Une civilisation peut-elle mourir sans s'en apercevoir ?
Aucun Romain du IIe siècle n'a écrit qu'il assistait au début de la fin. Aucun habitant de Constantinople ne s'est réveillé en annonçant le dernier chapitre de son empire. Les civilisations ne s'effondrent pas comme des châteaux de cartes : elles se transforment lentement, et ceux qui les traversent ne voient rien.
C'est de ce paradoxe que part Les Grandes Lois des civilisations.
François Demarche commence par cinq trajectoires complètes : l'Égypte des pharaons, la Grèce des cités, Rome, Byzance, l'Empire ottoman.
Cinq mondes que tout sépare - les dieux, les techniques, les langues, les siècles. Et pourtant, quand on les met côte à côte, les mêmes mécanismes réapparaissent. Le déclin est toujours plus lent que l'ascension. Les premières faiblesses naissent dans les périodes de gloire, jamais dans les crises. Et l'envahisseur arrive toujours après, sur une civilisation qui avait déjà cessé de pouvoir répondre.
De ce parcours, l'auteur tire cinq lois.
Puis il fait ce que peu d'essais osent : il en teste la solidité. Toynbee, Gibbon, Braudel, Diamond, Huntington sont convoqués et discutés. Rome devient un banc d'essai - et l'auteur y abandonne publiquement une thèse qu'il avait défendue pendant vingt ans, parce qu'une comparaison l'a démolie sous ses yeux.
Un détour inattendu conduit ensuite à Sodome. Non pour moraliser, mais parce que ce récit vieux de trois mille ans a fourni à l'Occident tout son vocabulaire du déclin - et parce que le texte biblique dit tout autre chose que ce qu'on lui fait dire depuis vingt siècles.
Un prophète en donne, au détour d'un verset, une définition qui surprend tous ceux qui la découvrent.
Vient enfin le moment de retourner la grille contre nous. Démographie, famille, école, élites, immigration, économie, technique, culture, religion, confiance : dix chapitres, chiffres d'Eurostat, de l'INSEE, de l'OCDE et du rapport Draghi à l'appui. Le diagnostic est sévère et ne ménage rien. Il n'annonce pourtant aucune fin.
Car la dernière partie du livre est consacrée à toutes celles qui, dans l'histoire, ont été données pour mortes et se sont relevées : Byzance après 1204, l'Allemagne et le Japon après 1945, la Corée du Sud, Florence, l'Espagne.
Ni prophétie ni manifeste, ce livre refuse avec la même fermeté l'autosatisfaction et le catastrophisme - parce que l'une et l'autre, écrit l'auteur, « dispensent d'agir ».
Une civilisation peut-elle mourir sans s'en apercevoir ?
Aucun Romain du IIe siècle n'a écrit qu'il assistait au début de la fin. Aucun habitant de Constantinople ne s'est réveillé en annonçant le dernier chapitre de son empire. Les civilisations ne s'effondrent pas comme des châteaux de cartes : elles se transforment lentement, et ceux qui les traversent ne voient rien.
C'est de ce paradoxe que part Les Grandes Lois des civilisations.
François Demarche commence par cinq trajectoires complètes : l'Égypte des pharaons, la Grèce des cités, Rome, Byzance, l'Empire ottoman.
Cinq mondes que tout sépare - les dieux, les techniques, les langues, les siècles. Et pourtant, quand on les met côte à côte, les mêmes mécanismes réapparaissent. Le déclin est toujours plus lent que l'ascension. Les premières faiblesses naissent dans les périodes de gloire, jamais dans les crises. Et l'envahisseur arrive toujours après, sur une civilisation qui avait déjà cessé de pouvoir répondre.
De ce parcours, l'auteur tire cinq lois.
Puis il fait ce que peu d'essais osent : il en teste la solidité. Toynbee, Gibbon, Braudel, Diamond, Huntington sont convoqués et discutés. Rome devient un banc d'essai - et l'auteur y abandonne publiquement une thèse qu'il avait défendue pendant vingt ans, parce qu'une comparaison l'a démolie sous ses yeux.
Un détour inattendu conduit ensuite à Sodome. Non pour moraliser, mais parce que ce récit vieux de trois mille ans a fourni à l'Occident tout son vocabulaire du déclin - et parce que le texte biblique dit tout autre chose que ce qu'on lui fait dire depuis vingt siècles.
Un prophète en donne, au détour d'un verset, une définition qui surprend tous ceux qui la découvrent.
Vient enfin le moment de retourner la grille contre nous. Démographie, famille, école, élites, immigration, économie, technique, culture, religion, confiance : dix chapitres, chiffres d'Eurostat, de l'INSEE, de l'OCDE et du rapport Draghi à l'appui. Le diagnostic est sévère et ne ménage rien. Il n'annonce pourtant aucune fin.
Car la dernière partie du livre est consacrée à toutes celles qui, dans l'histoire, ont été données pour mortes et se sont relevées : Byzance après 1204, l'Allemagne et le Japon après 1945, la Corée du Sud, Florence, l'Espagne.
Ni prophétie ni manifeste, ce livre refuse avec la même fermeté l'autosatisfaction et le catastrophisme - parce que l'une et l'autre, écrit l'auteur, « dispensent d'agir ».