Maurice Bedel (Paris, 30 décembre 1883 - La Genauraye, Thuré, 15 octobre 1954) est un romancier, essayiste et journaliste français. Docteur en médecine - sa thèse est consacrée aux Obsessions périodiques, il publie ses premiers poèmes sous le pseudonyme de Gabriel Senlis : Le Cahier de Phane. Couronné par le prix Goncourt en 1927 pour son premier roman Jérôme 60° latitude nord, il est élu en 1948 président de la Société des gens de lettres.
Journal de guerre. 1914-1918
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- Nombre de pages672
- FormatePub
- ISBN979-10-210-0301-9
- EAN9791021003019
- Date de parution10/10/2013
- Protection num.Digital Watermarking
- Taille12 Mo
- Infos supplémentairesepub
- ÉditeurTallandier
- PréfacierPhilippe Claudel
- AnnotateurChantal Verdon
Résumé
« Les temps sont noirs. L'horizon est barré. Il ne faudra pas que l'on croie dans cent ans que c'était gai, la Victoire. Il faudra montrer à nos arrière-petits-enfants les routes de Lorraine détrempées par les inondations où allait la théorie des soldats fatigués, des chevaux fatigués, des voitures fatiguées, des camions fatigués ; où marchaient en bandes loqueteuses, misérables, déshumanisées, Russes, Roumains, Italiens, Français, Anglais, poussés hors d'Allemagne, harcelés par la grippe et redoutés des populations.
Il faudra leur montrer le champ de désolation de la Champagne et de la Meuse, de la Picardie et des Flandres, où se lamente sans vivres et sans abris sous les pluies exécrables d'un hiver pourri tout un peuple accouru des exils de Gascogne, de Touraine, de Poitou dès les premières heures de l'armistice. Il faudra leur montrer Nancy, carrefour des misères où la grippe terrasse les rapatriés au seuil de la Terre Promise, les démobilisés échappés aux obus, aux gaz et aux balles ; Reims qui n'est plus, Lille où l'on est affamé.
Il faudra leur montrer Paris insouciant et fol, vieille coquette ayant retrouvé sa poudre, son rouge et ses mouches et tenant salon au boulevard des Italiens à l'heure où tout un monde s'écroule. » M. B., 31 décembre 1918
Il faudra leur montrer le champ de désolation de la Champagne et de la Meuse, de la Picardie et des Flandres, où se lamente sans vivres et sans abris sous les pluies exécrables d'un hiver pourri tout un peuple accouru des exils de Gascogne, de Touraine, de Poitou dès les premières heures de l'armistice. Il faudra leur montrer Nancy, carrefour des misères où la grippe terrasse les rapatriés au seuil de la Terre Promise, les démobilisés échappés aux obus, aux gaz et aux balles ; Reims qui n'est plus, Lille où l'on est affamé.
Il faudra leur montrer Paris insouciant et fol, vieille coquette ayant retrouvé sa poudre, son rouge et ses mouches et tenant salon au boulevard des Italiens à l'heure où tout un monde s'écroule. » M. B., 31 décembre 1918














