Un homme tue un homme, Caïn tue Abel : ainsi commence l'histoire humaine, dit la Bible, comme une seconde Création, dans le meurtre, après la Création du monde. "Guerre est Père de toute chose" , disait de son côté Héraclite. Mais pas n'importe quelle guerre, pas n'importe quelle violence inaugurale : celle qui pousse le frère contre le frère, guerre originelle, fratricide qui inaugure l'ordre humain.
Toute cité, toute communauté, toute société, fondée sur le fratricide, hantée par lui, conjurant, reconduisant inexorablement ce qu'elle conjure. Sommes-nous sortis de cette histoire, de ce mythe, de ce fantasme ? Pouvons-nous penser l'association humaine sans cette hantise ?
Un homme tue un homme, Caïn tue Abel : ainsi commence l'histoire humaine, dit la Bible, comme une seconde Création, dans le meurtre, après la Création du monde. "Guerre est Père de toute chose" , disait de son côté Héraclite. Mais pas n'importe quelle guerre, pas n'importe quelle violence inaugurale : celle qui pousse le frère contre le frère, guerre originelle, fratricide qui inaugure l'ordre humain.
Toute cité, toute communauté, toute société, fondée sur le fratricide, hantée par lui, conjurant, reconduisant inexorablement ce qu'elle conjure. Sommes-nous sortis de cette histoire, de ce mythe, de ce fantasme ? Pouvons-nous penser l'association humaine sans cette hantise ?