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XVIIe siècle N° 290, 2020
Pascal, le coeur et la raison

Par : PUF
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  • Nombre de pages204
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.328 kg
  • Dimensions15,5 cm × 24,1 cm × 1,3 cm
  • ISBN978-2-13-082866-2
  • EAN9782130828662
  • Date de parution17/02/2021
  • ÉditeurPUF

Résumé

" Le coeur et la raison " : le plus souvent comprise sur le mode de l'antithèse, l'alliance de ces deux termes nous apparaît convenue. On connaît la formule désormais éculée : " Le coeur a ses raisons que la raison ne connait point ". Et cette formule, qui se cite, qui se répète, qui circule aussi facilement, peut-elle s'interroger encore ? L'intensité de sa circulation ne la dérobe-t-elle pas à la réflexion, voire à toute forme de perplexité ? On sait que la distinction de la raison et du coeur au jour dans les Pensées ne s'est pas imposée d'emblée à Pascal.
L'opuscule De l'art de persuader (v. 1655), travaillait l'opposition cartésienne de l'entendement et de la volonté. Ce plus tard que le Pascal des Pensées propose de faire dépendre l'exercice de la raison de la disposition d'un coeur désormais compris comme double instance et des principes de la connaissance et des principes de la volonté. Loin que ce coeur ait cependant rien de déraisonnable, et que son opposition à la raison doive être absolument durcie.
Chez Pascal, l'opposition entre coeur et raison n'est pas si franche qu'il ne semble. Les Pensées s'attachent plutôt à penser l'unité de ce qu'elles distinguent. Les ordres de l'esprit et du coeur se soutiennent réciproquement sans se contredire, elles refusent aussi d'envisager cette réciprocité en termes de complémentarité : le coeur n'est pas l'autre de la raison. Pascal invite à y reconnaître plus profondément un " régim[e] de rationalité ".
De même qu'esprit de géométrie et esprit de finesse participent également de l'ordre de la raison, l'ordre du coeur n'est, à son tour, nullement exclusif de du premier – l'inverse n'étant d'ailleurs pas moins vrai. Alors même qu'il semble emblématiser le fonctionnement de la raison, l'esprit de géométrie n'en est pas moins présenté par Pascal comme " mettant en oeuvre [cette] dimension du ‘sentir" " qui est l'apanage du coeur, en invitant dès lors à prendre acte d'une " infiltration par le sentiment " du domaine rationnel et à ne pas procéder trop vite à une mise en tension simpliste des facultés de la connaissance.