Né en 1968, Guillaume de Fonclare a publié chez Stock un roman, Garbo, et trois récits : Dans ma peau (prix France Télévisions de l'essai), Dans tes pas et Joë.
Dans tes pas
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- Nombre de pages96
- FormatePub
- ISBN978-2-234-07393-7
- EAN9782234073937
- Date de parution30/01/2013
- Copier CollerNon Autorisé
- Protection num.Adobe & CARE
- Taille217 Ko
- Infos supplémentairesepub
- ÉditeurStock
Résumé
« Un matin, mon meilleur ami s'est donné la mort, sans s'expliquer ni s'être lamenté. Il a déposé ses deux filles devant l'école, il a rejoint l'immeuble du bureau où il travaillait, il a garé sa voiture, il est entré dans le hall, il a pris l'ascenseur jusqu'au cinquième, l'étage en travaux où il n'y avait personne, il a déposé sa veste sur le dossier d'une chaise, il a poussé une table sous une fenêtre qu'il a ouverte, il est monté sur la table et il a sauté, sans un cri.
Et comme c'était un garçon solide, il n'est pas mort tout de suite, il nous a laissé croire quelques heures qu'il allait se remettre, et qu'il pourrait nous expliquer ce que nous avions raté. Mais non, il est mort et nous ne saurons pas d'où lui venait cette grande résolution à fuir. Moi, cela fait dix ans que je n'en finis plus de me déliter dans un corps rongé par une maladie dont on ne sait rien, ou si peu.
Je perds la marche comme j'ai perdu tant d'autres choses : la finesse de préhension et la précision du geste, la possibilité de courir, la capacité à me mouvoir librement et sans contrainte. Pourquoi Serge a-t-il choisi de mourir ? Pourquoi ai-je choisi de vivre coûte que coûte ? » G. de F.
Et comme c'était un garçon solide, il n'est pas mort tout de suite, il nous a laissé croire quelques heures qu'il allait se remettre, et qu'il pourrait nous expliquer ce que nous avions raté. Mais non, il est mort et nous ne saurons pas d'où lui venait cette grande résolution à fuir. Moi, cela fait dix ans que je n'en finis plus de me déliter dans un corps rongé par une maladie dont on ne sait rien, ou si peu.
Je perds la marche comme j'ai perdu tant d'autres choses : la finesse de préhension et la précision du geste, la possibilité de courir, la capacité à me mouvoir librement et sans contrainte. Pourquoi Serge a-t-il choisi de mourir ? Pourquoi ai-je choisi de vivre coûte que coûte ? » G. de F.







