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Notes et avis 1 à 8 sur un total de 24
Louca Tome 1
Coup d'envoi
Coup d'envoi
Avis posté le 2014-07-01
ado et prépubère
http://lacasebd.overblog.com/2014/07/louca-coup-d-envoi.html
Qu’est ce qui intéresse un garçon ado de nos jours ? Le sport, les filles, faire la fête et ses amis. Bien échu pour notre héros du jour puisqu’il n’excelle (de cheval) dans aucun de ces domaines.
Mesdames et messieurs, welcome en plein drame prépubère !
Louca, notre protagoniste principal, est un ado comme tous les autres ; déjà il n’est pas dans la moyenne standard (quoique, mais là c’est mon côté grincheux qui parle), il est spécialement paresseux en classe avec une tendance vers le cancre professionnel, en foot ses joyeuses prouesses sonnent plus la maladresse qu’autre chose, et quant au côté relationnel (comprendre les filles) c’est le désert Tchernobyl total tellement il est gauche… Tel un pèlerin en quête du Graal, Louca se cherche et se pose des tonnes de questions plus échevelées les unes que les autres et pour faire bref, il a un paquet de soucis. Et que celui qui n’a jamais vécu cela meurt dans d’atroces souffrances, les autres vous pouvez lever votre doigt (le doigt j’ai dit ! Manu tu sors !).
Pourtant Louca aimerait bien s’affirmer, réussir à jouer comme un pro au foot, ramener de bonnes notes et surtout attirer le regard de la jolie Julie. Mais là, tout de suite, il y a vachement plus urgent comme genre réussir cette foutue interro qui est prévue dans quelques heures… Quoi de mieux dés lors que de s’enfermer au sein de l’école pour y vagabonder après les heures afin de chercher les copies d’examen (pas con hein !) ? Et là, quelque chose de fou va arriver en croisant au détour d’un couloir le jeune et talentueux Nathan. Le mot « croiser » est assez mal choisi en fait, j’aurais plutôt dû dire « apparaitre » genre comme la Vierge Marie ou la bite à Manu vous voyez (voir plus haut pour ceux qui suivent) ? Parce que Nathan, en plus d’être un Adonis et un footballeur spécialement doué, c’est aussi un revenant catégorie fantôme-mort mais sans la chemise délavée (rien que ça).
Nathan comprendra vite que Louca est le seul capable de le voir et l’entendre, et pour un mec mort c’est hard de rester ignoré de tous. Du coup un copain, ça ne se refuse pas.
Content de cette nouvelle amitié et passé le coup de la crise cardiaque (aaaaaah, un fantôme !), Nathan décidera de le coacher afin qu’il puisse devenir un poil meilleur au foot et emballer la petite Julie au passage. Parce que soyons francs, il a encore besoin de quelques heures d’entrainement avant de taquiner Ribéry (aka « Je pense qu’on espère qu’on va gagner »).
Premier épisode d’une série actuellement en cours (3 épisodes publiés), Bruno Dequier nous offre ici pour son premier album une belle et rafraichissante surprise sur le thème du ado-movie au sein d’un collège.
Editée chez Dupuis, cette bd pur jus d’ado pose les bonnes questions avec un style de dessin très Disney-ien, voire assez proche de l’animation ce qui n’est pas étonnant vu que Bruno (tu permets que j’utilise ton prénom ?) a travaillé dans le domaine (Le Lorax, Moi Moche et Méchant 2, etc. pour n’en citer que certains).
Visuellement c’est assez épuré, avec des visages très animés et expressifs, des découpes d’images dynamiques et bien rythmées, des situations et un scénario qui feront sourire ; les personnages sont assez attachants avec notamment un petit coup de cœur personnel pour son petit frère Antin qui idolâtre son grand frère alors que ce dernier simule la vérité.
On pourra faire rapidement le parallèle avec le manga « Olive et Tom » qui tourne essentiellement autour du Foot et du dépassement de soi-même mais ce serait une erreur vu que le scénario est plus touffu et le thème du foot n’est ici qu’un des éléments reliant les différentes pièces du puzzle entre les personnages.
Au final, une bande dessinée qui n’a pas plus d’ambition que de tenir le lecteur en haleine et qui remplit, ma foi, son but. Si vous êtes jeune d’esprit, un peu fou fou, pas trop élitiste et cherchez une histoire sympa pour tout public (même les non-footeux)… Go Go Go !
Sur ce, je prends fissa un petit cachet et un pack de six et on se revoit à la prochaine critique ? Tchussss
Ps : M’étonnerait pas qu’un de ces quatre on retrouve une version animée de la bande-dessinée.
http://lacasebd.overblog.com/2014/07/louca-coup-d-envoi.html
Qu’est ce qui intéresse un garçon ado de nos jours ? Le sport, les filles, faire la fête et ses amis. Bien échu pour notre héros du jour puisqu’il n’excelle (de cheval) dans aucun de ces domaines.
Mesdames et messieurs, welcome en plein drame prépubère !
Louca, notre protagoniste principal, est un ado comme tous les autres ; déjà il n’est pas dans la moyenne standard (quoique, mais là c’est mon côté grincheux qui parle), il est spécialement paresseux en classe avec une tendance vers le cancre professionnel, en foot ses joyeuses prouesses sonnent plus la maladresse qu’autre chose, et quant au côté relationnel (comprendre les filles) c’est le désert Tchernobyl total tellement il est gauche… Tel un pèlerin en quête du Graal, Louca se cherche et se pose des tonnes de questions plus échevelées les unes que les autres et pour faire bref, il a un paquet de soucis. Et que celui qui n’a jamais vécu cela meurt dans d’atroces souffrances, les autres vous pouvez lever votre doigt (le doigt j’ai dit ! Manu tu sors !).
Pourtant Louca aimerait bien s’affirmer, réussir à jouer comme un pro au foot, ramener de bonnes notes et surtout attirer le regard de la jolie Julie. Mais là, tout de suite, il y a vachement plus urgent comme genre réussir cette foutue interro qui est prévue dans quelques heures… Quoi de mieux dés lors que de s’enfermer au sein de l’école pour y vagabonder après les heures afin de chercher les copies d’examen (pas con hein !) ? Et là, quelque chose de fou va arriver en croisant au détour d’un couloir le jeune et talentueux Nathan. Le mot « croiser » est assez mal choisi en fait, j’aurais plutôt dû dire « apparaitre » genre comme la Vierge Marie ou la bite à Manu vous voyez (voir plus haut pour ceux qui suivent) ? Parce que Nathan, en plus d’être un Adonis et un footballeur spécialement doué, c’est aussi un revenant catégorie fantôme-mort mais sans la chemise délavée (rien que ça).
Nathan comprendra vite que Louca est le seul capable de le voir et l’entendre, et pour un mec mort c’est hard de rester ignoré de tous. Du coup un copain, ça ne se refuse pas.
Content de cette nouvelle amitié et passé le coup de la crise cardiaque (aaaaaah, un fantôme !), Nathan décidera de le coacher afin qu’il puisse devenir un poil meilleur au foot et emballer la petite Julie au passage. Parce que soyons francs, il a encore besoin de quelques heures d’entrainement avant de taquiner Ribéry (aka « Je pense qu’on espère qu’on va gagner »).
Premier épisode d’une série actuellement en cours (3 épisodes publiés), Bruno Dequier nous offre ici pour son premier album une belle et rafraichissante surprise sur le thème du ado-movie au sein d’un collège.
Editée chez Dupuis, cette bd pur jus d’ado pose les bonnes questions avec un style de dessin très Disney-ien, voire assez proche de l’animation ce qui n’est pas étonnant vu que Bruno (tu permets que j’utilise ton prénom ?) a travaillé dans le domaine (Le Lorax, Moi Moche et Méchant 2, etc. pour n’en citer que certains).
Visuellement c’est assez épuré, avec des visages très animés et expressifs, des découpes d’images dynamiques et bien rythmées, des situations et un scénario qui feront sourire ; les personnages sont assez attachants avec notamment un petit coup de cœur personnel pour son petit frère Antin qui idolâtre son grand frère alors que ce dernier simule la vérité.
On pourra faire rapidement le parallèle avec le manga « Olive et Tom » qui tourne essentiellement autour du Foot et du dépassement de soi-même mais ce serait une erreur vu que le scénario est plus touffu et le thème du foot n’est ici qu’un des éléments reliant les différentes pièces du puzzle entre les personnages.
Au final, une bande dessinée qui n’a pas plus d’ambition que de tenir le lecteur en haleine et qui remplit, ma foi, son but. Si vous êtes jeune d’esprit, un peu fou fou, pas trop élitiste et cherchez une histoire sympa pour tout public (même les non-footeux)… Go Go Go !
Sur ce, je prends fissa un petit cachet et un pack de six et on se revoit à la prochaine critique ? Tchussss
Ps : M’étonnerait pas qu’un de ces quatre on retrouve une version animée de la bande-dessinée.

L'homme de l'année Tome 1
1917
1917
Avis posté le 2014-05-15
- Ironique
- guerre
La guerre c'est pas bô mais le cacao oui
http://lacasebd.overblog.com/2014/05/1917-le-soldat-inconnu.html
Calme. Tout est calme et serein sauf que non ! Sérieusement, il faut arrêter avec les bonnes séries TV à regarder. Il y a tellement d’épisodes que je n’ai même plus le temps d’écrire une petite bafouille afin d’agrémenter ma culture littéraire de simple profane que je suis. Que ce soit The Follow (macabre), Revenge (Dallas), Vampire Diaries (Sans gland), TBBT (humour), Walking Dead (mortel) et tant d’autres… C’est dingue comme c’est une pompe à temps incroyable… et ça me gonfle de perdre du temps (et pourtant je connais des moyens plus agréables pour me les gonfler).
Mais vous me connaissez, j’ai toujours un poumon sur ma main et histoire de faire simple, court et circoncis, on reprend rapidement nos bonnes habitudes, on enfile un joli maillot couleur « kaki-treillis » et on se jette à l’eau avec « L’homme de L’année : Le Soldat Inconnu », une collection éditée chez Delcourt.
Soit dit en passant et avant de plonger sur le sujet, ce premier opus intitulé « 1917 » est un one-shot , une histoire complète donc, faisant partie d’une collection mettant en avant des moments de l’Histoire dans lesquels des Hommes ont réussi, par leur présence ou leurs actes, à marquer ces instants oubliés. Évidemment, avec une date pareille, ça veut aussi dire aussi qu’on va causer sérieux puisque l’on va parler de la première guerre mondiale, époque où l’on se torchait encore le cul avec des feuilles de salade et des ronces ; et je vous garantis, ce n’est pas agréable du tout.
L’histoire repose sur la vie diamétralement opposée de deux hommes qui, par le truchement d’épreuves, vont vivre ensemble la première guerre mondiale. Tout commence en 1910, dans un village en Côte d’Ivoire, où Boubacar N’Dore, jeune Africain, exploité et travaillant dans une plantation de cacao, va être recruté par un colon blanc du nom de Joseph, et ce afin de devenir un soldat. Malheureusement pour nos deux amis, la guerre en Europe les rattrape et ils sont tous appelés au front pour combattre l’armée allemande, en passant par l’Afrique et ce jusqu’aux terres boueuses de Verdun. Nos deux lascars, à travers des moments forts, des questionnements et des combats aveugles au fin fond des tranchées, vont rapidement voir le lien « maitre-esclave » les unissant, se transformer petit à petit pour devenir bien plus que de simples compagnons d’armes, au péril de leur vie.
Une bd qui prône un cinglant hommage à l’amitié et à tous ces hommes et femmes qui ont combattu pour un idéal qui n’est parfois pas le leur ; s’ensuivra évidemment une réflexion morale sur la guerre, le racisme latent, une page d’histoire sur les tirailleurs africains, etc. Mais là n’est pas forcément le sujet de la critique et je m’abstiendrai de m’étaler comme un étron sur le sujet vu que primo, ça pue ; et deuzio cela risque d’être hors-sujet et subjectif.
Pour ce premier opus, c’est Duval et Jean-Pierre Pecau (pas l’animateur télé) qui sont de corvée de patates, avec à la gâchette un certain Mr Fab ; ce dernier faisant un boulot graphique et esthétique en adéquation avec l’histoire grâce notamment à un découpage et un dessin classique, parfois crayonné, avec des couleurs soignées, sombres et parfois chaudasses contrastant avec la noirceur de la situation.
J’avoue pourtant qu’à la base ce genre d’histoire ce n’est pas trop ma came. Parce que déjà je l’avais reçu pour Nouvel An (quand je vous dis que j’ai du retard dans mes lectures) et surtout après avoir vu les trois premières pages de la bd ; mais l’histoire change radicalement dès la 4ème planche et nous emmène directement dans une autre vision des choses.
C’est fichtrement bien dessiné donc même si assez classique dans l’approche, et c’est surtout accompagné d’un scénario solide et une narration impeccable sur un contexte historique bien réel. L’émotion est au rendez-vous et ce drame transpire le vécu au quotidien. Petite cerise sur le gâteau : une fin brutale, tragique… et ironique.
Pour finir, voilà donc un premier volume surprenant, nous rappelant la dureté de l’époque et remettant en abîme là où nous en sommes aujourd’hui. Je ne sais pas vous dire si les autres numéros de la collection sont de la même qualité ou du même gabarit mais celui-ci est plus que recommandable (on me souffle aux tympans que c’est le meilleur de la série).
Pour le reste, faites comme moi, emboitez le pas sur cet épisode car c’est du bon. Sur ce, on me salue ! Rompez !
Ps : Me ferais bien un cacao chaud sur le coup, il fait frisquet non ?
http://lacasebd.overblog.com/2014/05/1917-le-soldat-inconnu.html
Calme. Tout est calme et serein sauf que non ! Sérieusement, il faut arrêter avec les bonnes séries TV à regarder. Il y a tellement d’épisodes que je n’ai même plus le temps d’écrire une petite bafouille afin d’agrémenter ma culture littéraire de simple profane que je suis. Que ce soit The Follow (macabre), Revenge (Dallas), Vampire Diaries (Sans gland), TBBT (humour), Walking Dead (mortel) et tant d’autres… C’est dingue comme c’est une pompe à temps incroyable… et ça me gonfle de perdre du temps (et pourtant je connais des moyens plus agréables pour me les gonfler).
Mais vous me connaissez, j’ai toujours un poumon sur ma main et histoire de faire simple, court et circoncis, on reprend rapidement nos bonnes habitudes, on enfile un joli maillot couleur « kaki-treillis » et on se jette à l’eau avec « L’homme de L’année : Le Soldat Inconnu », une collection éditée chez Delcourt.
Soit dit en passant et avant de plonger sur le sujet, ce premier opus intitulé « 1917 » est un one-shot , une histoire complète donc, faisant partie d’une collection mettant en avant des moments de l’Histoire dans lesquels des Hommes ont réussi, par leur présence ou leurs actes, à marquer ces instants oubliés. Évidemment, avec une date pareille, ça veut aussi dire aussi qu’on va causer sérieux puisque l’on va parler de la première guerre mondiale, époque où l’on se torchait encore le cul avec des feuilles de salade et des ronces ; et je vous garantis, ce n’est pas agréable du tout.
L’histoire repose sur la vie diamétralement opposée de deux hommes qui, par le truchement d’épreuves, vont vivre ensemble la première guerre mondiale. Tout commence en 1910, dans un village en Côte d’Ivoire, où Boubacar N’Dore, jeune Africain, exploité et travaillant dans une plantation de cacao, va être recruté par un colon blanc du nom de Joseph, et ce afin de devenir un soldat. Malheureusement pour nos deux amis, la guerre en Europe les rattrape et ils sont tous appelés au front pour combattre l’armée allemande, en passant par l’Afrique et ce jusqu’aux terres boueuses de Verdun. Nos deux lascars, à travers des moments forts, des questionnements et des combats aveugles au fin fond des tranchées, vont rapidement voir le lien « maitre-esclave » les unissant, se transformer petit à petit pour devenir bien plus que de simples compagnons d’armes, au péril de leur vie.
Une bd qui prône un cinglant hommage à l’amitié et à tous ces hommes et femmes qui ont combattu pour un idéal qui n’est parfois pas le leur ; s’ensuivra évidemment une réflexion morale sur la guerre, le racisme latent, une page d’histoire sur les tirailleurs africains, etc. Mais là n’est pas forcément le sujet de la critique et je m’abstiendrai de m’étaler comme un étron sur le sujet vu que primo, ça pue ; et deuzio cela risque d’être hors-sujet et subjectif.
Pour ce premier opus, c’est Duval et Jean-Pierre Pecau (pas l’animateur télé) qui sont de corvée de patates, avec à la gâchette un certain Mr Fab ; ce dernier faisant un boulot graphique et esthétique en adéquation avec l’histoire grâce notamment à un découpage et un dessin classique, parfois crayonné, avec des couleurs soignées, sombres et parfois chaudasses contrastant avec la noirceur de la situation.
J’avoue pourtant qu’à la base ce genre d’histoire ce n’est pas trop ma came. Parce que déjà je l’avais reçu pour Nouvel An (quand je vous dis que j’ai du retard dans mes lectures) et surtout après avoir vu les trois premières pages de la bd ; mais l’histoire change radicalement dès la 4ème planche et nous emmène directement dans une autre vision des choses.
C’est fichtrement bien dessiné donc même si assez classique dans l’approche, et c’est surtout accompagné d’un scénario solide et une narration impeccable sur un contexte historique bien réel. L’émotion est au rendez-vous et ce drame transpire le vécu au quotidien. Petite cerise sur le gâteau : une fin brutale, tragique… et ironique.
Pour finir, voilà donc un premier volume surprenant, nous rappelant la dureté de l’époque et remettant en abîme là où nous en sommes aujourd’hui. Je ne sais pas vous dire si les autres numéros de la collection sont de la même qualité ou du même gabarit mais celui-ci est plus que recommandable (on me souffle aux tympans que c’est le meilleur de la série).
Pour le reste, faites comme moi, emboitez le pas sur cet épisode car c’est du bon. Sur ce, on me salue ! Rompez !
Ps : Me ferais bien un cacao chaud sur le coup, il fait frisquet non ?

Le Building
Avis posté le 2014-04-14
poétique à souhait
http://lacasebd.overblog.com/2014/04/the-building-will-eisner.html
Hello les amis,
Aujourd’hui j’ai l’esprit léger et le pas guilleret, un peu comme la floraison des cerisiers au Japon, car j’ai déterré pour vous un auteur figure de proue d’un renouveau bd aux US, j’ai nommé Will Eisner (ouais, rien que ça !).
Ne prenant que mon courage à deux mains je suis parti tirer les vers du nez de mon libraire, ce qui n’était pas une mince affaire vu son rhume, et j’ai déniché un « pas si vieux que cela » (1987) bouquin portant le nom de « Building ».
Pour la petite anecdote, Will Eisner est un gars genre bien mort (1917-2005) mais qui est devenu avec les années un pilier de l’art visuel de la BD américaine grâce notamment à une inventivité graphique en avance sur son temps, un style narratif unique et une vision des choses différente des us et coutumes de l’époque ; du coup il a été une inspiration pour pas mal d’auteurs underground et estampillé « bête de guerre » dans son genre. Il a même défini le concept du « roman graphique » tel qu’on le connait aujourd’hui c’est-à-dire des histoires bd sérieuses et pas forcément chiantes. Alors oui, aujourd’hui c’est presque du petit lait mais à l’époque les comics et bd avaient une connotation infantile et ça faisait un peu rétrograde quand un adulte un poil sérieux en lisait une (pointage du doigt, bonnet d’âne, ricanement, plumes et goudron, etc.). Bref, un auteur des plus célèbres outre-Atlantique à tel point que l’Oscar de la bande dessinée porte son nom.
On ne va pas se repasser tout son curriculum en vue mais si l’on doit retenir quelques œuvres notables du gaillard, je ne citerais que The Spirit, A contract with God, Fagin le Juif, The building et j’en passe.
The Building va nous téléporter à une époque où la longueur des jupes commençait à rétrécir et les pantalons à pinces étaient toujours à la mode ; nous voilà en plein sixties ! Quatre personnages complètement atypiques vont nous faire découvrir la vie d’un immeuble new-yorkais : un violoncelliste passionné, une femme infidèle éprise d’un poète, un homme aigri par l’argent ainsi qu’une personne ayant eu un traumatisme et qui s’est donné pour mission d’aider les enfants, voilà pour nos guides attitrés. Tous vont partager une histoire, leurs histoires ; parfois triste, mélancolique et avec des sursauts de joies ayant pour lieu commun : l’immeuble (The Building en VO) ; cet immeuble qui est justement l’élément central, et qui sera le témoin de cette tranche de vie, du temps qui passe et des liens entre les hommes. Un immeuble peut-il avoir une âme ?
Vous l’aurez compris, ici on ne cogne pas, pas de communistes en mal de destructions massives ni de terroristes palestino-indiens, et encore moins de tripes virevoltantes ne vous laissant pas le temps de faire marcher vos neurones. Au contraire, décapsulez une boisson gazeuse, respirez un bon coup et mettez-vous plutôt à l’aise sous la couette.
Visuellement c’est beau, sobre, agréable à lire et est un vrai plaisir à regarder avec sa mise en page hors-norme remplie d’audace graphique et au dessin épuré ; chaque planche est émouvante et emplie d’émotions et vous plongera dans le gris de l’existence comme un bon coup de pelle projetant du mortier dans les dents (désolé, c’est mon côté maçon qui ressort). Mitonné de second degré et d’un double niveau de lecture, vous verrez au fil de la lecture les cases s’effacer pour donner vie à cette histoire au thème humaniste et qui étudie le comportement humain et social sans pour autant porter un quelconque jugement, ni être moralisateur.
Non content d’être un excellent album se suffisant à lui-même, celui-ci fait partie d’une trilogie (The building est en fait le tome 2), et est composé de 80 pages nous montrant un instantané de la vie raconté avec une finesse poétique assez rare, à tel point qu’on le termine sans s’en apercevoir. Bref, c’est une lecture un poil étrange, qui sort des sentiers battus et qui est rafraichissante.
Au final, voici une œuvre intemporelle, originale et même novatrice vis-à-vis de tout ce qui sort actuellement et qui se résume trop souvent à un gros méchant, un complot et des boy-scouts qui sauvent la princesse à coup de semelle cloutée pointure 44. Alors, pardonnez mon hardiesse, somme toute pas subtile du tout, de vous suggérer la lecture de cette bd sous peine de passer à côté de quelque chose.
Si vous aimez les bonnes et belles BD avec une histoire intelligente qui vous ouvrira l’esprit, celle-ci est clairement pour vous !
http://lacasebd.overblog.com/2014/04/the-building-will-eisner.html
Hello les amis,
Aujourd’hui j’ai l’esprit léger et le pas guilleret, un peu comme la floraison des cerisiers au Japon, car j’ai déterré pour vous un auteur figure de proue d’un renouveau bd aux US, j’ai nommé Will Eisner (ouais, rien que ça !).
Ne prenant que mon courage à deux mains je suis parti tirer les vers du nez de mon libraire, ce qui n’était pas une mince affaire vu son rhume, et j’ai déniché un « pas si vieux que cela » (1987) bouquin portant le nom de « Building ».
Pour la petite anecdote, Will Eisner est un gars genre bien mort (1917-2005) mais qui est devenu avec les années un pilier de l’art visuel de la BD américaine grâce notamment à une inventivité graphique en avance sur son temps, un style narratif unique et une vision des choses différente des us et coutumes de l’époque ; du coup il a été une inspiration pour pas mal d’auteurs underground et estampillé « bête de guerre » dans son genre. Il a même défini le concept du « roman graphique » tel qu’on le connait aujourd’hui c’est-à-dire des histoires bd sérieuses et pas forcément chiantes. Alors oui, aujourd’hui c’est presque du petit lait mais à l’époque les comics et bd avaient une connotation infantile et ça faisait un peu rétrograde quand un adulte un poil sérieux en lisait une (pointage du doigt, bonnet d’âne, ricanement, plumes et goudron, etc.). Bref, un auteur des plus célèbres outre-Atlantique à tel point que l’Oscar de la bande dessinée porte son nom.
On ne va pas se repasser tout son curriculum en vue mais si l’on doit retenir quelques œuvres notables du gaillard, je ne citerais que The Spirit, A contract with God, Fagin le Juif, The building et j’en passe.
The Building va nous téléporter à une époque où la longueur des jupes commençait à rétrécir et les pantalons à pinces étaient toujours à la mode ; nous voilà en plein sixties ! Quatre personnages complètement atypiques vont nous faire découvrir la vie d’un immeuble new-yorkais : un violoncelliste passionné, une femme infidèle éprise d’un poète, un homme aigri par l’argent ainsi qu’une personne ayant eu un traumatisme et qui s’est donné pour mission d’aider les enfants, voilà pour nos guides attitrés. Tous vont partager une histoire, leurs histoires ; parfois triste, mélancolique et avec des sursauts de joies ayant pour lieu commun : l’immeuble (The Building en VO) ; cet immeuble qui est justement l’élément central, et qui sera le témoin de cette tranche de vie, du temps qui passe et des liens entre les hommes. Un immeuble peut-il avoir une âme ?
Vous l’aurez compris, ici on ne cogne pas, pas de communistes en mal de destructions massives ni de terroristes palestino-indiens, et encore moins de tripes virevoltantes ne vous laissant pas le temps de faire marcher vos neurones. Au contraire, décapsulez une boisson gazeuse, respirez un bon coup et mettez-vous plutôt à l’aise sous la couette.
Visuellement c’est beau, sobre, agréable à lire et est un vrai plaisir à regarder avec sa mise en page hors-norme remplie d’audace graphique et au dessin épuré ; chaque planche est émouvante et emplie d’émotions et vous plongera dans le gris de l’existence comme un bon coup de pelle projetant du mortier dans les dents (désolé, c’est mon côté maçon qui ressort). Mitonné de second degré et d’un double niveau de lecture, vous verrez au fil de la lecture les cases s’effacer pour donner vie à cette histoire au thème humaniste et qui étudie le comportement humain et social sans pour autant porter un quelconque jugement, ni être moralisateur.
Non content d’être un excellent album se suffisant à lui-même, celui-ci fait partie d’une trilogie (The building est en fait le tome 2), et est composé de 80 pages nous montrant un instantané de la vie raconté avec une finesse poétique assez rare, à tel point qu’on le termine sans s’en apercevoir. Bref, c’est une lecture un poil étrange, qui sort des sentiers battus et qui est rafraichissante.
Au final, voici une œuvre intemporelle, originale et même novatrice vis-à-vis de tout ce qui sort actuellement et qui se résume trop souvent à un gros méchant, un complot et des boy-scouts qui sauvent la princesse à coup de semelle cloutée pointure 44. Alors, pardonnez mon hardiesse, somme toute pas subtile du tout, de vous suggérer la lecture de cette bd sous peine de passer à côté de quelque chose.
Si vous aimez les bonnes et belles BD avec une histoire intelligente qui vous ouvrira l’esprit, celle-ci est clairement pour vous !