un tel contexte, semble savoir de quoi il parle ; la vie du lycée, les dialogues, sont criants de vérité. La déséspérance aussi : des enfants, des parents, des profs, des flics. Ce n'est pas pour rien que l'auteur a placé l'action de son livre (sorti en 2012) en 2005, année d'émeutes d'une intensité jamais connue dans la plupart des banlieues françaises, émeutes allumées par le décès de Zyed et Bouna. Peut-être pour ne rappeler que rien n'a vraiment changé, il suffit sans doute d'un rien pour allumer la mèche. On a dit qu'en 2005 le contrat social avait été rompu, il l'était sans doute depuis longtemps et n'a toujours pas été rétabli. A noter : le Ministre de l'Intérieur de l'Epoque, un certain Nicolas S., s'était empressé de déclarer que les policiers n'avaient pas poursuivi physiquement ces deux gamins, puis avait été contredit par le rapport de l'Inspection Générale des Services. Un mensonge de plus. Les cités ne font la une des journaux que le 1er janvier, tout le monde se félicite de ce que le nombre de voitures brûlées a diminué, ou bien lorsqu'un môme prend une balle perdue. Tous les éléments d'une guerre sont réunis, il faut tout casser, c'est d'ailleurs le pronostic d'Hervé Decca au début de son livre.