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  • Nombre de pages168
  • FormatePub
  • ISBN978-87-28-07815-0
  • EAN9788728078150
  • Date de parution16/11/2021
  • Protection num.Digital Watermarking
  • Taille297 Ko
  • Infos supplémentairesepub
  • ÉditeurSAGA Egmont

Résumé

Alexeï Ivanovitch, jeune précepteur au service d'un général à le retraite, arrive à Roulettenbourg, une station thermale allemande au bord du Rhin connue pour ses casinos et sa population mondaine. C'est ici même qu'il revoit Pauline Alexandrovna, la fille du général, pour qui il voue un amour inconditionnel. Mais alors que la famille du général est ruinée, et que Alexeï est poussé aux jeux pas sa bien-aimée afin de racheter ses dettes, celui-ci tombe dans l'addiction, consumé par deux passions égales, le jeu et l'amour d'une femme... Dicté en seulement vingt-sept jours à une sténographe en 1866 à cause d'un mauvais contrat d'édition, ce court chef-d'ouvre de Dostoïevski dévoile les fondements de la littérature et des pensées de l'auteur, mais aussi ses talents d'écrivain capable de produire un classique de la littérature russe en un temps limité. Fiodor Dostoïevski (1821-1881) est l'un des plus grands romanciers russes : une enfance difficile, l'épilepsie, une condamnation à mort à laquelle il échappe, une déportation en Sibérie à cause de ses liaisons avec les progressistes russes et de nombreuses dettes marquent sa vie.
De retour du bagne sibérien, il s'engage dans l'armée et devient officier avant de démissionner en 1859 pour se consacrer à l'écriture. Le monde lui doit, entre autres, « Crime et Châtiment » et « L'Idiot ».

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

3.8/5
sur 23 notes dont 3 avis lecteurs
“ Le jeu, passion du désir ”
Le joueur fut rédigé sous la pression d’un pari fou. Comme d’habitude criblé de dettes et menacé de saisie, Dostoïevski a accepté les conditions abusives de son éditeur : si son prochain roman ne paraît pas à la date attendue, l’écrivain devra lui céder, gratuitement et pour une durée de neuf ans, les droits de publication de tous ses futurs écrits. L’auteur est alors plongé dans la rédaction de Crime et châtiment. Il lui reste vingt-sept jours pour présenter un livre. Et il va y réussir, dictant un autre court roman à une sténographe, Anna Grigorievna Snitkina, qu’il épousera l’année suivante, et, deux heures avant l’échéance, alors que l’éditeur s’est délibérément éclipsé, faisant enregistrer au commissariat le dépôt de son texte. Sauvé in extremis, Dostoïevski n’a pas signé ce contrat suicidaire sous la seule pression du désespoir et du manque d’argent. Il aime jouer avec le feu et se déclare lui-même malade du jeu et de la dépendance qu’il crée. Depuis l’adolescence, il a pris l’habitude de solliciter ses proches pour financer son goût des jeux de hasard, et, depuis quelques années, a découvert le frisson de la roulette lors de ses séjours dans les villes d’eaux, alors si courues, d’Europe occidentale. Il y laisse chaque fois jusqu’à sa chemise et plus encore, avant de se refaire dans l’urgence dans des élans éperdus de création littéraire. Sa vie est un chaos qui rejaillit jusque dans son œuvre, son génie ne s’épanouissant qu’au bord du gouffre. Il gagne beaucoup d’argent, mais en manque constamment, éternel flambeur pour qui thésauriser n’est qu’avarice, le défaut de son père. C’est donc son double que l’on découvre ici, dans la ville d’eau imaginaire de Roulettenbourg où se presse la bonne société européenne, confinée dans un entre-soi hiérarchisé et hypocrite, avide de distraction et de scandale. Alexeï Ivanovitch est le précepteur des enfants d’un Général sur le retour, ruiné mais prêt à toutes les folies – et donc très impatient d’hériter de sa vieille tante, la Baboulinka, qu’il fait passer pour déjà morte – pour épouser Mademoiselle Blanche, une demi-mondaine française. Lui-même épris de Paulina Alexandrovna, la belle-fille du Général, le jeune homme entretient avec elle une relation maladive, très semblable à celle qui lie l’auteur à sa maîtresse Pauline Souslova, dans un jeu pervers d’attraction-répulsion où il semble prendre un certain plaisir à se faire humilier. Tout ce petit monde oisif ne gravitant qu’autour des obsessions de l’amour et de l’argent, c’est naturellement autour de ces deux thèmes que se font et se défont les relations entre les personnages. Pendant que la promiscuité de la villégiature favorise jeux et calculs amoureux – si elle se montre indifférente au timide et transi Anglais Mr Astley, Paulina aimerait bien plaire au marquis des Grieux, un Français qui joue les pique-assiette sans jamais se départir de sa terrible condescendance –, l’on s’en va s’offrir d’autres sensations sonnantes et trébuchantes au casino, en particulier autour de la roulette. Envoyé jouer pour le compte de Paulina, puis de la Baboulinka soudain débarquée comme une apparition à Roulettenbourg, Alexeï, conscient de mettre les doigts dans un piège dont il ne sortira plus tant le jeu le prend déjà aux tripes, tombe peu à peu dans l’addiction. C’est ainsi qu’à la cinglante peinture d’un microcosme gouverné par l’ambition et par la soif d’argent, occasion pour lui de fustiger les si méprisantes nations occidentales pourtant bien petitement calculatrices comparées à la flamboyance passionnée de l’âme russe, l’écrivain adjoint le portrait incomparablement lucide d’un joueur compulsif, malade du jeu et de l’excitation qu’il provoque, en réalité prisonnier de ses désirs : désir d’argent, mais aussi désir d’amour, puisque lorsque son personnage réalise que Paulina l’aime, sa propre passion s’éteint. Ce qu’il aime, ce n’est pas l’objet de son désir, mais sa passion même : le désir. Considéré comme la préfiguration de ses œuvres les plus connues, Le joueur est le roman d’une obsession d’autodestruction. Conscient de sa folie mais incapable d’y résister, fasciné jusqu’à l’horreur par l’abîme dans lequel il se regarde tomber, son protagoniste confronté à l’absurdité de ses désirs, y compris amoureux puisqu’ils le font s’éprendre de femmes dominatrices, capricieuses et ambivalentes – figures qui deviendront récurrentes chez Dostoïevski –, porte déjà en germe cette fièvre de la passion paroxystique pouvant conduire aux pires extrêmes, y compris le crime.
“ Edition mal imprimée : il manque des pages ! ”
La première page du livre derrière la couverture du Joueur est la p. 42. Il y est mention de "des Grieux" : manifestement l'impression s'est emmêlée avec celle de Manon Lescaut. Le livre est donc inutilisable. Se tourner vers une autre édition !
“ Unique ”
Un personnage, un lieu, un milieu, une famille, une époque, ... une écriture unique, un livre unique. J'ai beaucoup aimé me plonger dans ce livre et suivre ces personnages d'un autre temps ... Faites vos jeux ... rien ne va plus !
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