Vendredi ou les limbes du Pacifique

Par : Michel Tournier
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  • Nombre de pages205
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.305 kg
  • Dimensions14,1 cm × 20,5 cm × 1,9 cm
  • ISBN2-07-026312-6
  • EAN9782070263127
  • Date de parution01/03/1967
  • CollectionNRF
  • ÉditeurGallimard

Résumé

L'île déserte du Pacifique et le XVIIIe siècle forment le cadre traditionnel de cette histoire librement empruntée à Daniel Defoe. Parce qu'il refuse d'abord d'assumer sa solitude et ne songe qu'à partir, Robinson est menacé par la déchéance et la folie. Puis il se ressaisit et entreprend de coloniser l'île, comme une possession anglaise. Non content de cultiver la terre et de domestiquer quelques chèvres, ce puritain avare et méthodique creuse des viviers, crée des rizières, accumule des provisions énormes, construit des édifices publics, promulgue des lois, un code pénal... La survenue de Vendredi paraît d'ailleurs justifier cette construction délirante : il va être le sujet de l'île, devenant tour à tour soldat, enfant de chœur, laquais, etc. En réalité, le sauvage répugne à cet ordre minutieux et ses bévues finissent par provoquer une catastrophe qui détruit l'œuvre de Robinson. Ils repartent tous deux à zéro, mais désormais, c'est Vendredi qui mène le jeu. Robinson se déshumanise peu à peu et prend le parti des éléments. Administrateur et cultivateur, il s'oppose désormais au fantasque Vendredi, comme l'homme de la terre s'oppose à un être aérien. Puis sous l'influence de son compagnon, il se transforme en héros solaire. Sa sexualité notamment subit des métamorphoses successives de plus en plus surprenantes. Le sens du travail, le nudisme, la spéléologie, les bains de soleil, le colonialisme, le racisme, les innovations sexuelles, autant de préoccupations d'aujourd'hui que l'auteur a insérées et brillamment illustrées dans le mythe éternel de Robinson Crusoé.

Avis des lecteurs
Commentaires laissés par nos lecteurs

3.7/5
sur 19 notes dont 2 avis lecteurs
“ De la condition humaine ”
Michel Tournier revisite le mythe de Robinson, avec le recul de son époque. Paru en 1970, Vendredi ou Les limbes du Pacifique intègre à cette réflexion sur l'humanité l'apport de la psychanalyse, avec notamment la dimension sexuelle, ou plus largement, du désir comme prolongement de soi dans le monde. Avec une prose très riche, Tournier nous étourdit, nous surprend, nous émerveille. Échoué après le naufrage de la "Virginie" sur une île déserte au large du Chili, Robinson se retrouve désespérément seul. Il passera par tous les stades: hébétude, animalité, retour à l'ordre forcé par la domestication de l'île et l'édiction de règles strictes. Jusqu'au jour où un sauvage accoste sur l'île. Avec Vendredi, la dialectique du maître et du serviteur finira par voler en éclats. Du rapport à la nature aux ferments de la civilisation, du désir à la construction de l'individu dans son rapport à autrui, les thèmes abordés sont extrêmement riches et la réflexion, menée de manière fine et passionnante, est servie par une langue superbe.
  • Passionnant
  • XVIIIe siècle
  • Ile déserte
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Anonyme
5/5
“ Vendredi ou les limbes du Pacifique ”
Un livre qui fait se poser beaucoup de questions et forcément sur les règles de sociabilité, notre personnage se retrouvant dans des conditions de solitude extrême (au début en tous cas). On passe d’une certaine rigueur morale où Robinson tente de recréer un modèle de société par instinct de survie à un état plus contemplatif… « Autrui, pièce maîtresse de mon univers… Je mesure chaque jour ce que je lui devais en enregistrant de nouvelles fissures dans mon édifice personnel. » Beaucoup de réflexions sur la notion de langage, en fait beaucoup de réflexions sur tout ce qui a attrait à sa nouvelle condition. On est loin de l’image de carte postale. Une image plutôt intellectualisée du Robinson, soit le passage du Folio Jeunesse à la collection Folio.
  • Instructif
  • Dépaysant

L'éditeur en parle

L'île déserte du Pacifique et le XVIIIe siècle forment le cadre traditionnel de cette histoire librement empruntée à Daniel Defoe. Parce qu'il refuse d'abord d'assumer sa solitude et ne songe qu'à partir, Robinson est menacé par la déchéance et la folie. Puis il se ressaisit et entreprend de coloniser l'île, comme une possession anglaise. Non content de cultiver la terre et de domestiquer quelques chèvres, ce puritain avare et méthodique creuse des viviers, crée des rizières, accumule des provisions énormes, construit des édifices publics, promulgue des lois, un code pénal...
La survenue de Vendredi paraît d'ailleurs justifier cette construction délirante : il va être le sujet de l'île, devenant tour à tour soldat, enfant de choeur, laquais, etc. En réalité, le sauvage répugne à cet ordre minutieux et ses bévues finissent par provoquer une catastrophe qui détruit l'oeuvre de Robinson. Ils repartent tous deux de zéro, mais désormais, c'est Vendredi qui mène le jeu. Robinson se déshumanise peu à peu et prend le parti des éléments.
Administrateur et cultivateur, il s'oppose dorénavant au fantasque Vendredi, comme l'homme de la terre s'oppose à un être aérien. Puis sous l'influence de son compagnon, il se transforme en héros solaire. Sa sexualité notamment subit des métamorphoses successives de plus en plus surprenantes. Le sens du travail, le nudisme, la spéléologie, les bains de soleil, le colonialisme, le racisme, les innovations sexuelles, autant de préoccupations d'aujourd'hui que l'auteur a insérées et brillamment illustrées dans le mythe éternel de Robinson Crusoé.
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