Murray Melbin dans Night as Frontier, rappelle à ses lecteurs américains que la nuit n'a pas toujours été un espace d'activité et que pendant longtemps elle a été un espace elle a été un espace interdit à la vie sociale. Ce n'est qu'avec l'urbanisation que la nuit a été petit à petit colonisée pour devenir un espace de travail ou de loisir. Aujourd'hui, la nuit offre de nombreuses opportunités de transgressions de l'ordre du jour.
Elle apparaît même comme une nouvelle frontière générationnelle : elle permet aux plus jeunes de se libérer, dans l'imaginaire, des contraintes de la hiérarchie et des routines du quotidien, de faire "n'importe quoi". Mais est-ce bien n'importe quoi ? A travers cette enquête de terrain, menée à Paris au Café Oz, rue Saint Denis, auprès d'une population urbaine de classe moyenne, entre 20 et 30 ans, nous découvrions au contraire que les horaires de sortie, les façons d'occuper l'espace et les modalités de rencontre entre les personnes du bar de nuit répondent à des normes sociales implicites mais fortes.
Les bars de nuit s'avèrent en réalité être des espaces de libertés sous contrainte. Pour se maintenir, l'ordre social demande du désordre, comme le montre depuis longtemps l'ethnologie classique des sociétés exotiques. En effet, même si la drague, la consommation d'alcool et le jeu des rencontres ont pour fonction de créer une rupture dans l'ordre social, ces pratiques d'inversion sont en réalité des micro-rites qui codifient la transgression.
D'un côté, ils sont réalisés sous le contrôle des pairs dans le cadre sécurisant du bar et de l'autre, ils participent à la définition d'une étape de la vie : celle du passage entre le statut adolescent et le statu adulte. L'époque contemporaine ne se caractérise pas tant par la disparition du lien social ou la disparition des rituels que par leurs déplacements : des rituels institutionnels, les rituels se transforment en une multitude de micro-rituels.
Ils sont moins spectaculaires, plus diffus, plus sous contrôle des pairs que sous celui des adultes. Ils sont toujours aussi ambivalents, inquiétants et rassurants à la fois. Ils conservent toujours une forte fonction de socialisation et d'aides aux passages des étapes qui ponctuent le cours de plus en plus irrégulier du cycle de vie.
Murray Melbin dans Night as Frontier, rappelle à ses lecteurs américains que la nuit n'a pas toujours été un espace d'activité et que pendant longtemps elle a été un espace elle a été un espace interdit à la vie sociale. Ce n'est qu'avec l'urbanisation que la nuit a été petit à petit colonisée pour devenir un espace de travail ou de loisir. Aujourd'hui, la nuit offre de nombreuses opportunités de transgressions de l'ordre du jour.
Elle apparaît même comme une nouvelle frontière générationnelle : elle permet aux plus jeunes de se libérer, dans l'imaginaire, des contraintes de la hiérarchie et des routines du quotidien, de faire "n'importe quoi". Mais est-ce bien n'importe quoi ? A travers cette enquête de terrain, menée à Paris au Café Oz, rue Saint Denis, auprès d'une population urbaine de classe moyenne, entre 20 et 30 ans, nous découvrions au contraire que les horaires de sortie, les façons d'occuper l'espace et les modalités de rencontre entre les personnes du bar de nuit répondent à des normes sociales implicites mais fortes.
Les bars de nuit s'avèrent en réalité être des espaces de libertés sous contrainte. Pour se maintenir, l'ordre social demande du désordre, comme le montre depuis longtemps l'ethnologie classique des sociétés exotiques. En effet, même si la drague, la consommation d'alcool et le jeu des rencontres ont pour fonction de créer une rupture dans l'ordre social, ces pratiques d'inversion sont en réalité des micro-rites qui codifient la transgression.
D'un côté, ils sont réalisés sous le contrôle des pairs dans le cadre sécurisant du bar et de l'autre, ils participent à la définition d'une étape de la vie : celle du passage entre le statut adolescent et le statu adulte. L'époque contemporaine ne se caractérise pas tant par la disparition du lien social ou la disparition des rituels que par leurs déplacements : des rituels institutionnels, les rituels se transforment en une multitude de micro-rituels.
Ils sont moins spectaculaires, plus diffus, plus sous contrôle des pairs que sous celui des adultes. Ils sont toujours aussi ambivalents, inquiétants et rassurants à la fois. Ils conservent toujours une forte fonction de socialisation et d'aides aux passages des étapes qui ponctuent le cours de plus en plus irrégulier du cycle de vie.