Ce livre semble être une biographie. Mais il est plus que cela. Le personnage dont la vie est ici retracée, le père de l'auteur, est un personnage de roman. Ce qui justifie le titre. Du coup, ce qui aurait pu être un simple récit biographique prend l'amplitude d'un roman, d'une fiction fondée sur une réalité soigneusement observée. L'auteur décrit ses rapports avec son père, raconte ce qu'il sait ou imagine ou bien encore interprète sans aucune complaisance, souvent avec humour et toujours avec tendresse.
Il double ainsi le réel d'une vie par la transfiguration de l'écriture. Comme l'écrit Moravia dans un roman (L'attention), lui aussi largement autobiographique : "Dans le domaine des rapports existant au sein du monde réel, aucun rapport n'est aussi réel que celui qui existe entre un romancier et ses personnages." Ce récit est donc pleinement une oeuvre littéraire et poétique qui évoque, outre Moravia, Georges Simenon et Romain Gary.
Qui retrace aussi une époque, décrit une région, la Bretagne et la région parisienne, ainsi qu'une pratique médicale singulière et totalement révolue. "Mon père avait une conception très particulière de la médecine. De la petite médecine au quotidien. Il examinait ses malades de façon très détendue. Façon Knock. Nulle esbroufe boutiquière, mais un réel sens de la farce. Il avait toujours témoigné d'une grande libéralité dans la distribution des arrêts de travail et autres documents exigeant sa signature.
Cela se savait. Surtout qu'il ne se faisait pas souvent payer. Je me souviens en particulier d'un jour d'été, il avait reçu torse nu et coiffé d'un haut de forme une petite dizaine de "malades", travailleurs étrangers pour la plupart, qu'il avait fait mettre en rang, leur délivrant à tour de rôle leurs papiers dûment signés. Son côté chaplinesque enchantait la clientèle. Les entorses faites à la déontologie et le déficit croissant de la Sécurité sociale n'entraient pas dans son univers de pensée."
Ce livre semble être une biographie. Mais il est plus que cela. Le personnage dont la vie est ici retracée, le père de l'auteur, est un personnage de roman. Ce qui justifie le titre. Du coup, ce qui aurait pu être un simple récit biographique prend l'amplitude d'un roman, d'une fiction fondée sur une réalité soigneusement observée. L'auteur décrit ses rapports avec son père, raconte ce qu'il sait ou imagine ou bien encore interprète sans aucune complaisance, souvent avec humour et toujours avec tendresse.
Il double ainsi le réel d'une vie par la transfiguration de l'écriture. Comme l'écrit Moravia dans un roman (L'attention), lui aussi largement autobiographique : "Dans le domaine des rapports existant au sein du monde réel, aucun rapport n'est aussi réel que celui qui existe entre un romancier et ses personnages." Ce récit est donc pleinement une oeuvre littéraire et poétique qui évoque, outre Moravia, Georges Simenon et Romain Gary.
Qui retrace aussi une époque, décrit une région, la Bretagne et la région parisienne, ainsi qu'une pratique médicale singulière et totalement révolue. "Mon père avait une conception très particulière de la médecine. De la petite médecine au quotidien. Il examinait ses malades de façon très détendue. Façon Knock. Nulle esbroufe boutiquière, mais un réel sens de la farce. Il avait toujours témoigné d'une grande libéralité dans la distribution des arrêts de travail et autres documents exigeant sa signature.
Cela se savait. Surtout qu'il ne se faisait pas souvent payer. Je me souviens en particulier d'un jour d'été, il avait reçu torse nu et coiffé d'un haut de forme une petite dizaine de "malades", travailleurs étrangers pour la plupart, qu'il avait fait mettre en rang, leur délivrant à tour de rôle leurs papiers dûment signés. Son côté chaplinesque enchantait la clientèle. Les entorses faites à la déontologie et le déficit croissant de la Sécurité sociale n'entraient pas dans son univers de pensée."