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Les dernières notes et avis
Notes et avis 1 à 8 sur un total de 84
Le Coeur Au Ventre
Avis posté le 26/08/2014
- Triste
- XXIe siècle
« Elle a peur. »
Le Cœur au ventre raconte la souffrance psychologique et physique d’une jeune femme alcoolique.
[...] Le Cœur au ventre est un roman dérangeant et déprimant sur l’impossibilité de s’épanouir entre les interstices que laisse le travail et sur la dépendance à l’alcool, à la fois si banale et sinistre. L’écriture est urgente, nerveuse, faite de phrases courtes. La jeune femme dont il est question, alcoolique, isolée et dépressive, est une anonyme qui pourrait être notre voisine, notre collègue, quelqu’un qu’on remarque peu, qui nous intéresse peu.
L’alcoolisme est un thème rarement abordé de manière centrale, mais ce fléau est assez répandu pour être banalisé. Bien que l’idée de fond soit intéressante, il aurait fallu approfondir le travail de dénonciation, ou bien creuser davantage l’histoire personnelle de cette jeune femme pour faire de ce court roman un texte percutant.
Pour autant, il correspond bien au catalogue des éditions Agone, fidèles à leur projet d’émancipation politique et sociale, qui montrent que la littérature n’est pas qu’une source de plaisir, mais aussi un instrument de savoir et un moyen de prendre position.
L'article entier sur Bibliolingus :
http://www.bibliolingus.fr/le-coeur-au-ventre-thierry-maricourt-a109139272

Bahia de tous les saints
Avis posté le 18/08/2014
- XXe siècle
- Antonio Balduino
- Jubiaba
« Baldo, le géant noir, champion mondial de boxe, lutte libre et savate »
Bahia de tous les saints raconte les aventures d’Antonio Balduino, un jeune noir sans le sou, dans le Nordeste du Brésil des années 1930.
[...] Antonio Balduino, le gamin des rues devenu boxeur professionnel, veut en découdre avec la vie. Jeune homme fougueux et invincible, Balduino est un personnage attachant qui cherche à échapper à sa condition sociale.
En brigand joyeux et libre, il traverse le sertão du Nordeste, sa culture populaire et son histoire. Bahia de tous les saints est avant tout un roman social du Brésil des années 1930. Il traite du racisme à l’époque où l’esclavage n’est pas si lointain, mais aussi de l’exploitation de tous les hommes, noirs, métisses ou blancs, et de toutes les femmes, bonnes à enfanter ou à se prostituer.
Bahia de tous les saints est un roman plein de personnages, de destins cruels ou ironiques, de croyances, dont le style, fait de répétitions, colle tout à fait la manière de scander les paroles d’une samba ou d’une macumba.
L'article entier sur Bibliolingus :
http://www.bibliolingus.fr/bahia-de-tous-les-saints-jorge-amado-a109050102

Nous aurons de l'or
Avis posté le 07/08/2014
- XXIe siècle
- banlieue parisienne
"Il était devenu la fierté du Bourget, le chouchou des Blancs et des Arabes."
2030, un ex-boxeur champion de France revient en banlieue parisienne où les « émeutes » des banlieues de 2005 ont changé le pays. Et si les minorités françaises étaient enfin représentées au gouvernement ?
[...] À partir des « émeutes » des banlieues de 2005, l’auteur imagine ce que serait la France si le vent avait tourné autrement. Et il imagine que l’extrême droite aurait rompu sous le poids de toutes les minorités françaises.
Le personnage est plutôt antipathique, son histoire invraisemblable, et il (ou le narrateur ?) a cette façon agaçante à la longue de toujours tout ramener à la couleur de peau ou à la nationalité : tous les personnages sont en premier lieu décrits de cette manière, ce qui fait que ça ne dévoile rien de leur caractère. Le style est sec, grave, et ponctué d’expressions qui se veulent poétiques mais qui heurtent la lecture.
En fait, la portée politique est la principale qualité de ce roman. C’est comme si les idées politiques étaient habillées par les personnages, et le procédé est très intéressant. On pourrait reprocher à ce roman son aspect peu plausible, presque naïf, quand on connaît l’ascension du FN depuis 30 ans et la baisse proportionnelle des partis de gauche. Quand bien même, ce roman soulève une problématique cruciale : l’identité française n’est plus seulement chrétienne, la France s’est nourrie depuis des siècles de la colonisation, et il est temps pour elle de l’accepter et d’en faire sa force. Nous aurons de l'or a le mérite de s’attaquer à la peur de l’islamisation, mais l'ensemble est tout de même moyen.
L'article entier sur Bibliolingus :
http://www.bibliolingus.fr/nous-aurons-de-l-or-jean-eric-boulin-a108797266