Un acte d'une violence indicible

Par : Matthias Bruggmann
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  • Nombre de pages336
  • FormatGrand Format
  • PrésentationRelié
  • Poids0.946 kg
  • Dimensions16,6 cm × 23,1 cm × 3,2 cm
  • ISBN978-2-36511-186-7
  • EAN9782365111867
  • Date de parution25/10/2018
  • ÉditeurCoédition Xavier Barral/Musée de...
  • AuteurRania Abouzeid
  • AuteurIssam Abdelrahim
  • AuteurMazen Bilal

Résumé

Si des dizaines de milliers de clichés de torture pris par des photographes syriens n'attirent pas l'attention du public occidental, que peut accomplir un étranger qui ne parle même pas arabe ? Les photographies de Matthias Bruggmann portent un regard critique sur la représentation des horreurs de la guerre. Elles donnent à voir au public occidental une vision plus nuancée de l'expérience du conflit armé et gomment les frontières entre photojournalisme et photographie plasticienne.
A travers elles, Bruggmann interroge les codes du photojournalisme et fait bouger les lignes de démarcation entre photo document et photo d'art. Ainsi, il précise, " comme en physique quantique, les conditions de l'observation changent la nature de ce qui est observé ". Son travail s'inspire de ce présupposé. Initié en 2012, son projet syrien nous immerge dans la complexité du conflit. D'un point de vue documentaire, il s'agit de la seule oeuvre de ce type réalisée à l'intérieur du pays par un seul photographe occidental, ce grâce à l'aide des meilleurs experts indépendants sur le conflit.
Ses images, qui couvrent une zone géographique plus vaste que la Syrie, pulvérisent l'idée de frontière et de nation. Elles questionnent nos suppositions morales et suscitent une compréhension autre de la violence qui sous-tend les combats. Le photographe, en juxtaposant des images prises par des téléphones portables de miliciens combattant l'État islamique à ses propres clichés, invite à réfléchir sur notre perception occidentale de la photographie en zones de guerre et sur le rôle du photojournalisme.
En s'appropriant ces images non professionnelles et en les mélangeant aux siennes, il pousse à regarder à travers l'oeil des Syriens et questionne ainsi notre perception entre réalité du photographe et réalité de ses sujets. Son travail révèle alors un aspect caché du conflit et nous amène à considérer quel prix nous serions prêts à payer, quels actes de violence nous serions prêts à commettre pour défendre nos propres libertés.
Pour accompagner ces images, cinq auteurs appartenant à des bords différents du conflit exposent leur vision sur l'origine de cette guerre désormais civile. Journaliste, professeur, consultant pour des ONG, fondateur des Casques blancs dévoilent toute la complexité de la situation et les multiples enjeux qui en résultent.
Né en 1978, Matthias Bruggmann travaille depuis plus de quinze ans dans les différentes zones de conflit de la planète. Diplômé de l'Ecole de photographie de Vevey, il s'intéresse très tôt à la photographie en théâtre de guerre. Au début des années 2000, il accompagne Antonin Kratochvil qui couvre l'invasion américaine en Irak. Cette première expérience lui offre une occasion unique pour explorer le lien complexe entre photographie de reportage et la réalité qui est saisie, décrite.
Depuis, ses projets personnels l'ont mené en Egypte, en Haïti, en Libye ou encore en Somalie. Ses images sont publiées dans de nombreux quotidiens et magazines parmi lesquels Le Monde, Time, National Geographic. Son travail sur la Syrie a reçu le Prix Elysée 2018, décerné tous les deux ans par le musée de l'Elysée, à Lausanne.