Soleil premier. Suivi de Soleil Soleilleur

Par : Odysseas Elytis
  • Nombre de pages96
  • FormatGrand Format
  • PrésentationBroché
  • Poids0.19 kg
  • Dimensions15,1 cm × 21,0 cm × 1,3 cm
  • ISBN978-2-87704-299-4
  • EAN9782877042994
  • Date de parution23/05/2025
  • ÉditeurUnes (éditions)
  • TraducteurLaëtitia Reibaud
  • TraducteurDimitra Kontou

Résumé

Nous avons souhaité rassembler dans cette édition deux textes d'Odysseas Elytis, réunis par la lumière du soleil. Soleil premier (1943) et Soleil soleilleur (1971) paraissent à presque trente années d'intervalle, dans des époques de la vie du poète et des contextes historiques et politiques très différents. Pour le premier, jeune soldat, il revient blessé et malade du front albanais de la Seconde guerre mondiale.
Pour le second, déjà reconnu comme l'un des plus grands poètes grecs, il écrit pour un peuple qui après des années de guerre civile, d'instabilité politique et de corruption étatique, subit la dictature des Colonels. Soleil premier semble vouloir évacuer le souvenir de la guerre par sa nature lumineuse et porteuse d'espoir, déployant un lyrisme intime, érotique et égéen qui célèbre cette terre grecque qui "s'enracine dans la mer" et qui est "le coeur de sa poétique" selon sa traductrice Laetitia Reibaud.
Elytis atteint là un équilibre miraculeux, soutenu par la puissance de la mer, des oliviers, des agrumes et des oiseaux, se hissant au point d'incandescence maximal du poème qui apparaît comme le "corps de l'été nu brûlé" . Porté par des "vents de fête" et des "caresses d'héliotropes" , le poème est un tournis, un éternel recommencement de la beauté qui plonge les corps dans l'irradiation du soleil.
Une transfiguration s'opère alors, la mer devient la terre, les herbes dans le vent se font écume, les algues sont le ciel, le masculin devient féminin, et nous emporte dans l'émoi de l'exaltation amoureuse, ou dans la course d'un enfant qui passe sur le petit pont entre la mer et l'église, entre les figuiers et les galets. Nous buvons ces poèmes comme une eau fraîche un jour de soleil, entourés par "le bruissement de la mer perpétuelle" et "les cigales dans les oreilles des arbres" , tournons les pages entre rêve et griserie, avec cette sensation de saisir pleinement la lumière, de la faire jaillir "du sommet du ciel jusqu'au fond du coeur" .
Cet éblouissement se prolonge dans Soleil soleilleur, poème versifié destiné à être mis en musique et chanté et qui affirme la bienfaisance et la toute-puissance de l'astre solaire, dans lequel il dialogue tour à tour avec le narrateur au vers bref et léger, les vents qui font le tour des îles de leur souffle solennel et le chant sautillant et espiègle d'une fillette, qui pousse ses choeurs vers une forme d'assomption.
C'est toujours vers le soleil que se tourne le poète dans la tourmente, comme éternel "veilleur" et protecteur de cette terre grecque qui est chez Elytis celle de l'éros et de la lumière.
Odysseas Elytis est né en 1911 à Héraklion, en Crète. Il passe la plus grande partie de sa vie à Athènes, où il se lie dès sa jeunesse aux mondes des avant-gardes artistiques et littéraires. Proche d'Andréas Embirikos, défenseur et théoricien du surréalisme qu'il a découvert avec les poètes français dont il traduit les oeuvres, il est aussi critique d'art et essayiste. Un séjour en France après la Seconde Guerre mondiale lui permet de rencontrer la plupart des poètes fondateurs du surréalisme, ainsi que les plus grands peintres, dont Picasso.
Progressivement reconnu comme poète dans son pays, avec un premier recueil, Orientations, paru en 1935, puis la publication de Soleil premier (1943) et du Chant héroïque et funèbre pour un sous-lieutenant tombé en Albanie (1944) inspiré de son expérience de la guerre, il obtient une véritable reconnaissance nationale pour son recueil Axion Esti (1960), où s'épanouit un lyrisme hiératique, onirique et solaire qui chante à la fois la langue grecque dans toute la profondeur de son histoire, la lumière du monde égéen, la quête de la beauté et d'un langage poétique renouvelé.
Nommé président du conseil de la Radio et de la Télévision et membre du conseil d'administration du Théâtre national, il continue à publier essais, traductions et recueils, parmi lesquels Le Monogramme (1971), Soleil soleilleur (1971), Marie des brumes (1978). Le prix Nobel de littérature vient couronner son oeuvre en 1979, tandis que paraissent de nouvelles oeuvres au nombre desquelles Le petit marinier (1986) et Les Elégies d'Oxopétra (1991) jusqu'à son dernier livre, A l'ouest de la tristesse un an avant sa mort.
Il s'éteint à Athènes en 1996.