Vincent Legeay est enseignant à l'INSPE de Créteil et chercheur à l'Université Paris Est - Créteil, au sein du laboratoire Lettres Idées Savoirs. Il s'intéresse à l'histoire longue des catégories du jugement scolaire (aptitudes, compétences, etc.), à leurs usages contemporains, et tente de formuler une critique spinoziste de ces usages.
"Si l'école est gratuite, c'est vous qui êtes le produit !". L'éducation intégrale contre l'éducation nationale
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- Nombre de pages188
- FormatGrand Format
- PrésentationBroché
- Poids0.308 kg
- Dimensions16,5 cm × 23,0 cm × 1,0 cm
- ISBN978-2-38519-242-6
- EAN9782385192426
- Date de parution22/05/2026
- CollectionSofphied
- ÉditeurLe Bord de l'eau
Résumé
Dans les discours critiques à l'égard des réseaux sociaux, on entend souvent cette remarque : "Si le produit est gratuit, c'est vous qui êtes le produit." Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, toutes ces nouvelles puissances de médiation sociale, nous "feraient bénéficier" du principe de gratuité pour mieux, invisiblement, vendre (et nous vendre) des produits dérivés de nos préférences. Vendre nos données personnelles, notre consommation publicitaire, notre consommation tout court.
Serait-il déplacé de se demander si la gratuité du système scolaire, appareil de médiation sociale finalement récent dans l'histoire française et européenne, ne peut être interprétée de cette façon ? Ce qu'on appelle "l'Etat" n'aurait-il pas cherché à nous "faire bénéficier" du principe de gratuité de l'instruction, puis de l'école, pour mieux tirer, invisiblement, les fruits de certaines de nos propriétés, données que nous produisons apparemment "naturellement ", sans même nous en rendre compte ? Ces propriétés, qui sont des contreparties, peut-être à notre insu, ayant de la valeur sur un marché (celui de l'emploi par exemple), lorsque nous participons au système scolaire dit républicain, ne sont-elles pas plus exorbitantes que ne le sera jamais la revente de certaines de nos données pas les GAFAM ? Et si c'est le cas, la "nouvelle école capitaliste" n'est-elle pas construite sur les fondements d'une école moderne conçue comme une institution de transaction, au sens d'un réseau capitalisé de médiation sociale, déjà vieux de presque 150 ans ?
Serait-il déplacé de se demander si la gratuité du système scolaire, appareil de médiation sociale finalement récent dans l'histoire française et européenne, ne peut être interprétée de cette façon ? Ce qu'on appelle "l'Etat" n'aurait-il pas cherché à nous "faire bénéficier" du principe de gratuité de l'instruction, puis de l'école, pour mieux tirer, invisiblement, les fruits de certaines de nos propriétés, données que nous produisons apparemment "naturellement ", sans même nous en rendre compte ? Ces propriétés, qui sont des contreparties, peut-être à notre insu, ayant de la valeur sur un marché (celui de l'emploi par exemple), lorsque nous participons au système scolaire dit républicain, ne sont-elles pas plus exorbitantes que ne le sera jamais la revente de certaines de nos données pas les GAFAM ? Et si c'est le cas, la "nouvelle école capitaliste" n'est-elle pas construite sur les fondements d'une école moderne conçue comme une institution de transaction, au sens d'un réseau capitalisé de médiation sociale, déjà vieux de presque 150 ans ?





