Terre de Castanide. Hommes et paysages du châtaignier de l'Antiquité à nos jours

Par : Jean-Robert Pitte
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  • Nombre de pages480
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.977 kg
  • Dimensions15,5 cm × 23,5 cm × 2,5 cm
  • ISBN2-213-01723-9
  • EAN9782213017235
  • Date de parution01/06/1986
  • ÉditeurFayard

Résumé

De tous ceux qui peuplent nos pays, le châtaignier est certainement le moins "naturel" des arbres. Sa culture a sans doute été imaginée dans le Caucase et a gagné pendant l'Antiquité l'Europe occidentale où il poussait déjà à l'état sauvage. Grâce à une sélection méthodique de ses meilleures variétés, il a été littéralement "domestiqué" à la fin du Moyen Age et à l'époque moderne. Consommés sous diverses formes, ses fruits — d'une grande valeur nutritive — compensèrent longtemps les fréquents déficits céréaliers d'un monde souffrant d'un trop-plein d'hommes et vulnérable aux moindres variations climatiques.
Jouant jusqu'au siècle dernier, en de nombreuses régions d'altitude moyenne au sol pauvre, un rôle fondamental dans l'économie rurale (bien qu'on en ait rarement pratiqué la monoculture), il est à l'origine de paysages très typés — dont il ne reste plus de nos jours que des traces —, et son bois a connu de multiples usages — en particulier les échalas des vignes et une quantité d'objets de la vie quotidienne.
On peut donc à bon droit parler d'une "civilisation du châtaignier" qui possède des traits communs en Galice, en Toscane, dans le Trás-os-Montes portugais, en Corse, dans les Cévennes, l'Auvergne et le Limousin : une civilisation à l'imaginaire très riche et dont la disparition entraîne aujourd'hui des nostalgies un peu trop oublieuses de son caractère éphémère à l'échelle des siècles. L'histoire du châtaignier en Europe et des hommes qui l'ont fait et en ont vécu n'avait jamais été entreprise.
La voici retracée, d'après l'observation sur le terrain et la consultation des archives, avec la perspicacité que confère à l'historien des paysages la connaissance — propre au géographe — du pragmatisme des activités humaines devant les sols et les climats.
Professeur de géographie et d'aménagement à l'université Paris-Sorbonne, dont il a été président de 2003 à 2008, Jean-Robert Pitte est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Histoire du paysage français (1983), Gastronomie française. Histoire et Géographie d'une passion (1991), Philippe Lamour, père de l'aménagement du territoire (2002), Le Vin et le divin (2004), Bordeaux-Bourgogne, les passions rivales (2005).
Vice-président de la Société de géographie, il est membre de l'Académie des Sciences morales et politiques depuis 2008.