Un jour, Jean-Pierre Chabrol, le romancier des camisards, le Cévenol enraciné dans sa terre, a découvert le théâtre. Pas celui des rideaux rouges et des ors, celui des "Jacques", une petite troupe de saltimbanques engagés dont il s'est fait spontanément l'écrivailleur, le tartineur de papier, qui met en dialogues les impros du groupe. Car les Jacques, quatre jeunes mecs, trois nanas, plus Colas leur animateur, ne jouent pas les pièces du répertoire ; c'est la vie vraie d'aujourd'hui, le quotidien des pauvres en banlieue, des loubards, des sans-le-sou qu'ils veulent dénoncer par la caricature et l'émotion.
Témoin narquois ou captivé, copain, complice et miroir, Chabrol écrit en même temps le roman de ses acteurs et celui de sa propre création, à mesure que les personnages s'imposent les uns après les autres, y compris l'inquiétant Vladimir, le taulard, le dernier venu, avec qui la pièce trouvera enfin son ton et sa vérité, mystérieusement. Mais à travers le récit picaresque de ce Capitaine Fracasse, façon Lumpen, qui nous promène d'un village du Gard aux pavés de Paris, sans oublier le béton lézardé des H.L.M., c'est aussi le scandale oublié des pauvres, l'injustice qui ne crie pas, les destins enfouis sous le découragement de l'habitude qui prennent soudain la parole et se moquent de leur propre misère avec l'humour décapant du fatalisme.
Cette réalité-là reste présente à toutes les étapes de la fiction et rend fascinante la démarche très neuve du romancier. C'est un Chabrol nouveau qui se révèle ici, bien qu'il n'ait rien perdu de l'ancien, ni la puissance, ni la sensibilité secrète, ni la verve, ni les élans chaleureux, sans quoi cet ours tendre ne serait pas devenu le grand écrivain des Rebelles et des Fous de Dieu.
Un jour, Jean-Pierre Chabrol, le romancier des camisards, le Cévenol enraciné dans sa terre, a découvert le théâtre. Pas celui des rideaux rouges et des ors, celui des "Jacques", une petite troupe de saltimbanques engagés dont il s'est fait spontanément l'écrivailleur, le tartineur de papier, qui met en dialogues les impros du groupe. Car les Jacques, quatre jeunes mecs, trois nanas, plus Colas leur animateur, ne jouent pas les pièces du répertoire ; c'est la vie vraie d'aujourd'hui, le quotidien des pauvres en banlieue, des loubards, des sans-le-sou qu'ils veulent dénoncer par la caricature et l'émotion.
Témoin narquois ou captivé, copain, complice et miroir, Chabrol écrit en même temps le roman de ses acteurs et celui de sa propre création, à mesure que les personnages s'imposent les uns après les autres, y compris l'inquiétant Vladimir, le taulard, le dernier venu, avec qui la pièce trouvera enfin son ton et sa vérité, mystérieusement. Mais à travers le récit picaresque de ce Capitaine Fracasse, façon Lumpen, qui nous promène d'un village du Gard aux pavés de Paris, sans oublier le béton lézardé des H.L.M., c'est aussi le scandale oublié des pauvres, l'injustice qui ne crie pas, les destins enfouis sous le découragement de l'habitude qui prennent soudain la parole et se moquent de leur propre misère avec l'humour décapant du fatalisme.
Cette réalité-là reste présente à toutes les étapes de la fiction et rend fascinante la démarche très neuve du romancier. C'est un Chabrol nouveau qui se révèle ici, bien qu'il n'ait rien perdu de l'ancien, ni la puissance, ni la sensibilité secrète, ni la verve, ni les élans chaleureux, sans quoi cet ours tendre ne serait pas devenu le grand écrivain des Rebelles et des Fous de Dieu.