Les implications politiques du travail, pourtant au coeur des questionnements fondateurs de la sociologie du travail, ont été depuis délaissées par cette discipline, tandis que traditionnellement la sociologie politique les marginalise. Ce corpus de la Nouvelle Revue du Travail rassemble une série d'articles illustrant une possible ouverture en cours de cette boîte noire. Qu'il s'agisse des différenciations dans les modes de participation dans l'entreprise et dans la cité et de leurs liens ; des relations entre les formes de désengagement professionnel et l'évitement des discussions politiques dans des collectifs de travail divisés ; de la manière dont l'expérience du travail ouvrier subalterne favorise à la fois la défiance vis-à-vis de la politique instituée, l'abstention et/ou le vote à l'extrême droite ; des modalités de déplacement des conflits du travail en dehors des lieux de travail ; ou encore des modalités renouvelées selon lesquelles la défense de métiers ou la quête d'un sens social ou écologique à l'activité s'invitent dans l'engagement professionnel ou citoyen, voire permettent la reproduction d'une politisation à gauche chez certaines fractions du salariat des services publics : autant d'éclairages des dimensions politiques du travail et des transformations profondes des rapports à la politique qui ont pu être observées ces dernières décennies.
Les implications politiques du travail, pourtant au coeur des questionnements fondateurs de la sociologie du travail, ont été depuis délaissées par cette discipline, tandis que traditionnellement la sociologie politique les marginalise. Ce corpus de la Nouvelle Revue du Travail rassemble une série d'articles illustrant une possible ouverture en cours de cette boîte noire. Qu'il s'agisse des différenciations dans les modes de participation dans l'entreprise et dans la cité et de leurs liens ; des relations entre les formes de désengagement professionnel et l'évitement des discussions politiques dans des collectifs de travail divisés ; de la manière dont l'expérience du travail ouvrier subalterne favorise à la fois la défiance vis-à-vis de la politique instituée, l'abstention et/ou le vote à l'extrême droite ; des modalités de déplacement des conflits du travail en dehors des lieux de travail ; ou encore des modalités renouvelées selon lesquelles la défense de métiers ou la quête d'un sens social ou écologique à l'activité s'invitent dans l'engagement professionnel ou citoyen, voire permettent la reproduction d'une politisation à gauche chez certaines fractions du salariat des services publics : autant d'éclairages des dimensions politiques du travail et des transformations profondes des rapports à la politique qui ont pu être observées ces dernières décennies.