Retour

Les dernières notes et avis
Notes et avis 1 à 6 sur un total de 6
Une enquête du commissaire aux morts étranges
Casanova et la femme sans visage
Casanova et la femme sans visage
Avis posté le 13/11/2012
- XVIIIe siècle
- Paris
- Giacomo Casanova
- polar historique
- Louis XV
- Chevalier de Volnay
- la marquise de Pompadour
Un bon polar historique sous le règne de Louis XV
Dès les premières pages, j'ai été immédiatement emportée dans ce Paris de la moitié du 18ème siècle. Je trouve que l'auteur a su très bien restituer l'ambiance de cette époque. Les descriptions qu'il fait de la vie dans la capitale se révèlent très parlantes.
D'ailleurs, cette immersion dans le siècle des Lumières est sans doute facilitée par le style qu'il adopte et qui cadre parfaitement à la période. De plus, j'ai apprécié les citations de Casanova ou d'anonymes qui précèdent chaque chapitre et donnent la tonalité de ce qui va suivre.
De même, l'écrivain a réussi à créer une galerie de personnages attachants que j'aurais plaisir à retrouver dans le prochain tome de leurs aventures.
J'ai beaucoup aimé son héros le chevalier de Volnay. Un homme intransigeant, droit, convaincu de la nécessité de changer la société qui essaie de mener jusqu'au bout son enquête malgré les dangers et surtout malgré les sentiments amoureux qu'il ressent pour la belle Chiara.
En outre, Olivier Barde-Cabuçon est parvenu à merveille à mêler la petite histoire à la grande. Les personnages qu'il a forgés et ceux réels s'imbriquent parfaitement et très naturellement.
On croise donc au fil des pages Louis XV, la marquise de Pompadour, Sartine, le comte de Saint-Germain et bien entendu Casanova. Des personnalités emblématiques du 18ème siècle.
Ainsi, j'en ai pas mal appris sur les moeurs du "Bien-aimé". Je n'imaginais pas que le grand-père de Louis XVI souffrait d'une telle peur de la mort et sombrait si facilement dans l'ennui. J'avais vaguement entendu parler du Parc-aux-cerfs, cet endroit imaginé par la Pompadour et le fidèle valet Le Bel pour combler les besoins royaux mais j'étais loin de savoir tout ce que ce lieu dissimulait et tout le dégoût qu'il allait m'inspirer.
De même, j'ai été choquée en lisant les descriptions des supplices endurés par le père du chevalier de Volnay et par Damiens, le régicide. Mais je comprends parfaitement le parti pris de l'auteur de ne pas éducolrer la dureté de cette époque.
Cependant, toutes ces leçons d'histoire ne ralentissent jamais l'action. Elles ne sont là au contraire que pour servir l'intrigue policière. Une intrigue qui se révèle très bien ficelée. Je n'aurais jamais soupçonné la clé de l'énigme.
Bref, comme vous l'aurez compris: un polar historique réussi.

Un Etranger Dans Le Miroir
Avis posté le 13/11/2012
- XIXe siècle
- Londres
- Angleterre
- polar historique
- enquête policière
- william monk
- anne perry
- héros amnésique
Un début de série prometteur
J'ai trouvé le point de départ de l'intrigue très efficace. L'idée du héros qui ne se rappelle de rien et doit tout redécouvrir de lui-même tout en se livrant à une investigation compliquée m'a énormément séduite. J'ai apprécié d'en apprendre petit à petit sur lui, à son rythme, contrairement à d'autres romans où tout nous est dit dès le début sur le protagoniste principal. Ces morceaux de puzzle qui s'assemblent au fil des pages permettent de s'attacher à cet homme pourtant bourré de défauts, de ressentir ses doutes, de trembler à la pensée qu'il soit découvert par ses collègues et viré...
"C'était un miroir pivotant[...] Tout doucement, il l'abaissa vers lui. Le visage qui lui apparut était sombre et énergique, à forte ossature: nez légèrement aquilin, grande bouche, lèvre supérieure plutôt mince, lèvre inférieure plus pleine avec une vieille cicatrice, juste au-dessous, yeux d'un gris lumineux dans la lueur vacillante de la lampe. C'était un visage imposant, mais pas avenant. [...] c'était le visage d'un étranger qui ne se livrait pas facilement"
Les personnages qui gravitent autour de l'inspecteur se révèlent également très intéressants. J'ai particulièrement aimé Hester Latterly, une jeune femme de trente ans, pas très belle, encore célibataire et qui a servi auprès de Florence Nightingale comme infirmière pendant la Guerre de Crimée. Son intelligence, son sens de la répartie, son envie de faire évoluer les conditions de vie et de traitement dans les hôpitaux, sa maladresse dans certaines situations sociales....me l'ont rendue très touchante. J'espère la retrouver dans d'autres opus de la série.
John Evan, le nouveau partenaire de William Monk, m'a aussi bien plu. On sent toute sa loyauté et son admiration. De plus, il aide l'inspecteur à évoluer, à se poser des questions sur lui-même... Je souhaite donc que ce tandem classiquement composé de deux caractères antagonistes mais qui s'équilibrent se reforme dans les prochains tomes.
Une fois encore, j'ai été marquée par le talent d'Anne Perry à resusciter toute une époque. On explore le Londres de la période victorienne, entre ses quartiers huppés et ses bas-fonds. De plus, les passages concernant les visites à Shelburne, demeure de la famille de la victime, donnent la possibilité de se rendre compte des usages de la bonne société, du poids des apparences et du mépris affiché par les classes aisées vis-à-vis des policiers.
De même, j'ai l'impression d'en avoir pas mal appris à la lecture de ce roman sur la Guerre de Crimée et sur l'impact qu'elle a eu tant sur les soldats que sur la population civile. Les lignes autour de la charge de la brigade légère, "cet absurde exemple de gabegie imbécile et d'héroïsme suicidaire" m'ont frappée.
Enfin, je tiens à évoquer l'intrigue policière. Elle m'a semblé bien ficelée. J'ai même été en proie au doute...Mais je n'en dirai pas plus...