Que faire aux époques où le libéralisme parait être l'unique liberté ? Le penser, sans doute. Ainsi y eut-il, en Allemagne, au XIXe siècle, une formidable élaboration théorique du concept de liberté, tellement décisive qu'elle fit croire que la pensée changerait l'histoire. Les consciences, émancipées par la philosophie allemande, allaient mener le monde vers une pratique de la liberté autrement libératrice que celle, simplement formelle et libérale, à laquelle l'événement irréfléchi et incomplet de la Révolution française semblait avoir arrêté l'histoire de la liberté.
Armée de la réforme feuerbachienne de la conscience réformée, l'Allemagne devait se révéler le sujet politique enfin prêt, selon Arnold Ruge en 1843, pour la liberté politique inventée en France ; ou, selon Marx en 1844, pour l'épopée prolétarienne d'une révolution sociale et socialiste. Le XXe siècle aura, à ce qu'il semble, doublement déçu cette attente. Le passage à l'acte historique de l'Allemagne a été celui du national-socialisme.
Et l'époque proclame maintenant, dans la fin du communisme, la fin même de la question, à la façon dont Amold Ruge disait que la plèbe philosophait. Toutes les puissances de l'Europe et du Nouveau Monde libre sont enfin délivrées, nous dit-on, du souci de devoir s'unir contre elle. Il n'y aurait pas, il n'y aurait jamais eu, d'autre réalité que celle du libéralisme. Ce livre formule une objection de taille.
A ceux qui aujourd'hui entonnent cet air du temps, et s'aveuglent volontairement sur la destruction réelle de l'idée ouvrière et de son héritage par la réponse libérale, il rappelle que celle-ci s'est déjà révélée incapable de clore l'histoire de la liberté. C'est vraisemblablement en lui-même que le libéralisme contient la controverse entre le politique et le social, celle qui, depuis l'autocritique du libéralisme d'Arnold Ruge, avait mis l'histoire allemande sur le chemin de la critique du socialisme vrai et de l'ouverture de la question des socialismes scientifique et utopique.
Que faire aux époques où le libéralisme parait être l'unique liberté ? Le penser, sans doute. Ainsi y eut-il, en Allemagne, au XIXe siècle, une formidable élaboration théorique du concept de liberté, tellement décisive qu'elle fit croire que la pensée changerait l'histoire. Les consciences, émancipées par la philosophie allemande, allaient mener le monde vers une pratique de la liberté autrement libératrice que celle, simplement formelle et libérale, à laquelle l'événement irréfléchi et incomplet de la Révolution française semblait avoir arrêté l'histoire de la liberté.
Armée de la réforme feuerbachienne de la conscience réformée, l'Allemagne devait se révéler le sujet politique enfin prêt, selon Arnold Ruge en 1843, pour la liberté politique inventée en France ; ou, selon Marx en 1844, pour l'épopée prolétarienne d'une révolution sociale et socialiste. Le XXe siècle aura, à ce qu'il semble, doublement déçu cette attente. Le passage à l'acte historique de l'Allemagne a été celui du national-socialisme.
Et l'époque proclame maintenant, dans la fin du communisme, la fin même de la question, à la façon dont Amold Ruge disait que la plèbe philosophait. Toutes les puissances de l'Europe et du Nouveau Monde libre sont enfin délivrées, nous dit-on, du souci de devoir s'unir contre elle. Il n'y aurait pas, il n'y aurait jamais eu, d'autre réalité que celle du libéralisme. Ce livre formule une objection de taille.
A ceux qui aujourd'hui entonnent cet air du temps, et s'aveuglent volontairement sur la destruction réelle de l'idée ouvrière et de son héritage par la réponse libérale, il rappelle que celle-ci s'est déjà révélée incapable de clore l'histoire de la liberté. C'est vraisemblablement en lui-même que le libéralisme contient la controverse entre le politique et le social, celle qui, depuis l'autocritique du libéralisme d'Arnold Ruge, avait mis l'histoire allemande sur le chemin de la critique du socialisme vrai et de l'ouverture de la question des socialismes scientifique et utopique.