Christian Gailly (1943-2013) a exercé différents métiers dont celui de musicien de jazz, avant de se consacrer à l'écriture et de publier son premier livre en 1987, Dit-il. Il a obtenu le prix France Culture pour Nuage Rouge en 2000 et le prix du Livre Inter en 2002 pour Un soir au club. Il est l'auteur de quatorze romans et d'un recueil de nouvelles aux Éditions de Minuit. Deux de ses livres ont été adaptés au cinéma : Un soir au club par Jean Achache et L'Incident par Alain Resnais, sous le titre Les Herbes folles.
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- Nombre de pages126
- FormatePub
- ISBN978-2-7073-2748-2
- EAN9782707327482
- Date de parution03/10/2013
- Protection num.Digital Watermarking
- Taille205 Ko
- Infos supplémentairesepub
- ÉditeurMinuit
Résumé
Une nuit alors qu'il est au lit dans le noir et somnole la radio allumée, la musique de Mozart s'insinue dans la chambre et le réveille. L'émotion est si forte qu'il a peur de la perdre, de ne jamais pouvoir la revivre. Il se procure différents enregistrements de l'ouvre, les écoute, mais chaque fois quelque chose manque, il ne retrouve pas le plaisir de cette nuit-là. Puis un jour il apprend que le concerto va être donné à Paris.
Il décide de s'y rendre. « Peut-on éterniser une émotion musicale, empêcher le temps de l'altérer ? C'est ce que tente le narrateur, ébloui par le Concerto pour clarinette en la majeur de Mozart (K.622), qu'il a écouté, une nuit, à la radio. Il cherche à mettre en scène le plaisir et l'émotion qu'il a éprouvés à la première écoute. Mais s'il est possible de reproduire le décor extérieur, "le décor intérieur, lui, n'est pas reproductible".
Pour évoquer cette chute de l'absolu, ce passage de l'extase à la déception, Christian Gailly accomplit des variations pathétiques et burlesques, le narrateur prend une allure de clown perdu qui semble vouloir expier sa propre impossibilité à rejoindre la beauté. Comme hanté par l'idée de perdre la grâce vibrante de son récit, Christian Gailly le suspend à son moment le plus dense : l'approche tremblante des corps.
Une pirouette narquoise interrompt la vague de lyrisme. Cette élégance de l'ironie, cette musique des mots brisée à son apogée, appartiennent en propre à Christian Gailly et sont la marque de son talent. » (Jean-Noël Pancrazi, Le Monde) K.622 est paru en 1989.
Il décide de s'y rendre. « Peut-on éterniser une émotion musicale, empêcher le temps de l'altérer ? C'est ce que tente le narrateur, ébloui par le Concerto pour clarinette en la majeur de Mozart (K.622), qu'il a écouté, une nuit, à la radio. Il cherche à mettre en scène le plaisir et l'émotion qu'il a éprouvés à la première écoute. Mais s'il est possible de reproduire le décor extérieur, "le décor intérieur, lui, n'est pas reproductible".
Pour évoquer cette chute de l'absolu, ce passage de l'extase à la déception, Christian Gailly accomplit des variations pathétiques et burlesques, le narrateur prend une allure de clown perdu qui semble vouloir expier sa propre impossibilité à rejoindre la beauté. Comme hanté par l'idée de perdre la grâce vibrante de son récit, Christian Gailly le suspend à son moment le plus dense : l'approche tremblante des corps.
Une pirouette narquoise interrompt la vague de lyrisme. Cette élégance de l'ironie, cette musique des mots brisée à son apogée, appartiennent en propre à Christian Gailly et sont la marque de son talent. » (Jean-Noël Pancrazi, Le Monde) K.622 est paru en 1989.
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