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Philosopher sans viande. L’abstinence de la chair dans l'Antiquité

Par : Jean-François Pradeau
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  • Nombre de pages208
  • FormatePub
  • ISBN978-2-13-088123-0
  • EAN9782130881230
  • Date de parution12/03/2026
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille1 Mo
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurPUF

Résumé

Depuis Pythagore, au VIe s. av. J.-C., jusqu'aux derniers penseurs païens de l'antiquité tardive, aux Ve et VIe s. apr. J.-C., la tradition philosophique qui se réclamait de Pythagore et de Platon a défendu « l'abstinence de la consommation de la chair », c'est-à-dire l'interdiction de tuer des animaux et de les manger. Les raisons de cet interdit étaient multiples : ces philosophes tenaient l'âme pour immortelle, et l'animal dévoré pouvait avoir en lui l'âme d'un défunt humain, et peut-être même d'un parent ; les animaux, parce qu'ils sont des vivants comme nous, sont des êtres animés envers lesquels nous avons une obligation de justice et de bienveillance ; notre hygiène de vie, enfin, gagne considérablement à s'abstenir de la viande, qui est une nourriture souvent malsaine dont nous pouvons nous passer.
La seule et véritable raison qui pousse les hommes à tuer et dévorer d'autres vivants tient à un dérèglement moral et au plaisir maladif que nous prenons au « carnage » du vivant. Pour mettre fin à ce dérèglement, Platon et les platoniciens de l'Antiquité vont prescrire un remède, l'abstinence de la chair, qui n'était rien d'autre pour eux que la philosophie elle-même.
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