Irlande, comté de Kilkenny, hiver 1348. La peste noire remonte lentement les rivières depuis les ports du sud-est. À l'abbaye cistercienne de Jerpoint, un moine gaélique du nom de Cormac Ó Cianáin tient la chronique de sa maison. Il écrit en latin, comme la Règle l'exige, la langue de l'ordre, la langue de la clôture, la langue par laquelle le monde reste ordonné. Puis un ordre lui parvient. L'abbé l'envoie bénir les fermes isolées de la mense abbatiale, au sud du Nore.
Dans l'une d'elles, un fermier a scellé sa grange avec sa femme, ses six enfants et un vieil oncle, quatre jours plus tôt. Il a voulu se sauver. Il ne sait pas encore qu'il s'est sauvé avec la peste à l'intérieur. Cormac brise le sceau. Ce qu'il trouve dans la grange n'a pas de nom en latin. Il tente stupor. Il tente hebetatio. Il tente silentium mentis. Aucun ne convient. Pour la première fois depuis quarante ans qu'il écrit dans la langue de l'ordre, un mot en gaélique apparaît dans son journal, sans traduction, comme un aveu.À partir de ce jour, la chronique n'appartient plus à la maison.
Elle appartient à un homme qui perd sa langue en même temps qu'il perd sa foi, en même temps qu'il perd les siens. Le latin cède. Le gaélique perce. Puis les dates disparaissent. Puis les phrases se raccourcissent. Puis il ne reste que des mots isolés, sur une page, en attendant que quelqu'un continue. Roman historique adossé à la chronique réelle du franciscain John Clyn (1349), La Grange scellée est un huis clos monastique, un journal de désastre, et une méditation sur ce que le langage peut porter et ce qu'il ne peut pas.
Un premier roman qui prend le temps de tenir sa voix jusqu'au bout du silence.
Irlande, comté de Kilkenny, hiver 1348. La peste noire remonte lentement les rivières depuis les ports du sud-est. À l'abbaye cistercienne de Jerpoint, un moine gaélique du nom de Cormac Ó Cianáin tient la chronique de sa maison. Il écrit en latin, comme la Règle l'exige, la langue de l'ordre, la langue de la clôture, la langue par laquelle le monde reste ordonné. Puis un ordre lui parvient. L'abbé l'envoie bénir les fermes isolées de la mense abbatiale, au sud du Nore.
Dans l'une d'elles, un fermier a scellé sa grange avec sa femme, ses six enfants et un vieil oncle, quatre jours plus tôt. Il a voulu se sauver. Il ne sait pas encore qu'il s'est sauvé avec la peste à l'intérieur. Cormac brise le sceau. Ce qu'il trouve dans la grange n'a pas de nom en latin. Il tente stupor. Il tente hebetatio. Il tente silentium mentis. Aucun ne convient. Pour la première fois depuis quarante ans qu'il écrit dans la langue de l'ordre, un mot en gaélique apparaît dans son journal, sans traduction, comme un aveu.À partir de ce jour, la chronique n'appartient plus à la maison.
Elle appartient à un homme qui perd sa langue en même temps qu'il perd sa foi, en même temps qu'il perd les siens. Le latin cède. Le gaélique perce. Puis les dates disparaissent. Puis les phrases se raccourcissent. Puis il ne reste que des mots isolés, sur une page, en attendant que quelqu'un continue. Roman historique adossé à la chronique réelle du franciscain John Clyn (1349), La Grange scellée est un huis clos monastique, un journal de désastre, et une méditation sur ce que le langage peut porter et ce qu'il ne peut pas.
Un premier roman qui prend le temps de tenir sa voix jusqu'au bout du silence.