Nicola Gratteri est magistrat. Procureur adjoint du Tribunal de Reggio Calabre, il est l'un des plus célèbres juges anti-mafia d'Italie. Régulièrement menacé (il y a quelques années, la police italienne a déjoué un projet d'attentat à l'explosif qui visait à anéantir toute son escorte), il vit sous haute protection depuis 1989. Antonio Nicaso est journaliste et enseigne l'histoire des organisations criminelles au Middlebury College (Vermont, Etats-Unis).
Sainte mafia. Eglise et 'ndrangheta : une histoire de pouvoir, de silence et d'absolution
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- Nombre de pages240
- PrésentationBroché
- Poids0.338 kg
- Dimensions15,0 cm × 22,0 cm × 2,0 cm
- ISBN978-2-7324-6684-2
- EAN9782732466842
- Date de parution09/10/2014
- ÉditeurLa Martinière
- TraducteurThérèse Pistilli
Résumé
L'histoire des liens entre la Mafia calabraise et l'Eglise est d'abord celle d'une association où chacun trouve son intérêt. La 'Ndrangheta veille à l'évangélisation des foules, assure la présence aux offices dominicaux, participe largement à l'organisation des cérémonies religieuses qui rythment la vie populaire et soutient les oeuvres charitables des curés de village, en faveur des pauvres, des orphelins, des veuves et, bien sûr, des prisonniers.
En contrepartie, les "capi" affichent un catholicisme intransigeant. Cela leur vaut l'appui d'une Eglise qui leur permet de légitimer leur pouvoir et d'instrumentaliser la religion ordinaire, tout particulièrement les fêtes et les sanctuaires. Mais aux figures des "prêtres-parrains" ou des "prêtres complices" vont succéder les "prêtres en armes", "les prêtres courageux", les "prêtres dénonciateurs".
Avant d'être politique, le conflit, qui s'achève souvent par la liquidation ultra-violente de ces curés, est théologique. Car la foi des mafieux se double de pratiques quasi sacrilèges qui détournent rites et icônes chrétiennes. Les sacrements délivrés aux parrains deviennent donc un terrible enjeu, où se décident la vie et la mort de ceux qui refusent de célébrer mariages, baptêmes et obsèques, parce que la 'Ndrangheta leur apparaît désormais comme une autre religion, incompatible avec la principale.
Cette lutte se joue dans les villages calabrais, mais aussi au plus haut niveau de l'Eglise, où évêques et cardinaux s'affrontent sur la conduite à tenir, dans le sillage ou la préfiguration des paroles du Saint Père, du XIXe siècle au pape François.
En contrepartie, les "capi" affichent un catholicisme intransigeant. Cela leur vaut l'appui d'une Eglise qui leur permet de légitimer leur pouvoir et d'instrumentaliser la religion ordinaire, tout particulièrement les fêtes et les sanctuaires. Mais aux figures des "prêtres-parrains" ou des "prêtres complices" vont succéder les "prêtres en armes", "les prêtres courageux", les "prêtres dénonciateurs".
Avant d'être politique, le conflit, qui s'achève souvent par la liquidation ultra-violente de ces curés, est théologique. Car la foi des mafieux se double de pratiques quasi sacrilèges qui détournent rites et icônes chrétiennes. Les sacrements délivrés aux parrains deviennent donc un terrible enjeu, où se décident la vie et la mort de ceux qui refusent de célébrer mariages, baptêmes et obsèques, parce que la 'Ndrangheta leur apparaît désormais comme une autre religion, incompatible avec la principale.
Cette lutte se joue dans les villages calabrais, mais aussi au plus haut niveau de l'Eglise, où évêques et cardinaux s'affrontent sur la conduite à tenir, dans le sillage ou la préfiguration des paroles du Saint Père, du XIXe siècle au pape François.


